Missionnaires d'Afrique
Spiritualité

Herman Bastijns M.Afr.

AVENT 2009
Un monde nouveau


Ces dernières années nous avons orienté notre préparation à la venue du Seigneur sur les grands thèmes proposés par l'Eglise. En 2007 c'était le Synode des évêques sur la Parole de Dieu. L'année dernière c'était le jubilé de saint Paul. Cette année, il y a deux événements qui peuvent nous guider dans notre prière et notre vie au cours de ce temps d'Avent : l'encyclique Caritas in Veritate du pape Benoît XVI et le Synode des évêques sur la Réconciliation, la Paix et la Justice en Afrique. Ces deux événements tournent notre regard vers ce monde nouveau que Jésus est venu inaugurer.

Quarante-deux ans après Populorum Progressio de Paul VI, Benoît XVI constate avec tristesse que "la richesse mondiale croît en termes absolus, mais les inégalités augmentent, avec de nouvelles formes de pauvreté qui émergent." Un monde mondialisé n'est pas automatiquement un monde plus fraternel et plus humain. La science et la technique sont déshumanisantes si elles ne reposent pas sur une écologie humaine et environnementale. L'ordre mondial actuel est un désordre, basé sur trois principes néfastes: le Profit, le Pouvoir et les Privilèges. Les conséquences en sont: la Faim, l'Injustice et la Violence. Nous sommes mal partis et la crise "nous oblige à reconsidérer notre itinéraire", dit le pape.

Peu de temps après l'Encyclique, le Synode africain est venu illustrer en quelque sorte le diagnostic et l'appel du pape. Pendant trois semaines, les évêques se sont penchés sur le continent africain qui est sans doute la première et la principale victime du désordre mondial actuel. Oui, notre monde est malade.

Les remèdes sont les principes de Gratuité, de Solidarité et de Subsidiarité (une aide à la personne humaine qui n'est pas une assistance paternaliste, mais une aide orientée vers un véritable développement humain.) Enfin le pape rappelle que, sans Dieu, le développement devient négatif, "déshumanisé".

C'est à la lumière de ces deux événements que nous voulons, cette année, attendre et préparer la naissance de Jésus comme celui qui nous apporte non seulement un salut individuel, mais un monde nouveau, une société nouvelle.

Le magnificat de Marie
Déjà dans le Magnificat, Marie chante sa louange et sa gratitude au Dieu libérateur pour un monde rénové, spécialement face à l'événement qui va se produire en elle et par elle. Il semble que Luc a mis dans la bouche de la Vierge ce chant qui était une hymne de sa communauté qui avait choisi de mettre tout en commun, donnant ainsi de l'espérance à tous ceux que la société a marginalisés. Le chant de Marie ne vise pas une réalité spécifique et n'invite pas à une révolution sociale, il exprime l'action de grâces d'une communauté qui s'identifie à Marie et loue le Seigneur pour la fraternité qui est le don de l'Esprit et qui donne une espérance à tous les désespérés.

Les béatitudes et la Loi nouvelle
C'est bien cette espérance que Jésus apporte en proclamant que "Le Royaume de Dieu est parmi vous". Les béatitudes et la Loi Nouvelle montrent que ce Royaume, n'est pas seulement un salut individuel, mais qu'il constitue une société nouvelle, de nouveaux rapports sociaux, un monde nouveau.

Les Béatitudes ne sont pas une exhortation morale; elles ne dressent pas le tableau des vertus qui nous mériteraient le Royaume. Encore moins sont-elles un encouragement à vivre dans la misère et le malheur. L'absolue gratuité du Royaume, voilà ce que célèbrent les Béatitudes. La Loi nouvelle est inséparable des Béatitudes. Coupées de la grâce du Royaume, ramenées au niveau de la Loi, les exigences de Jésus sont impraticables et utopiques. Mais Jésus n'est plus dans l'univers de la Loi. Un seuil a été franchi. Un nouvel horizon est apparu: celui de la surabondance et de la démesure du don de Dieu telles qu'elles éclatent dans la communication gracieuse et sans réserve du Père en celui qu'il a appelé son Fils bien-aimé. Tout le discours de Jésus est, en définitive, un appel à parier sur ce Don et à fonder notre vie sur lui.

C'est comme s'il nous disait : "Ce que Dieu a fait pour toi, fais-le aussi pour les autres. Il t'a accueilli, accueille-les. Il t'a pardonné, pardonne-leur. Laisse se répandre et se manifester, à travers toutes tes rencontres et toutes tes relations, le grand souffle de la libéralité du Père. Entre toi-même dans l'inspiration divine. Deviens solaire pour tes frères. Tu n'amasseras pas de trésor sur la terre, mais tu seras comme le Père: bienveillant envers tous, miséricordieux, rayonnant. Oui, tu seras, toi aussi, la lumière du monde et le sel de la terre. " Oui, tu collaboreras au développement du monde selon le cœur de Dieu.

