ROME : 40e ANNIVERSAIRE
de la lettre encyclique de Paul VI (1967)
La situation actuelle en Afrique
à la lumière de
POPULORUM PROGRESSIO
LE RÔLE DE LÉGLISE CATHOLIQUE
POUR LE DÉVELOPPEMENT DE LAFRIQUE
par Mgr Silota MAfr, 2e vice-président du Sceam
« Une situation commune est, sans aucun doute, le fait que lAfrique est saturée de problèmes : dans presque toutes les nations, il y a une misère épouvantable, une mauvaise administration des rares ressources disponibles, une instabilité politique et une désorientation sociale. Le résultat est sous nos yeux : misère, guerres, désespoir. Dans un monde contrôlé par les nations riches et puissantes, lAfrique est pratiquement devenue un appendice sans importance, souvent oublié et négligé par tous » (Ecclesia in Africa, 40).
Défis, observations et directives
Cette constatation, faite par les Pères synodaux en 1994 est malheureusement encore dactualité aujourdhui. Même si la situation en Afrique varie de région en région, de pays en pays et même à lintérieur dun même pays, le dénominateur commun souligné par le Synode est encore vrai.
Ceci dit, il est presque impossible de présenter une vue densemble de la situation actuelle en Afrique dans une intervention limitée à 20 minutes. Nous ne respecterions pas le travail minutieux de recherche accompli par des universitaires spécialistes de diverses sciences. Et serait-il utile de faire des recommandations aux décideurs qui ne seraient pas adaptées au contexte économique, social et politique particulier à notre continent ? Une analyse plus détaillée de la situation est encore nécessaire pour que nous arrivions à des propositions significatives en vue de progresser dans des milieux bien particuliers. Cette contribution est donc une approche générale pour indiquer les défis communs au continent africain, faire des observations générales et présenter des lignes de conduite utiles à lAfrique en général.
En fait, notre texte sinspire de lencyclique Populorum Progressio. Il est étonnant de voir que la plupart des perspectives développées dans ce document sont toujours valables aujourdhui. Cest pourquoi nous y sommes largement revenus. Notre point de vue est celui du Symposium des conférences épiscopales dAfrique et de Madagascar, le Sceam, qui est lassociation représentant tous les évêques catholiques dAfrique.
I. LAfrique dans un contexte de mondialisation
Le Synode pour lAfrique de 1994 a dit que « lAfrique est pratiquement devenue un appendice sans importance, souvent oublié et négligé par tous ». Cependant, sans nous contredire, nous pouvons aussi déclarer que lAfrique nest plus marginalisée si on la situe dans le contexte politique mondial. LAfrique est présente sur la scène mondiale et devient un partenaire traité dégal à égal dans les relations internationales. Quelques Africains renommés ont montré des qualités de leadership et ont servi avec succès dans les organisations internationales.
Cependant, le rôle de lAfrique dans le développement de léconomie mondiale demeure marginal. En fait, ce rôle diminue en terme de participation au commerce international et à la production mondiale. Dans ce domaine notre continent nest pas considéré comme un partenaire égal. « Le déséquilibre saccroît : certains produisent un excédent de denrées alimentaires qui manquent cruellement à dautres qui voient leurs exportations rendues incertaines » (Populorum Progressio 8).
Dune part lAfrique doit accepter la mondialisation comme un développement historique irréversible. Dautre part, on doit sen occuper dune façon beaucoup plus efficace. Ceci sapplique aux perspectives qui deviendront les lignes de conduite pour la participation de lAfrique au développement mondial. Il est aussi important pour les stratégies choisies de mettre ces perspectives en pratique.
I.1 Des occasions
Le monde est toujours plus unifié (intégré) dans le domaine du progrès économique et culturel. Nous constatons que nos sociétés sont interdépendantes. Quand les gouvernants nient cette réalité, ils mettent leurs nations en danger de mort car ils perdent contact avec le développement du monde. La mondialisation en effet offre beaucoup doccasions de développement. Quelques Africains lont compris et ont trouvé leur créneau dans la sphère du commerce mondial et des institutions internationales. Pour eux, le monde est comme un grand terrain de sport où ils développent leurs talents et guettent les occasions dutiliser leurs forces à leur juste mesure.
Les moyens modernes de communication ont relié lAfrique au réseau mondial du développement scientifique et économique. Il y a 40 ans, il y avait des barrières qui empêchaient laccès aux sources dinformation. LAfrique ne pouvait pas participer au développement universel et à la maîtrise des connaissances. Il ny a plus ces désavantages aujourdhui. Linternet donne à lAfrique une chance de participer au développement mondial.
Pour ce qui est des influences politiques, lAfrique daujourdhui fait mieux entendre sa voix quautrefois. Dans les organismes internationaux on compte avec les votes des nations africaines. On découvre de plus en plus que lAfrique est un continent plein de ressources naturelles et quelle peut servir de base à des développements industriels. Les marchés augmentent le volume de leurs transactions. Les relations daffaires de lAfrique ne se limitent plus au monde occidental mais sétablissent solidement avec lAsie, lEurope de lest et lAmérique latine.
I.2 Défis
En gros, lAfrique ne retire encore aucun bénéfice de son intégration dans le monde. Le continent est toujours victime de décisions qui sont prises de lextérieur. LAfrique est toujours le terrain de jeu des étrangers où les Africains nont pas le droit de jouer. Ceci se voit dans la manière dont les accords économiques sont organisés. Là où les entreprises africaines seraient en bonne position sur le marché des affaires, les conditions du marché et son fonctionnement ne sont que rarement influencés par les leaders africains. Lexploitation des immenses richesses naturelles du continent est aux mains des étrangers. Plus encore, dans certains cas, on ne peut que difficilement discuter de ces affaires à cause de traités à long terme signés entre des politiciens africains et les sociétés internationales.
