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Texte Pris sur le site AGENCE Fides

VATICAN - Publication du Message du Pape pour le Carême 2012

Le carême commence cette année le mercredi 22 février et le dimanche de Pâques tombe le 8 avril.


Texte intégral

Cité du Vatican (Agence Fides) - « Le Carême nous offre encore une fois l'opportunité de réfléchir sur ce qui est au coeur de la vie chrétienne : la charité » : c'est par ces mots que débute le Message du Saint-Père Benoît XVI pour le Carême qui a pour thème un verset de la Lettre aux Hébreux « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les oeuvres bonnes » (He 10, 24).

Articulé en trois parties, le Message rappelle avant tout « la responsabilité envers le frère » : « ». Aujourd'hui aussi, la voix du Seigneur résonne avec force, appelant chacun de nous à prendre soin de l'autre. Aujourd'hui aussi, Dieu nous demande d'être les « gardiens » de nos frères, d'instaurer des relations caractérisées par un empressement réciproque, par une attention au bien de l'autre et à tout son bien... L'attention à l'autre comporte que l'on désire pour lui ou pour elle le bien, sous tous ses aspects : physique, moral et spirituel... Je désire rappeler ici un aspect de la vie chrétienne qui me semble être tombé en désuétude : la correction fraternelle en vue du salut éternel. En général, aujourd'hui, on est très sensible au thème des soins et de la charité à prodiguer pour le bien physique et matériel des autres, mais on ne parle pour ainsi dire pas de notre responsabilité spirituelle envers les frères ».

Dans sa deuxième partie, le Message s'attarde sur le « don de la réciprocité ». « Une société comme la société actuelle peut devenir sourde aux souffrances physiques comme aux exigences spirituelles et morales de la vie. Il ne doit pas en être ainsi dans la communauté chrétienne !... notre existence est liée à celle des autres, dans le bien comme dans le mal ; le péché comme les oeuvres d'amour ont aussi une dimension sociale... En se souciant concrètement des plus pauvres, le chrétien peut exprimer sa participation à l'unique corps qu'est l'Église ».

Enfin, « marcher ensemble dans la sainteté ». « L'attention réciproque a pour but de nous encourager mutuellement à un amour effectif toujours plus grand... dans l'attente de vivre le jour sans fin en Dieu. Le temps qui nous est accordé durant notre vie est précieux pour découvrir et accomplir les oeuvres de bien, dans l'amour de Dieu. De cette manière, l'Église elle-même grandit et se développe pour parvenir à la pleine maturité du Christ. C'est dans cette perspective dynamique de croissance que se situe notre exhortation à nous stimuler réciproquement pour parvenir à la plénitude de l'amour et des oeuvres bonnes ». (SL) (Agence Fides 08/02/2012)

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Texte intégral

« Faisons attention les uns aux autres

pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes »

(He 10, 24)

Frères et sœurs,

Le Carême nous offre encore une fois l’opportunité de réfléchir sur ce qui est au cœur de la vie chrétienne : la charité. En effet, c’est un temps favorable pour renouveler, à l’aide de la Parole de Dieu et des Sacrements, notre itinéraire de foi, aussi bien personnel que communautaire. C’est un cheminement marqué par la prière et le partage, par le silence et le jeûne, dans l’attente de vivre la joie pascale.

Cette année, je désire proposer quelques réflexions à la lumière d’un bref texte biblique tiré de la Lettre aux Hébreux : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » (10, 24). Cette phrase fait partie d’une péricope dans laquelle l’écrivain sacré exhorte à faire confiance à Jésus Christ comme Grand prêtre qui nous a obtenu le pardon et l’accès à Dieu. Le fruit de notre accueil du Christ est une vie selon les trois vertus théologales : il s’agit de nous approcher du Seigneur « avec un cœur sincère et dans la plénitude de la foi » (v. 22), de garder indéfectible « la confession de l’espérance » (v. 23) en faisant constamment attention à exercer avec nos frères « la charité et les œuvres bonnes » (v. 24). Pour étayer cette conduite évangélique – est-il également affirmé -, il est important de participer aux rencontres liturgiques et de prière de la communauté, en tenant compte du but eschatologique : la pleine communion en Dieu (v. 25). Je m’arrête sur le verset 24 qui, en quelques mots, offre un enseignement précieux et toujours actuel sur trois aspects de la vie chrétienne : l’attention à l’autre, la réciprocité et la sainteté personnelle.

