DIOCESE DE LAGHOUAT - GHARDAIA .
BILLET MENSUEL.
décembre 2009



de l'Assekrem,  le matin
Temps de l'Avent, " le Seigneur vient"
(cliché hep)


           
Bien chers amis,

  
  « Mais qu’est-ce qui le fait courir de cette façon ? Tantôt dans le Diocèse (beaucoup trop peu…), tantôt ailleurs (beaucoup trop…), donnant des conférences ici, une session là, une retraite ailleurs ». «… il n’est jamais là » ! Ces réflexions qui me parviennent par bribes, ou de façon frontale me touchent, et croyez-moi, je suis le premier à souffrir de ces tiraillements et des conséquences que cela peut avoir sur la vie de notre Communauté Diocésaine. Pourquoi ne pas me cantonner dans le « désert, ma cathédrale »? Ne serait-ce pas suffisant ?   
 
    Je m’explique.     
    Cela fera cinq années ce mois-ci que j’ai accepté avec l’aide de Dieu, votre confiance que je ne voudrais pas trahir, et aussi une certaine appréhension, de servir ce Diocèse comme évêque. A aucun moment je n’ai regretté le « oui » prononcé lorsque le Saint Père m’a proposé d’être le Pasteur de ce Diocèse. Je suis touché par la mention de mon prénom à chaque Eucharistie célébrée avec vous, conforté par le soutien de votre prière et de votre amitié fraternelle, mais aussi douloureux de ne pas être à la mesure de certaines de vos attentes légitimes. Me voici presque à mi-chemin de mon parcours – in shâ Allah ! – et je voudrais simplement devant vous, exprimer où j’en suis, et esquisser une possible ligne d’avenir. Deux « hantises » m’habitent plus que jamais dans ce ministère.

    Le premier est le souci profond de notre avenir. Manque de foi de ma part ? Pourtant je crois en cet Avenir qui est aussi celui de Dieu, et je ne doute pas que notre Eglise diocésaine en ait un. Sa disparition serait une cellule manquante dans ce Grand Corps du Christ. Et je crois trop en la force de la Vie pour baisser les bras et la voir s’éteindre. C’est un fait : nous avons un besoin impérieux de relève. Elle ne peut plus venir uniquement des communautés qui, jusqu’ici ont constitué les forces vives du Diocèse. Certaines se renouvellent, mais se recentrent sur telle ou telle localité. Toutes donnent le meilleur d’elles mêmes. Si nous voulons aller de l’avant, il faut donc appeler ! Et le faire « à temps et à contre temps », comme le disait l’apôtre Paul. Il faut permettre aux Congrégations et aux personnes qui nous rejoignent de prendre la mesure de ce qui est le cœur de notre mission. Cela ne peut se faire en « surfant sur la toile », enfermé dans un bureau. Rien ne remplace la rencontre des personnes. Et pour ce faire, il faut voyager, rencontrer, expliquer, convaincre.  Voilà ce qui me fait courir !
   Mais rassurez-vous, je compte me stabiliser : j’aimerais à partir de l’été prochain me consacrer davantage à la vie des communautés, en particulier de celles qui viennent de nous rejoindre ou comptent le faire, et aux nouveaux arrivants. Merci pour votre confiance, votre compréhension et votre aide pour réaliser ce projet. Merci à ceux et celles qui à travers le Diocèse continuent leur charge d’animation et réduisent le vide provoqué par mes absences.

    Le second souci que je porte – et je le porte avec vous – se situe dans un contexte plus large : celui de notre Eglise universelle, et de notre monde « global » face à l’Islam. Je le perçois dans tous mes voyages et dans certaines questions qui sont posées par les médias : l’Islam fait peur ! Je suis impressionné par le nombre de communautés humaines et même chrétiennes qui se trouvent gagnées par cette peur ! Le vote récent de la Confédération Helvétique devant la perspective de la construction de nouveaux minarets, tel ou tel sondage réalisé en Occident sont des manifestations de ce sentiment. L’Eglise aussi fait peur dans certains milieux musulmans, même si elle se démarque d’un Occident craintif et tenté de se replier sur des identités nationales trompeuses. Je ne nie pas que des gestes et des attitudes de part et d’autres, et qu’une actualité chargée (Guerre en Irak et au Pakistan, question israélo-palestinienne, migrations clandestines) viennent renforcer ces peurs. Mais n’avons-nous pas à témoigner, au nom de notre Foi et de nos fortes convictions chrétiennes qu’un « vivre ensemble » dans le respect de nos différences est non seulement possible, mais qu’il traverse notre existence quotidienne et qu’il est une voie dans un avenir incertain ? Ce désir de partager ce vécu, de le communiquer est aussi ce qui me fait courir. Et je ne suis pas le seul à le faire.
 
   Je vous ai parlé à cœur ouvert. Merci de m’aider à continuer la route dans une confiance renouvelée en cette Etoile qui nous conduira à Noël vers Celui qui est notre Espérance.

+ Claude, votre frère évêque.