Le débat actuel sur lEntente de partenariat économique (EPE) avec lUnion européenne vise en théorie à un commerce plus libre qui devrait être au bénéfice de tous. Cependant, il y a le risque que cette entente devienne un outil de plus pour assurer la domination des puissants producteurs agricoles de lhémisphère nord. Une telle entente aura des effets négatifs sur la production agricole africaine. « La règle du libre-échange ne peut plus, à elle seule, régir les relations internationales. Ses avantages sont certes évidents quand les partenaires ne se trouvent pas en conditions trop inégales de puissance économique. (...) Il nen est pas de même quand les conditions deviennent trop inégales de pays à pays. (...) Il faut le reconnaître : cest le principe fondamental du libéralisme comme règle des échanges commerciaux qui est ici mis en question » (Populorum Progressio 58).
« Les efforts pour aider au plan financier et technique les pays en voie de développement seraient illusoires si leurs résultats étaient partiellement annulés par le jeu des relations commerciales entre pays riches et pays pauvres. La confiance de ces derniers serait ébranlée sils avaient limpression quune main leur enlève ce que lautre leur apporte. » (Populorum Progressio 56).
« Si la terre est faite pour fournir à chacun les moyens de sa subsistance et les instruments de son progrès, tout homme a donc le droit dy trouver ce qui lui est nécessaire. (...) Tous les autres droits, quels quils soient, y compris ceux de propriété et de libre commerce y sont subordonnés. » (Populorum Progressio 22).
LAfrique paiera peut-être à prix fort lintérêt grandissant que lui portent la Chine, lInde, la Russie et quelques autres. Pour linstant, nous voyons surtout quil y a de nouvelles possibilités de développement. Dans lavenir, est-ce quon ne le payera pas par une plus grande dépendance des financiers internationaux ?
La migration massive vers lhémisphère nord des Africains et Africaines, souvent des jeunes, est une conséquence dun manque de vision. On leur refuse une participation dans le développement de leur continent, potentiellement riche. LAfrique voit non seulement mourir des milliers de ses enfants mais assiste à la « fuite des cerveaux ». Tout ceci porte atteinte à tout projet de développement du continent et a des effets néfastes à long terme. « Il faut se hâter : trop dêtres humains souffrent et la distance saccroît qui sépare le progrès des uns et la stagnation, voire la régression des autres » (Populorum Progressio 29).
La plupart des horribles guerres civiles en Afrique ont leurs racines dans le même système dexploitation des ressources naturelles de notre continent. Nous navons pas de plan pour transformer ces richesses en sources de développement des peuples. « La paix ne se réduit pas à une absence de guerre, fruit de léquilibre toujours précaire des forces. Elle se construit jour après jour, dans la poursuite dun ordre voulu par Dieu qui comporte une justice plus parfaite entre les humains » (Populorum Progressio 76).
I.3 Solutions possibles
Nous disons clairement que les solutions à tous ces défis ne doivent pas être cherchées en dehors du continent. Il appartient aux Africains de les trouver. Les Africains devront aussi travailler pour les faire connaître et les appliquer si nous voulons amorcer les changements. Aucun pays africain ne peut le faire seul. Il est de la plus grande importance de renforcer les liens régionaux et continentaux entre les nations dAfrique. LAfrique doit parler dune seule voix si elle veut défendre les intérêts de ses populations. « Nous adressons aujourdhui (à tous) cet appel solennel à une action concertée pour le développement intégral de lêtre humain et le développement solidaire de lhumanité » (Populorum Progressio 5).
Nous constatons aujourdhui que le processus dintégration africaine est trop lent. Il na pas la dynamique qui permettrait de changer quelque chose. Les raisons principales de ce retard sont le manque de leadership, le manque de vision à la mesure du continent, et la protection des intérêts personnels de ceux qui ont le pouvoir. De plus, nous sommes témoins dune tendance fatale qui porte à croire que lon progresse quand on aboutit à la signature de documents, aux formules bien tournées, à la fin de conférences multilatérales accompagnées de déclarations solennelles dans les médias. Ces illusions tragiques démontrent le manque de leadership responsable et nous coûtent très cher. Si les déclarations ne sont pas suivies de petits pas quotidiens pour lapplication de nouvelles politiques, si les documents ne conduisent pas à travailler dur pour les mettre en pratique, si les médias africains inventent des nouvelles plutôt que de refléter la réalité, la marginalisation économique et sociale de lAfrique va continuer.
Pour que lAfrique puisse défendre ses intérêts, elle doit développer lautorité et les qualités de ses gouvernants et leur volonté de travailler ensemble à une destinée commune. Il sagit dune question de bonne gouvernance au niveau continental. Un des premiers résultats serait un plan de développement plus adapté et efficace en utilisant mieux les infrastructures du continent. LAfrique noffre pas le réseau nécessaire de services aux investisseurs, comme les routes, lénergie et les télécommunications. Les ressources sont là mais on ne sait pas sen servir. Les ressources doivent être utilisées en commun par les nations africaines. Cette collaboration nexiste pas. On dirait que la défense des frontières nationales, mises en place par les pouvoirs coloniaux, est aujourdhui plus importante pour les Africains eux-mêmes que pour le reste du monde. Il y a là des signes dégoïsme nationaliste. Ce sentiment est nourri par lenvie de posséder et la soif de briller de certains leaders. LAfrique, par ses propres choix, pourrait se retrouver avec un statut néocolonial dexploitation.