1. « Faisons attention » : la responsabilité envers le frère.

Le premier élément est l’invitation à « faire attention » : le verbe grec utilisé est katanoein, qui signifie bien observer, être attentifs, regarder en étant conscient, se rendre compte d’une réalité. Nous le trouvons dans l’Évangile, lorsque Jésus invite les disciples à « observer » les oiseaux du ciel qui, bien qu’ils ne s’inquiètent pas, sont l’objet de l’empressement et de l’attention de la Providence divine (cf. Lc 12, 24), et à « se rendre compte » de la poutre qui se trouve dans leur œil avant de regarder la paille dans l’œil de leur frère (cf. Lc 6, 41). Nous trouvons aussi cet élément dans un autre passage de la même Lettre aux Hébreux, comme invitation à « prêter attention à Jésus » (3, 1), l’apôtre et le grand prêtre de notre foi.

Ensuite, le verbe qui ouvre notre exhortation invite à fixer le regard sur l’autre, tout d’abord sur Jésus, et à être attentifs les uns envers les autres, à ne pas se montrer étrangers, indifférents au destin des frères. Souvent, au contraire, l’attitude inverse prédomine : l’indifférence, le désintérêt qui naissent de l’égoïsme dissimulé derrière une apparence de respect pour la « sphère privée ». Aujourd’hui aussi, la voix du Seigneur résonne avec force, appelant chacun de nous à prendre soin de l’autre.

Aujourd’hui aussi, Dieu nous demande d’être les « gardiens » de nos frères (cf. Gn 4, 9), d’instaurer des relations caractérisées par un empressement réciproque, par une attention au bien de l’autre et à tout son bien. Le grand commandement de l’amour du prochain exige et sollicite d’être conscients d’avoir une responsabilité envers celui qui, comme moi, est une créature et un enfant de Dieu : le fait d’être frères en humanité et, dans bien des cas, aussi dans la foi, doit nous amener à voir dans l’autre un véritable alter ego, aimé infiniment par le Seigneur. Si nous cultivons ce regard de fraternité, la solidarité, la justice ainsi que la miséricorde et la compassion jailliront naturellement de notre cœur. Le Serviteur de Dieu Paul VI affirmait qu’aujourd’hui le monde souffre surtout d’un manque de fraternité : « Le monde est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou dans leur accaparement par quelques-uns, que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples » (Lett. enc. Populorum progressio [26 mars 1967], n. 66).

L’attention à l’autre comporte que l’on désire pour lui ou pour elle le bien, sous tous ses aspects : physique, moral et spirituel. La culture contemporaine semble avoir perdu le sens du bien et du mal, tandis qu’il est nécessaire de répéter avec force que le bien existe et triomphe, parce que Dieu est « le bon, le bienfaisant » (Ps 119, 68). Le bien est ce qui suscite, protège et promeut la vie, la fraternité et la communion. La responsabilité envers le prochain signifie alors vouloir et faire le bien de l’autre, désirant qu’il s’ouvre lui aussi à la logique du bien ; s’intéresser au frère veut dire ouvrir les yeux sur ses nécessités. L’Écriture Sainte met en garde contre le danger d’avoir le cœur endurci par une sorte d’« anesthésie spirituelle » qui rend aveugles aux souffrances des autres.

L’évangéliste Luc rapporte deux paraboles de Jésus dans lesquelles sont indiqués deux exemples de cette situation qui peut se créer dans le cœur de l’homme. Dans celle du bon Samaritain, le prêtre et le lévite « passent outre », avec indifférence, devant l’homme dépouillé et roué de coups par les brigands (cf. Lc 10, 30-32), et dans la parabole du mauvais riche, cet homme repu de biens ne s’aperçoit pas de la condition du pauvre Lazare qui meurt de faim devant sa porte (cf. Lc 16, 19). Dans les deux cas, nous avons à faire au contraire du « prêter attention », du regarder avec amour et compassion. Qu’est-ce qui empêche ce regard humain et affectueux envers le frère ? Ce sont souvent la richesse matérielle et la satiété, mais c’est aussi le fait de faire passer avant tout nos intérêts et nos préoccupations personnels. Jamais, nous ne devons nous montrer incapables de « faire preuve de miséricorde » à l’égard de celui qui souffre ; jamais notre cœur ne doit être pris par nos propres intérêts et par nos problèmes au point d’être sourds au cri du pauvre.

