Missionaires d'Afrique

Lionel Dion a vécu une aventure assez particuliere : après son noviciat au Canada (1952), il fit sa théologie à ‘s-Herenberg aux Pays-Bas et à Monteviot en Écosse. Après son ordination en 1957, six années en Ouganda lui permirent de durer pendant plus de 40 ans en Province, au Québec, comme animateur missionnaire et vocationnel dans deux secteurs, le monde scolaire où il ‘animait’ et les paroisses où il ‘prêche’ et ‘quête’ toujours. Le Petit Écho lui a demandé de nous faire part de son expérience et de nous donner quelques perspectives d’avenir.

Montréal, Canada
Plus de 40 ans dans
l’animation missionnaire

Dans deux jours, ce sera la belle fête de la Pentecôte, un temps fortsœurs pour nous, missionnaires et prédicateurs. Comme responsable des prédications, je serai reçu dans quatre paroisses fusionnées. Samedi soir, exceptionnellement, je passerai la nuit au presbytère central du curé, (pardon! du modérateur). Aura-t-il fait paraître mes textes, envoyés par courriel, annonçant ma visite ? Je distribuerai peut-être nos enveloppes dans les bancs car j’aurai la permission de faire une deuxième quête (la première est au bénéfice de la paroisse). La secrétaire paroissiale me l’a confirmé après quatre appels interurbains. Je rapporte cette quête ou non ? Heureusement, pour une fois, le curé sera là. Je préside ou je concélèbre ? Il y aura deux messes pour quatre paroisses : avec quelle assistance ? 19 ou 24 personnes, comme dimanche dernier, à 700 kilomètres de Montréal ? Dimanche, serai-je invité à manger au presbytère ou ferai-je, le ventre creux, 200 km de route pour revenir à Montréal ? Bien sûr, j’essaierai d’inviter le curé au restaurant (fast food ?) pourvu qu’il n’y ait pas de baptêmes dans l’après-midi… Les confrères prédicateurs doivent sourire en lisant ces lignes… C’est la pastorale d’aujourd’hui.

C’est l’animation missionnaire en 2006.
Que de changements si je compare cette situation à celle que j’ai connue en 1962, quand j’ai commencé dans l’animation ! Pourtant… après 45 ans, c’est bien la même prédication missionnaire, un service dont je reviens souvent tout joyeux et plein d’action de grâces ! Oui, j’ai dû apprendre à ‘changer dans la continuité’. Je pense que les adaptations concernent d’abord l’animateur lui-même et, ensuite, toutes ses activités d’animation missionnaire.


Lionel arrive en Ouganda en 1957. Il y restera pendant six ans.
Il y a trouvé l’inspiration pour un service de plus de 40 ans dans l’animation

Comme volontaire, j’ai prêché des centaines de fois depuis 1962, mais c’est en 1998 que j’ai accepté d’être le responsable des prédications du grand secteur de Montréal, dans neuf diocèses avec une quarantaine de paroisses à visiter chaque année. Premier gros changement à notre procure de Montréal, cette tâche ne relève plus du supérieur local. Il serait débordé car, de nos jours, c’est un travail à plein temps, au bureau et sur la route. Deuxième changement, les confrères qui m’aident dans ce ministère de prédication ne sont pas nommés, ce sont des volontaires. Car j’ai découvert que, parfois, des confrères ‘nommés’ allaient prêcher ‘par obéissance’… sans trop de conviction. Je pense que pour l’animation missionnaire, il faut avoir le feu sacré et quelques dispositions.

Parlons d’abord des animateurs
À Montréal, nous avons deux grandes communautés pères blancs. J’ai donc fait appel à des volontaires. Ô surprise ! 18 m’ont répondu. Je les ai réunis, leur ai préparé un dossier avec des informations sur leur rôle, la façon d’animer, des jalons pour leurs homélies. Tout ça, c’était du nouveau. Avec une humble audace, je leur ai révélé mes motivations. J’ose vous les répéter, car après neuf ans comme responsable, j’y crois tout aussi fermement.

Pour moi, prêcher est un ministère essentiel et primordial de ma vocation missionnaire : c’est un honneur et un privilège d’annoncer la Bonne Nouvelle du plan d’amour de Dieu, en Afrique, ici ou ailleurs dans le monde. Avant tout, mon travail est l’œuvre de l’Esprit Saint qui veut avoir besoin de mon témoignage missionnaire. Je dois remplir cet apostolat avec enthousiasme, zèle et pauvreté de cœur, c’est-à-dire accepter de me réadapter à mon Église locale, incluant une nouvelle inculturation (ou ‘acculturation’ ?).