La parole et le pain
L'année dernière, j'eus l'occasion de réfléchir à cela quand il me fut demandé d'écrire une petite réflexion pour un congrès du Centre International du Volontariat. Le thème était le rapport entre le développement et l'Eucharistie et le titre : "Du pain rompu au pain partagé".

Le pain est un thème central dans la vie de Jésus, thème qui reprend celui de la manne au désert qui manifestait déjà que Dieu ne supporte pas la faim de son peuple. A plusieurs reprises, Jésus donnera du pain en abondance aux foules dans le désert. Mais ce qu'il faut remarquer, c'est comment Jésus donne le pain. Il y a en effet tant de manières de donner le pain et de motivations pour le faire. Les empereurs de Rome eux aussi donnaient du pain à la foule (panem et circenses), mais ils le lui jetaient sans vrai respect pour maintenir leur propre pouvoir. Jésus donne du pain pour faire connaître son Père. Tel est son choix fondamental fait dans le désert après son baptême. Il ne recherchera ni la richesse, ni les honneurs, ni le pouvoir et il acceptera la mort pour accomplir cette mission.

Un autre aspect de l'attitude de Jésus est le respect pour la personne humaine. Pour lui, le pauvre n'est pas qu'une bouche à nourrir, mais un frère a estimer et à aimer. Jésus voit l'avenir de l'homme au-delà de tout succès économique et matériel. Plus encore que de pain, l'homme a besoin de respect et d'un regard qui lui parle avec des égards et une infinie tendresse. "L'homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu".

Un autre aspect encore du l'action de Jésus est qu'il ne veut pas nourrir les pauvres sans leur contribution: pour multiplier le pain, il a besoin de cinq pains et de trois petits poissons offerts par un pauvre. Il a aussi besoin de collaboration en demandant à ses disciples de distribuer le pain multiplié.

Connaître ceux que nous voulons aider, écouter leurs vrais besoins, collaborer avec eux et les former pour les rendre libres et responsables, telles sont les attitudes dont Jésus nous donne l'exemple dans ses paroles et ses actions pour une véritable promotion humaine. Mais c'est dans son dernier repas que Jésus va jusqu'au bout de son message : en donnant du pain à ses amis, il se donne lui-même. Il nous rappelle par là que le développement n'est pas seulement technique et matériel, mais qu'il doit établir des relations amicales faites d'estime, de respect et de solidarité réciproques, en un mot, de fraternité.

Cette année nous voulons attendre et préparer Jésus qui s'est fait "Pain rompu pour un monde nouveau".

Que ton Règne vienne

Dans cette deuxième partie de notre récollection, je voudrais proposer quelques manières concrètes d'attendre et de préparer le monde nouveau inauguré par Jésus.

Partager la Passion de Dieu
L'Avent nous invite d'abord à une attitude générale de vigilance et de diligence. Notre attente du Christ ne doit par être une attente passive, mais une attente active qui nous fait partager les sentiments qui ont amené le Verbe de Dieu à se faire homme.

Le père Rondet, S.J. dit que "Faire l'expérience de Dieu, c'est rejoindre le Père dans son amour de la vie. Personne n'aime la vie, ne donne la vie, ne sauve la vie sans rejoindre en actes la volonté du Père. Beaucoup l'auront fait sans savoir avec qui ils le faisaient, mais le Père le sait. Beaucoup sont sauvés dans cet amour humble et simple de la vie qui est de fait leur OUI au Père.

Faire l'expérience de Dieu, c'est rejoindre le Fils dans son combat pour la libération de l'homme. Dieu se rencontre, pour nous, sur les chemins qui reconnaissent, respectent et aiment en chaque homme l'image, défigurée peut-être, mais réelle, à qui le Fils vient rendre sa ressemblance. Glorifier le Père, pour Jésus, c'est donner sa vie pour que l'homme puisse retrouver les traits divins.

Faire l'expérience de Dieu, c'est rejoindre l'Esprit qui unit dans la communion de l'amour les différences respectées. Les hommes qui vivent de l'Esprit sont ceux en qui vit la passion de faire communier, communiquer, dialoguer, dans le respect des différences et des libertés. "

Rejoindre Dieu, comment pouvons-nous faire cela concrètement dans notre vie personnelle, dans nos communautés, dans la société, dans l'Eucharistie et dans la prière?