I.4 Le rôle de lÉglise
LÉglise catholique et les Églises chrétiennes sont les plus anciennes institutions denvergure mondiale. Lenseignement social de lÉglise a saisi ce que veut dire le travail en réseaux internationaux. On y a toujours souligné limportance de dépasser les intérêts particuliers des individus et même des sociétés. Le bien commun ne connaît pas de frontières. Quand lÉglise se fait lavocate dune plus grande unité au niveau régional et continental, elle applique le principe de subsidiarité. Cest la mission de lÉglise que de continuer à travailler dans cette direction. Nous devons promouvoir lunité africaine et la collaboration étroite entre les gouvernants et entre les peuples
Pour être logique avec ce travail danimation, lÉglise elle-même devrait donner le bon exemple. Il est de la plus grande importance que les responsables de lÉglise ne donnent pas limage dun leadership sans volonté, égoïstes et corrompu tel quon le voit sur la scène politique. Les responsables de lÉglise doivent être capables de dépasser leurs propres intérêts, de mettre en commun leurs ressources pour promouvoir le développement dans lefficacité et la transparence.
Le bon exemple venant de lÉglise serait le meilleur encouragement pour un renouveau de la gouvernance chez les leaders politiques. En plus, lÉglise doit continuer à offrir, selon sa doctrine sociale, une solide formation aux personnes de tous les milieux de vie. Elle doit spécialement offrir une éducation civique. La faim dinstruction nest en effet pas moins déprimante que la faim daliments (Populorum Progressio 35).
LÉglise peut aussi aider les gouvernants africains à voir leurs limites et à mieux présenter leur plaidoyer en faveur du continent. En plus dapporter un soutien aux gouvernants, lÉglise elle-même peut se faire lavocate, au plan mondial, des intérêts des Africains et Africaines, spécialement en luttant pour de meilleures règles de commerce international, pour une meilleure exploitation des richesses naturelles et pour que lAfrique bénéficie plus largement du progrès mondial.
II Les responsabilités de lAfrique
Nous venons de voir les obstacles auxquels saffronte lAfrique sur la scène mondiale dominée par les pouvoirs étrangers. Nous avons rappelé limportance dune approche coordonnée et pratique dans la défense des intérêts africains dans le processus de mondialisation. Il nous faut dire aussi quil est nécessaire que les Africains eux-mêmes se rendent responsables des abondantes richesses naturelles du continent. Ces richesses sont entre leurs mains pour servir au développement. Tout autant que les habitants des autres continents, les Africains ont les talents personnels et les forces humaines et, peut-être plus quen dautres continents, les ressources naturelles pour servir au développement. Il nous faut donc considérer les responsabilités des Africains en ce domaine. Que peut-on faire en Afrique même pour progresser et faire disparaître la misère et une pauvreté généralisée ? Le Créateur nous a donné des richesses.Comment en être les bons intendants ? Comment développer nos pays en faisant bon usage de nos talents personnels et de nos richesses ? « Lêtre humain nest vraiment humain que dans la mesure où, maître de ses actions et juge de leur valeur, il est lui-même auteur de son progrès, en conformité avec la nature que lui a donnée son Créateur et dont il assume librement les possibilités et les exigences » (Populorum Progressio 34).
II.1 Résultats
Malgré les critiques négatives que nous venons de faire, depuis une vingtaine dannées, la situation évolue positivement en Afrique dans le domaine des réformes politiques internes. La période des dictatures brutales semble dépassée. Des réformes constitutionnelles nous ont conduits vers une « gouvernance démocratique » dans la plupart des pays africains. Certains pays réussissent même à tenir des élections démocratiques, régulièrement et dans la paix. Lalternance politique, dans le calme, devient habituelle en certains pays et gagne du terrain sur lensemble du continent.
Dans plusieurs pays nous sommes témoins dune lutte contre la corruption, la fraude et lusage irresponsable des ressources du pays. On se bat pour équilibrer le pouvoir et contrôler les dirigeants politiques. Les jeunes générations sont à lavant-garde de ces combats pour quon ne reste pas dans la misère et la soumission qui ont écrasé les générations précédentes. De plus en plus dAfricains nacceptent plus lexcuse du passé colonial pour expliquer les échecs actuels du développement de lAfrique. Au contraire, ils veulent simpliquer et prendre part à luvre de création dun futur meilleur. Ainsi, dans plusieurs pays dAfrique, on commence à voir les fruits de la croissance économique. En rendant la liberté dêtre et dagir aux personnes, ces pays ont permis à des entreprises économiques de réussir. Ceci est positif pour beaucoup de personnes.
II.2 Défis
Mais malgré quelques réussites économiques, le monde africain demeure dans une situation de misère et de désespoir. Ceci se voit dans tant de régions rurales où il ny a ni progrès social ni développement économique. Le monde industrialisé fait même peser de plus en plus de contraintes sur les populations rurales. Rappelons-nous aussi que lAfrique est le continent où lurbanisation avance le plus rapidement. Ceci montre quon a de plus en plus de difficulté à vivre dans le monde rural en même temps que les problèmes économiques et sociaux des villes vont en augmentant. Bref, le fossé entre les riches et les pauvres sélargit. La population saccroît en même temps quempirent les conditions de vie de millions dAfricains exclus du développement économique.