À l’inverse, c’est l’humilité de cœur et l’expérience personnelle de la souffrance qui peuvent se révéler source d’un éveil intérieur à la compassion et à l’empathie : « Le juste connaît la cause des faibles, le méchant n’a pas l’intelligence de la connaître » (Pr 29, 7). Nous comprenons ainsi la béatitude de « ceux qui sont affligés » (Mt 5, 4), c’est-à-dire de ceux qui sont en mesure de sortir d’eux-mêmes pour se laisser apitoyer par la souffrance des autres. Rencontrer l’autre et ouvrir son cœur à ce dont il a besoin sont une occasion de salut et de béatitude.

« Prêter attention » au frère comporte aussi la sollicitude pour son bien spirituel. Je désire rappeler ici un aspect de la vie chrétienne qui me semble être tombé en désuétude : la correction fraternelle en vue du salut éternel. En général, aujourd’hui, on est très sensible au thème des soins et de la charité à prodiguer pour le bien physique et matériel des autres, mais on ne parle pour ainsi dire pas de notre responsabilité spirituelle envers les frères. Il n’en est pas ainsi dans l’Église des premiers temps, ni dans les communautés vraiment mûres dans leur foi, où on se soucie non seulement de la santé corporelle du frère, mais aussi de celle de son âme en vue de son destin ultime. Dans l’Écriture Sainte, nous lisons : « Reprends le sage, il t'aimera. Donne au sage : il deviendra plus sage encore ; instruis le juste, il accroîtra son acquis » (Pr 9, 8s).

Le Christ lui-même nous commande de reprendre le frère qui commet un péché (cf. Mt 18, 15). Le verbe utilisé pour définir la correction fraternelle – elenchein – est le même que celui qui indique la mission prophétique de la dénonciation propre aux chrétiens envers une génération qui s’adonne au mal (cf. Ep 5, 11). La tradition de l’Église a compté parmi les œuvres de miséricorde spirituelle celle d’« admonester les pécheurs ». Il est important de récupérer cette dimension de la charité chrétienne. Il ne faut pas se taire face au mal. Je pense ici à l’attitude de ces chrétiens qui, par respect humain ou par simple commodité, s’adaptent à la mentalité commune au lieu de mettre en garde leurs frères contre des manières de penser et d’agir qui sont contraires à la vérité, et ne suivent pas le chemin du bien. Toutefois le reproche chrétien n’est jamais fait dans un esprit de condamnation ou de récrimination. Il est toujours animée par l’amour et par la miséricorde et il naît de la véritable sollicitude pour le bien du frère. L’apôtre Paul affirme : « Dans le cas où quelqu’un serait pris en faute, vous les spirituels, rétablissez-le en esprit de douceur, te surveillant toi-même, car tu pourrais bien, toi aussi être tenté » (Ga 6, 1). Dans notre monde imprégné d’individualisme, il est nécessaire de redécouvrir l’importance de la correction fraternelle, pour marcher ensemble vers la sainteté. Même « le juste tombe sept fois » (Pr 24, 16) dit l’Écriture, et nous sommes tous faibles et imparfaits (cf. 1 Jn 1, 8). Il est donc très utile d’aider et de se laisser aider à jeter un regard vrai sur soi-même pour améliorer sa propre vie et marcher avec plus de rectitude sur la voie du Seigneur. Nous avons toujours besoin d’un regard qui aime et corrige, qui connaît et reconnaît, qui discerne et pardonne (cf. Lc 22, 61), comme Dieu l’a fait et le fait avec chacun de nous.

2. « Les uns aux autres » : le don de la réciprocité.

Cette « garde » des autres contraste avec une mentalité qui, réduisant la vie à sa seule dimension terrestre, ne la considère pas dans une perspective eschatologique et accepte n’importe quel choix moral au nom de la liberté individuelle. Une société comme la société actuelle peut devenir sourde aux souffrances physiques comme aux exigences spirituelles et morales de la vie. Il ne doit pas en être ainsi dans la communauté chrétienne ! L’apôtre Paul invite à chercher ce qui « favorise la paix et l'édification mutuelle » (Rm 14, 19), en plaisant « à son prochain pour le bien, en vue d'édifier » (Ibid. 15, 2), ne recherchant pas son propre intérêt, « mais celui du plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés » (1 Co 10, 33). Cette correction réciproque et cette exhortation, dans un esprit d’humilité et de charité, doivent faire partie de la vie de la communauté chrétienne.

