Missionnaires d'Afrique
Bruxelles

Philippe De Vestele M.Afr.

L’Afrique à Bruxelles

De plus en plus, l’Europe devient multiculturelle et internationale. Bruxelles, capitale du vieux continent, en est un des signes. Le Centre AMANI (AMANI signifie PAIX en kiswahili) fait partie intégrante de cette mosaïque de cultures et de langues. C’est une initiative des Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs) en lien avec l’archidiocèse de Malines-Bruxelles. Il s’agit d’une maison ouverte aux Africains. Ils s’y rencontrent pour créer des liens d’amitié au-delà des différentes cultures. Une équipe de Missionnaires d’Afrique, auxquels s’est joint un Père spiritain camerounais, y est à la disposition des Africains qui désirent les rencontrer. Ce sont les Pères Andrew Anab, Aurélien Saniko, C.S.Sp, Jan Lenssen, Karel Stuer et Philippe De Vestele. Les difficultés d’adaptation et d’intégration sont nombreuses. Sans être un centre social, le Centre AMANI essaie d’aider à trouver des pistes de solutions aux problèmes de ceux qui le fréquentent.

Une histoire de racines
Un problème majeur se pose chez les jeunes. Dans beaucoup de cas, ils perdent leurs racines africaines en Europe. Ils sont déboussolés dans notre société de consommation et de gaspillage. Ainsi, ils risquent de sombrer dans le matérialisme ambiant. Un espace leur est offert où ils se retrouvent en dehors de toute contrainte et en toute liberté. Il semble important de les aider à redécouvrir les racines de leur propre culture et à prendre conscience de leurs valeurs.

Andrew Anab (g.), un des responsables de la pastorale africaine et éditeur du périodique Amani - Info, et Philippe.La rencontre avec l’héritage spirituel et culturel de leurs ancêtres peut contribuer à les mettre debout. Les martyrs de l’Ouganda et des témoignages de vie héroïque (tels celui d’Anuarite et de Bakhita) peuvent leur rendre la fierté d’être Africains. Le Centre AMANI veut également être un carrefour où des jeunes d’Europe rencontrent des amis d’Afrique.

Des groupes d’étudiants visitent le Centre pour y rencontrer des étudiants africains. Les échanges mutuels favorisent la compréhension et l’estime réciproque. Des liens d’amitié se créent et souvent les familles restent en contact ; des invitations suivent pour célébrer l’un ou l’autre événement familial, tel un anniversaire ou une fête patronale. Cette initiative se développe et s’étend surtout par le “bouche-à-oreille”.

Accompagnement et formation
Nombreuses sont les personnes bénévoles de la communauté africaine à qui il est fait appel en maintes circonstances. Des cours de rattrapage scolaire et de préparation au jury central sont organisés. Le Centre AMANI est adhérent à la Banque alimentaire. Des catéchistes bénévoles préparent les jeunes Africains qui le demandent au baptême, à la première communion et à la confirmation. Les prêtres assurent un cheminement avec les jeunes qui se préparent au mariage et accompagnent les familles éprouvées au moment d’un deuil.

Le Centre a toujours eu comme objectif d’encourager les chrétiens africains à s’intégrer et à s’insérer dans les paroisses de Bruxelles, là où ils vivent. En beaucoup d’endroits, la présence africaine dans les paroisses est très appréciée par les communautés chrétiennes locales. La chorale MWINDA (qui signifie “lumière” en lingala) du Centre, ou l’une des nombreuses chorales africaines de Bruxelles, anime des liturgies. Dans le passé, on a répondu à des demandes dans un large rayon qui va de Lille en France à Alkmaar en Hollande, d’Ostende à Aix-la-Chapelle en Allemagne. Les chants africains sont appréciés par les communautés chrétiennes d’Europe. Souvent il est fait appel à des chorales africaines pour animer des messes de mariage de couples européens.

