DIOCESE DE LAGHOUAT - GHARDAIA .
BILLET MENSUEL. Juillet 2006

 


Image du Sahara par satellite

Bien chers sœurs, frères et amis.

Il existe près de Touggourt, à proximité de Blidet Amor, à Gougues, une koubba (petite coupole) qui abrite le tombeau de Sidi Bou Hania, " Père de la quiétude ". Ce saint homme nous ramène au crépuscule de l’antique Eglise d’Afrique du Nord. La tradition orale, vérifiée au début du XX° siècle, raconte que ce pieux personnage vivait en célibataire et avait reçu de Dieu la permission de faire la prière… avec du pain et du vin ! Insolite, non ! Il ne peut s’agir de quelque ermite contemporain : la présence récente de chrétiens dans cette région date de la période de la colonisation.

D’où peut donc venir Sidi Bou Hania ? On sait qu’il y avait eu une présence chrétienne dans la région d’El Oued au moment de l’arrivée de l’Islam. Notre saint marabout n’était-il pas l’un des derniers ermites de cette période ? Tout récemment, sa tombe était encore visitée par les gens des environs : des femmes stériles désireuses d’avoir un enfant, des jeunes mariés venant invoquer la " baraka " du saint pour bénir leur union. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que la mémoire collective ne se soit pas éteinte, et ait transmis de génération en génération le souvenir de ce béni de Dieu, porteur de la baraka pour son entourage. Nous savons que nous pouvons faire confiance à la tradition orale qui s’est transmise fidèlement de génération en génération.

Voici quelques semaines, lors de mon dernier séjour à Tamanrasset, je visitais la Fraternité de nos Petites Sœurs de Jésus qui ont maintenant quitté cette localité après 53 ans de présence. J’ai eu profondément été touché par le témoignage de chacune d’elle, présente au Hoggar depuis un demi-siècle. Deux d’entre elles ont vécu longtemps sous la tente, au milieu des touaregs, partageant leur vie, les aléas des pâturages, une rude existence, proche des familles dont nous devinons la précarité.

Une autre a longtemps travaillé à l’hôpital, partageant, elle aussi, la vie et le travail des soignantes et des femmes de salle. Trois existences bien remplies dont la vocation va prendre un tout nouveau tournant. Bien sûr, demeure la souffrance de laisser un lieu, des relations, un enracinement qui a marqué cette Fraternité. Les amis le font bien savoir. Mais ce qui a été semé dans l’amour de cette population du Hoggar ne peut pas mourir. Il en est de même pour tous ceux et celles qui ont été amenés par la maladie, le poids de l’âge, les exigences de la formation et de l’étude, à quitter notre famille diocésaine.

Dans nos existences de disciples de Jésus, il arrive toujours un moment où il faut déposer le fardeau, passer le relais faire la valise, et transhumer ailleurs, soit pour un départ définitif, soit pour une période indéterminée. Un deuil est à faire : celui de ce qui a été… et qui ne se reproduira plus. Mais ce qui a été semé nous échappe et portera fruit en son temps.

Cela m’invite à revenir à notre " Sidi Bou Hania ". Pensait-il, lorsqu’il a dû quitter cette terre, que plusieurs siècles plus tard, sa mémoire résisterait aux vents de sables envahissants et à l’oubli. Qu’a-t-on retenu de lui ? Que cet homme était tourné vers le don de la vie puisque c’est à cause de cela que l’on vient à sa " koubba " ? L’amour a une mémoire tenace. Ce que nous vivons sur ce registre est une musique qui peut continuer à braver les siècles. Le plus difficile est de croire à cette immortalité de l’Amour, d’accepter de lâcher prise, et au nom de cet Amour plus grand que nous, de faire les ruptures pour que la vie continue.

Confiance ! Cet Amour est assez inventif et tenace pour sans cesse renaître de nos propres cendres. Sidi Bou Hania n’es-il qu’une légende ? Il est en tout cas un symbole vivant que Dieu continue de travailler lorsque nous nous effaçons pour Lui laisser toute la place.



+ Claude, votre frère évêque.