Les disciples du Seigneur, unis au Christ par l’Eucharistie, vivent dans une communion qui les lie les uns aux autres comme membres d’un seul corps. Cela veut dire que l’autre m’est uni de manière particulière, sa vie, son salut, concernent ma vie et mon salut. Nous abordons ici un élément très profond de la communion : notre existence est liée à celle des autres, dans le bien comme dans le mal ; le péché comme les œuvres d’amour ont aussi une dimension sociale. Dans l’Église, corps mystique du Christ, cette réciprocité se vérifie : la communauté ne cesse de faire pénitence et d’invoquer le pardon des péchés de ses enfants, mais elle se réjouit aussi constamment et exulte pour les témoignages de vertu et de charité qui adviennent en son sein. « Que les membres se témoignent une mutuelle sollicitude » (cf. 1 Co 12, 25), affirme Saint Paul, afin qu’ils soient un même corps. La charité envers les frères, dont l’aumône – une pratique caractéristique du carême avec la prière et le jeûne – est une expression, s’enracine dans cette appartenance commune. En se souciant concrètement des plus pauvres, le chrétien peut exprimer sa participation à l’unique corps qu’est l’Église. Faire attention aux autres dans la réciprocité c’est aussi reconnaître le bien que le Seigneur accomplit en eux et le remercier avec eux des prodiges de grâce que le Dieu bon et tout-puissant continue de réaliser dans ses enfants. Quand un chrétien perçoit dans l’autre l’action du Saint Esprit, il ne peut que s’en réjouir et rendre gloire au Père céleste (cf. Mt 5, 16).

3. « Pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes » : marcher ensemble dans la sainteté.

Cette expression de la Lettre aux Hébreux (10, 24), nous pousse à considérer l’appel universel à la sainteté, le cheminement constant dans la vie spirituelle à aspirer aux charismes les plus grands et à une charité toujours plus élevée et plus féconde (cf. 1 Co 12, 31-13, 13). L’attention réciproque a pour but de nous encourager mutuellement à un amour effectif toujours plus grand, « comme la lumière de l'aube, dont l'éclat grandit jusqu'au plein jour » (Pr 4, 18), dans l’attente de vivre le jour sans fin en Dieu. Le temps qui nous est accordé durant notre vie est précieux pour découvrir et accomplir les œuvres de bien, dans l’amour de Dieu. De cette manière, l’Église elle-même grandit et se développe pour parvenir à la pleine maturité du Christ (cf. Ep 4, 13). C’est dans cette perspective dynamique de croissance que se situe notre exhortation à nous stimuler réciproquement pour parvenir à la plénitude de l’amour et des œuvres bonnes.

Malheureusement, la tentation de la tiédeur, de l’asphyxie de l’Esprit, du refus d’« exploiter les talents » qui nous sont donnés pour notre bien et celui des autres (cf. Mt 25, 25s) demeure. Nous avons tous reçu des richesses spirituelles ou matérielles utiles à l’accomplissement du plan divin, pour le bien de l’Église et pour notre salut personnel (cf. Lc 12, 21b ; 1 Tm 6, 18). Les maîtres spirituels rappellent que dans la vie de la foi celui qui n’avance pas recule. Chers frères et sœurs, accueillons l’invitation toujours actuelle à tendre au « haut degré de la vie chrétienne » (Jean-Paul II, Lett. ap. Novo millennio ineunte [6 janvier 2001], n. 31). En reconnaissant et en proclamant la béatitude et la sainteté de quelques chrétiens exemplaires, la sagesse de l’Église a aussi pour but de susciter le désir d’en imiter les vertus. Saint Paul exhorte : « rivalisez d’estime réciproque » (Rm 12, 10).

Face à un monde qui exige des chrétiens un témoignage renouvelé d’amour et de fidélité au Seigneur, tous sentent l’urgence de tout faire pour rivaliser dans la charité, dans le service et dans les œuvres bonnes (cf. He 6, 10). Ce rappel est particulièrement fort durant le saint temps de préparation à Pâques. Vous souhaitant un saint et fécond Carême, je vous confie à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie et, de grand cœur, j’accorde à tous la Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 3 novembre 2011.