Dans notre vie personnelle
Devant la complexité du monde actuel et des problèmes qu'il pose, nous nous sentons impuissants et nous sommes parfois tentés par une attitude de défaitisme et des sentiments de pessimisme, de peur et même de panique.
L'Avent nous invite à être des hommes et des femmes capables de communiquer l'espérance

Dans notre communauté
Notre amour du monde doit commencer d'abord dans notre milieu de vie, dans nos familles et nos communautés. C'est là que nous devons en premier lieu apporter la justice, la paix et la réconciliation par un amour vrai. Or Benoît XVI nous rappelle que l'amour sans vérité n'est que sentimentalité et la vérité sans amour n'est que dureté. L'Avent nous invite à avoir le courage de dire la vérité, et la patience et la prudence pour la dire avec amour.

Dans la Société
Dans notre milieu de travail et dans la vie publique, nous sommes appelés à nous engager concrètement et dans la mesure de nos moyens, aussi petits qu'ils soient, pour tout ce qui contribue à la réconciliation, la paix et la justice, et au respect de l'environnement.

L'Avent nous invite à croire à la "force douce", à la suite de François d'Assise, de Jean Bosco de Turin, de Damien le lépreux de Molokai, de Thérèse de Calcutta et de tant d'autres au milieu de nous.

Dans l'Eucharistie
Sur une haute montagne en Chine, Teilhard de Chardin célébrait "La Messe sur le monde". Parfois nous apportons à l'Eucharistie le monde étroit de nos soucis et de nos attentes personnelles.

L'Avent nous invite à élargir l'horizon de notre célébration eucharistique aux dimensions du monde et même de la création toute entière.

Dans la prière
Dans la conclusion de Caritas in Veritate, le Pape souligne que "le développement a besoin de chrétiens qui aient les mains tendues vers Dieu dans un geste de prière."

Avec Thérèse de l'Enfant Jésus
Croire à l'efficacité de la prière, voilà bien une des choses que nous apprend Thérèse de Lisieux, docteur de l'Église pour notre temps.

Et nous voilà en plein paradoxe, car Thérèse nous apparaît si étrangère à notre temps de mondialisation et d'Internet, puisque sa brève vie a été confinée dans une petite ville (elle n'a fait qu'un voyage par train de Lisieux à Rome) et ensuite entre les murs d'un Carmel. Mais cette vie a été vécue au cœur du monde parce qu'elle avait choisi d'être, dans l'Église, l'amour. Elle a vécu pleinement la parole de Benoît XVI qui dit que "La charité est la voie maîtresse de la doctrine sociale de l'Église ".

Patronne universelle des missions, Thérèse est la preuve de l'efficacité mystérieuse de cette prière cachée. Toute sa vie posthume le montre. Petite carmélite inconnue, elle a inspiré Vatican II, elle est maîtresse de vie pour des générations, dans toutes les couches de la société. Aujourd'hui encore, Thérèse est une intrépide missionnaire de Jésus dans notre monde sécularisé.

Et tout cela, elle l'a fait avec la simplicité d'un enfant. Thérèse ne doute de rien. Elle a un délicieux sens de l'humour, et une lucidité sur elle-même et ceux qui l'entourent.

Elle est vraie, aimant la vérité, luttant pour elle, dépistant impitoyablement les faux-fuyants, les petites hypocrisies "pieuses ".

Thérèse a connu l'épreuve de la foi affrontée au silence de Dieu, aux appels vertigineux du "néant", la tentation du suicide, les souffrances physiques et morales multiformes. A travers tout cela, elle a gardé l'espérance de l'audacieuse qui joue toute sa vie sur l'amour, sans jamais jouer à la stoïcienne, en restant petite, vulnérable.

Que l'Esprit de Jésus nous aide en ce temps de l'Avent à apporter notre petite lumière à l'aurore du monde nouveau qu'inaugure le "Prince de la Paix" qui vient.

 


 

Missionaries of Africa
Spirituality

Herman Bastijns M.Afr.

ADVENT 2009
A New World

Over the last few years, we have focused our preparation for the coming of the Lord on the major themes proposed by the Church. In 2007, we referred to the Synod of Bishops on the Word of God. Last year, it was the Jubilee of Saint Paul. This year, there are two events that could guide us in our prayer and lives during Advent: Pope Benedict XVI's Encyclical Caritas in Veritate and the Synod of Bishops on Reconciliation, Peace and Justice in Africa. These two topics turn our attention to the new world that Jesus came to inaugurate.