Nouvelles… pour rester proches


* Un certain nombre d’entre vous a pris le large pour des espaces plus frais et un temps de repos en famille, au pays natal. Nous leur souhaitons un bon séjour : le chameau a besoin de bons pâturages pour refaire sa bosse ! Merci aux familles et amis qui les accueillent. C’est aussi une bonne occasion offerte pour faire mieux connaître ce qu’il nous est donné de vivre au cœur de ce Sahara, habités que nous sommes par tant de liens d’amitié et de fraternité.

D’autres sont restés, vivant ce temps plus riche en rencontres, plus éprouvant aussi à cause de la chaleur. Nous leur souhaitons réconfort et fraîcheur… Que les activités continuées et les rencontres viennent les réconforter de la pesanteur du temps !

* Ils s’appellent Maëlys et Jean Michel Jamet. Français, originaires de Bretagne, ils sont dans la pleine fleur de la jeunesse, et ont pris une option pour le poste DCC de Tamanrasset. J’ai pu les rencontrer voici quelques jours, et prendre un premier contact, plein d’enthousiasme et de réalisme à la fois. Maëlys est aide-soignante, Jean Michel est instituteur. Tous les deux sont musiciens… voilà qui va agrémenter les célébrations, et peut-être aussi ouvrir de nouveaux horizons à Tamanrasset. Ils ont hâte d’être parmi nous et doivent arriver au début de septembre, pour prendre la suite d’Emmanuel qui succédera donc à Alain comme Econome Diocésain.

* Notre Pte Sr Gisèle de Ouargla a dû quitter d’urgence sa fraternité pour aller au chevet de sa maman très gravement malade. Celle-ci vient de décéder et sera inhumée ce samedi 1er juillet. La retraite finissant le matin, je pourrai me rendre à la sépulture qui aura lieu l’après-midi.

* La maison des Pères de Touggourt (toujours bien entretenue par P.S. Hénia) ne devrait pas tarder à revivre ! Le P. Silvano Zoccarato, des PIME, se prépare à nous rejoindre. Après un bon temps passé au Cameroun, il a rejoint l’Italie et devrait être parmi nous au début de septembre. Ses deux futurs compagnons vont prendre un temps d’approfondissement linguistique. Le P.David ira d’abord en Belgique pour parfaire son français et le P.Emmanuel aux USA pour apprendre l’anglais.

* Pour en rester à Touggourt, Pte Sr Hayat viendra y rejoindre la Fraternité, après tant d’années passées à Tamanrasset, nous serons heureux de la compter encore au nombre des membres de notre famille diocésaine.

* Tous nos vœux de soutien fraternel à Pte Sr Josée Renée qui prend le relais de Solange Paule comme responsable de la Région des Petites Sœurs d’Algérie ! Elle sera remplacée par Pte Sr Odile Claude qui rejoindra Béni Abbès en septembre.

* Comme nous vous l’avions laissé entendre, va paraître en septembre un numéro inter-diocésain sur le suivi de l’Assemblée Inter Diocésaine de septembre 2004. Mais nous ferons paraître comme prévu une Lettre du Diocèse en septembre pour prolonger le travail de notre Assemblée Diocésaine de mars. Un certain nombre de documents et de pistes de travail vous sera offert pour le travail des différents secteurs au cours de l’année 2006-2007.

* Les travaux de l’évêché se sont donc terminés, et dès le 8 juin nous avons pu aménager nos nouveaux bureaux. Un merci renouvelé au P.Miguel (maintenant en congés), au P.Félix, et à Benoît, notre informaticien qui ont rendu possible le démarrage de nos nouveaux locaux.

.* Calendrier du P.Claude, et de l’équipe diocésaine.
Je suis donc actuellement en France, avec un bon agenda : retraite pour les Petites Sœurs de St François, temps de congés en famille, visites (Sœurs de la Charité Maternelle à Metz) et quelques conférences (dans la Manche et en Mayenne). Retour à Ghardaïa le 2 ou 3 août. Cécile a rejoint la France pour ses congés. Merci à Alain de veiller à la bonne marche de l’évêché, il la rejoindra à la fin de juillet !