DIOCESE DE LAGHOUAT - GHARDAIA .
BILLET MENSUEL. Mai 2008


A l'occasion de la Conmission des Eglises pour les Migrant en Europe
(à g, Mgr de Berranger et MgrRault co-présidents
et Mgrs Schokert , Piroird et Lancel
)(Photo Ciric)

 

Bien chers frères et sœurs en Jésus.

Il s’appelait Brahim, et il avait bâti sa maison  à la lisière du Grand Erg Oriental, entre El Oued et Touggourt. Usé par le travail, dans cette rude région du Sahara, il avait élevé une famille de sept enfants, maintenant bien lancés dans la vie. Il est décédé voici près de trois ans. Son épouse, compagne attentive et fidèle, ne lui a pas survécu : elle l’a suivi sur le même chemin un mois jour pour jour après son départ.
Si je parle de Brahim c’est parce que cet ami m’a dévoilé les secrets de la marche au désert, et ceci par tous les temps. Avant de se sédentariser, il était nomade et sillonnait les grands espaces. Il m’a ouvert son grand savoir par une belle nuit d’été. Couché sur le dos, face à la Voie Lactée, Brahim me décrivait le ciel. Avec passion, il me dévoilait les étoiles et les constellations, tout particulièrement celles qui sont indispensables au voyageur de la nuit. " Celui qui ne connaît pas les étoiles ne marche pas dans la nuit " me dit-il. Les identifiant les unes après les autres, il me disait leur nom : celles qui sont immobiles, celles qui bougent, les fiables et les trompeuses. Quel festival céleste ! La nuit avançait et je n’avais plus envie de dormir. Brahim s’est alors mis à me raconter comment il avait appris à marcher dans le vent de sable et dans la nuit obscure.  La nature du sable palpé au creux de la main, les plantes spéciales à telle région du désert, la température du vent, lui faisaient reconnaître sa route. Sinon, il laissait aller les chameaux et se fiait à leur flair. Et si tout cela venait à manquer… eh bien, me dit-il, " on s’arrêtait, et l’on prenait patience ! "
   
Je parlais dans mon dernier billet de ce vent de sable persistant qui traverse l’horizon de notre Eglise. Nous avons l’impression parfois d’avoir perdu certains de nos points de repère habituels. Ce qui nous paraissait jalon stable sur la piste se transforme en mirage. A certains moments, le ciel nous semble même bouché : ici, il nous est demandé d’arrêter les cours de soutien scolaire, là de ne pas aller célébrer la messe pour les chrétiens expatriés, sur leurs bases de travail. Certains de nos amis musulmans sont même suspectés par le seul fait de frayer avec des chrétiens ! Les visas semblent se faire de plus rares. On nous fait parfois sentir que nous serions mieux ailleurs…
     Faut-il parler, en ce qui nous concerne, de simples turbulences administratives? Voir dans ces interdictions une mise en ordre d’activités exercées et tolérées par la seule force de l’habitude ? Faut-il craindre, comme me le disait l’autre jour un journaliste, la disparition programmée de notre Eglise ? Dans ces tourbillons, l’imaginaire a le beau rôle mais il est loin d’être fiable. La panique ne porte pas à la clairvoyance, les généralisations rapides et les fausses suppositions non plus.

 Le récit nocturne de Brahim me semble une sage invitation à plus de sérénité. Aurions-nous perdu le chemin ? Revenons au ras du sol ! Palpons cette terre humaine qui nous est devenue si familière et si chère. Elle est jalonnée de signes dont la nature nous dit une amitié et une fidélité aussi vivaces que les plantes du désert. Notre ciel non plus n’est pas sans vivantes étoiles. Si certaines sont trompeuses, d’autres nous indiquent fidèlement le chemin. Et si nous pensons que tout appui humain nous manque, alors, arrêtons-nous, et prenons patience. Surtout ne quittons pas le terrain fiable de notre quotidien et de nos motivations les plus profondes.

Avant de quitter les siens quelque peu désemparés de le voir partir et de les " laisser tomber ", Jésus leur a glissé cette promesse : " Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. "  A nous de montrer dans la tourmente présente qu’Il ne nous a pas menti !

