DIOCESE DE LAGHOUAT - GHARDAIA .
BILLET MENSUEL.
Avril 2010

   



Tamanrasset
(clichés hep)


P. Daniel Archambaud
actuel curé de Tamanrasset
en marche vers l'Assekrem



Bien chers amis.

                       Le temps du carême est une prise de conscience plus vive de notre « non perfection », de nos dérapages, de nos errements, et à notre niveau personnel et à celui de notre Eglise. Si elle est « sainte », ce n’est certes pas par les personnes qui la composent,  mais bien par Celui qui la maintient debout, le Christ. Nous pouvons même dire sans honte, avec ceux qui ne se réfèrent pas à Lui : c’est vrai, « les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres !». Ils ne sont pas pires non plus. Mais cela serait une bien piètre consolation que de se satisfaire d’une telle constatation !
   
    Nous vivons une période où notre Eglise se trouve fragilisée dans les instances mêmes de sa plus haute autorité. Des évêques et des prêtres, et notre Pape lui-même sont aux prises avec des scandales qui les éclaboussent à la face des caméras (et elles s’en donnent à cœur joie !), devant les odieux crimes que constitue la  pédophilie. Rien ne saurait excuser ces actes, tant le mal est profond chez les enfants ou autres personnes qui en ont été les victimes. Jésus lui-même n’a pas été tendre, à l’égard de celui qui « scandalise les petits… » : « Il est préférable, pour lui,  qu’on lui attache au cou une grosse meule pour le précipiter dans la mer » (cf. Mc 9,42). Parole terrible à entendre pour ses disciples, comme pour toute autre personne d’ailleurs.
   
A travers les griefs qui lui sont faits, à travers les accusations (vraies ou fausses…) que présentement elle endure, notre Eglise n’est-elle pas rappelée à l’humilité et à la modestie de ses origines? Elle est bien pétrie, elle aussi, de cet humus dont est faite notre Humanité. Mais elle paie aussi, chèrement, un enseignement souvent plus moralisateur que promoteur du caractère sacré de toute personne, elle paie, chèrement aussi, une image surfaite d’elle-même, s’étant attribué parfois des qualificatifs que nous ne pouvons donner qu’à Dieu seul ! Il ne s’agit pas d’opter maintenant pour une sorte de tactique de « profil bas », en attendant que l’orage passe. L’Eglise est faite de pécheurs et elle ne doit sa sainteté qu’à Dieu seul, au Christ qui l’a fondée et à l’Esprit qui la conduit contre vents et marées !
   
    Mais, dans tout cela, n’est-elle pas aussi prise dans une sorte de « complot médiatique » qui vise à la discréditer et à la faire taire? Comme si derrière tout homme d’Eglise se profilait un pédophile en puissance dont il faudrait désormais se méfier ! Il est un fait que les scandales dévoilés dans certains diocèses d’Amérique du Nord ont fait l’affaire de gouvernants, en interdisant aux évêques pris dans la tempête de dire quoi que ce soit sur les dérapages de la politique américaine. La même stratégie semble se mettre en place pour certains pays d’Europe.
   
Et pendant ce temps là, on ne parle pas d’autre chose. Ni de la confiscation éhontée et déclarée haut et fort de Jérusalem par l’Etat d’Israël, ni des massacres de chrétiens en Inde ou ailleurs, ni du pillage des richesses d’Afrique des Grands Lacs pour ne prendre que quelques exemples. Et l’on se garde bien de parler de ces anonymes laïques, prêtres, religieux, religieuses, qui au nom de leur foi et au nom de la dignité de tout être humain, s’engagent sur les champs de notre humanité blessée pour faire reculer la pauvreté, la misère et la guerre.
Et l’on se garde aussi de parler de tous ces artisans de paix qui sillonnent notre monde, pour créer des passerelles entre sociétés et religions, aux côtés d’hommes et de femmes de bonne volonté. Il n’y a guère de radios ou de télés spécialisées pour cela ! Cela ne rapporte pas d’argent à ceux qui investissent dans les médias.

    L’Eglise est une cible d’autant plus facile, qu’elle n’a plus le bouclier protecteur de la notoriété et de la puissance… quoi qu’on en dise. Nous n’avons pas à le regretter. Elle ne pourra sortir de cette crise qu’en retrouvant sa vocation première d’humble servante de l’Humanité, à l’exemple de Jésus se dépouillant de son manteau pour laver les pieds de ses disciples. Nous oublions trop que le seul vêtement liturgique dont il se soit vêtu est un tablier de service. Il n’en avait même plus pour se couvrir, élevé de terre sur son instrument de supplice.

L’humiliation qu’elle subit, même injustement, n’est-elle pas une invitation à l’humilité ?


Et si Pâques n’était pas autre chose que la Résurrection du Serviteur ?
A nous d’en saisir le message.   


