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AFRIQUE - Pas seulement des êtres humains. Des armes, de la drogue, des diamants, du bois, du pétrole : les trafics des « multinationales du crime » en Afrique OccidentaleRome (Agence Fides)- Dans un monde de plus en plus interdépendant, les phénomènes locaux ont toujours une dimension globale. Même la diffusion de la criminalité africaine, fondée sur les trafics illégaux a désormais une dimension qui sétend bien au-delà de lAfrique. Les « diamants de sang » dont la vente a alimenté pendant des années les conflits dans la région, finissaient par enrichir le cou de braves occidentaux ou de la riche bourgeoisie asiatique et moyen-orientale.
Le trafic dêtres humains nest que le dernier « business », dans lordre chronologique, des réseaux criminels qui travaillent en Afrique Occidentale. Les routes de la traite des personnes impliquent le Bénin, la Côte dIvoire, le Gabon, le Ghana, le Mali, le Nigeria, le Togo, le Cameroun, le Burkina Faso, la Guinée et le Niger. Les autorités locales tentent dendiguer le phénomène, en lançant différentes formes de collaboration régionale, mais ont besoin de laide internationale pour améliorer leurs services de police. Il est clair pourtant que seul un réel développement social et économique peut résoudre le problème à la racine. Ce sont des groupes criminels nigériens qui dirigent le trafic des êtres humains. Cette véritable mafia est en mesure dopérer non seulement en Afrique Occidentale mais aussi en Afrique du Sud et en Europe, où elle donne naissance à une organisation logistique complexe. Les trafiquants gagnent 10 à 20.000 dollars par enfant et de 12.000 à 50.000 dollars pour chaque femme victime de la traite. Le prix varie selon la destination finale de la personne. Les femmes peuvent finir en Europe sur le marché de la prostitution ; les enfants en général sont envoyés dans les plantations locales. Selon lOrganisation Internationale du Travail chaque année 200 à 300.000 enfants sont victimes du trafic en Afrique Occidentale. La route la plus commune pour envoyer les émigrants en Europe prévoit une première étape à Gao (Mali) où les personnes sont envoyées, par la Mauritanie, en Algérie puis au Maroc, où elles franchissent le détroit de Gibraltar pour arriver en Espagne. Une autre route prévoit la traversée du Sahara jusquà la Libye ou à la Tunisie, pour un embarquement vers Malte et lItalie. Récemment une nouvelle route a été ouverte, qui part de la côte du Sénégal et conduit aux Iles Canaries, territoire espagnol et donc partie de lUnion Européenne.
Parmi les autres trafics illégaux de la région, le trafic de stupéfiants connaît une croissance importante, se croisant avec celui des armes et contribuant à financer les guerres locales. En Côte dIvoire, au Libéria et au Sénégal il existe une production locale de cannabis dont les revenus sont employés pour acquérir des armes. Pour le moment le cannabis produit localement est distribué seulement sur le marché régional. Mais les flux dhéroïne et de cocaïne provenant dAmérique Latine sont en augmentation. Les pays de la région ne sont plus seulement des lieux de transit vers lEurope et les Etats-Unis, mais représentent désormais un nouveau marché. Les mafias nigériennes qui étendent leurs tentacules dans au moins 80 pays du monde entier, deviennent les patrons du trafic de stupéfiants.
Le trafic des armes qui sest développé dans les années 90 pour alimenter les guerres en Sierra Leone et en Libéria, a récemment évolué. La fin des conflits mentionnés et la crise en Côte dIvoire ont provoqué un flux darmes dans les pays proches de la Côte dIvoire. Les anciens combattants sont tentés de céder leurs armes aux criminels locaux. Selon les estimations des Nations Unies, dans le seul Libéria, sont en circulation de 80.000 à 100.000 armes légères. Un marché sest ainsi créé de vieilles armes depuis longtemps présentes dans la région, qui favorise linstabilité et le crime. Les autres marchandises traitées par les organisations criminelles sont les diamants, le bois, les cigarettes de contrebandes, le pétrole du Delta du Niger (on estime que chaque jour que 100.000 barils de pétrole sont volés par les organisations pétrolifères criminelles) et jusquà la caoutchouc des plantations libériennes.
Ces vols des ressources africaines présupposent des complicités internationales qui vont au-delà du continent africain. Il est urgent de mettre en place des instruments juridiques internationaux et dautres mesures pour quil y ait une authentification certaine de la provenance des matières premières africaines. A côté de cela il faut lutter efficacement contre la corruption et le recyclage de largent sale pour que les ressources locales soient employées pour le développement des populations africaines. (3-fin) (L.M.) (Agence Fides 25/10/2006; lignes 53 mots 731)
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