Missionnaires d'Afrique
Spiritualité

Herman Bastijns M.Afr.

Récollection Avent 2011

Un enfant nous est né


Le mystère de la vie

Bientôt nous chanterons joyeusement: " Un enfant nous est né, un fils nous est donné ! "
Mais est-ce si évident qu'il faut se réjouir d'une vie nouvelle ? Dans notre monde on ose parler sans ambages de naissances non désirées et de la mort désirée et même procurée. Et au moment où l'humanité atteint le chiffre de 7 milliards, nous nous demandons, non sans angoisse, où cela va finir.

Durant cet Avent je voudrais donc réfléchir et prier sur le mystère de la vie et prendre conscience de l'approche spécifique de ce mystère que me donne ma foi chrétienne. Mais cela, non pas dans un esprit de polémique, mais d'authenticité et de respect de la recherche sincère de ceux qui ne partagent pas ma foi.

Pourquoi vivons-nous ?

La question est vaste et elle peut paraître quelque peu abstraite.

Nous connaissons encore la réponse du catéchisme : nous vivons sur cette terre pour louer et servir Dieu et aller au ciel.
Mais qui d'entre nous n'a jamais senti monter dans son cœur la douloureuse question : Pourquoi donc ce détour hasardeux par la terre pour retourner à un Dieu dont je venais ? Pourquoi cet intervalle éphémère entre deux éternités, celle du néant avant notre naissance et celle qui nous attend après notre mort ? Pourquoi ce passage de quelques dizaines d'années pleines de souffrances sur cette terre, vallée de larmes ?

Platon ne pouvait y voir qu'un malheur et un châtiment. Parmi les âmes voguant dans la clarté pure d'un monde immatériel et parfait, certaines se sont laissées entraîner par leur poids vers le monde matériel et elles sont tombées dans un corps comme dans une prison.

Pour Schopenhauer la vie est une mauvaise farce, un cadeau empoisonné; nous nous y accrochons par une passion aveugle, mais elle nous trompe; la vie est un attrape-nigaud, elle nous attire mais nous déçoit.

La vie a tout de même du bon, dira-t-on, il y a les bonnes années. Les bonnes années pour jouir de la vie? Illusion !, diront les cyniques : quand on est tout petit, on n'a pas la tête pour en jouir, quand on est grand on n'a pas le temps d'en jouir, et quand on est vieux on n'a plus les moyens d'en jouir. On passe la première partie de sa vie à jouer, la deuxième à travailler et la dernière, à courir au médecin et à penser à la mort. Par ailleurs, le taux des suicides est beaucoup plus élevé parmi les jeunes que parmi les vieux. Non, la vie n'est pas facile. Pour beaucoup elle est même trop lourde et ils la refusent, d'une manière ou d'une autre.

Je m'excuse de parler comme cela, mais je parle vrai, car ce sont des choses qui vivent dans le cœur de tout homme. Et puis je suis en bonne compagnie, car le réquisitoire le plus implacable contre la vie, ce n'est pas chez Sartre ni chez Schopenhauer que vous le trouverez, mais dans la Bible. Écoutons Job se défouler contre l'existence.

"Maudit soit le jour qui me vit naître et la nuit qui annonça qu'un mâle venait d'être conçu. Que ce jour-là soit ténèbres, que Dieu d'en haut ne le rappelle pas, que la lumière ne brille pas sur moi. Ah ! pourquoi ne suis-je pas mort dès le sein ? Pourquoi n'ai-je pas péri aussitôt qu'enfanté ? Pourquoi s'est-il trouvé deux genoux pour m'accueillir ? Deux mamelles pour m'allaiter ? Pourquoi donner à un malheureux la lumière ? Pourquoi donner la vie à ceux qui ont l'amertume au cœur et qui aspirent à la mort sans qu'elle vienne, fouillent à sa recherche plus que pour un trésor, qui exulteraient de joie s'ils atteignaient la tombe? Pourquoi ce don de la vie à l'homme qui ne voit plus sa route et que Dieu cerne de toute part ? " (Jb 3, 11-23)