En janvier 1979, suite à un article dans le magazine Mission, Lionel ‘fait parler’ ses sculptures makondés à une émission très populaire du réseau de télé TVA animée par le présentateur vedette Réal Guiguère PHOTO JM BLANCHARD

Dans l’Église du Québec, actuellement, je crois que l’Esprit nous appelle à être des témoins d’espérance et à encourager les fidèles. Ils en ont besoin. L’exemple des jeunes Églises d’Afrique peut leur apporter beaucoup. Nous sommes ici, dans beaucoup de milieux, à l’étape de la pré-évangélisation.

En plus d’y croire et de vivre ‘sous la conduite de l’Esprit’ (Galates 5, 16), l’animateur doit découvrir à qui il s’adresse et apprendre à faire passer son message. Comment bien raconter une anecdote pour appuyer son homélie. Parler avec le cœur, vérifier la valeur de son témoignage. Prie-t-il pour et avec ses auditeurs, etc ? Et surtout, il faut porter une grande attention aux personnes impliquées dans la pastorale locale.

À ce sujet, dès le début de mon service dans la prédication, j’ai tenu à visiter chaque responsable de la pastorale missionnaire de ces neuf diocèses. J’avais acquis cette conviction au contact des catéchètes des écoles. Le ou la responsable de la pastorale missionnaire est la personne-clef qui nous ouvre les portes. Au nom de l’évêque, elle nous invite dans les paroisses. Il faut prendre le temps de la rencontrer, d’écouter ses priorités et les soucis diocésains, de planifier avec elle. Puis, après les visites, je rédige avec grand soin mes rapports annuels aux diocèses. Tout ça, à l’aide de notes concrètes et personnelles sur la fiche de chaque paroisse, évitant surtout une évaluation négative. Depuis 10 ans, à chaque année, je me trouve gâté .

Ma première nomination au Canada était centrée surtout sur le monde scolaire. J’ai appris à animer à tous les niveaux jusqu’à l’université. Pendant 40 ans, nous avons utilisé de nombreux moyens audio-visuels : films comme Où habites-tu ? tourné par Radio-Canada avec Jacques Poirier au Burundi, diaporamas audio-vidéo à projecteurs multiples, etc. Mais, quand j’y repense, c’était souvent très difficile à installer et à utiliser dans les écoles. Deux expositions nous ont servis durant plusieurs années.

‘Visage de l’Afrique’ et surtout ‘L’homme déchiré’, une série de panneaux amovibles créés au début des années ‘70 par nos scolastiques d’Eastview. Nous avions du matériel de grande qualité. Mais tout se détériore. Nos images et nos textes vieillissent vite à cause de l’évolution rapide des mass-médias. J’ai dû apprendre à choisir et à m’adapter. Chaque été, pendant 20 ans, dans une colonie de vacances, j’ai été à ‘l’école de langue’ des jeunes, de leurs valeurs, de leurs intérêts.

Le Père-à-la-peau-de-serpent
Au primaire, je portais de classe en classe le gros sac utilisé pour transporter l’équipement d’un joueur de hockey. Je le présentais comme mon coffre aux trésors africains ! Après une brève introduction en lien avec leur programme de catéchèse, je sortais un à un, ma douzaine d’objets et je les faisais parler. Ces objets racontaient la vie quotidienne des enfants et des adultes africains.


Évangile et mythes makondés. La vie vient du ciel et rejoint la terre par les racines de l’arbre. La vie par le bois. Le Christ en croix est l’arbre médiateur.

C’était très simple : une calebasse, un masque, un panier d’osier, une ‘pierre noire’ du Congo, une petite défense d’éléphant et, la surprise, une peau de python de cinq mètres, que je faisais dérouler par deux élèves. D’année en année, dans certaines écoles, on me reconnaissait : ‘C’est le Père-à-la-peau-de-serpent !’ Ainsi les jeunes m’avaient-ils totémisé, comme on disait chez les scouts.

Avant de visiter ces immenses écoles, j’allais rencontrer l’animateur/trice de pastorale et nous préparions ensemble les activités. Petit à petit, j’ai pu bâtir une clientèle à tous les échelons scolaires car les professeurs cherchaient des animateurs jugés valables. Plusieurs avaient été déçus de certains missionnaires (hommes et femmes), parce qu’ils étaient mal préparés : les élèves s’ennuyaient. J’ai pu assurer une certaine continuité dans l’animation car j’ai travaillé avec une quinzaine de confrères qui sont retournés en Afrique après deux ou trois ans de service au pays.