Dans la sphère politique, les Constitutions prévoient la participation des citoyens. En pratique, les décisions sont toujours prises par de petits cercles dinitiés, les puissants de ce monde, qui nont pas lintention de partager leur pouvoir avec dautres. Ceci se voit surtout dans la faiblesse des parlements et assemblées nationales qui ne contrôlent presque jamais lexécutif. Ajoutons à ce tableau général que le processus de décentralisation et de transmissions des compétences, amorcé dans les années 90, navance plus. Si les Constitutions des pays garantissent la participation des peuples, en réalité cest lexclusion qui prévaut. « Les peuples parvenus à lindépendance nationale éprouvent la nécessité dajouter à cette liberté politique une croissance autonome et digne, sociale non moins quéconomique, afin dassurer à leurs citoyens leur plein épanouissement humain et de prendre la place qui leur revient dans le concert des nations » (Populorum Progressio 6).
Il ny a pas beaucoup de leaders politiques qui auraient intérêt à faire évoluer la situation. Cela minerait leur autorité quasi dictatoriale et les bénéfices quils en retirent. Nous avons donc à proclamer encore une fois quil est important de promouvoir un réel changement dans les motivations qui conduisent au pouvoir et dans la manière de lexercer. « Pour les nations comme pour les personnes, lavarice est la forme la plus évidente du sous-développement moral » (Populorum Progressio 19).
Il est important que la démocratie soit inscrite dans les Constitutions, mais il faut encore quelle devienne le principe qui conduit laction des leaders et des citoyens ordinaires. La démocratie a besoin de démocrates ! Quand on a compris de quoi il sagit, la participation du peuple à lélaboration des lois et à leur application devient possible, tout comme le contrôle des leaders.
II.3 Solutions
En Afrique, il est de la plus grande importance de travailler à renforcer les nouvelles institutions démocratiques que ce soit au niveau des nations ou des régions. Il faut aussi donner de la force aux parlements et à toutes les commissions et agences des gouvernements, comme celles pour le contrôle des comptes publics... Il faut travailler à une vraie décentralisation de façon à prendre en considération les idées et les intérêts des citoyens. Il faut pour cela que les États fonctionnent selon les lois votées. Afin dêtre authentique, ce programme devrait être appliqué avec des ressources africaines, tant pour les finances que pour le personnel. Les bailleurs de fonds et les partenaires internationaux peuvent aider à trouver des solutions et à poser les bonnes questions. Non seulement pour la dignité mais aussi pour la survie du processus de décentralisation et de démocratisation, les Africains doivent en garder le contrôle. LUnion africaine a de bons instruments pour avancer vers le succès : il faut renforcer le NEPAD (Le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) et relancer la contribution publique dans les programmes du MAEP (Mécanisme africain d'évaluation par les pairs).
II.4 Le rôle de lÉglise
LÉglise devra contribuer à un changement de mentalité des citoyens de lAfrique. Nous avons à dépasser le syndrome de la dépendance. Les Africains doivent comprendre quils ont reçu en héritage assez de richesses et de talent pour conduire leur propre destinée. Ils doivent en faire usage. « Doué dintelligence et de liberté, chaque être humain est responsable de sa croissance, comme de son salut. Aidé, parfois gêné par ceux qui léduquent et lentourent, quelles que soient les influences qui sexercent sur lui, chacun demeure lartisan principal de sa réussite ou de son échec » (Populorum Prgressio 15).
LÉglise elle-même doit devenir un milieu dynamique où les personnes peuvent sexprimer et se former selon leurs propres capacités. Trop souvent, disons le franchement, nous avons à déplorer le même syndrome de dépendance dans lÉglise que nous dénonçons dans la société civile. Les leaders de lÉglise, nous les évêques et dautres dans leurs fonctions, doivent donner lexemple dun leadership fraternel et attentif qui sappuie sur les talents de chacun. Nous devons considérer différemment la place des laïcs dans lÉglise, non seulement dans les livres de théologie mais dans la pratique. De façon à y parvenir, là où il existe des associations catholiques de juristes, de journalistes, de médecins, de politiciens, dhommes/femmes daffaires, elles ont à se renforcer pour pouvoir prendre la parole « au nom de lÉglise » là où cest nécessaire et légalement possible. Ceci vaut pour les commissions Justice et paix à tous les niveaux. « La commission pontificale Justice et paix est chargée de susciter dans tout le peuple de Dieu la pleine connaissance du rôle que les temps actuels réclament de lui de façon à promouvoir le progrès des peuples plus pauvres, à favoriser la justice sociale entre les nations, à offrir à celles qui sont moins développées une aide telle quelles puissent pourvoir elles-mêmes et pour elles-mêmes à leurs progrès » (Populorum Progressio 5).
En plus, lÉglise devra renforcer son dialogue politique (et ses représentations sociales) sur la place publique et avec les gouvernements, les parlements et les corps politiques important tant au plan national quau plan de lUnion africaine.
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Maisons des M.Afr. à Sussundenga et à Beira - Nazare
III Le Sceam et le continent africain
Le SCEAM, le Symposium des Conférences épiscopales dAfrique et de Madagascar, est une organisation continentale de tous les évêques dAfrique. Elle peut jouer un rôle de subsidiarité dans le processus de développement. Chacun doit travailler à son niveau, là où il peut être compris, pour arriver à des résultats. La participation au développement de lAfrique commence dans la famille, le milieu de vie, la paroisse, etc. Cest au niveau national que seront traités les problèmes dimportance nationale. Le rôle du SCEAM est de récolter des données sur la réalité africaine et de les faire connaître pour que la coopération fraternelle dans lÉglise universelle porte des fruits. Les Églises ont à apprendre les unes des autres. Le SCEAM peut aussi se prononcer sur des questions dimportance continentale, par exemple sur la coopération régionale, les migrations, lexploitation des ressources naturelles, létablissement du règne de la loi, les questions décologie et de changement climatique. Toutes ces questions dépassent les frontières nationales.