Oui, pourquoi vivons-nous ? Pour nous qui avons reçu le don de la foi, la vie n'est pas moins mystérieuse que pour les autres êtres humains depuis la nuit des temps. Mais notre approche du mystère repose sur une vérité absolue révélée et garantie par la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Cette vérité de base qui résistera à toutes les évidences contraires, c'est que Dieu est bon et qu'il est père. "Dieu est Amour", écrit saint Jean. Non seulement Dieu aime, mais il est amour. Et tout ce qu'il fait ne peut être qu'œuvre d'amour. Le chrétien est l'homme d'un indestructible préjugé favorable à l'égard de Dieu et de la vie, à cause de son fils Jésus.

Dès lors, nous ne pouvons comprendre la création que comme une œuvre d'amour. S'il y a un univers et si nous vivons sur cette terre, cela ne peut être qu'à cause de l'amour de Dieu. L'amour ou la "gloire" intérieure de Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, s'est en quelque sorte "extériorisé" en se créant un vis-à-vis dans le temps et l'espace pour pouvoir lui manifester sa gloire et le faire participer à son amour interne.

Nous sommes créés dans le temps et l'espace, dans un corps, nous avons un cœur et une conscience et un esprit pour pouvoir, dans le temps et l'espace, répondre à l'amour éternel de Dieu. Saint Ignace dit que le fondement de notre vie, c'est que nous sommes créés pour répondre dans l'amour à l'amour qui nous a suscités, et cela au milieu des choses de ce monde et tout au long du temps de vie qui nous est donné. Oui, nous vivons pour "apprendre Dieu".
La vie n'est pas faite pour en jouir d'abord. Elle est une vocation, une aventure et une tâche. Il faut ici une nuance: la recherche de Dieu n'est pas notre initiative, c'est lui qui nous recherche, c'est lui qui se révèle à nous progressivement et constamment, c'est lui qui se dévoile à nous dans le temps et dans l'espace d'une vie humaine. En découvrant Dieu, nous nous découvrons en même temps nous-mêmes. Socrate disait "Homme, connais-toi toi-même" et Jésus disait : "Si tu connaissais le don de Dieu ... que tu es".

Cette vérité de base jette une lumière nouvelle sur une foule de questions qui hantent l'esprit humain : Y a-t-il un destin ? Et pourquoi les destins sont-ils si différents ? Pourquoi certains meurent-ils trop jeunes (et c'est le cas pour la plus grande partie de l'humanité, car le troisième âge est un phénomène très récent) et d'autres n'en finissent-ils pas de mourir ? Et que dire de la foule littéralement innombrable (car ils ne sont pas comptés) de ceux qui meurent avant d'être nés? L'amour de Dieu a-t-il échoué pour eux et leur existence est-elle simplement retombée dans le néant sans s'être accomplie ?

Si Dieu est tel que Jésus nous l'a révélé, il ne peut avoir perdu aucun de ceux qu'il a appelés à l'existence, aussi brève soit elle. Et chacun d'eux a dû recevoir le temps qui lui convenait pour "boucler la boucle", pour apprendre Dieu. Des nombreux saints morts très jeunes (Thérèse de Lisieux, Louis de Gonzague et tant d'autres), ne dit-on pas qu'ils ont accompli beaucoup en peu de temps ?

Notre foi en Jésus nous invite à accueillir la vie et le temps comme un mystère d'amour et à la remettre entre les mains du Dieu d'amour. Jésus ne s'est pas détaché philosophiquement de la vie, comme l'admirable Socrate. Il a accueilli sa vie comme un don de son Père, jusqu'au bout, y compris ses souffrances et sa mort.