Forty-two years after Paul VI's Populorum Progressio, Benedict XVI noted with sadness… ''The world's wealth is growing in absolute terms, but inequalities are on the increase.' In rich countries, new sectors of society are succumbing to poverty and new forms of poverty are emerging.' A globalised world is not automatically a more fraternal or humane world. Science and technology are dehumanising if they are not founded on human and environmental ecology. The prevailing world order is in disorder, based on three harmful principles: profit, power and privilege. The consequences are hunger, injustice and violence. We are off to a bad start and the Pope says that the crisis obliges us to reconsider our itinerary.

A short time after the Encyclical, the African Synod took place and in some ways illustrated the Pope's analysis and appeal. For three weeks, the bishops looked into issues on the African continent, which is probably the primary and principal victim of current worldwide disorder. Decidedly, our world is sick.

Remedies are the principles of Gratuitousness, Solidarity and Subsidiarity. This is personal assistance which is not patronising, but properly directed towards genuine human development. Finally, the Pope recalls that without God, development becomes negative, 'de-humanising'.

This year, in the light of these two events, we wish to wait in expectation and prepare the birth of Jesus as the one who brings us not only individual salvation, but a new world and a new society.

Mary's Magnificat
As early as the Magnificat, Mary sings her praise and gratitude to a liberating God for a world renewed, particularly when faced with the event that will take place in her and by her. It seems that Luke has placed this hymn on the lips of the Virgin Mary. It was a chant that his community sang, having placed all they had in common, thus giving hope to all those whom society had marginalized. Mary's song does not have a specific target in view, and is not a call to social revolution; it expresses the thanksgiving of a community identifying with Mary and praising the Lord for the fraternity that is the gift of the Spirit and gives hope to all those in despair.

The Beatitudes and the New Law
This hope is what Jesus brings when he proclaims that the 'Kingdom of God is among you.' The Beatitudes and the New Law demonstrate that this Kingdom is not only for individual salvation, but that it constitutes a new society, new social relations, and a new world.

The Beatitudes are not a moral exhortation; they do not draw up a scale of virtues that would entitle us to the Kingdom. Even less are they encouragement to live in misery and misfortune. The Beatitudes celebrate the absolute gratuitous nature of the Kingdom. The new Law is inseparable from the Beatitudes. Jesus' demands are impracticable and utopian if cut off from the grace of the Kingdom and reduced to the level of Law. However, Jesus is no longer in the world of the Law. A threshold has been crossed; a new horizon has appeared. This is the superabundance and the excessively gracious gift of God such as it is spectacularly revealed in the grace-filled, unreserved communication of the Father in the one whom he called his Beloved Son. All Jesus' discourse, ultimately, is a call to gamble on this Gift and to found our lives on it.

It is as though he said, 'What God has done for you; do so for others. He welcomed you; welcome them. He forgave you; forgive them. Allow the all-pervasive scent of the Father's liberality surround you and show it in all your encounters and relations. Penetrate the divine inspiration. Become active in solidarity towards your brothers. You will not gain treasure on earth, but you will be like the Father, kind to all, merciful and cheerful. Indeed, you too will become light to the world and salt to the earth. You will indeed contribute to the development of the world according to God's intentions.

The word and the bread
Last year, I had the opportunity to think on this when I was asked to write a short reflection for the Convention of the International Centre for Volunteer Service. (Centre International du Volontariat). The topic was the link between development and the Eucharist entitled, 'From bread broken to bread shared.'

Bread is a central feature of Jesus' life, a feature that recalls the manna in the desert which even then demonstrated that God cannot endure his people's hunger. On several occasions, Jesus gave bread in abundance to the crowds in the desert. However, what we need to note is how Jesus gives the bread. Indeed, there are several ways of giving bread and motives for doing so. Roman emperors also gave bread to the crowds (panem et circenses), but it was thrown to them without due respect, simply to keep a hold on power. Jesus gives bread to make his Father known. This is his radical choice taken in the desert, after his baptism. He will not pursue riches, honours or power and will embrace death to accomplish this mission.

Another aspect of Jesus' attitude is his respect for the person. For him, the poor person is not just a mouth to feed, but a family member to hold in esteem and to love. Jesus sees the future of humanity beyond any economic or material success. A person needs respect and the promise of infinitely tender consideration much more than bread. 'Man does not live on bread alone, but on every word that comes from the mouth of God.'

Another aspect again of Jesus' action is that he does not wish to feed the poor without something from their side; to multiply the loaves, he needs five loaves and three small fishes offered by a poor person. He also needs co-workers, in asking his disciples to give out the multiplied loaves.