+ Claude, votre frère évêque.


Nouvelles… pour rester proches

* Lors de son récent déplacement  à Paris pour la CEME  (ndlr : Conmission des Eglises pour les Migrant en Europe) notre évêque Claude a pu rencontrer des membres de la famille de Claude Giraud, et Liliane, sœur de Mgr Michel Gagnon (+ 2004) . Ces visites, chargées d’émotion, ont été rendues possibles grâce à l’attention du responsable du site ADS °, ( voisin de Bry et Champigny sur Marne) . Grand merci à lui pour tous les services rendus !

* Des responsables des S.M.N.D.A. (" Srs  Blanches ") : Sr Jocelyne Morin provinciale d’Afrique et Sr Danuta Kmiecak régionale du Maghreb sont actuellement dans notre diocèse pour visiter les communautés de Timimoun et Ghardaia. Bienvenue et bonne découverte à toutes deux ! Leur supérieure  générale, Sr Piluca Benavente, n’a malheureusement pas pu se joindre à elles, faute de visa.

Sœur Speciosa Mukagatare, responsable du service Caritas du diocèse ,  appelée pour un autre service , va devoir prochainement quitter notre diocèse. Son ou sa remplaçante est recherchée activement

* Bonne nouvelle ! Le Père Anselme Tarpaga (Missionnaire d’Afrique) a reçu sa nomination pour Ouargla. Avec lui deux stagiaires " pères blancs "  sont annoncés, l’un pour Ouargla et l’autre pour Ghardaïa. A tous trois , nous souhaitons d’avance bienvenue !

Marek , prêtre polonais, après un séjour d’un mois au Hoggar cet été (Juillet) rejoindra, dans le cadre d’un engagement " fidei donum " la fraternité de Beni Abbes pour une  année. Il connait bien cette communauté pour y avoir étudié quelques mois l’arabe dialectal et littéraire, sous la houlette de Xavier Habig.

* Davide Carraro ( PIME de la communauté de Touggourt) après avoir pris un congé cet été va partir au Caire pour approfondir ses connaissances en arabe classique. Bon courage Davide !

Maelys et Jean Michel Jamet ont pu organiser différentes activités durant la période restante avant la fin de leur contrat  DCC. Ils vont participer, début Juin à la session d’islamologie à Ghardaia puis gagner Alger où ils  encadreront  une session de formation sur l’informatique (pour des jeunes) avant de donner un " coup de main " pour la  colonie de vacances  organisée par Jan Heuft

Le Père Edouard Caudrelier est décédé le 23 avril 2008 à Ollioules (France) .Prêtre fideidonum ,il a vécu la plus grande partie de sa vie dans notre diocèse , notamment à Adrar où il a laissé un souvenir encore très vivace aujourd’hui. Son enterrement a eu lieu le 28 avril , jour  anniversaire de ses 102 ans en l'église du  Brusc ;où il avait vécu depuis son retour en France jusqu’en 1999.
      
Rencontres intersecteurs : Deux rencontres intersecteurs viennent d’avoir lieu, l’une à Ghardaia (secteur Centre et  Est) les 24 et 25 Avril et l’autre à Beni Abbes les 1er et 2 Mai. Ces rencontres ont permis à un très grand nombre d’entre nous de se retrouver pour prier, célébrer et poursuivre notre réflexion diocésaine. La première Lettre de Saint Pierre, fil conducteur de nos échanges nous a aidé à approfondir notre mission commune dans le contexte actuel de l’Eglise en Algérie et à renforcer nos liens fraternels. Vous en aurez des échos dans la prochaine Lettre Diocésaine


Calendrier de notre évêque.

1-4 mai : fin de la visite des communautés du Sud Ouest.
6 mai : départ pour Alger.
7-31 mai : Session à Rome et rencontres diverses à Rome et dans le Nord de l’Italie.
Retour à Ghardaia le 31 mai. In shâ Allah !

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Pour plus :

http://amisdiocesesahara.free.fr/index.html