De nos jours, au Québec, les écoles publiques n’ont plus de cours de catéchèse. Comment remplacer cette activité missionnaire ? Certaines grandes paroisses fusionnées organisent des cours de catéchèse, insérés dans les messes du dimanche. Il nous sera difficile de trouver les moyens d’y faire de l’animation missionnaire. Cela prendra du temps. Pourra-t-on prêcher et donner un coup de main à l’occasion ?

L’an dernier, j’ai vu un curé âgé rater son sermon devant des jeunes qui bayaient aux corneilles… Après la messe, il m’a présenté à l’assemblée, une grande église pleine de jeunes parents et d’enfants. Pendant 15 minutes, j’ai refait spontanément mon type d’animation du primaire. Des douzaines de jeunes ont participé, rigolé, puis j’ai reçu un standing ovation à tout rompre… Les trois animatrices de pastorale (pourtant bien qualifiées mais laissées de côté par le curé) m’ont demandé si je pouvais revenir… Le Père-à-la-peau-de-serpent venait une fois de plus d’effectuer sa mue, de changer de peau pour mieux grandir !

Les sculptures des Makondés
En 1975, après mon deuxième retour d’Afrique, je reprends l’animation missionnaire avec une nouvelle activité, une exposition de 22 belles sculptures makondés (Les Makondés vivent sur les deux rives du fleuve Ruvuma qui fait frontière entre la Tanzanie et le Mozambique). Elles m’ont procuré beaucoup de joie, car j’ai osé, petit à petit, les faire parler. J’ai lu tout ce que je trouvais sur ces sculptures, le livre du P. Roger Fouquer et bien d’autres, consulté plusieurs confrères et bâti un volumineux dossier. J’ai sorti notre collection de makondés du fond d’un placard et j’ai commencé à les mettre en valeur sur long tissu rouge cardinal. Ça impose ! Un néon les rendait tristes et lugubres. J’ai fait l’éclairage avec une douzaine de réflecteurs de couleur.

Mon animation s’adressait d’abord aux élèves du secondaire IV (les 15-16 ans) puis à ceux des niveaux supérieurs. Cela fait 30 ans que ça dure. J’ai fait des centaines d’animations dans le monde scolaire. Les makondés m’ont aussi ouvert des portes et j’ai été invité à participer à divers évènements, jusqu’à 14 fois dans les universités du Québec et de l’Ontario. Des étudiants à l’université se souviennent encore de ces curieuses sculptures présentées dans leur école ou à la télévision.

Ce fut une activité missionnaire réussie, peut-être à cause de deux facteurs. D’abord, j’ai essayé de bien utiliser ces objets en les mettant en valeur, c’est-à-dire en les faisant parler. Ensuite, ce sont de magnifiques outils qui ne vieillissent pas. De nos jours, elles ne sont plus emprisonnées dans leurs caisses.


Les 24 heures, une porte ouverte où des jeunes venaient voir et entendre (‘Viens et vois !’) ce qu’est la mission des MAfr.

Elles trônent fièrement à notre Centre Afrika de la rue St-Hubert, à Montréal. Je suis heureux d’y voir des Africains originaires de tous les pays du continent s’arrêter pour admirer mes makondés ! (Voir notre collection de makondés sur le site www.centreafrika.com du Centre Afrika.)

Nous avons aussi organisé plusieurs autres animations durant cette période, comme les ‘24 heures’. Nous invitions des jeunes intéressés par la mission à vivre dans nos maisons de Montréal et de Québec pendant 24 heures.


Les Pères Blancs en Amérique du Nord, 1901-2001 par Michel Carbonneau. La photo du P. Aurélien Angers (1894-1985), avec son casque, sa barbe et sa pipe, donne le ton de cette épopée missionnaire ! Mais comment ‘parler mission’ aux jeunes du 21ième s. ?

Quelques perspectives d’avenir
Tant que les évêques nous inviteront dans leurs paroisses, nous devons répondre, je crois, en nous ajustant aux nombreux changements qui surviennent et qui vont en augmentant. On doit tenir compte de plus en plus des facteurs d’âge, de santé, et du petit nombre de confrères disponibles pour l’animation.

