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Texte Pris sur le site AGENCE ZENIT

Carême 2013 : message de Benoît XVI

Croire dans la charité suscite la charité

Texte intégral

Benoît XVI
ROME, Friday 1 February 2013 (Zenit.org).

"Croire dans la charité suscite la charité" : c'est le thème du message de Benoît XVI, pour le Carême 2013, publié ce 1er février.

Benoît XVI médite sur le rapport entre foi et charité, deux vertus théologales « que nous ne pouvons jamais séparer, voire opposer ». Il rappelle que « l'attitude principale qui distingue les chrétiens est précisément « l’amour fondé sur la foi et modelé par elle » ».

Pour le pape la « charité » ne peut être circonscrite « à la solidarité ou à la simple aide humanitaire » : « la plus grande œuvre de charité est justement l’évangélisation, c’est-à-dire le « service de la Parole ».

« Il n’y a pas d’action plus bénéfique, et donc charitable, envers le prochain que rompre le pain de la Parole de Dieu, le faire participer de la Bonne Nouvelle de l’Évangile, l’introduire dans la relation avec Dieu », insiste-t-il, en ce sens « l’évangélisation est la promotion la plus élevée et la plus complète de la personne humaine ».

 

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Texte intégral


Message de Benoît XVI pour le carême 2013

Croire dans la charité suscite la charité
« Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous » (1 Jn 4, 16)

Chers frères et sœurs,

La célébration du Carême, dans le contexte de l'Année de la foi, nous offre une occasion précieuse pour méditer sur le rapport entre foi et charité: entre le fait de croire en Dieu, dans le Dieu de Jésus Christ, et l'amour qui est le fruit de l'action de l'Esprit Saint et qui nous guide sur un chemin de consécration à Dieu et aux autres.

1. La foi comme réponse à l'amour de Dieu.

Dans ma première encyclique, j’ai déjà offert certains éléments pour saisir le lien étroit entre ces deux vertus théologales, la foi et la charité. En partant de l'affirmation fondamentale de l'apôtre Jean: « Nous avons reconnu et nous avons cru que l'amour de Dieu est parmi nous » (1 Jn 4, 16), je rappelais qu'« à l’origine du fait d’être chrétien, il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive... Comme Dieu nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10), l’amour n’est plus seulement « un commandement », mais il est la réponse au don de l'amour par lequel Dieu vient à notre rencontre » (Deus caritas est, n. 1). La foi constitue l'adhésion personnelle – qui inclut toutes nos facultés – à la révélation de l'amour gratuit et « passionné » que Dieu a pour nous et qui se manifeste pleinement en Jésus Christ ; la rencontre avec Dieu Amour qui interpelle non seulement le cœur, mais également l'esprit: « La reconnaissance du Dieu vivant est une route vers l’amour, et le oui de notre volonté à la sienne unit intelligence, volonté et sentiment dans l’acte totalisant de l’amour. Ce processus demeure cependant constamment en mouvement: l’amour n’est jamais "achevé" ni complet » (ibid., n. 17). De là découle pour tous les chrétiens, et en particulier, pour les « personnes engagées dans les services de charité », la nécessité de la foi, de la « rencontre avec Dieu dans le Christ, qui suscite en eux l’amour et qui ouvre leur esprit à l’autre, en sorte que leur amour du prochain ne soit plus imposé pour ainsi dire de l’extérieur, mais qu’il soit une conséquence découlant de leur foi qui devient agissante dans l’amour » (ibid. n. 31a). Le chrétien est une personne conquise par l'amour du Christ et donc, mû par cette amour – « caritas Christi urget nos » (2 Co 5, 14) –, il est ouvert de façon concrète et profonde à l'amour pour le prochain (cf. ibid., n. 33). Cette attitude naît avant tout de la conscience d'être aimés, pardonnés, et même servis par le Seigneur, qui se penche pour laver les pieds des Apôtres et s'offre lui-même sur la croix pour attirer l'humanité dans l'amour de Dieu.