Notre vie est une vocation et une aventure parce qu'elle est une découverte progressive de Dieu. Parfois on demande à quelqu'un : "Qui est Dieu pour vous ?" Il serait plus juste de demander "Qui devient Dieu pour vous ?" Car Dieu chemine sans cesse dans ma vie: mon Dieu d'hier n'est pas celui d'aujourd'hui, mon Dieu de tout à l'heure n'est pas celui de maintenant, celui de mon enfance et de ma jeunesse n'est pas celui de ma maturité et de ma grande maturité.
Cette aventure est très personnelle et restera même pour chacun d'entre nous un mystère. Tout ce que nous pouvons percevoir de ce mystère, c'est un certain nombre de conditions nécessaires pour que se réalise notre apprentissage de Dieu. Je voudrais simplement en citer trois qui pourraient être l'objet de notre effort de l'Avent.

Se souvenir

Une première condition est le souvenir. La merveilleuse foi d'Israël est fondée sur des événements et des actions salutaires de Dieu, mais elle est née et a grandi par le souvenir de ces événements lus et relus. La foi n'est pas possible sans le souvenir. De Marie, fille de Sion, une des rares choses que nous rapportent les évangiles, est qu'elle "se souvenait de tout dans son cœur". Nous rencontrons Dieu plus souvent dans les traces de son passage que dans sa présence. La foi ne dit pas " Tu es là et je te vois ", mais "Tu étais là et je ne le savais pas".

Durant ce temps de l'Avent je voudrais pratiquer plus souvent ce que j'appellerais la 'prière du souvenir'. C'est une forme de prière assez simple. Je me réserve un bon moment tranquille et commence par me mettre en présence de Dieu. Et puis je laisse remonter les souvenirs de ma vie, spontanément, en les accueillant simplement, sans les juger et surtout en essayant de les voir dans la lumière de mon histoire accomplie, autrement dit, comme je les verrai au dernier instant de ma vie, comme les verront les autres après ma mort, comme Dieu les voit depuis toujours. Cette forme de prière est très mariale et elle donne une grande force et une paix profonde du cœur.

Pauvreté de coeur

Une deuxième condition est la pauvreté de cœur. Jésus dit qu'on ne peut connaître Dieu qu'en devenant comme un enfant. Nos épreuves et nos limites, l'appauvrissement de notre vie, la diminution de nos forces et la dépendance croissante qu'elle entraîne, tout cela nous apparaît comme un fardeau. Mais ce déclin apparent ne cache-t-il pas une grâce, la grâce de la découverte de l'amour gratuit et de la tendresse ?

L'enfant dans la crèche de Noël nous invite à accueillir la vie avec une confiance totale des mains de Dieu, jour après jour.

Sagesse et abandon
La troisième attitude à cultiver durant ce temps d'attente est la sagesse. Je ne parle pas ici d'une sagesse humaine fondée sur notre propre entendement des choses et qui culmine dans la résignation. La sagesse dont je parle jaillit de la connaissance de Dieu et elle culmine dans l'adoration et l'action de grâces. Le sage chrétien murmure, même à travers les choses amères de la vie, "tout est grâce".

Le temps de l'Avent doit être avant tout un temps d'action de grâces.

Et maintenant tournons-nous vers Jésus pour l'écouter et le contempler.

En Jean 10,10, Jésus se trouve, au milieu de la foule et il leur dit : "Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance".

En Jean 17,3 Jésus est en quelque sorte surpris dans l'intimité de sa prière : "Père, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé".

Nous pourrions aussi prier avec Eph 1,3-14 qui est un chant de louange à l'honneur du mystère de la création et de la vie. C'est l'hymne qui monte dans le cœur de ceux qui ont découvert le Dieu de Jésus Christ au cœur de leur vie.

Alors nous pourrons chanter joyeusement à Noël: "Un enfant nous est né, un fils nous est donné !".

Herman Bastijns M.Afr


 


 

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Spirituality

Herman Bastijns M.Afr.


Advent 2011 Recollection

A Child is Born for Us


The Mystery of Life
Very soon,we shall cheerfully be singing 'For unto us a son is born!' However, is it so sure that we are to rejoice in new life? In our world of today, people speak brazenly of unwanted pregnancies and seeking and procuring an early death. Moreover, at a time when the earth's population has reached 7 billion, we anxiously wonder where it is all going to end.

