Missionnaires d'Afrique

L’animation missionnaire et vocationnelle au Mexique


Passion pour le Christ,
passion pour l’Afrique


Cristobal Padilla G.
M.Afr

L’appel du Seigneur s’entend et s’accomplit à genoux : l’humble serviteur a la plus belle place, servir Dieu rend l’homme libre comme lui. J’ai été envoyé au Mexique pour faire de l’animation missionnaire vocationnelle. Je préfère parler d’animation missionnaire.

“Disciples et Missionnaires” est le thème central du document d’Aparecida où les diocèses du Mexique ont lancé “La Mission continentale”, comme une invitation au renouvellement de l’engagement missionnaire pour tous les chrétiens. Les occasions et les situations de mission ne manquent pas : Congrès National de la Jeunesse Missionnaire, [CONAJUM] à Tepic, Congrès Diocésain de la Jeunesse à Zacatecas, Congrès Diocésain de l’Enfance et l’Adolescence Missionnaire à San Miguel, Journées vocationnelles à Acapulco, Assemblée Nationale de la Pastorale Vocationnelle à Taxco, desrécollections prêchées aux séminaristes, aux mouvements de jeunesse, des journées et des semaines missionnaires en paroisse. Des milliers de jeunes et de moins jeunes, beaucoup d’ambiance, mais peu de suite en paroisse, et peu de fruits.

J’y vais, il y a beaucoup de jeunes, beaucoup de monde, beaucoup d’intérêt. J’y fais connaître notre vocation, notre manière d’être et de faire en Afrique. Jusqu’à présent, ceci n’a pas donné de candidats pour l’Église en Afrique ou pour notre Société missionnaire. Nous répondons quand même à toutes les invitations.

Pères Blancs travaillant au Mexique. De g. à dr.: Angelo Lee, Français (Son père était Chinois). Odilo  Cougil, Espagnol ; Christobal Padilla, Mexicain, JesúsMary Villaseñor, Espagnol, Francis Thibault et Sergio Villaseñor, Mexicain.Promotion vocationnelle, animation missionnaire, ce sont là des termes qui prétendent traduire une réalité qui dépasse les méthodes et les forces humaines : le Christ n’a pas promu des hommes, il leur a donné une vraie raison de vivre, une raison de vivre vrai, de vivre en vérité. Dès lors, qui veut promouvoir la vie missionnaire ou, mieux encore, faire de l’animation missionnaire doit vivre aussi de cette Vérité qui est Jésus, et dire la Vérité. Comment dire la Vérité à celui qui ne l’a pas rencontrée de manière personnelle, à celui qui ne la célèbre pas, même de façon cultuelle ?

Au Mexique, une Bible coûte 100 pesos, un livre sur Harry Potter 300 pesos, Crépuscule 220 pesos. Qu’est-ce qui fait que les jeunes payent si cher pour si peu, et qu’ils n’achètent pas la Bible ?

Il y avait quelques Grecs qui étaient montés pour adorer à l’occasion de la fête. Ils s’adressèrent à Philippe. Ils lui firent cette demande : “Seigneur, nous voudrions voir Jésus. » Philippe alla le dire à André et ensemble ils le dirent à Jésus. Jésus leur répondit en ces termes : « Elle est venue, l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié… Si quelqu’un veut me servir, qu’il se mette à ma suite, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera.” (Jn 12, 20-26)

Nous avons ici quelques éléments pour l’animation missionnaire, comme nous la pratiquons déjà : être là où les jeunes et les moins jeunes se rendent pour adorer ; à l’occasion des fêtes, savoir où les gens font la fête et, quand ils le demandent, leur montrer Jésus par la fête, par le culte, par le Sacrifice eucharistique, et par le sacrement de la Réconciliation.

L’Animation missionnaire, c’est être attentif au projet de Dieu sur les hommes que nous sommes. Comment aider les jeunes d’aujourd’hui à rencontrer ce Jésus des Évangiles, ce Jésus toujours vivant, toujours en marche vers la rencontre? La relation au Christ n’est pas que cultuelle, elle n’est pas que sacrificielle, même si le culte et le sacrifice peuvent la montrer ; elle est avant tout relationnelle. La vocation naît d’une rencontre et non pas d’une pratique ou d’une idée par comparaison.