Le Sceam fait aussi entendre la voix de lAfrique dans lÉglise universelle. Ainsi les préoccupations des Africains et Africaines sont-elles entendues à ce niveau. LÉglise universelle peut alors jouer son rôle davocate de lAfrique dans les instances internationales. Dans les situations de conflits, le Sceam peut renforcer son rôle de médiateur. Il est de la plus grande importance de faire entendre la voix de lÉglise quand il sagit de promouvoir la paix sur le continent. Plus lÉglise parle à un niveau continental, plus sa voix peut être entendue et avoir une influence positive.
IV Conclusion
Chaque région et pays dAfrique ont ses particularités quant à son histoire, lexploitation de ses ressources naturelles, son développement économique et politique. Mais ici nous avons tenté de montrer quil y a des dénominateurs communs à tout le continent africain.
Si lAfrique ne sunit pas plus en vue de défendre ses propres intérêts, il ny a pas beaucoup de chance de voir les Africains bénéficier des richesses quils possèdent. LAfrique doit montrer quelle est préparée et quelle a la détermination pour saffronter à lordre économique mondial tel quil existe aujourdhui. Les Africains eux-mêmes doivent prendre les principales décisions quant à lutilisation de leurs richesses.
Au niveau national, chacun doit prendre plus au sérieux le processus de démocratisation et de participation des citoyens à la vie du pays. LAfrique doit cesser de « faire semblant » et démontrer une véritable dynamique démocratique en faisant participer ses citoyens. Pour y arriver, le facteur le plus important est le renouvellement dans le leadership. Cest seulement si les leaders deviennent plus responsables, plus courageux et plus attentifs aux populations que la situation changera en Afrique.
Ici aussi lÉglise doit donner un exemple positif si elle veut jouer efficacement son rôle davocate dans les groupes de pression (le lobbying) afin dobtenir une plus grande participation des citoyens dans les changements économiques et politiques aux niveaux national et continental. « Le combat contre la misère, urgent et nécessaire, est insuffisant. Il sagit de construire un monde où toute personne, sans exception de race, de religion, de nationalité, puisse vivre une vie pleinement humaine, affranchie des servitudes qui lui viennent des humains et dune nature insuffisamment maîtrisée ; un monde où la liberté ne soit pas un vain mot et où le pauvre Lazare puisse sasseoir à la même table que le riche » (Populorum Progressio 47).
Francisco João Silota,
Évêque de Chimoio, Mozambique
2e Vice-Président du Sceam
Symposium des Conférences épiscopales dAfrique et de Madagascar
Rome, Novembre 2007N.D.L.R. : Notre confrère Mgr Silota a été invité à Rome pour participer au 2e Congrès mondial des organismes ecclésiaux travaillant pour la justice et la paix à loccasion du 40e anniversaire de Populorum Progressio.
Tiré du Petit Echo N° 987 2008/1
Our confrere Bishop Silota was in Rome to attend the Second World Congress of the Ecclesial Organizations working for Justice and Peace on the 40th Anniversary of the publication of Populorum Progressio. Bishop of Chimoio, Mozambique, he is also SECAM 2nd Vice-President.
ROME : 40 YEARS AFTER
Pope Paul VI 1967 Encyclical Letter
Current situation in Africa in the light of Populorum Progressio
The role of the Caholic Church
for Africas development
One common situation, without any doubt, is that Africa is full of problems. In almost all our nations, there is abject poverty, tragic mismanagement of available scarce resources, political instability and social disorientation. The results stare us in the face: misery, wars, despair. In a world controlled by rich and powerful nations, Africa has practically become an irrelevant appendix, often forgotten and neglected. (Ecclesia in Africa, 40)
Challenges, observations and guidelines
This statement, made by the Synod Fathers in 1994 is, unfortunately, still true today. Although the situation in Africa varies from region to region, from country to country and even between the regions within the very same country, the common denominator underlined by the Synodal Assembly still prevails!
This being so, it is almost impossible to present a comprehensive overview on the current situation in Africa in a short paper of only twenty minutes duration. It would be offensive to the meticulous and detailed research work accomplished by many scholars in different disciplines. It would also not be of much use to make recommendations to political decision-makers that are not adapted to specific economic, social, political and cultural contexts on the continent. A much more detailed situation analysis, therefore, would be necessary in order to arrive at statements that are meaningful for the concrete developments or progress required in defined contexts.
In this paper, a general approach is applied in order to show some of the common challenges faced by the entire continent, so as to present some general observations and to propose specific guidelines, which pertain to Africa as a whole.
Practically, the paper is inspired in this respect by the encyclical Populorum Progressio. It is quite amazing to see how most of the perspectives developed in this document are still of value today. That is why we tried to use it to the utmost.
This paper is written from the perspective of the Symposium of the Episcopal Conferences of Africa and its Islands (SECAM), i.e., The All-African Catholic Bishops Association.
I Africa in the context of globalisation
Quoting the statement of the Synodal Assembly, it was said that Africa has practically become an irrelevant appendix, often forgotten and neglected. However, without contradicting ourselves, we can also say that Africa is no longer per se a marginalized continent as far as the global political set-up is concerned. Africa has definitely arrived on the global scene and is somehow accepted as an equal partner in international political relations. Some Africans have shown leadership qualities and have served very well in international organisations.