+ Claude, votre frère évêque.


Nouvelles…. Pour rester proches

Les rencontres intersecteurs ont porté leur fruit de joie de retrouvailles, de réflexion, de célébration ,  malgré l’absence d’Etienne Renaud. Les Responsables de Secteurs ont tout fait pour que la vie continue, la réflexion aussi.

Il s’agit maintenant de préparer l’Assemblée Diocésaine des « 29, 30 avril et 1er mai ». Lors du dernier Conseil Diocésain, une équipe a été constituée pour cette préparation.  Le P. Jean Toussaint nous assure de sa participation. Le P. Etienne a obtenu son visa. Et une autre personne est pressentie, dont nous attendons la réponse.
Pour ceux et celles qui ne l’auraient pas déjà fait, inscrivez-vous le plus vite possible pour faciliter la tâche à ceux qui sont chargés de l’accueil !

    Encore en formation linguistique au Caire, le P. Marek Nasilowski, prêtre « Fidei Donum » de Pologne, et déjà présent dans notre Diocèse (à Béni Abbès) l’an dernier, a été nommé curé de Tamanrasset. Il prendra le relais du P. Daniel Archambaud, dont le contrat va se terminer en août.

    Le P. Emanuele Cardani est de retour à Touggourt et Hassi Messaoud. Il a vite repris son service auprès des chrétiens vivant  sur les bases et les Sociétés pétrolières.

    Le Petit Frère Abdallah, qui a vécu longtemps à Tazrouk, voit sa santé se dégrader assez sérieusement. Le Pt Fr. Tahar est parti auprès de lui à Marseille, pour lui être proche en ces moments difficiles. Ils ont vécu longtemps dans la même Fraternité. Nous les portons l’un et l’autre dans notre prière et notre fraternelle affection.

    Le Noviciat des Petites Sœurs à Béni Abbès va pouvoir se former peu à peu. Déjà deux Ptes Srs sont arrivées : Jasmin (d’Allemagne), Anna Jana (de Pologne). Trois autres sont en chemin : Giulia (d’Italie), Eva (de Slovaquie), et Anne Pierre (de France).

    CERNA. Etant donné l’impossibilité d’obtenir des visas pour tous les Evêques de la CERNA, la Conférence aura lieu, non pas à Alger comme prévu, mais à Rabat, aux dates prévues : du 19 avril (soir) au 24 (matin). Le P. Vincent Landel, venant de subir un quadruple pontage en France, ne pourra sans doute être présent. Aux dernières nouvelles, il est sorti de la réanimation et commence à marcher et à s’alimenter normalement. Qu’il soit assuré de nos vœux de rapide rétablissement… et d’une sagesse qui lui permette de reprendre assez vite son service à Rabat !

    Emmanuel Auphan est revenu des Camps Sahraouis.  Nous sentons la difficulté de suivre scrupuleusement un projet, si bien ajusté soit-il. Nous réfléchissons sur la façon de continuer notre apport à une aide plus adaptée dans les camps.

    Catherine Vincent a animé une semaine de formation (la troisième d’un projet de six sessions), pour les jardinières d’enfants à Ghardaïa. Les 14 participantes venaient aussi de Ghardaïa, Timimoun, El Menea et Mansourah.

    Le Diocèse a accueilli, pendant une semaine (21-29 mars), pour une expérience de retraite au désert,  un groupe de trente étudiants africains, venus des différents diocèses d’Algérie et  conduits par le P. Anselme de Ouargla. Ce dernier en avait perdu la voix ! Ce fut une belle expérience de désert, qui s’est clôturée par une Eucharistie avec notre Evêque, en tournée dans le Sud, et venu les rejoindre juste avant leur envoi. Ce groupe s’est croisé avec un autre groupe de pèlerins,  guidé « sur les pas de Charles  de Foucauld », par Gérard Chanron, que nous avons assez souvent le plaisir de revoir pour de telles occasions. 
 

    Un petit groupe de « Nouveaux Arrivants » est revenu d’un pèlerinage à Tamanrasset, avec Daniel et Martine….Patient (Ouargla), Norbert et Lucien (Ghardaïa) et  Claude (Oran) nous en parlent : « Nous avons  été contents de notre pèlerinage à Tamanrasset et jusqu'à l'Assekrem. Nous fîmes un séjour de trois nuits à l'Assekrem, dans la complète solitude,  et la prière que ce lieu inspire. Le retour vers Tam s'effectua à pieds, dans « les allées de notre grande cathédrale ».

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Calendrier de notre évêque

1-15 : Visites pastorales
17 : Bureau Caritas
18 : Alger, puis CERNA à Rabat (20 - 23)
puis assemblée diocésaine


Pour plus :

http://amisdiocesesahara.free.fr/index.html