Mais au Canada, si nous nous comparons à d’autres congrégations missionnaires, nous avons encore de nombreuses possibilités comme animateurs. Les diocèses apprécient notre collaboration. Les Pères Blancs répondent oui tout de suite. Les confrères dépannent même parfois un ‘modérateur’ débordé. Dans la région de Montréal, multiculturelle, nos homélies dans les deux langues (français et anglais) sont un gros atout pour faire passer notre message. Nous avons encore, après 100 ans, une bonne cote d’amour dans les paroisses du Québec. J’ai toujours pensé que, même sans quêter, nous devons continuer à faire des visites missionnaires. Cela fait partie de notre charisme et du mandat du Seigneur.

Des confrères mexicains ou africains ?

Dans quelques années, pourrons-nous faire venir au Canada pour l’animation des confrères africains ? Bien préparés et acculturés autant qu’acclimatés au Québec, quel retour aux sources ce serait ! (Je pense aussi aux confrères mexicains de notre Province MAfr d’Amérique du Nord.)
Bien sûr, nous rencontrons de moins en moins de ‘pratiquants’ dans nos églises. Il nous faudra donc aller porter la bonne parole ailleurs. Je vois un éventail possible de groupes variés. De fait, des confrères s’engagent depuis plusieurs années dans des pastorales spécialisées : milieu universitaire, groupes multiculturels, fiançailles chrétiennes, monde musulman, etc.

Nous devrons certainement nous impliquer davantage dans les médias : radio, télévision, internet, journaux. Des confrères y font un beau travail : informations, magazine Mission, Club missionnaire… Des changements ont déjà été annoncés dans ces secteurs. Cela nous demandera une certaine créativité dans les années à venir. Changer de peau, sans changer de mission !

En 1976, la Province du Canada, guidée alors par Robert Gay, son Provincial, a osé convoquer un ‘mini-concile’, baptisé Orientaction, pour répondre à une crise de l’animation missionnaire. On y a discuté fort ! La rencontre permit un nouvel engagement des confrères. J’essaie d’en vivre depuis 30 ans. Allez, les plus jeunes, ‘C’est à votre tour... de nous parler d’amour’. Duc in altum ! Avançons au large sur la mer houleuse de l’animation missionnaire !

Lionel Dion



 


Missionaries of Africa

For 50 years, Lionel Dion has lived a rather uncharacteristic adventure. After his novitiate in Canada, he did his theology at ‘s-Heerenberg in the Netherlands and at Monteviot in Scotland. A few years in Uganda provided the foundation for over 40 years in the Province, in Quebec, as vocation and missionary promoter in two sectors: in schools, where he taught and in parishes, where he appealed. The PE asked him to share his experience and provide us with some perspectives for the future.

Montreal, Canada
The past and future
of missionary promotion

In two days time it will be Pentecost – a quality time for missionaries and appealers. As I am in charge of appeals, I will be welcomed into four little parishes combined. On Saturday evening I will sleep, exceptionally, in the central presbytery of the parish priest, (sorry, moderator). Will he have displayed the articles I sent by email, announcing my visit? I will perhaps distribute our envelopes in the pews, as I will have permission to make a second collection. His secretary or receptionist confirmed this with me after four inter-city phone calls. Shall I be taking the collection away with me? Happily, for once, the parish priest will be there. Do I preside or concelebrate? There are two Masses for four parishes; what is the attendance? Will it be 19 or 24 people, like last Sunday, 700 kilometres from Montreal? On Sunday, will I be invited to lunch at the presbytery or driving the 200 kilometres back to Montreal on an empty stomach? Of course, I will try to invite the parish priest to a restaurant (fast food?) as long as there are no baptisms in the afternoon. Confreres who appeal must be smiling at these lines. They live these situations.


Lionel arrived in Uganda in 1957. His six years in Africa enabled him to serve for more than 40 years on
missionary promotion.

Yes indeed, what a lot of changes and water under the bridge compared to when I began promotion work in 1962. Nonetheless, after 45 years, it is still the same missionary appeal; a service I often return to full of joy and gratitude. Yes, I had to learn to ‘change in a process of continuity’. I think the changes and adaptations concern first the appealer himself and then the appeals, (or all our missionary activities.)
Voluntarily, I have appealed hundreds of times since 1962, but in 1998 I accepted to be in charge of appeals for the large Montreal sector. This means visiting about forty parishes over nine dioceses every year.