BENEDICTUS PP XVI


 




AGENCY Fides

 

Pope's Message published for Lent

"Let us be concerned for each other, to stir a response in love and good works"

(Heb 10:24)

Full text

Vatican City (Agenzia Fides) - "The Lenten season offers us once again an opportunity to reflect upon the very heart of Christian life: charity". This is how the Holy Father Benedict XVI's Message for Lent begins, whose theme is a verse from the Letter to the Hebrews: "Let us be concerned for each other, to stir a response in love and good works". (10:24).

Lent begins this year on Feb. 22.

Divided into three parts, the Message reminds us about "the responsibility towards our brothers and sisters": "Even today echoes strongly the voice of the Lord who calls each of us to take care of others. Even today God asks us to be 'guardians' of our brothers and sisters, to establish relationships based on mutual consideration, and attentiveness to the well-being, the integral well-being of others... Concern for others entails desiring what is good for them from every point of view: physical, moral and spiritual... Here I would like to mention an aspect of the Christian life, which I believe has been quite forgotten: fraternal correction in view of eternal salvation. Today, in general, we are very sensitive to the idea of charity and caring about the physical and material well-being of others, but almost completely silent about our spiritual responsibility towards our brothers and sisters."

In the second part the Message focuses on the "gift of reciprocity". "A society like ours can become blind to physical sufferings and to the spiritual and moral demands of life. This must not be the case in the Christian community!... our existence is related to that of others, for better or for worse; both our sins and our acts of love have a social dimension. .. Christians can also express their membership in the one body which is the Church through concrete concern for the poorest of the poor ".

Finally, "walking together in holiness". "Being concerned for one another should spur us to an increasingly effective love... making us live each day as an anticipation of the eternal day awaiting us in God. The time granted us in this life is precious for discerning and performing good works in the love of God. In this way the Church herself continuously grows towards the full maturity of Christ. Our exhortation to encourage one another to attain the fullness of love and good works is situated in this dynamic prospect of growth". (SL) (Agenzia Fides 08/02/2012)

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Full text

"Let us be concerned for each other, to stir a response in love and good works"

(Heb 10:24)

Dear Brothers and Sisters,

The Lenten season offers us once again an opportunity to reflect upon the very heart of Christian life: charity. This is a favourable time to renew our journey of faith, both as individuals and as a community, with the help of the word of God and the sacraments. This journey is one marked by prayer and sharing, silence and fasting, in anticipation of the joy of Easter.

This year I would like to propose a few thoughts in the light of a brief biblical passage drawn from the Letter to the Hebrews: "Let us be concerned for each other, to stir a response in love and good works". These words are part of a passage in which the sacred author exhorts us to trust in Jesus Christ as the High Priest who has won us forgiveness and opened up a pathway to God. Embracing Christ bears fruit in a life structured by the three theological virtues: it means approaching the Lord "sincere in heart and filled with faith" (v. 22), keeping firm "in the hope we profess" (v. 23) and ever mindful of living a life of "love and good works" (v. 24) together with our brothers and sisters. The author states that to sustain this life shaped by the Gospel it is important to participate in the liturgy and community prayer, mindful of the eschatological goal of full communion in God (v. 25). Here I would like to reflect on verse 24, which offers a succinct, valuable and ever timely teaching on the three aspects of Christian life: concern for others, reciprocity and personal holiness.

1. "Let us be concerned for each other": responsibility towards our brothers and sisters.

This first aspect is an invitation to be "concerned": the Greek verb used here is katanoein, which means to scrutinize, to be attentive, to observe carefully and take stock of something. We come across this word in the Gospel when Jesus invites the disciples to "think of" the ravens that, without striving, are at the centre of the solicitous and caring Divine Providence (cf. Lk 12:24), and to "observe" the plank in our own eye before looking at the splinter in that of our brother (cf. Lk 6:41). In another verse of the Letter to the Hebrews, we find the encouragement to "turn your minds to Jesus" (3:1), the Apostle and High Priest of our faith. So the verb which introduces our exhortation tells us to look at others, first of all at Jesus, to be concerned for one another, and not to remain isolated and indifferent to the fate of our brothers and sisters. All too often, however, our attitude is just the opposite: an indifference and disinterest born of selfishness and masked as a respect for "privacy". Today too, the Lord’s voice summons all of us to be concerned for one another. Even today God asks us to be "guardians" of our brothers and sisters (Gen 4:9), to establish relationships based on mutual consideration and attentiveness to the well-being, the integral well-being of others. The great commandment of love for one another demands that we acknowledge our responsibility towards those who, like ourselves, are creatures and children of God. Being brothers and sisters in humanity and, in many cases, also in the faith, should help us to recognize in others a true alter ego, infinitely loved by the Lord. If we cultivate this way of seeing others as our brothers and sisters, solidarity, justice, mercy and compassion will naturally well up in our hearts. The Servant of God Pope Paul VI stated that the world today is suffering above all from a lack of brotherhood: "Human society is sorely ill. The cause is not so much the depletion of natural resources, nor their monopolistic control by a privileged few; it is rather the weakening of brotherly ties between individuals and nations" (Populorum Progressio, 66).