« La foi nous montre le Dieu qui a donné son Fils pour nous et suscite ainsi en nous la certitude victorieuse qu’est bien vraie l’affirmation: Dieu est Amour... La foi, qui prend conscience de l’amour de Dieu qui s’est révélé dans le cœur transpercé de Jésus sur la croix, suscite à son tour l’amour. Il est la lumière – en réalité l’unique – qui illumine sans cesse à nouveau un monde dans l’obscurité et qui nous donne le courage de vivre et d’agir » (ibid., n. 39). Tout cela nous fait comprendre que l'attitude principale qui distingue les chrétiens est précisément « l’amour fondé sur la foi et modelé par elle » (ibid., n. 7).

2. La charité comme vie dans la foi

Toute la vie chrétienne est une réponse à l’amour de Dieu. La première réponse est précisément la foi comme accueil, plein d’émerveillement et de gratitude, d’une initiative divine inouïe qui nous précède et nous interpelle. Et le « oui » de la foi marque le début d’une histoire lumineuse d’amitié avec le Seigneur, qui remplit et donne son sens plénier à toute notre existence. Mais Dieu ne se contente pas que nous accueillions son amour gratuit. Il ne se limite pas à nous aimer, mais il veut nous attirer à lui, nous transformer de manière profonde au point que nous puissions dire avec saint Paul: ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi (cf. Ga 2, 20).

Quand nous laissons place à l’amour de Dieu, nous devenons semblables à lui, nous participons de sa charité même. Nous ouvrir à son amour signifie le laisser vivre en nous, et nous conduire à aimer avec lui, en lui et comme lui; ce n’est qu’alors que notre foi devient vraiment opérante par la charité (cf. Ga 5, 6) et qu’il prend demeure en nous (cf. 1 Jn 4, 12).

La foi, c’est connaître la vérité et y adhérer (cf. 1 Tm 2, 4); la charité, c’est « cheminer » dans la vérité (cf. Ep 4, 15). Avec la foi, on entre dans l’amitié avec le Seigneur; avec la charité, on vit et on cultive cette amitié (cf. Jn 15, 14s). La foi nous fait accueillir le commandement du Seigneur et Maître; la charité nous donne la béatitude de le mettre en pratique (cf. Jn 13, 13-17). Dans la foi, nous sommes engendrés comme fils de Dieu (cf. Jn 1, 12s); la charité nous fait persévérer concrètement dans la filiation divine en apportant le fruit de l’Esprit Saint (cf. Ga 5, 22). La foi nous fait reconnaître les dons que le Dieu bon et généreux nous confie; la charité les fait fructifier (cf. Mt 25, 14-30).

3. Le lien indissoluble entre foi et charité

A la lumière de ce qui a été dit, il apparaît clairement que nous ne pouvons jamais séparer, voire opposer, foi et charité. Ces deux vertus théologales sont intimement liées et il est erroné de voir entre celles-ci une opposition ou une « dialectique ». En effet, d’un côté, l’attitude de celui qui place d’une manière aussi forte l’accent sur la priorité et le caractère décisif de la foi au point d’en sous-évaluer et de presque en mépriser les œuvres concrètes de la charité et de la réduire à un acte humanitaire générique, est limitante. Mais, de l’autre, il est tout aussi limitant de soutenir une suprématie exagérée de la charité et de son activité, en pensant que les œuvres remplacent la foi. Pour une vie spirituelle saine, il est nécessaire de fuir aussi bien le fidéisme que l’activisme moraliste.