Dans le bréviaire, nous disons que “nul n’est disciple hormis le serviteur. Nul n’est lumière sans l’amour indicible qui, dans le frère, découvre le Seigneur.” Nul n’est disciple, nul n’est lumière, nul ne console, nul ne témoigne, nul n’est tendresse, nul ne pardonne, nul ne partage, nul ne peut dire la folie du message, s’il ne se livre lui-même jusqu’au bout. Nul n’est semence, à moins d’être semeur : point de récolte sans le temps du silence, car tout apôtre devient le grain qui meurt. (Prière du temps présent (PTP) p. 1489).

Parmi les messages qui m’arrivent par Internet, plusieurs commencent par : “Je voudrais aider…, je voudrais voir…, je voudrais faire…, je voudrais donner…, je voudrais montrer…, je voudrais connaître l’Afrique...” Pour beaucoup, le désir s’arrête en apprenant que 9 ou 10 ans de formation sont nécessaires pour devenir missionnaire. D’autres sont surpris lorsque je leur demande de lire les lettres de saint Paul, les Actes des Apôtres ou l’un des Évangiles, de faire l’expérience d’un service en paroisse. Pour certains, il n’est pas encore temps et pour d’autres, le temps est déjà passé.

Internet restera cependant pour eux un moyen d’entrer en contact avec nous, et pour nous le moyen de connaître leurs rêves. Mais le défi, aussi bien pour eux que pour nous, sera toujours de rester à l’écoute du Christ, de “vivre pour Dieu seul et se tenir en sa présence, tout quitter pour atteindre la paix, choisir le silence pour saisir la Parole, pour être ce disciple aux aguets d’un mot, d’un ordre...” (PTP p. 1258). Afin de nous entendre dire un jour, comme saint Ignace de Loyola : “Nous voulons que tu nous serves.”

Nous sommes disciples et missionnaires et nous demeurons au service du Christ. Nous demeurons à l’écoute des jeunes, nous témoignons, en communion ecclésiale, d’un Royaume qui n’est pas de ce monde, mais qui se construit dans le monde. Nous devons tenir compte des soucis et des désirs des hommes et des femmes de ce monde. Nous devons employer les moyens que le monde nous offre, mais sans oublier que l’on n’annonce l’Évangile que par les moyens de l’Évangile.

Passion pour le Christ, passion pour l’Afrique, 25 ans au Mexique au service de l’Église, à l’écoute des jeunes. À nous de semer, à nous de témoigner, à nous de dire la folie du message ; au Seigneur d’appeler et de donner la persévérance. Nous semons, d’autres feront la récolte.

Nous sommes bien vus, bien accueillis : dans des termes très fraternels, les gens nous appellent Nuestros Misionneros, Nuestros Padrecitos. Ils nous comptent comme étant des leurs. Nous ne sommes donc pas des étrangers, même si nous savons que nous ne faisons que passer. Le Seigneur passe… Attendras-tu un autre rendez-vous ? Prends avec lui le chemin de la vie. (PTP p. 714)

Cristobal Padilla G. M.Afr


Tiré du Petit Echo N° 1008 2010/2

Voir les photos de notre Maison de Formation au Mexique

 


 

Missionaries of Africa

Missionary and Vocation Promotion in Mexico

Passion for Christ,
passion for Africa



Cristobal Padilla G.
M.Afr

The Lord’s calling is heard on our knees and is carried out on our knees. The humble servant is best placed to serve God, enabling man to become free as He is free. I was sent to Mexico to do vocation promotion, advocacy for vocations. I prefer to speak of missionary advocacy.

‘Disciples and Missionaries’ is the central theme of the Aparecida Document in which the dioceses of Mexico launched ‘the Continental Mission’ as an invitation to renewal in missionary commitment for all Christians.

Opportunities and situations for mission are not lacking. These include attending the National Congress of Missionary Youth [CONAJUM] at Tepic, the Diocesan Congress of Youth at Zacatecas, the Diocesan Congress of Missionary Childhood and Adolescence at San Miguel, Vocation Days at Acapulco, and the National Assembly of Pastoral Action for Vocations at Taxco, retreat days preached to seminarians, to youth movements, and to parish missionary days and weeks. Thousands of young and less young people attended; there was a great atmosphere, but poor follow-up in parishes and few results.

I attend. There are many young persons, lots of people and much interest. I make known our vocation, our way of being and doing in Africa. Up to now, this has not provided any candidates for the Church in Africa or for our Missionary Society. Nevertheless, we respond to every invitation.