By his words and actions, Jesus gives us an example of the attitudes required for genuine human development in knowing those we wish to help, listening to their real needs and working with them, educating them to become more free and responsible. However, it is in his last meal that Jesus will go to the core of his message. By giving bread to his friends, he gives himself. In this way, he reminds us that development is not just technological and material, but should establish friendly relations of mutual esteem, respect and solidarity, in a word, fraternity.

This year, we wish to wait in expectation and prepare for Jesus who made himself, 'Bread broken for a new world.'


Your Kingdom Come

In this second part of our recollection, I would like to propose a few practical ways to wait in expectation and prepare for the new world inaugurated by Jesus.

Share God's Passion
Advent primarily invites us to a general attitude of vigilance and diligence. Our waiting in expectation for Christ should not be passive, but active, enabling us to share the sentiments which led the Word of God to become a person.

Father Rondet, SJ says that 'Experiencing God is to unite with the Father in his love of life. No one can love life, give life or save a life without uniting in act with the Father's will. Many will have done so without knowing with whom they did so, but the Father will know. Many are saved in this humble and simple love of life, which is to give their consent to the Father.

Experiencing God is to unite with the Son in his struggle for the liberation of mankind. We meet with God on paths that acknowledge, respect and love in each person the perhaps disfigured but real face of the one to whom the Son comes to give his likeness. For Jesus, glorifying the Father is to give up his life so that mankind may recover its divine features.

Experiencing God is to unite with the Spirit who brings together all duly respected differences in a communion of love.

Those who live from the Spirit are those in whom burns the passion to form communion, to communicate, to dialogue in respecting difference and freedoms.'

How can we practically unite with God in our personal lives, in our community, in our Society, in the Eucharist and in prayer?

In our personal lives
Faced with the complexity of the modern world and the problems it poses, we feel powerless and sometimes prone to attacks of defeatism and pessimism, nameless fears and even panic. Advent invites us to be men and women able to communicate hope.

In our community
Our love for the world must first begin in our home environment, in our families and communities. We must bring justice, peace and reconciliation into them through genuine love. To this effect, Benedict XVI reminds us that love without truth is only sentimentality and truth without love is nothing but callous.

Advent invites us to have the courage to speak the truth and the patience and prudence to do so with love.

In the Society
In the workplace and public life, we are called to become committed in practice as far as we can, however little it may seem, for anything that would contribute to reconciliation, peace and justice and towards a healthier environment.

Advent invites us to believe in the gentle power, following in the footsteps of Francis of Assisi, Don Bosco, Damian of Molokai, Mother Teresa of Calcutta and so many others among us.

In the Eucharist
Teilhard de Chardin celebrated the 'Mass on top of the World' high on a mountain in China. Sometimes we bring the narrow world of our personal problems and expectations to the Eucharist.

Advent invites us to broaden our horizon in our Eucharistic celebrations to the scale of the world and even to the whole of creation.

In Prayer
In the conclusion of Caritas in Veritate, the Pope underlines that 'Development needs Christians with their arms raised towards God in prayer.

With Therese of the Child Jesus
One of the most significant things taught by Therese of Lisieux, Doctor of the Church for our times, is the effectiveness of prayer.

Here we face a huge paradox, because Therese appears so alien to our age of globalisation and the Internet, since her brief life was confined to a small town - she made one trip by train from Lisieux to Rome - and then within the walls of a Carmelite convent. However, this life was lived at the heart of the world because she chose to be within the Church identified with love. She fully lived out the words of Benedict XVI; 'Charity is at the heart of the Church's social doctrine.'

Universal Patroness of the Missions, Therese is proof of the mysterious effectiveness of this unseen prayer. All her posthumous power to influence demonstrates it. Even though an insignificant unknown Carmelite, she inspired Vatican II; she is a life teacher for generations at all levels of society. Even today, Therese is an intrepid missionary for Jesus in our secularised world.

In all of this, she did so with the unassuming nature of a child. Therese doubts nothing. She has a delicious sense of humour and clarity about herself and those around her. She is true, a lover of truth, strives for it, mercilessly detecting prevarication and little 'pious' hypocrisies.

Therese experienced trials in faith when confronted with God's silence, when faced with the dizzying attraction of 'the void', the temptation to suicide, the many-faceted physical and mental suffering. Throughout all this, she held onto the hope of the bold risk-taker who gambles her whole life for love, without ever pretending stoicism, remaining humble and vulnerable.

May the Spirit of Jesus help us in this period of Advent to bring our little lamp to the dawn of the new world that the Prince of Peace will inaugurate when he comes.