During this Advent, I would like to reflect and pray about the mystery of life and become aware of the specific approach to this mystery which my Christian faith gives me. However, it will not be polemical, but in a spirit of genuineness and due respect for the sincere investigations of those who do not share my faith.

Why are we alive?

This question is vast and may even appear somewhat abstract.

We still remember the catechism answer: to know God; to love and serve him in this life and live forever with him in the next. Now, who among us has never had this painful question rise in our hearts: Why therefore is there this risky detour through the earth in order to return to God from whom I have come? Why is there this fleeting interval between these two eternities, the void before birth and the one after our death? Why is there this corridor of some score of years full of mourning and weeping in this valley of tears?

Plato could only see misfortune and chastisement in it. Among the souls floating in the pure essence of the immaterial and perfect world, some abandoned themselves by their weight to the material world, falling into a body as into a prison.

For Schopenhauer, life is a sorry farce, a poisoned gift; we cling to it with blind passion, but it tricks us; life is a con; it attracts us but ultimately deceives us.

Nevertheless, life has some good in it, some will say; there have been good years. Are these good years really enjoying life? It is an illusion, the cynics would say. When we are very young, we do not have the sense to enjoy life; when we are older, we do not have the time and when we have aged we no longer have the faculties to enjoy it. We spend the first part of our lives playing, the second working and the final part in running to the doctor or contemplating death. Moreover, the suicide rate is much higher among young people than among the old. Indeed, life is not easy. For many, it is even too heavy to bear and they refuse it one way or another.

I apologise for sounding like this, but I am telling the truth; these are things that live in the heart of everyone. Again, I am in good company, because the most implacable outcry against life is not to be found in Sartre or Schopenhauer, but in the Bible. Let us witness Job venting his anger against his existence.

'Why did I not die new-born, not perish as I left the womb? Why were there two knees to receive me, two breasts for me to suck? Had there not been, I should now be lying in peace, wrapped in a restful slumber, with the kings and high viziers of earth who build themselves vast vaults, or with princes who have gold to spare and houses crammed with silver. Or put away like a still-born child that never came to be, like unborn babes that never see the light. Down there, bad men bustle no more, there the weary rest. Prisoners, all left in peace, hear no more the shouts of the gaoler. Down there, high and low are all one, and the slave is free of his master. Why give light to a man of grief? Why give life to those bitter of heart, who long for a death that never comes, and hunt for it more than for a buried treasure? They would be glad to see the grave-mound and shout with joy if they reached the tomb. Why make this gift of light to a man who does not see his way, he whom God baulks on every side?' (Job 3:11-23)

Indeed, why are we alive? For those of us who have the gift of faith, life is no less mysterious than for other human beings since the dawn of time. However, our approach to this mystery rests on an absolute truth revealed and guaranteed by the life death and resurrection of Jesus Christ. This basic truth which repels all contrary proofs is that God is good and that he is Father. 'God is Love', wrote St. John. Not only does God love, he is love. All that he does can be nothing but the labour of love. A Christian is someone with an indestructible positive bias towards God and life, because of God's son Jesus.

Accordingly, we can only understand creation as a labour of love. If there is a universe and if we are living on this earth, it can only be because of God's love. The love or the interior 'glory' of God the Father, Son and Holy Spirit is in some way 'externalised' by creating a counterpart in time and space in order to be able to manifest to it God's glory and make the counterpart a sharer in God's interior love.

We are created in time and space, in a body; we have a heart and a conscience, and a spirit to be able, in time and space, to respond to the eternal love of God. Saint Ignatius says that the foundation of our lives is that we are created to respond in love to the love that created us. This is to be done in the midst of the things of this world and throughout the length of life we are given. Indeed, we live in order to 'learn about God.'

Life is not made primarily to enjoy. It is a vocation, an adventure and a task. A fine distinction has to be made here: seeking God is not our initiative; it is he who looks for us; it is he who constantly and progressively reveals himself to us. He reveals himself to us in the time and space of a human life. In discovering God, we discover ourselves at the same time. Socrates said, 'Man, know yourself.' Jesus said, 'If you knew the gift of God that you are.'