The first big change at our procurement house at Montreal was that this task no longer came under the local superior. He would be overworked; in our day, it is a full-time job, in the office and on the road. The second change was that confreres who help me in this ministry of appealing are not appointed. They are volunteers. I discovered that sometimes confreres who are appointed went to appeal out of obedience without much conviction. I believe we need to be ablaze with a holy fire and adopt certain attitudes for missionary promotion.

Concerning appealers
In Montreal, we have two major White Father communities. I therefore appealed for volunteers. What a surprise! 18 replied. I brought them together, prepared a binder with information on their role, the way to provide input and leading points for their homilies. All that was new. With humble audacity, I revealed my motives to them. I venture to repeat them to you, as after nine years in charge I am still convinced of them.

For me, preaching is an essential ministry, elemental to my missionary vocation. It is an honour and a privilege to proclaim the Good News of God’s loving plan in Africa, here, or elsewhere in the world. Above all, my task is the work of the Holy Spirit who wants to need my missionary testimony. I must fulfil this apostolate with enthusiasm, zeal and poverty of spirit; that is to say, accept to re-adapt to my local Church, including a new acculturation (or is it inculturation?)

Currently in the Church of Quebec, I believe the Spirit is calling us to be bearers of hope and encouragement to the faithful. They need it. The example of the young Churches of Africa can bring them a lot to think about. In many areas here, we are in a situation of pre-evangelisation. In addition to believing and living under the guidance of the Spirit, (Galatians 5:16), the one giving the input needs to know to whom he is speaking and learn how to get the message over, how to tell a story in support of his homily, how to speak from the heart and validate his testimony. Does he pray with and for those who hear him, etc? Finally, great attention should be paid to the people involved.


After a Mission Magazine article in January 1979, Lionel ‘gave a voice’ to his Makonde sculptures in the most popular TV programme of the period, presented by Réal Guiguère of TVA network. PHOTO JM BLANCHARD

On this topic, from the start of my service in preaching, I insisted on visiting each person in charge of missionary pastoral activity in these nine dioceses. I had acquired this conviction from contact with catechists in schools. The man or woman responsible for missionary pastoral activity is the key person who can open doors for us. They receive us in the name of the bishop into the parishes. We need to take the time to meet them, listen to their priorities and diocesan concerns, and to plan with them. Then after the visits, I carefully record my annual reports to the dioceses. All this comes with the help of practical and personal notes on the file card of each parish, avoiding above all negative assessments. Each year for ten years I have been spoiled.

I am ‘Father Snakeskin’
My first appointment in Canada was especially focused on the world of the school. I learned how to provide input at all levels up to university. For forty years we used many audio-visual systems: features such as ‘Where do you live?’ filmed in Burundi with Jacques Poirier, and audio-visual slide shows with several projectors, etc. However, when I think back on it, it was often very difficult to install and use in schools.


The Gospel and Makonde myths. Life comes from the sky and appears on earth through roots. Life passes through wood. Christ on the cross is the tree of mediation.

We used two exhibitions for several years. ‘The Face of Africa’ and above all ‘Man Torn’, a series of sliding display boards created at the start of the 70s by our scholastics in Eastview. It was high standard material. However, things fall apart and our images and texts rapidly go out of date, due to the rapid development of mass media. I had to select and adapt. Every summer for twenty years, at the school of youngsters in holiday camps, I learned their vocabulary, values and centres of interest. In primary school, I would go from class to class with a large hockey sports bag. I presented it as my treasure chest of African objects. After a brief introduction in line with their catechism programme, I would bring out a dozen items one by one and make them speak. The objects told the story of the daily life of children and adults in Africa. It was very simple, a calabash, a mask, a straw basket and to finish, the black stone of the Congo, a small elephant tusk and as a surprise, a five-metre-long python skin that I had two pupils unroll. Year after year in some schools, I was known as ‘Father Snakeskin’. That was how I was given my totem, as they say in the Scouts.

Of course, before visiting these huge schools I would go to meet the man or woman pastoral coordinator and we would prepare activities together. Gradually, I was able to build up a clientele at all levels of the school, as the teachers were looking for worthwhile people to provide input. Some poorly prepared men and women missionaries had disappointed several teachers, as the pupils had become bored. I was able to guarantee a certain amount of continuity in my programme, as I worked with about fifteen confreres who returned to Africa after two or three years of home service. Nowadays, in Quebec, state schools no longer have catechism classes. In this respect, a past missionary activity needs to be replaced by another. Some large combined parishes organise catechism classes inserted into the Sunday Masses.