L’existence chrétienne consiste en une ascension continue du mont de la rencontre avec Dieu pour ensuite redescendre, en portant l’amour et la force qui en dérivent, de manière à servir nos frères et sœurs avec le même amour que Dieu. Dans l’Ecriture Sainte nous voyons que le zèle des Apôtres pour l’annonce de l’Évangile que suscite la foi est étroitement lié à l’attention charitable du service envers les pauvres (cf. Ac 6, 1-4). Dans l’Église, contemplation et action, symbolisées d’une certaine manière par les figures évangéliques des sœurs Marie et Marthe, doivent coexister et s’intégrer (cf. Lc 10, 38-42). La priorité va toujours au rapport avec Dieu et le vrai partage évangélique doit s’enraciner dans la foi (cf. Catéchèse lors de l’Audience générale du 25 avril 2012). Parfois, on tend en effet à circonscrire le terme de « charité » à la solidarité ou à la simple aide humanitaire. Il est important, en revanche, de rappeler que la plus grande œuvre de charité est justement l’évangélisation, c’est-à-dire le « service de la Parole ». Il n’y a pas d’action plus bénéfique, et donc charitable, envers le prochain que rompre le pain de la Parole de Dieu, le faire participer de la Bonne Nouvelle de l’Évangile, l’introduire dans la relation avec Dieu: l’évangélisation est la promotion la plus élevée et la plus complète de la personne humaine. Comme l’écrit le Serviteur de Dieu le Pape Paul VI dans l’Encyclique Populorum progressio, le premier et principal facteur de développement est l’annonce du Christ (cf. n. 16). C’est la vérité originelle de l’amour de Dieu pour nous, vécue et annoncée, qui ouvre notre existence à accueillir cet amour et rend possible le développement intégral de l’humanité et de tout homme (cf. Enc. Caritas in veritate, n. 8).

En somme, tout part de l’Amour et tend à l’Amour. L’amour gratuit de Dieu nous est communiqué à travers l’annonce de l’Évangile. Si nous l’accueillons avec foi, nous recevons ce premier et indispensable contact avec le divin en mesure de nous faire « aimer l’Amour », pour ensuite demeurer et croître dans cet Amour et le communiquer avec joie aux autres.

A propos du rapport entre foi et œuvres de charité, une expression de la Lettre de saint Paul aux Ephésiens résume peut-être leur corrélation de la meilleure des manières : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Cela ne vient pas de vos œuvres, il n’y a pas à en tirer orgueil. C’est Dieu qui nous a faits, il nous a créés en Jésus-Christ, pour que nos œuvres soient vraiment bonnes, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre » (2, 8-10). On perçoit ici que toute l’initiative salvifique vient de Dieu, de sa Grâce, de son pardon accueilli dans la foi; mais cette initiative, loin de limiter notre liberté et notre responsabilité, les rend plutôt authentiques et les orientent vers les œuvres de charité. Celles-ci ne sont pas principalement le fruit de l’effort humain, dont tirer gloire, mais naissent de la foi elle-même, elles jaillissent de la Grâce que Dieu offre en abondance. Une foi sans œuvres est comme un arbre sans fruits: ces deux vertus s’impliquent réciproquement. Le Carême nous invite précisément, avec les indications traditionnelles pour la vie chrétienne, à alimenter la foi à travers une écoute plus attentive et prolongée de la Parole de Dieu et la participation aux Sacrements, et, dans le même temps, à croître dans la charité, dans l’amour de Dieu et envers le prochain, également à travers les indications concrètes du jeûne, de la pénitence et de l’aumône.

4. Priorité de la foi, primat de la charité

Comme tout don de Dieu, foi et charité reconduisent à l’action de l’unique et même Esprit Saint (cf. 1 Co 13), cet Esprit qui s’écrie en nous « Abbà ! Père » (Gal 4, 6), et qui nous fait dire: « Jésus est Seigneur » (1 Co 12, 3) et « Maranatha ! » (1 Co 16, 22; Ap 22, 20).

La foi, don et réponse, nous fait connaître la vérité du Christ comme Amour incarné et crucifié, adhésion pleine et parfaite à la volonté du Père et miséricorde divine infinie envers le prochain; la foi enracine dans le cœur et dans l’esprit la ferme conviction que précisément cet Amour est l’unique réalité victorieuse sur le mal et sur la mort. La foi nous invite à regarder vers l’avenir avec la vertu de l'espérance, dans l’attente confiante que la victoire de l’amour du Christ atteigne sa plénitude. De son côté, la charité nous fait entrer dans l’amour de Dieu manifesté dans le Christ, nous fait adhérer de manière personnelle et existentielle au don total de soi et sans réserve de Jésus au Père et à nos frères. En insufflant en nous la charité, l’Esprit Saint nous fait participer au don propre de Jésus: filial envers Dieu et fraternel envers chaque homme (cf. Rm 5, 5).