The role of Africa for the worlds economic development, however, remains marginal. Indeed - in terms of its share in international trade and production patterns - even decreasing. In this respect, the continent has not yet become an equal partner. The imbalance grows with each passing day; while some nations produce a food surplus, other nations are in desperate need for food or are unsure of their export market. (PP 8)
On the one hand, globalisation in an African perspective has to be accepted as an irreversible historical development. On the other, it has to be dealt with in a much more efficient way. This applies to the perspectives that are to become the guidelines for Africas participation in global development. It is also important for the strategies chosen to put these perspectives into practice.
I.1 Opportunities
The world is ever more integrated in terms of economic and cultural progress. The interdependency of societies is a fact of life. If leaders deny this reality, it may become terminal for their nations, inevitably losing touch with the overall progress in the world, because globalisation can indeed offer a lot of opportunities. Some Africans have understood this and have found their own place in the sphere of global business as well as in international institutions. For them, the world has become a greater playing-field to develop their skills and to look for opportunities to make good use of their own capacities and give them a measurable value.
Modern communication systems have linked Africa to global scientific and economic progress. Forty years ago, barriers in information dissemination were an impediment to Africas full participation in the worlds overall development and in the international management of knowledge. These disadvantages are no longer what they were before. The Internet gives Africa a unique opportunity to participate in global development.
In terms of political influence, Africa nowadays has a relatively more important voice than ever before. The votes of African nations are now taken into consideration when it comes to international decision-making. In addition, the African continent has been continuously acknowledged in recent years as a resource base for industrial progress and a potentially growing market. Africas international business relations are no longer limited to the West, but they are diversified and include solid interaction with Asia, Eastern Europe and Latin America.
I.2 Challenges
Unfortunately, in general terms, Africa is not yet taking advantage of its integration in the world. The continent is still subject to decisions that are made outside of it. Africa is still a playing field for others rather than being a player in its own right. This can be observed in the way international trade relations are organised. Whilst there is potentially a strong market position for African enterprises, the terms of trade and global economic mechanisms are scarcely influenced by African leaders. Exploitation of the continents enormous natural resources is in the hands of foreigners. Moreover, in some cases, this can only with difficulty be challenged, due to long-term agreements African leaders agreed upon with international companies.
The current debate about Economic Partnership Agreements (EPA) with the European Union is rhetorically aiming at a greater liberalisation of markets, which should be of benefit to everyone. However, it carries the risk that these agreements will become another instrument of domination by powerful western producers with detrimental effects, especially on Africas agricultural production.
The principle of free trade, by itself, is no longer adequate for regulating international agreements. It certainly can work when both parties are about equal economically. ( ) But the case is quite different when the nations involved are far from equal. It must be avowed openly that, in this case, the fundamental tenet of liberalism (as it is called), as the norm for market dealings, is open to serious question. (Populorum Progressio 58)
Yet all these efforts will prove to be vain and useless, if their results are nullified to a large extent by the unstable trade relations between rich and poor nations. The latter will have no grounds for hope or trust if they fear that what is being given them with one hand is being taken away with the other (Populorum Progressio 56).
Now if the earth truly was created to provide man with the necessities of life and the tools for his own progress, it follows that every man has the right to glean what he needs from the earth All other rights, whatever they may be, including the rights of property and free trade, are to be subordinated to this principle (Populorum Progressio 22).
The growing interest in Africa of China, India, Russia and others may also have a high price to pay. At present, it seems to provide new opportunities for development. In future, it may have to be paid with a further extension of Africas dependence on international players.
The migration towards the Northern Hemisphere of African men and women, many of them very young, is a consequence of the lack of perspectives. They are refused meaningful participation in the development of their potentially rich continent. The result is a tremendous brain drain and a lamentable loss of human life, which will further damage the perspectives for a home-grown local African development of its societies and have long-term effects. We must make haste. Too many people are suffering. While some make progress, others stand still or move backwards; and the gap between them is widening (Populorum Progressio 29).
Most of the brutal civil wars in Africa have their roots in the same patterns of exploiting the continents resources and in the lack of adequate models to make them a foundation for genuine development. For peace is not simply the absence of warfare, based on a precarious balance of power; it is fashioned by efforts directed day after day toward the establishment of the ordered universe willed by God, with a more perfect form of justice among men (Populorum Progressio 76).
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Houses' M.Afr. in Sussundenga and in Beira - Nazare
I.3 Possible Solutions
Let us put it clearly that the solutions for these challenges cannot be found outside the continent. They must be found and promoted by African players. Moreover, they will have to be consistently and radically lobbied and fought for, if any reasonable change is to be achieved.
No African nation will be able to do this alone. It is of the utmost importance, therefore, to strengthen the regional and continental ties between African nations and raise one united African voice in order to defend the interest of Africas peoples. We earnestly urge all men to pool their ideas and their activities for mans complete development and the development of all mankind (Populorum Progressio 5).
As things stand today, however, this process of integration is too slow and does not show the dynamics that it ought to have in order to make a difference. The main reasons for this delay are the lack of leadership, the inadequate development of a continental vision and the selfish interests of those who are in positions of decision-making. In addition, we observe a fatal tendency to believe that with the signature to documents, with well-formulated declarations at the end of multilateral meetings and with powerful statements in the media, progress has already been made. This is a tragic illusion and shows the tremendous and ruinous lack of responsible leadership on the African continent.
If declarations are not followed by everyday steps of political implementation, if statements do not lead to hard work, aiming at putting their contents into practice and if the African media produce fantasies rather than report real progress, then Africas economic and social marginalization will inevitably continue.
