BILLET MENSUEL. JUIN 2005

D I O C E S E D E L A G H O U A T – G H A R D A I A .


vue de Ghardaia


Bien chers sœurs, frères et amis,

Ce 1er juin, nous faisons mémoire du départ brutal de mon prédécesseur Michel Gagnon de notre horizon familier. Voici un an, il s’est éteint entre un ami musulman et un jeune missionnaire venu partager notre vie diocésaine : double signe de sa vocation profonde !
Je voudrais vous partager ce que je garde dans mon cœur du visage et de la présence de cet homme, de cet ami, missionnaire et évêque de ce Diocèse. Je réalise une fois de plus que la mort de l’autre nous le fait apparaître enfin dans sa pleine lumière : celle de l’éternité !

Michel, je le vois plus que jamais comme un marcheur du Bon Dieu, une sorte de cavalier infatigable, tel qu’il s’est vu dans la fameuse prière du cow-boy que nous avons tous lu et prié à notre tour. C’était un vrai " routard de Jésus" . Il était inévitable qu’il prenne à cause de cela une certaine indépendance, une certaine originalité, voire même une certaine marginalité. Il a marché jusqu’au bout de sa route, arraché en pleine course, épuisé de cette longue randonnée de sa vie donnée jusqu’au bout.

Michel m’a beaucoup impressionné par son humilité. Une humilité qui l’a sans doute desservi dans certaines relations pastorales, mais qui l’a grandi dans sa vocation de serviteur de Dieu, de serviteur de l’Evangile, de serviteur de ce peuple qu’il aimait tant.. J’ai rencontré un jour un jeune Père Blanc d’Afrique anglophone qui m’a dit lui devoir sa vocation : il n’avait jamais rencontré un évêque aussi humble, aussi simple, parlant de son Eglise diocésaine avec amour, sans fioriture. Et cela a déclenché chez ce jeune sa vocation missionnaire.

Michel m’a saisi aussi par son réalisme sur lui-même. Il a eu le courage de demander à être relevé de sa charge, sans présumer de ses forces, sans s’accrocher à la tâche comme s’il était indispensable. Il désirait servir autrement l’Eglise, prêt à prendre une autre charge plus cachée, si possible au service des musulmans. D’eux il parlait à la fois avec passion et réalisme. Partout où il passait, il les faisait aimer, il les aimait, et s’en faisait aimer sans complaisance facile. De nombreux témoignages en font foi.

Michel m’a fortifié dans ma foi. Il m’avait demandé de le rejoindre à Laghouat lorsqu’il a pris la charge du Diocèse. Comme le zèle des confrères de cette communauté leur faisait célébrer la messe à 6h30 du matin, et qu’il avait des problèmes de sommeil, je concélébrai avec lui avant le repas de midi. Il était ainsi plus réveillé… et moi aussi. Nous évitions l’un et l’autre une messe " sous anesthésie " ! Michel célébrait toujours. Et à la fois pour moi et pour lui, il faisait une véritable homélie. Ses paroles dites dans un climat de confidence m’ont nourri au quotidien pendant tout ce temps passé avec lui.

Michel, enfin, a été un infatigable serviteur de la vie de ce Diocèse. Ses longues randonnées à travers le désert, il les a faites pour entretenir la flamme de la vie de nos communautés. Il voulait être là, aller sur place, au péril de sa vie, surtout pendant les années de violence. Rien ne l’a jamais arrêté pour aller rejoindre ceux et celles dont il avait la charge.
Enfin pour laisser la parole à l’un de ses proches, je voudrais vous lire ce que son frère François vient de m’écrire. C’est un magnifique hommage à Michel que je fais mien.

" Notre père blanc familial nous avait toujours édifié par ses grandes qualités de missionnaire : don total de sa personne, une grande simplicité volontaire allant jusqu’à l’abjection de Charles de Foucauld, une générosité qui allait bien au-delà de toute fatigue, une foi imprégnée d’une très grande discrétion, un amour sans borne pour le peuple algérien qu’il portait dans son cœur, un amour tel qu’il est allé jusqu’à épuiser toutes les force physiques et morales qui l’habitaient. Michel est allé jusqu’au bout de son engagement ".

+ Claude, votre frère évêque.