This basic truth throws new light on a host of questions that haunt the human mind: Does destiny exist? Why are there different destinies? Why do some people die too young (this is the case of most of humanity as the 'Third Age' 'is a very recent phenomenon.) What we can say of the literally countless masses of those who die before birth? Has God's love failed for those? Has their existence simply fallen back into the void without fulfillment?

If God is truly what Jesus revealed him to be, he cannot have lost any of those he called into existence, no matter how briefly. Each one of them must have had the time required to 'close the circle' to learn about God. Some saints died very young: (Therese de Lisieux, Louis Gonzaga and so many others). Do we not say that they accomplished a great deal in a short time? Our faith in Jesus beckons us to welcome life and time as a mystery of love and to place it in the hands of the God of love. Jesus did not detach philosophically from life like the honourable Socrates. He eagerly accepted his life as a gift from his Father, until the end, including his suffering and death.

Our life is a vocation and an adventure because it is a gradual discovery of God. Sometimes a person can be asked,

'For you, who is God?' It would be more accurate to ask, 'For you, who is God becoming?' The reason is that God is always walking with me in my life: the God of yesterday is not the one of today; the God of a moment ago is not the one of now; the one of my childhood and youth is not the one of my maturing and my maturity.

This adventure is very personal and even for each and every one of us will remain a mystery. All that we can perceive of this mystery are a certain number of conditions needed to achieve our learning process in God. I would just like to mention three of these that could be the aim of our efforts during Advent.

Remembrance

A first condition would be remembrance. The great faith of Israel is founded on events and God's saving action, but it came into existence and thrived through the read and reread remembrance of these events. Faith is not possible without remembrance. From Mary, Daughter of Zion, one of the rare features brought to us in the Gospels is that 'she treasured all these things and pondered them in her heart.' We come across God more often in the traces of his passing that in his presence. Faith does not say, 'You are there and I see you,' but, 'You were there and I did not know it.'

During this season of Advent, I would like to practice more often what I will call the 'prayer of remembrance'. It is quite an effortless form of prayer. I set aside a good slice of quiet time for myself and begin by putting myself in the presence of God. I then allow my life's memories to surface spontaneously, frankly welcoming them without judging, and especially trying to see them in the light of my complete story. In other words, as I will see them at the final moments of my life, as others may see them after my death, as God sees them from time immemorial. This form of prayer is very Marian and provides great strength and deep peace of heart.

Poverty of heart

A second condition is poverty of heart. Jesus says that we can only know God in becoming childlike. Our trials and limitations, the reduction in quality of our lives, the lessening of our strength and the increasing dependence it entails appears to us as a burden. Now, this apparent decline, does it not conceal a grace, the grace of coming face-to-face with unwarranted love and tenderness?

The child in the Christmas crib beckons us to accept life with delight in total confidence, from the hands of God, day after day.

Wisdom and abandonment
The third attitude to cultivate during this season of expectation is wisdom. Here, I am not referring to human wisdom founded on our own understanding of reality and that culminates in resignation. The wisdom I speak of springs from knowledge of God and culminates in adoration and thanksgiving. The wise Christian murmurs, 'All is grace', even amid the bitter experiences of life.

The season of Advent must be above all a period of thanksgiving.

Let us now turn to Jesus to hear and contemplate him.

In John 10:10, Jesus finds himself among the crowd and tells them, 'I have come so that they may have life and have it to the full.'

In John 17:3, Jesus is in some way taken by surprise in the intimacy of his prayer, 'And eternal life is this: to know you, the only true God, and Jesus Christ whom you have sent.'

We could also pray with Eph 1:3-14, a hymn of praise in honour of the mystery of creation and life. It is the hymn that rises in the hearts of those who have discovered the God of Jesus Christ at the heart of their lives.

In this way, at Christmas, we shall joyfully be able to sing, 'For unto us a child is born, a son is given!'

Herman Bastijns M.Afr.

Translated into English by Fr. Donald MacLeod, M.Afr