However, it would take time and would be difficult to include our input. Could we appeal and give a helping hand on occasion? Last year, I saw an elderly parish priest fail to bring it off with young people who began yawning wide. After Mass, he introduced me to the congregation in a large church full of young parents and their children. For a quarter of an hour, I spontaneously went into my primary school routine. Dozens of youngsters took part, amid much laughter; at the end, I received a thunderous standing ovation. The three lady pastoral coordinators (very well-qualified, but left aside by the parish priest) asked me to come back. The Father with the snakeskin came back another time to moult, shedding his old skin to grow better!


‘24 hours Come and See’, an open door, where young people could come and see and hear what Mission in Africa is like with the MAfr.

Makonde sculptures
In 1975, after my second tour in Africa I resumed missionary promotion with a new activity, an exhibition of 22 beautiful Makonde sculptures. The Makonde live on both banks of the River Ruvuma, bordering Tanzania and Mozambique. The sculptures gave me great pleasure as little by little, I ventured to make them speak. I read everything I found on the sculptures, including Fr Roger Fouquer’s book and many others. I consulted confreres and built up a voluminous dossier. I salvaged the sculptures from the bottom of a cupboard and started to show them off to advantage in flowing cardinal red material. It was only fitting! Neon lights made them sad and depressing. I illuminated them with a dozen coloured spot-lamps.

I started this activity by addressing myself firstly to 4th Year Secondary pupils (15-16 years old), then to those in the upper school. It has now lasted 30 years. I have exhibited hundreds of times in schools. Above all, the exhibition opened doors for me and I was invited to take part in as many as 14 different events in the universities of Quebec and Ontario. University students still remember these curious sculptures presented in their schools or on television. (If you want to know more, see our collection of Makonde sculptures on www.centreafrika.com from the Afrika Centre.)

Perhaps presumptuously, I would say it was a successful missionary activity due to two factors. First, I tried to use these objects well by highlighting them as such, that is, I made them speak. Furthermore, they are magnificent instruments that do not age. Now they are no longer prisoners of their display cabinets. They are proudly enthroned in our Afrika Centre at the Rue St Hubert in Montreal. Nowadays, I am pleased to see Africans from all countries of the continent stop and admire my Makonde!


The White Fathers in North America, 1901-2001 by Michel Carbonneau. Fr Aurélien Angers (1894-1985), with his beard and helmet set the tone of this missionary era. Still, these days, who will be able to address the youth of the 21st century?

We also organised several other promotional projects during this period, such as the ‘24 hours’. We invited young people interested in Mission to spend 24 hours in our houses in Montreal and Quebec.

Future perspectives
As long as bishops invite us into their parishes, I believe we need to respond in adjusting to the many changes that have occurred and will continue to do so. Inevitably, we will have to take increasingly into account factors such as the age, health, and number of confreres able to do promotion in Canada.

However, in Canada, if we compare ourselves with other Missionary Congregations, we still have several possibilities as promoters. Dioceses appreciate our collaboration. The White Fathers always say yes right away. Confreres even sometimes bail out an overworked ‘moderator’. In the Montreal region, which is multicultural, our homilies in both French and English are a tremendous trump card in passing on our message. After 100 years, we still have a high love rating in Quebec parishes. I have always thought that even without appealing, we should continue to make missionary visits. It forms part of our charisma and mandate from the Lord.

Mexican or African confreres?
In a few years time, could we invite African or Mexican confreres for our promotion work? If they were well prepared and adapted to the circumstances, what a great full cycle this would be! Of course, we meet fewer and fewer people practising the faith in our churches. We should then target other places. I can see potential for a range of various groups. For some years, confreres have been involved in individual ministries in the spheres of the multicultural university, Christian marriage preparation, Muslim world, etc.

We should without any hesitation become more involved in mass media: radio, television, Internet, and newspapers. There are confreres doing great work already in the provision of news, Mission Magazine, Missionary Club, and so on. Changes have already been forecast in those sectors. It will require a definite creativity from us in the years ahead. Shedding our skin without shedding our mission!

In 1976, guided by Robert Gay its Provincial, the Canadian Province took the risk of convening a ‘mini-Council’ christened Orientaction, to respond to the crisis in missionary promotion. We discussed vehemently at considerable length. This represented a new commitment for confreres and I have tried to live it for 30 years. Now it’s over to you, young men. As the well-known Quebec song goes, ‘It’s your turn to speak of love.’ Duc in altum! Launch out into the deep towards new horizons on the turbulent sea of promotion work!

Lionel Dion