Missionnaires d'Afrique
Zambie

Malugao Dioscoro P. M.Afr.

L’apostolat des jeunes à Kawama et à Twatasha

Au début de l’année 2008, Ghislain Mbilizi (stagiaire), Mike Merizzi et moi avons organisé une réunion de communauté à Kitwe. L’un des sujets à l’ordre du jour était la définition de notre vision pastorale en rapport avec notre présence missionnaire dans les deux paroisses de Kawama et Twatasha. À quoi ressemblent-elles ? Quelle est la situation sociale des habitants ?

Ces deux paroisses couvrent une étendue de quatre vastes districts supervisés par le gouvernement, surtout en termes d’éducation et de santé. Il y a deux cliniques, mais la présence irrégulière des médecins et infirmiers empêche les malades d’y recevoir, à temps, des soins appropriés. Par contre, il n’y a aucune école secondaire.

Examen pratique de nos élèves en nutrition à l’école de commerce de Tyfotap.Ici, nous travaillons au milieu de gens désespérés et souffrants, dont la majorité n’a pas de boulot décent. Les jeunes ne sont pas épargnés non plus. Beaucoup voient l’avenir sous une sombre perspective et ne prennent plus leurs études au sérieux. D’autres ne fréquentent plus l’école, faute de moyens financiers, ou par manque de soutien parental, voire gouvernemental. Avant d’en arriver là, les jeunes se livraient à des pratiques immorales variées. Ce dernier point ayant retenu notre attention particulière, nous avons tenu à en faire l’une des priorités de notre vision pastorale.

Le nombre de jeunes dans nos deux paroisses a considérablement augmenté. À Kawama, par exemple, on compte environ 500 enfants inscrits à l’école du dimanche. Serait-il normal que nous, Missionnaires d’Afrique, travaillant dans un environnement pareil, négligions l’apostolat des jeunes au profit des non-jeunes ? Bien sûr que non ! Notre Société a choisi de se consacrer à la mission en Afrique et pour les Africains, jeunes et vieux, pauvres et riches, chacun selon ses dons personnels, « en tenant compte de la personnalité individuelle de ce Père-ci ou de ce Frère-là, plutôt que de notre charisme spécial » (PÉ 2009/4, Helmut Revers). J’insiste là-dessus, car certains pourraient rétorquer en disant qu’il n’est pas de notre “charisme” de nous occuper des jeunes. Cela pourrait aussi soulever la question : « Sommes-nous un supermarché ? »

Camp de jeunesse.Étant le premier jeune confrère nommé dans ces deux paroisses, j’y ai reçu un accueil chaleureux. On m’a ensuite confié l’aumônerie des jeunes. En peu de temps, je me suis rendu compte qu’il fallait un jeune prêtre pour travailler en étroite collaboration avec les jeunes et les accompagner dans leurs activités spirituelles. Ils sont disposés à participer à toute activité spirituelle et sociale organisée par la paroisse ou le doyenné.

Plusieurs autres confessions religieuses opèrent dans les deux paroisses. Nos jeunes, souvent bousculés dans leur foi par des membres non-catholiques de leur famille, se posent un grand nombre de questions sur la doctrine de l’Église catholique. Mais ils se laissent progressivement guider en s’efforçant de mener une vie morale exemplaire et en évitant de céder à la drogue, à l’alcoolisme, au vol, au mariage précoce, aux grossesses prématurées et à l’avortement. Cette collaboration des jeunes, leur désir d’apprendre et de vivre comme des chrétiens, me comblent de joie et m’encouragent à les encadrer davantage.

Les animateurs des jeunes préparent un nshima pour leurs frères et soeurs durant le camp d’août 2009 qui comptait 250 participants.Les défis sont nombreux. La diversité culturelle, fruit du brassage de différentes tribus de la Zambie et des pays voisins, désoriente parfois les jeunes qui ne savent plus quel chemin suivre dans la vie. À cela s’ajoute la situation sociofamiliale : beaucoup de couples mariés ayant failli à leurs promesses de fidélité, plusieurs enfants se retrouvent seuls, avec un parent. D’autres sont élevés par des membres de la fami­lle ou des amis.

Des jeunes occupés à nettoyer leur nouveau terrain de basket-ball et volley-ball.Nous avons affaire à un problème complexe. Nous apportons notre humble contribution à travers l’école de la communauté de Twampane de Kawama. Nous dirigeons aussi une école de métier appelée TYFOTAP, qui aide les jeunes à préparer leur avenir. Ici, ils suivent des cours pratiques de fabrication de métaux, de coupe et de couture, de nutrition et de diététique, de maçonnerie et de menuiserie. Notre souhait est que la formation reçue dans ces deux écoles redonne un jour espoir à tous ces jeunes – orphelins pour la plupart – afin qu’ils se sentent valorisés et aimés de Dieu. Toujours avec l’apport des jeunes, nous avons pu construire, à Kawama, un terrain de basket-ball et un autre de volley-ball, deux installations sportives qui faisaient cruellement défaut.