Concern for others entails desiring what is good for them from every point of view: physical, moral and spiritual. Contemporary culture seems to have lost the sense of good and evil, yet there is a real need to reaffirm that good does exist and will prevail, because God is "generous and acts generously" (Ps 119:68). The good is whatever gives, protects and promotes life, brotherhood and communion. Responsibility towards others thus means desiring and working for the good of others, in the hope that they too will become receptive to goodness and its demands. Concern for others means being aware of their needs. Sacred Scripture warns us of the danger that our hearts can become hardened by a sort of "spiritual anesthesia" which numbs us to the suffering of others. The Evangelist Luke relates two of Jesus’ parables by way of example. In the parable of the Good Samaritan, the priest and the Levite "pass by", indifferent to the presence of the man stripped and beaten by the robbers (cf. Lk 10:30-32). In that of Dives and Lazarus, the rich man is heedless of the poverty of Lazarus, who is starving to death at his very door (cf. Lk 16:19). Both parables show examples of the opposite of "being concerned", of looking upon others with love and compassion. What hinders this humane and loving gaze towards our brothers and sisters? Often it is the possession of material riches and a sense of sufficiency, but it can also be the tendency to put our own interests and problems above all else. We should never be incapable of "showing mercy" towards those who suffer. Our hearts should never be so wrapped up in our affairs and problems that they fail to hear the cry of the poor. Humbleness of heart and the personal experience of suffering can awaken within us a sense of compassion and empathy. "The upright understands the cause of the weak, the wicked has not the wit to understand it" (Prov 29:7). We can then understand the beatitude of "those who mourn" (Mt 5:5), those who in effect are capable of looking beyond themselves and feeling compassion for the suffering of others. Reaching out to others and opening our hearts to their needs can become an opportunity for salvation and blessedness.

"Being concerned for each other" also entails being concerned for their spiritual well-being. Here I would like to mention an aspect of the Christian life, which I believe has been quite forgotten: fraternal correction in view of eternal salvation. Today, in general, we are very sensitive to the idea of charity and caring about the physical and material well-being of others, but almost completely silent about our spiritual responsibility towards our brothers and sisters. This was not the case in the early Church or in those communities that are truly mature in faith, those which are concerned not only for the physical health of their brothers and sisters, but also for their spiritual health and ultimate destiny. The Scriptures tell us: "Rebuke the wise and he will love you for it. Be open with the wise, he grows wiser still, teach the upright, he will gain yet more" (Prov 9:8ff). Christ himself commands us to admonish a brother who is committing a sin (cf. Mt 18:15). The verb used to express fraternal correction - elenchein – is the same used to indicate the prophetic mission of Christians to speak out against a generation indulging in evil (cf. Eph 5:11). The Church’s tradition has included "admonishing sinners" among the spiritual works of mercy. It is important to recover this dimension of Christian charity. We must not remain silent before evil. I am thinking of all those Christians who, out of human regard or purely personal convenience, adapt to the prevailing mentality, rather than warning their brothers and sisters against ways of thinking and acting that are contrary to the truth and that do not follow the path of goodness. Christian admonishment, for its part, is never motivated by a spirit of accusation or recrimination. It is always moved by love and mercy, and springs from genuine concern for the good of the other. As the Apostle Paul says: "If one of you is caught doing something wrong, those of you who are spiritual should set that person right in a spirit of gentleness; and watch yourselves that you are not put to the test in the same way" (Gal 6:1). In a world pervaded by individualism, it is essential to rediscover the importance of fraternal correction, so that together we may journey towards holiness. Scripture tells us that even "the upright falls seven times" (Prov 24:16); all of us are weak and imperfect (cf. 1 Jn 1:8). It is a great service, then, to help others and allow them to help us, so that we can be open to the whole truth about ourselves, improve our lives and walk more uprightly in the Lord’s ways. There will always be a need for a gaze which loves and admonishes, which knows and understands, which discerns and forgives (cf. Lk 22:61), as God has done and continues to do with each of us.