The development of leadership qualities in Africa and the willingness of leaders to work together for a common destiny have to be the basis of a substantial increase in Africas say in matters of interest and concern to itself. This is a fundamental question of good governance on a continental level. One result of this improvement of concrete governance procedures would definitely have to be a more efficient and adequate development and use of the infrastructure on the continent. Africa is far from providing this necessary network for possible investors, in terms of roads, energy supply and telecommunications. The required resources are all available. Failure to make use of them is a crucial element in Africas current difficulties. Resources have to be utilised jointly and employed in close collaboration among African nations. The fact that this is not happening creates the impression that the protection of national borders, which were set by the colonial powers, is nowadays more important for Africans themselves than for the rest of the world. This is a sign of national selfishness, which is, of course, nurtured by the greed and lust for prominence of certain leaders. It will ultimately lead Africa into a self-made state of neo-colonial exploitation.
I.4 The Role of the Church
The Catholic Church, and for that matter Christianity as such, are the oldest global institutions. A deep understanding of international networking does therefore, exist in the social teaching of the Church. Emphasis has always been laid on the need for solutions that have to go beyond the particular interests of individual persons or even societies. The common good does not know boundaries. Therefore, to be an advocate for greater regional and continental unity on the continent would be an application consistent with the principle of subsidiarity. The Churchs mission of advocacy will have to move in this direction, promoting African unity and close cooperation between African leaders and peoples.
To be consistent in the work of advocacy, the Church itself will have to provide good example. It is of paramount importance for Church leaders to avoid portraying the same image of undecided, corrupt and selfish leadership, observable on the political scene. The leaders of the Church have to be good examples of open-mindedness, able to look beyond the boundaries of their own influence and capable of implementing important steps in development by using the given resources adequately and with diligence and transparency. The good example of the Church would be the best stimulus for improved governance in political leaders. In addition, the Church must continue to provide, on the basis of her Social Teaching, sound training for individuals from all walks of life and place special emphasis on coherent civic education. Lack of education is as serious as lack of food (Populorum Progressio 35).
It is of prime importance for the Church to help African leaders better understand their own shortcomings and to enable them to play their advocacy role effectively for the continent. Besides being of assistance to the leaders in particular, the Church has to remain an advocate, on the global level, for the interests of all African men and women, specifically by fighting for better terms of trade, for an adequate use of Africas resources and for a fair share for Africa in the progress of nations.
II Africas own Responsibility
We have shown the obstacles emanating from a situation where Africa is still a playing field for dominant foreign powers. Moreover, we have shown the importance of a coherent and effective approach of defending Africas interests in the globalisation process. It would, however, be irresponsible and fatalistic to deny the necessity for an adequate use of the abundant resources of the continent by Africans themselves. In their hands, they hold a substantial amount of all the important tools for development. As human beings, they have been given the same talents, the same human strengths and the same, if not better, natural resource base for the achievement of development efforts as any other continent.Therefore, we have to look into Africas own responsibility. We must ask what can be done in Africa itself in order to make more substantial progress with regard to the elimination of destitution and widespread poverty. The key issue is how to make Africans determine their own fate by participating adequately in the development of their societies and using their charisms in the sense of good stewardship on behalf of those resources provided to them by the Creator. Man is truly human only if he is the master of his own actions and the judge of their worth, only if he is the architect of his own progress. He must act according to his God-given nature, freely accepting its potentials and its claims upon him Populorum Progressio 34).
II.1 Achievements
In spite of the negative aspects that we have shown, a lot of positive developments as regards internal political reforms in Africa can be observed, especially over the last two decades. The time of brutal dictatorships being the prevailing pattern of rule seems to be overcome. Constitutional reforms aiming for democratic governance have been set in place in most African countries. Some countries are managing to hold regular and peaceful democratic elections. The peaceful change of political leadership is, little by little, becoming a pattern, which constantly gains more acceptance and practical value on the continent.
The fight against corruption, fraud and irresponsible use of resources and the struggle to balance political power and effectively to control leaders goes on in many African societies. Often, it is mainly promoted by young people, who are no longer willing to live in the same state of misery and dependence as previous generations. Increasing numbers of Africans are no longer accepting the excuse of a colonial past for all the shortcomings in African development. Instead, they want to take part and involve themselves in working towards the creation of a better future. That is why in a number of African countries, a considerable economic growth starts to become visible. The liberalisation of human resources and the creation of free opportunities to perform within the economy have had decidedly positive effects for many.
II.2 Challenges
In spite of the considerable economic growth that we mentioned above, African societies in the broader scheme remain in a situation of destitution and despair. This applies to many rural areas, where no social and economic progress can be observed. On the contrary, it has become even harder to cope with the growing demands of the industrialised world. However, one has to remember that Africa is also a continent with the fastest urbanisation rate. This demonstrates the lack of opportunities in rural areas, but it also increases social and economic problems in the towns of Africa. In short, the gap between rich and poor is increasing and the growth rates that can be observed are not reflected in improvement of the living conditions for millions of Africans who are excluded from economic development.
The same applies to the political sphere. Constitutions provide for a greater participation of citizens. In reality, however, decisions are still being taken by smaller groups, if not cliques, of powerful people, who have no intention of sharing political influence and the social and financial benefits of holding political power with others. This is why in general terms, African parliaments are by far the weakest arm of government and can hardly control the executive. In addition, against this background, one can also understand why the process of decentralisation and the devolution of power, which began so dynamically in many countries in the 90s, does not really advance anymore. The peoples participation is guaranteed and request in many of the new constitutions, but in reality exclusion remains the prevailing factor. Political freedom is not enough. They must also acquire the social and economic structures and processes that accord with mans nature and activity, if their citizens are to achieve personal growth and if their country is to take its rightful place in the international community (Populorum Progressio 6).