Ensemble, soutenons nos jeunes, car ils représentent l’avenir de l’Église. Comme dit un proverbe chibemba : “Imiti ikula, empanga” (Les arbres qui poussent aujourd’hui deviendront la forêt de demain).

Malugao Dioscoro P.


Tiré du Petit Echo N° 1005 2009/9

 

 


 

Missionaries of Africa
Zambia

Malugao Dioscoro P.M.Afr.


Youth apostolate
at Kawama and Twatasha

Early in 2008, our community at Kitwe had a council meeting with Ghislain Mbilizi (stagaire), Mike Merizzi MAfr and I in attendance. One of our main points was to discuss our pastoral vision and our missionary presence in the two parishes of Kawama and Twatasha.

What do these places look like and what about the social situation of the people? These two parishes serve four big compounds. They are supervised by the government, especially in terms of education and health. There is no single secondary school. There are only two clinics in which irregular attendance by doctors and nurses is a hindrance for people to receive proper health care.

Students’Practical Exam at Tyfotap (Trade School) doing Food and Nutrition.We are working with people in a fracture zone. The majority of the people living in this area have no proper jobs and they are suffering. The young people are not exempt either. Why? Many have lost hope in life. They are not serious with their studies and some have stopped schooling due to inadequate finance, lack of support from parents, relatives and the government at large. Prior to this situation, youth were indulging in various immoral habits. Therefore, we strongly underlined this particular concern for youth as one of our priorities in our pastoral vision.

The number of young people in our two parishes has grown dramatically. In Kawama parish for example, we have around 500 children registered for Sunday school. As Missionaries of Africa appointed to this kind of milieu, do we neglect our work with young people and focus our attention only on those who are not young anymore? Surely not; our Society has opted to work in Africa and with African people both young and old, rich and poor, but each individual has his own gift, “depending on the personality of that particular Father or Brother other than our special charisma” (PE 2009/4, Helmut Revers). I added this point because perhaps some of us might criticise that it is not our “charism” to work with youth. It might provoke again this question, “Are we a supermarket?”

A youth camp.As the first young confrere appointed to these two parishes, I received a warm welcome by the people. Further, later on, they appointed me as youth chaplain.  Immediately, I noticed that the youth needed a young priest to work closely and be with them as they continue their activities in church. They have the will and the enthusiasm to cooperate in any spiritual and social activities at the parish and at deanery level.

Both parishes are full of different Christian denominations. Our youth have a lot of questions in relation to Catholic Doctrine, as they are challenged by friends and family members who do not pray in the Catholic Church. They constantly seek guidance to live a moral life and avoid illegal drugs, alcohol, stealing, early marriage, early pregnancy, and abortion. One can sense in them the strong desire to live a Christian life, which for me as a missionary is a great reminder of my own priestly vocation to spread the Gospel, to make known the Kingdom of God to the people of Africa, particularly where I am doing my ministry. The cooperation of youth, the desire to learn and the humble acceptance to be guided have brought joy in my heart to continue working hand-in-hand with them.

Youth Leaders cooking nshima for their brothers and sisters during their youth camp in August 2009, where 250 participated.There are always challenges. The place is culturally diverse, as it is a mixture of different tribes in Zambia and other neighbouring countries. Some of them have lost their direction in life, as they do not know which practices to follow. Another major challenge is linked with the social situation. Many couples could not live up to their promises to be together until death. As a result, many children are brought up by a single parent. Others are left orphans and they are looked after by their relatives and friends.

Youth busy cleaning their new basketball and volleyball courts.This is a complex issue; our humble service is done through Twampane Community School in Kawama. We also run a Trade School called TYFOTAP in Race Course, which is specifically for the future of the youth. They are taking vocational courses such as Metal Fabrication, Tailoring, Food and Nutrition, Bricklaying and Carpentry. Through these schools, we are hoping that some of these young people (mostly orphaned) will find hope in their lives and feel that they are human beings loved by God. With the collaboration of the youth in Kawama, we have managed to construct basketball and volleyball courts for their recreation, because these places are lacking recreational and sports facilities.

Let us together empower youth, for they are the future of our Church. There is a wise saying in Chibemba, “Imiti ikula; empanga” (Trees growing will be the forests of tomorrow).

Malugao Dioscoro P. M.Afr.

From Petit Echo n° 1005 2009/9