DIOCESE DE LAGHOUAT - GHARDAIA .
BILLET MENSUEL.
Janvier 2012

Bien chers amis,

Cette année 2012 sera marquée par un événement important : l’Algérie va fêter ses cinquante années d’indépendance. La communauté chrétienne ne peut que s’associer à ce grand événement.

Ceux et celles qui, parmi nous, ont connu les jours de liesse et de joie du peuple algérien lors de la célébration de cette indépendance sont maintenant bien peu nombreux, mais ils sont une marque de fidélité et d’attachement à ce pays. Cet attachement n’a pas faibli. Même lors des tempêtes qui se sont succédées, ils ont décidé de demeurer auprès du Peuple Algérien dont ils avaient partagé la soif de liberté et aussi la joie de la libération. Ce n’est pas le lieu ici de faire une analyse historique de cet événement ni de faire un bilan de ces 50 années d’indépendance, mais nous savons que la guerre de libération a provoqué et du côté de la population colonisée et du côté de la population coloniale des blessures profondes qui ressurgissent régulièrement, et qui, malheureusement, ne sont pas encore guéries.

Il est vrai que nous ne pouvons pas refaire l’histoire, mais nous pouvons lui donner un nouveau tournant. Alors, comment panser ces blessures si ce n’est par des gestes symboliques mais réels qui réconcilient ? Ces gestes ont été nombreux tout au long de ces cinquante années : visites de part et d’autres d’hommes politiques, échanges fructueux entre universitaires et éducateurs, manifestations culturelles (je pense à « l’Année de l’Algérie » en France), partenariat dans le domaine de l’éducation, de l’économie et de la médecine, accueil chaleureux de nombreux « Pieds Noirs » sur les lieux de leur naissance, invitations pour des colloques interreligieux, voyages touristiques qui ont permis à beaucoup de découvrir ce pays avec un autre regard.

Nous pourrions multiplier tous ces exemples qui foisonnent et sont le signe d’une volonté de réconciliation en profondeur. Comment ne pas souhaiter, dès lors, que cette année 2012 marque un pas décisif sur le chemin d’une véritable amitié de part et d’autre de la Méditerranée ? Sachons nous aussi poser des gestes qui guérissent et qui réconcilient.

Dans son message pour la Journée de la Paix, Benoît XVI s’exprime ainsi :

« À vous tous, hommes et femmes qui avez à cœur la cause de la paix !

La paix n’est pas un bien déjà acquis, mais un objectif auquel, tous et chacun, nous devons aspirer.

Regardons l’avenir avec une plus grande espérance,

encourageons-nous les uns les autres dans notre cheminement,

travaillons à donner à notre monde un visage plus humain et fraternel,

et sentons-nous unis dans la responsabilité envers les jeunes générations présentes et futures, en particulier en les éduquant à être des personnes pacifiques et des artisans de paix. »

(Eduquer les jeunes à la justice et à la paix - Message de Benoît XVI pour la journée mondiale de la Paix - 1er janvier 2012)

Tout un programme, n’est-ce pas, qui nous rejoint d’abord nous-mêmes, dans notre vocation d’hommes et de femmes, quelle que soit notre profession de foi, notre position et notre tâche dans la société. Enfouir l’Espérance et céder à une certaine morosité ambiante, c’est aller à contre-courant du message même de Jésus qui a exalté les artisans de paix : « Bienheureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).

Nous allons aussi célébrer, dans un tout autre domaine, en cette année 2012, l’ouverture du Concile de Vatican II. Nous y reviendrons par la suite. C’est un grand souffle d’espérance qui a traversé l’Eglise en l’invitant à s’ouvrir sans peur au monde. Dans le discours d’ouverture de ce Concile, Jean XXIII, parlant de l’Eglise affirmait : « L’Epouse du Christ préfère user du remède de la miséricorde plutôt que de la sévérité ». Puissent les dirigeants de tout pays s’inspirer de cette parole de sagesse !


+ Claude, votre frère évêque.