There are scarcely any political leaders who have an interest in changing this situation, as it would undermine their own quasi-autocratic leadership and the material benefits coming with it. Therefore, we have to hint once again at the important of a real change in leadership style and motivation. Avarice, in individuals and in nations, is the most obvious form of stultified moral development (Populorum Progressio 19).
It is important that democracy be adopted not only as a constitutional set-up, but as a principle of conduct for both leaders and ordinary citizens. Democracy needs democrats! When the sense of democracy and of participation is understood, true participation in decision-making and implementation, as well as in controlling the acts of leaders would become possible.
II.3 Solutions
It will be of paramount importance to strengthen Africas newly-established democratic institutions on both national and regional levels. It is equally important to strengthen parliaments and other controlling agencies such as accounts and appointment commissions. A thorough decentralisation, in order to set all citizens ideas and interests at high value has to be promoted and a consequent implementation of the rule of law must be achieved. This process must be carried forward with Africas own financial and personnel resources in order to be authentic. Donors and international partners can help in finding solutions and asking the right questions. This is not only a matter of dignity, but also one of achieving long-term sustainability of such a process, and that Africans must be in command of these measures. That is why the strengthening of the NEPAD process, (New Partnership for Africas Development), and the revitalisation of public participation in the different national APEM process (African Peer Review Mechanism) would be an excellent instrument to achieve further successes.
II.4 The Role of the Church
The Church will have to contribute to a bold change in the mindset of African citizens. The dependency syndrome has to be overcome and people have to understand that they have been given talents and charisma in order to define their own destiny. However, they have to make use of them. Endowed with intellect and free will, each man is responsible for his self-fulfilment even as he is for his salvation. He is helped, and sometimes hindered, by his teachers and those around him; yet whatever be the outside influences exerted on him, he is the chief architect of his own success or failure (Populorum Progressio 15).
The Church itself has to become a dynamic realm for people to show their own capacities and forge them adequately. All too often, let us be honest, we have to deplore the same high and mighty syndrome in the Church which we consider a handicap for secular development. It is the task of the Church leaders, i.e., we as bishops and others in their role, to give an example of fraternal and concerned leadership, which build upon the talents of everybody. This approach makes a change in the position of the laity necessary, not only in theological reflections, but in practice. In order to do so, where there exist the different Catholic Associations of lawyers, journalists, doctors, politicians, businesspersons, etc., they have to be strengthened and, whenever necessary and lawfully possible, given a mandate to speak out on behalf of the Church. The same applies to Justice and Peace Commissions at all levels. The purpose of this commission is to awaken in the People of God full awareness of their mission today. In this way they can further the progress of poorer nations and international social justice, as well as help less developed nations to contribute to their own development. (Populorum Progressio 5). In addition to that, the Church will have to strengthen its political dialogue and advocacy role and its presence vis-à-vis governments, parliaments and other politically important bodies on national as well as African Union level.
III SECAM and Issues of Continental Importance
SECAM, as a continental organisation of the African Bishops, can only play a subsidiary role in these processes. Things should be done on the level where they can best be understood and lead to success. So, participation in development has to start in the family, the community, the parish and so on. Issues of national importance should be dealt with on national level. SECAMs role in this regard would be to gather information on practices in Africa and disseminate them, so that fraternal cooperation in the Universal Church can bear fruit and one can learn from another. Nevertheless, SECAM can also speak out in matters of continental importance, i.e., in questions of regional cooperation, migration, the overall exploitation of resources, the implementation of the rule of law and in issues of environmental and climate change. All these matters are not limited to nationally-defined borders.
SECAM will also be in a position to carry the voice of Africa to the Universal Church and make the concerns of African men and women heard at that level, so that the Universal Church can also play its advocacy role vis-à-vis the secular world for the benefit of Africa. SECAM will also have to strengthen its role as a mediator in conflict situations. It is paramount importance to make the voice of the Church heard when it comes to making peace on the continent. The more this voice comes from a continent-wide body, the higher are the chances of having effective influence.
IV Conclusion
We have tried to show that there are some general developments on the African continent which apply to almost all its regions and countries irrespective of the differences that exist in terms of history, resource exploitation, political and economic development.
If Africa does not become more united in order to defend its own interests, there is scarcely a chance for Africans to take advantage of the multitude of resources which they possess. Africa has to show preparedness and determination to challenge the present economic order at universal level and to try to make Africans themselves the main decision-makers in the use of their own resources.
It also means that on national level, the processes of democratisation and the participation of citizens are to be taken more seriously. Africa must overcome a status of political window-dressing and demonstrate a truly dynamic participation on the part of its citizens.
The most important factor in achieving all this is a change in the style of leadership. Only if leaders become responsible, courageous, accountable and people-oriented will the situation in Africa change.
Here again, the Church must give a positive example. Only then can it effectively play its advocacy role and lobby for a greater participation of its citizens in the political and economic processes at national and continental level. It is not just a question of fighting wretched conditions, though this is an urgent and necessary task. It involves building a human community where men can live truly human lives, free from discrimination on account of race, religion or nationality, free from servitude to other men or to natural forces which they cannot yet control satisfactorily. It involves building a human community where liberty is not an idle word, where the needy Lazarus can sit down with the rich man at the same banquet table (Populorum Progressio 47).
Francisco João Silota,
Bishop of Chimoio, Mozambique
2nd Vice-President of SECAM
Symposium of Episcopal Conferences of Africa and Madagascar
Rome, November 2007
From Petit Echo N° 987 2008/1