Nouvelles…. Pour rester proches

* « Jacqueline  Morel-Journel, P.S. du Sacré-Cœur vient de faire son Grand Passage le 23 Nov. à l’âge de 87 ans. Elle était est était arrivée à Tamanrasset dans la première équipe de nos  sœurs en 1952, et y a vécu environ 40 ans. Ce qui frappait les gens, c’étaient sa bonté, sa faculté d’émerveillement, son amour des plus pauvres. Bien qu’atteinte ces dernières années par la maladie d’Alzheimer qui la paralysait de plus en plus, elle avait gardé son sourire et réalisait ainsi ce qu’elle avait souhaité  « que ma vie devienne prière … »

* Nous avons la joie d’accueillir Mgr Ghaleb Bader, Archevêque d’Alger, à l’occasion de la célébration du 70me anniversaire de la naissance des Petites Sœurs de Jésus à Touggourt. Sera présente aussi Pte Sr Jeanne, l’une des premières compagnes de Pte Sr Madeleine, la Fondatrice. Ce sera un beau jour de fête, une célébration de la Fidélité du Seigneur à travers cette famille spirituelle née à Touggourt et qui s’est répandue, comme le dit le titre des mémoires de Pte Sr Madeleine « Du Sahara au monde entier ».Le P. Cesare Baldi (rattaché à la famille spirituelle des PIME) nouveau Responsable de la Caritas-Algérie, accompagnera Mgr Bader.

* Depuis son arrivée dans notre Diocèse, le P. Emanuele Cardani, rattaché à la communauté des PIME de Touggourt et en charge du service pastoral de Hassi Messaoud, n’avait pris aucun congé ! Il est reparti au pays natal pour quelques semaines. C’est la saison de la chasse… mais il m’a demandé de ne le dire à personne. Je ne le dis qu’à vous !

* Le Pt Fr. Yvan Stern, Petit Frère de Jésus, a rejoint la Fraternité des Pts Fr.de l’Evangile de  Beni Abbès. Il va être ainsi un premier maillon du rapprochement prévu des deux Fraternités. Il va s’absenter quelques semaines avant de nous revenir. Il est le bienvenu !

* Après une patience tenace, Sr Marguerite Clouet a eu son visa et va rejoindre vite la Fraternité des Petites Sœurs de St François à Ouargla.

* Nous l’attendions aussi, et il est arrivé ! Le P. Norbert Mwhishabongo, de la famille des SMA Pères Blancs, a rejoint la communauté de Ghardaia (Il avait fait son stage à Oran) La communauté est  maintenant au complet, avec aussi l’arrivée de Lucien Ramazani Kalyongo (stagiaire). Malheureusement, le P. Le Clerc va devoir partir en France assez rapidement pour des raisons de santé. Nous lui souhaitons un bon rétablissement !

* A Ouargla, le P. Miguel est maintenant de retour, bien rétabli, mais il devra se surveiller et se souvenir que ses 20 ans se sont multipliés par 3 !

* Glissade le jour de la fête du Fr. Charles à El Abiodh ! Le Fr. Raymond s’est cassé la rotule ! Il sera sans doute transféré à Oran pour des soins plus appropriés qu’à El Abiodh. Et il pourra de nouveau courir dans les rues de la ville !

* La première session d’arabe parlé à Ghardaia a pris fin. Merci à Denys et à Ludo qui se sont mobilisés pour cela. Bravo pour l’assiduité des participants et des participantes ! La seconde session commencera à la fin du mois de janvier. A Ouargla, un cours adapté pour les « cheveux blancs » s’est mis en route… vous pouvez vous inscrire !

* Vincent et Emmanuel Auphan sont revenus de leur séjour sur les camps de Tindouf. Une adaptation du programme prévu s’avère indispensable pour continuer les actions projetées.

* La nouvelle revue interdiocésaine « PAX ET CONCORDIA » se met en forme. Nous espérons qu’elle pourra vous parvenir dans les plus brefs délais. Merci à l’équipe de rédaction qui fait tout pour sa réalisation.

 

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FRANCE : Rencontre des délégués diocésains pour les relations avec l'Islam

Mgr Santier, évêque de Créteil et président du Conseil pour les relations interreligieuses, pilotera le rassemblement de 65 délégués diocésains à Paris, les 5 et 6 décembre 2009. Ils seront invités à échanger avec M. Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman (CFCM).

cefLes délégués diocésains pour les relations avec l'Islam se retrouvent tous les deux ans. En 2007, la session avait mobilisé 47 délégués, en provenance de 37 diocèses. Cette année, ce sont 10 nouveaux diocèses qui seront représentés.

Thème 2009 ? Le mariage mixte et la façon dont il fait évoluer les relations entre chrétiens et musulmans. Pour le Père Christophe Roucou, directeur du Service national pour les relations avec l'Islam, cette rencontre a plusieurs objectifs : approfondir la réflexion du rôle de délégué diocésain, se former et s'encourager à vivre cette mission. Elle doit aussi permettre de mieux connaître le terrain. Une enquête du Père Roucou révèle d'ailleurs des relations « contrastées » selon les régions.

Par ailleurs, tous les diocèses n'ont pas de délégué aux relations avec l'Islam. Nommés par l'évêque, ce sont majoritairement des prêtres. « Il est significatif que l'Eglise demande aux prêtres de porter cette mission » souligne-t-il. Certains sont même de jeunes prêtres- « moins de 45 ans »- comme au Mans, au Havre ou en Seine-et-Marne. On compte aussi 1 diacre, 27 laïcs et 5 religieuses.


Un dialogue sur fond d'actualité tendue
Depuis la dernière session, quelques événements très médiatisés ont marqué les relations avec l'Islam : « La Lettre des 138 » (13 octobre 2007), puis le 1er Forum Catholico-Musulman (novembre 2008). Une seconde édition serait en préparation à Amman (Jordanie).

La rencontre 2009 aura lieu sur fond de débat sur l'identité nationale et à quelques jours de la décision de ne plus construire de minarets en Suisse. Dans ce contexte de « relations tendues avec l'opinion publique », le Père Roucou espère donner davantage de sens à cette mission.

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Fête de la Béatification de Frère Charles le 1er décembre
dans le diocèse du sahara

Pour plus :

http://amisdiocesesahara.free.fr/index.html