White Fathers working in Mexico. L. - r.: Angelo Lee, French (His father is Chinese). Odilo Cougil, Spanish; Cristobal Padilla, Mexican: Jesús M. Velasco, Spanish: Francis Thibault, Canadian and Sergio Villaseñor, Mexican.Vocations promotion, missionary promotion, are all very well as terms that claim to transmit a reality that surpasses human ways and strength: Christ did not promote human beings, he gave them a reason for living, a reason to live truly and in the truth. Consequently, whoever wishes to promote missionary life or, even better, whoever wants to do missionary advocacy must also live this Truth, which is none other than Jesus, and speak the Truth. How can we tell the Truth to someone who has never known it in a personal way, to someone who does not celebrate it, even religiously?
In Mexico, a copy of the Bible costs 100 pesos, a Harry Potter book 300 pesos, Twilight 220 pesos. How come young people pay so much for so little and they do not buy a copy of the Bible for themselves?

‘Among those who went up to worship at the festival were some Greeks. These approached Philip, who came from Bethsaida in Galilee, and put this request to him, ‘Sir, we should like to see Jesus.’ Philip went to tell Andrew and Andrew and Philip together went to tell Jesus. Jesus replied to them: ‘Now the hour has come for the Son of Man to be glorified. If a man serves me, he must follow me, wherever I am, my servant will be there too. If anyone serves me, my Father will honour him.’ (Jn 12: 20-26).

Here we have some pointers to missionary advocacy. Firstly, as we are already doing: being present among young and less young people who gather to worship at festivals, find out where people gather to celebrate and when they ask, (in the festival, the occasion of worship, the Eucharist, the Sacrament of Reconciliation, [where I spend over eight hours]), show them Jesus.

Missionary advocacy is to be attentive to God’s plan for the men we are, but it must also take account of the other men who are within his reach. How, therefore, can we help young people today to meet this Jesus of the Gospels, this Jesus who is always alive, always on the way to the place of encounter? A relationship with Christ is more than ritual, more than sacrificial, even if worship and sacrifice may demonstrate it; it is above all relational. Moreover, a vocation is born from an encounter and not from practice or theory.

In the breviary, we read, ‘No one is disciple without service. No one is light without the indescribable love that in our brother discovers the Lord.’ No one is disciple, no one is light, no one consoles, no one bears testimony, no one is tenderness, no one forgives, no one shares, and no one can speak the folly of the message if he does not surrender himself to the utmost. No one is a seed unless he sows: there is no harvest without a time of silence, for every apostle becomes the grain that dies. (Prières du Temps Présent p. 1489)

Among the messages I receive on the Internet, several begin with ‘I would like to help…, I would like to see…, I would like to do…, I would like to give…, I would like to show…, I would like to know Africa.’ For many, the desire dries up on learning that nine or ten years of formation are required to become a missionary. Others are surprised when I recommend them to read the Letters of St Paul, the Acts of the Apostles or one of the Gospels, or to take on a parish commitment. For some, it is not yet time and for others, the time is already over. For them, the Internet will remain a point of contact with us and for us, the means to become acquainted with their dreams. However, the challenge, both for them and for us, leaving everything to reach peace, choose silence to grasp the Word, to become this disciple ‘who hangs on every word, every command…’ (Breviary) One day, as it did for St Ignatius of Loyola, this culminates in, ‘We wish you to be at our service.’

We are disciples and missionaries and we remain at the service of Christ. We remain listening to youth; we bear testimony to ecclesial communion, on behalf of a Kingdom not of this world, but which is built in the world. We should take account of the cares and desires of the men and women of this world. We need to use the means the world offers us, but without forgetting that we proclaim the Gospel with the means of the Gospel.

This is Passion for Christ, passion for Africa, 25 years in Mexico at the service of the Church, listening to youth. It is up to us to sow, to bear testimony, to speak of the folly of the message; it is up to the Lord to call and to provide perseverance. We sow, others will harvest.

We are highly regarded and welcomed. In very friendly terms, the people call us ‘Nuestros Misionneros, Nuestros Padrecitos’. They feel we belong to them. We are therefore not strangers, even if we know we are only passing by. The Lord is passing by… Will you wait for another rendezvous? Take, with him, the road to life.

Cristobal G. Padilla , M.Afr.
Missionary Advocacy Mexico

From Petit Echo n° 1008 2010/2

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