L’Afrique à Bruxelles
Oui, l’Afrique est bien présente à Bruxelles. Les Missionnaires d’Afrique, insérés dans la pastorale des familles africaines en Europe, ont la conviction de faire œuvre utile et éminemment missionnaire. Les besoins sont immenses et souvent un sentiment d’impuissance les habite face à l’ampleur des défis. Souvent nos frères et sœurs d’Afrique en Europe nous édifient par leur esprit de foi et leur ferveur. Ils apportent à la vieille Europe, en quête d’un second souffle, une vitalité nouvelle. Le Centre AMANI contribue à découvrir un monde bien sympathique mais trop peu connu. Ce monde lointain est pourtant si proche... Il est au milieu de nous !

Philippe De Vestele M.Afr.

Tiré du Petit Echo N° 1004 2009/8

 

 


 

Missionaries of Africa
Belgium

Philippe De Vestele M.Afr

Africa in Brussels

Europe is becoming increasingly multicultural and international. Brussels, the capital of the old continent, is typical of this trend. The Centre AMANI (AMANI in Kiswahili means peace) is an integral part of this mosaic of cultures and languages. It is an initiative of the Missionaries of Africa (White Fathers), in cooperation with the Archdiocese of Malines-Bruxelles. It is simply a house open to Africans. They meet there to create bonds of friendship beyond their different cultures. As far as possible, the reception desk is staffed during office hours. A Missionaries of Africa team, including a Spiritan Father from Cameroon, is on hand and accessible to Africans who wish to meet with them. They are Fathers Andrew Anab, Aurélien Saniko, (CSSp), Jan Lenssen, Karel Stuer and Philippe De Vestele. Without being a social centre, the Centre AMANI tries to help in tracking solutions to their problems.

A Story of Roots
There is a major problem among young people. In many cases, they lose their African roots in Europe. They lose their bearings in our wasteful consumer society. As a result, they risk wallowing in the surrounding materialism. This space is offered to them where they can find their feet regardless of any pressures and in complete freedom. It seems important to help them rediscover the roots of their own culture and to take account of its underlying values. Meeting up with the spiritual and cultural heritage of their forebears can contribute in helping them to cope. The Uganda Martyrs and the testimony of heroic lives (such as Annuarite and Bakhita) can restore their pride in being African. The Centre AMANI also seeks to be a crossroads where young Europeans can meet friends from Africa. Student groups visit the Centre to meet African students there. This interchange promotes mutual understanding and respect. Bonds of friendship are created and often families remain in touch; invitations come in to celebrate one or other family event or anniversary, or a Saint’s Day. This initiative is developing and is primarily spread by word of mouth.

Andrew Anab (l.), one of those in charge of the African apostolate and editor of the periodical Amani-Info, with Philippe De VesteleMany volunteers are called upon on numerous occasions on behalf of the African community. There are classes organised for catching up in school and towards preparation for the central board of examiners. The Centre AMANI is a member of the Food Bank. Vol­unteer catechists prepare young Africans who have re­quested Baptism, First Communion or Confirmation. Priests provide programmes for young people preparing for marriage and they console stricken families in times of bereavement. The Centre has always had as its aim to encourage African Christians to integrate and find their place in the parishes of Brussels, wherever they may live. The local Christian communities in many places greatly appreciate the African presence in their parishes. The MWINDA choir of the Centre (meaning ‘light’ in Lingala), or one of the many African choirs of Brussels, conduct the liturgy. In the past, it has been called upon to perform within a wide radius ranging from Lille in France to Alkaar in the Netherlands, from Ostend to Aachen in Germany. African singing is appreciated by Christian communities in Europe. African choirs have often been called upon to sing at the Nuptial Masses of European couples.

Africa in Brussels
Africa is indeed very present in Brussels. The Missionaries of Africa, involved in pastoral activity towards African families in Europe are convinced they are carrying out a useful and eminently missionary task. The needs are immense and often a feeling of powerlessness gnaws at them with the scale of the challenges facing them. Our brothers and sisters from Africa often edify us by their spirit of faith and enthusiasm. They bring a new vitality to an old Europe in the doldrums. The Centre AMANI contributes to the revealing of a very likeable, but too little-known world. This faraway world is nevertheless so near. It is in our midst!

Philippe De Vestele M.Afr.

From Petit Echo n° 1004 2009/8