2. "Being concerned for each other": the gift of reciprocity.

This "custody" of others is in contrast to a mentality that, by reducing life exclusively to its earthly dimension, fails to see it in an eschatological perspective and accepts any moral choice in the name of personal freedom. A society like ours can become blind to physical sufferings and to the spiritual and moral demands of life. This must not be the case in the Christian community! The Apostle Paul encourages us to seek "the ways which lead to peace and the ways in which we can support one another" (Rom 14:19) for our neighbour’s good, "so that we support one another" (15:2), seeking not personal gain but rather "the advantage of everybody else, so that they may be saved" (1 Cor 10:33). This mutual correction and encouragement in a spirit of humility and charity must be part of the life of the Christian community.

The Lord’s disciples, united with him through the Eucharist, live in a fellowship that binds them one to another as members of a single body. This means that the other is part of me, and that his or her life, his or her salvation, concern my own life and salvation. Here we touch upon a profound aspect of communion: our existence is related to that of others, for better or for worse. Both our sins and our acts of love have a social dimension. This reciprocity is seen in the Church, the mystical body of Christ: the community constantly does penance and asks for the forgiveness of the sins of its members, but also unfailingly rejoices in the examples of virtue and charity present in her midst. As Saint Paul says: "Each part should be equally concerned for all the others" (1 Cor 12:25), for we all form one body. Acts of charity towards our brothers and sisters – as expressed by almsgiving, a practice which, together with prayer and fasting, is typical of Lent – is rooted in this common belonging. Christians can also express their membership in the one body which is the Church through concrete concern for the poorest of the poor. Concern for one another likewise means acknowledging the good that the Lord is doing in others and giving thanks for the wonders of grace that Almighty God in his goodness continuously accomplishes in his children. When Christians perceive the Holy Spirit at work in others, they cannot but rejoice and give glory to the heavenly Father (cf. Mt 5:16).

3. "To stir a response in love and good works": walking together in holiness.

These words of the Letter to the Hebrews (10:24) urge us to reflect on the universal call to holiness, the continuing journey of the spiritual life as we aspire to the greater spiritual gifts and to an ever more sublime and fruitful charity (cf. 1 Cor 12:31-13:13). Being concerned for one another should spur us to an increasingly effective love which, "like the light of dawn, its brightness growing to the fullness of day" (Prov 4:18), makes us live each day as an anticipation of the eternal day awaiting us in God. The time granted us in this life is precious for discerning and performing good works in the love of God. In this way the Church herself continuously grows towards the full maturity of Christ (cf. Eph 4:13). Our exhortation to encourage one another to attain the fullness of love and good works is situated in this dynamic prospect of growth.

Sadly, there is always the temptation to become lukewarm, to quench the Spirit, to refuse to invest the talents we have received, for our own good and for the good of others (cf. Mt 25:25ff.). All of us have received spiritual or material riches meant to be used for the fulfilment of God’s plan, for the good of the Church and for our personal salvation (cf. Lk 12:21b; 1 Tim 6:18). The spiritual masters remind us that in the life of faith those who do not advance inevitably regress. Dear brothers and sisters, let us accept the invitation, today as timely as ever, to aim for the "high standard of ordinary Christian living" (Novo Millennio Ineunte, 31). The wisdom of the Church in recognizing and proclaiming certain outstanding Christians as Blessed and as Saints is also meant to inspire others to imitate their virtues. Saint Paul exhorts us to "anticipate one another in showing honour" (Rom 12:10).

In a world which demands of Christians a renewed witness of love and fidelity to the Lord, may all of us feel the urgent need to anticipate one another in charity, service and good works (cf. Heb 6:10). This appeal is particularly pressing in this holy season of preparation for Easter. As I offer my prayerful good wishes for a blessed and fruitful Lenten period, I entrust all of you to the intercession of the Mary Ever Virgin and cordially impart my Apostolic Blessing.

From the Vatican, 3 November 2011

BENEDICTUS PP. XVI