Nouvelles…. Pour rester proches

Assemblée Diocésaine.
Presque chaque année, et sous diverses formes, l’Eglise Diocésaine se rassemble pour mieux faire route ensemble. Cette année encore, nous avons tenu à garder cette bonne tradition ! L’an dernier, avait eu lieu à Alger une Assemblée Inter Diocésaine (vite baptisée " A.I.D. "), et tout au long de ces derniers mois, les Secteurs se sont retrouvés pour travailler et échanger sur tel ou tel thème retenu lors de l’AID. La prochaine " Lettre du Diocèse " sera consacrée en grande partie à la diffusion de nos travaux.
Cette Assemblée a été l’occasion de ternir un Conseil rapproché, un Conseil Financier, et aussi un Conseil Diocésain pour mettre en route les orientations de l’Assemblée Diocésaine.

Nous partageons nos peines…
Plusieurs d’entre nous ont été éprouvés durant ce dernier mois. Le Fr. Raymond, d’El Abiodh, a dû assez vite rejoindre la France à cause du décès de son beau-frère. Il doit revenir au début du mois.

Sr Martine avait dû quitter Tamanrasset à cause d’une aggravation subite de la santé de son papa. Elle a pu se joindre à sa famille, et spécialement sa maman et être proche de son papa jusque dans ses derniers moments. Voici le message reçu d’elle pendant notre Assemblée Diocésaine : " Bonjour à chacun(e) que je rejoins de tout coeur !" Dieu nous mène par des chemins si inattendus " disait Ch. de Foucauld. Vous avez appris par le billet mensuel que je me suis rendue en famille fin avril, et le 6 mai. Papa entrait dans la lumière de Dieu. Nous avons pu l'accompagner de notre présence à la maison jusqu'a son dernier souffle : je vous remercie pour votre prière très fraternelle et pour vos nombreux mails... j'ai été porté pour que " tout s'accomplisse" dans la paix et la sérénité. Inch allah ! mon retour sur Tamanrasset fin juillet.
Je vous souhaite une assemblée diocésaine, toute d'élan pentecostal !!
Bien fort avec chacun(e) particulièrement en action de grâces pour le jubilé de Sr Christiane !
bien fraternellement ".

Vous avez aussi appris le décès de François Cominardi, le 30 avril, jour de la fête de Notre Dame d’Afrique. Nous avons reçu de nombreux témoignages d’amitié à cette occasion. Nous verrons comment vous les partager ultérieurement. Gérard Chanron et son beau-frère Jean sont parmi nous pour un mois. Il sont à Ain Séfra, et font du rangement dans la maison qui, nous l’espérons, ne restera pas vide pendant longtemps.

Nous partageons nos joies et nos espérances…

Dieudonné, stagiaire P.B. de Ghardaia, a donc quitté le Diocèse pour le Congo via Abidjan. Il espère pouvoir participer à l’ordination de Lambert Basabose (ancien stagiaire d’Oran), qui est nommé à Ouargla ! Quel joli cadeau nous est fait ! Si tout va bien, nous espérons accueillir deux stagiaires : l’un à Ouargla (qui va élargir l’espace de sa tente) et l’autre à Ghardaïa.

La communauté des Sœurs Blanches de Ghardaïa élargit aussi son espace communautaire. Sr Marie Christine Rousseau nous arrive de Mauritanie et cherche son point d’insertion sur Ghardaia. Elle est médecin. Bienvenue dans notre Diocèse !
Alain et Cécile (de Ghardaia) viennent de partir pour quelques jours pour le mariage de leur fils à Dinard (France). Aux nouveaux époux et aux heureux parents, tous nos vœux de bonheur !

Félix (Ghardaia) s’apprête à subir une intervention chirurgicale en Espagne… pour se débarrasser de quelques cailloux… ce n’est pas cela qui manque ici !

Aux dernières nouvelles, Abdallah (de Tazrouk) est à l’hôpital de Nîmes et son état est rassurant. Tahar, qui était auprès de lui, a pu rejoindre Tazrouk.

Nous sommes toujours en attente d’une date pour la béatification de Charles de Foucauld. La procédure a été modifiée par notre nouveau Pape Benoît : il ne présidera plus les béatifications, qui seront davantage du ressort des Eglises locales. Nous avons proposé une date et un lieu à la Congrégation des Saints. Nous aimerions qu’elle ait lieu à Rome dans le courant de l’automne…mais nous n’avons pas la maîtrise du calendrier…