 


Nouvelles… Pour rester proches


* Sr Colette d’Adrar nous a quittés, sans prévenir, le 1er janvier au petit matin et elle a été inhumée au cimetière chrétien de Ghardaïa le 5 janvier. Ci-joint en annexe, un résumé de la vie de Colette, écrit par la Supérieure provinciale de sa congrégation, les Sœurs Maristes (SMSM), ainsi que l’homélie de Claude prononcée à l’eucharistie d’A-Dieu à Colette après la lecture de l’Evangile en Saint Marc (10, 28-30).

Merci à vous qui avez fait parfois une longue route de tous les points du diocèse, ou d’autres diocèses pour venir nous accompagner dans cet Adieu à Colette.

Plusieurs amis musulmans étaient présents et nous avons tous été marqués par le témoignage d’une amie de Colette de l’époque où elle travaillait à In Salah.

Ses sœurs d’Adrar, Sr Christiane et Sr Patricia ont maintenant rejoint Adrar et se donnent à l’accueil de personnes amies venues les visiter. Certaines arrivent encore parfois pour voir Colette, et, disent-elles, « ce sont nous qui sommes là pour les consoler ». Nous les assurons de notre prière pour vivre l’absence de Colette au quotidien.

Sa Congrégation nous a été très proche. Sa famille aussi, notamment son frère Marcel. Sa famille a voulu le samedi 7 célébrer à l’église de son village sa mémoire et son entrée dans la Vie. Nous sommes en profonde communion avec eux.

* Le P.Norbert, de Ghardaïa, devra de nouveau nous quitter prochainement pour des soins en Afrique du Sud. Ces soins (au niveau des muscles et des articulations) risquent d’être longs et nécessitent un suivi qui va durer. Avec beaucoup de courage, il a repris sa place dans le rythme de la vie communautaire et paroissiale. Il ne peut pas effectuer de longues marches, mais il s’adonne de nouveau à quelques activités au niveau de la communauté et du CCDS. Nous l’accompagnons dans ce long processus de guérison, et par le soutien de notre amitié et par notre prière !

* Le P. Philippe, d’Adrar, continue ses soins à la suite de son opération. Il aimerait revenir au plus vite à Adrar, surtout après le départ de Colette… Il trouve le temps un peu long et aspire à pouvoir reprendre une vie normale, mais bien sûr, rien ne sert de brûler les étapes ! Un grand merci aux amis qui l’accueillent à Toulouse !

* Le Fr. Edouard, de l’Assekrem, comme il le fait régulièrement, va aller faire un séjour en France. Il profite de la saison d’hiver pour faire cette visite. D’ailleurs les visiteurs à l’Assekrem ne se précipitent pas, vu la fermeture touristique de la région. Cependant, les Frères ont toujours, là haut, la joie de pouvoir accueillir des visiteurs du pays, occasion d’échanges marqués par l’amitié et la découverte mutuelle.

* Sr Jyoti, (des Srs de l’Immacolata), venant de Rome est venue rejoindre, au moins provisoirement Sr Serena. Espérons que ce provisoire va durer…

* Nous nous préparons à une session de 3 jours à Ghardaïa dans le cadre de la formation permanente. Un écho vous en sera donné plus tard.

* Un séminaire national, organisé par la Direction de la Culture de la Wilaya de Ghardaia a eu lieu la dernière semaine de décembre. Le souvenir et le travail du P. Leclerc ont été évoqués. Merci à ceux qui ont manifesté leur intérêt et leur gratitude pour ce long et patient travail qui a abouti à la construction et la mise en place d’un magnifique musée régional de préhistoire et de paléontologie, désormais sous le patronage du Ministère de la Culture.

* Les travaux d’extension du CCDS sont maintenant terminés. Cela fait un bel ensemble pour la recherche et la consultation. Il reste à remettre en ordre ce nouvel espace. La communauté des Pères de Ghardaïa, et Patrick de Boissieu s’y affairent. Patrick va être heureux de disposer d’un espace approprié pour continuer son travail à la photothèque.

* La maison diocésaine continue de bien remplir son rôle d’accueil. Merci à Patrick et Anne de continuer d’en assurer le suivi… en plus de leurs nombreuses activités ! Nous rappelons que cette maison est en priorité réservée aux personnes venues à Ghardaia dans le cadre d’activités ou de visites en rapport avec le diocèse.

 

Pour plus :

http://amisdiocesesahara.free.fr/index.html