La relation qui existe entre ces deux vertus est semblable à celle entre les deux sacrements fondamentaux de l'Église : le Baptême et l’Eucharistie. Le Baptême (sacramentum fidei) précède l'Eucharistie (sacramentum caritatis), mais il est orienté vers celle-ci, qui constitue la plénitude du cheminement chrétien. De manière analogue, la foi précède la charité, mais se révèle authentique seulement si elle est couronnée par celle-ci. Tout part de l’humble accueil de la foi (« se savoir aimé de Dieu »), mais doit arriver à la vérité de la charité (« savoir aimer Dieu et son prochain »), qui demeure pour toujours, comme accomplissement de toutes les vertus (cf. 1 Co 13, 13).

Chers frères et sœurs, en ce temps de Carême, où nous nous préparons à célébrer l’événement de la Croix et de la Résurrection, dans lequel l'Amour de Dieu a racheté le monde et illuminé l’histoire, je vous souhaite à tous de vivre ce temps précieux en ravivant votre foi en Jésus Christ, pour entrer dans son parcours d’amour envers le Père et envers chaque frère et sœur que nous rencontrons dans notre vie. A cette fin j’élève ma prière à Dieu, tandis que j’invoque sur chacun et sur chaque communauté la Bénédiction du Seigneur!

Du Vatican, le 15 octobre 2012

BENEDICTUS PP. XVI


 




AGENCY Zenit

 

Pope's Message published for Lent 2013

Full text

Cardinal Robert Sarah Says Message Focuses on 'Compelling Relationship Between Faith and Charity"

VATICAN CITY, February 1, 2013 (Zenit.org).

The Holy Father's Lenten Message for 2013 was presented this morning in the Press Office of the Holy See. It is entitled: Believing in Charity Calls Forth Charity: "We have come to know and to believe in the love God has for us," (1Jn 4:16). Participating in the press conference were: Cardinal Robert Sarah, president of the Pontifical Council "Cor Unum"; Msgr. Giampietro Dal Toso and Msgr. Segundo Tejado Munoz, respectively secretary and undersecretary of that dicastery; and Dr. Michael Thio, president general of the International Confederation-Society of St. Vincent de Paul.

"This year," Cardinal Sarah said, "the theme of the message focuses on the compelling relationship between faith and charity … between believing in God, the God revealed by Jesus Christ, and the charity that is the fruit of the Holy Spirit and that leads us to the horizon of a deeper openness to God and neighbor."

Cardinal Sarah emphasized the Holy Father's connection between faith and charity, stating that there can be no true faith without action and that charity, which calls forth faith, can allow one to give witness.

"The center of this Lenten Message," the cardinal reiterated, "is certainly the indissoluble interrelation of faith and charity.

"We can never separate, let alone oppose, faith and charity.' However, this separation or opposition can take different forms. It is a misunderstanding to emphasize the faith, and the liturgy as its privileged channel, so strongly as to forget that they are intended for actual persons who have their own needs, human as they may be their own history, their own relationships."

The president of the Pontifical Council "Cor Unum" said that just as faith and charity go together, so does the Gospel and action go together. Cardinal Sarah reiterated the Holy Father's message on the complementarity of faith and charity.

"On the one hand, a life based solely on faith runs the risk of sinking into a banal sentimentality that reduces our relationship with God to mere consolation. On the other hand, a charity that kneels in adoration of God without taking into account the source from which it springs and to which every good deed must be directed, is likely to be reduced to mere philanthropy, to mere 'moral activism'," the Cardinal said.

Concluding his remarks, Cardinal Sarah said that the Holy Father's message is timely not only because it falls during the Year of Faith, but also because the Holy Father's words in a time in history where humanity "struggles to recognize itself and to find a path to the future.

"The Church can thus be the beacon of a renewed humanity and contribute to the coming of the 'Civilization of Love'," Cardinal Sarah said.

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Full text


Believing in charity calls forth charity

“We have come to know and to believe in the love God has for us” (1 Jn 4:16)

Dear Brothers and Sisters,

The celebration of Lent, in the context of the Year of Faith, offers us a valuable opportunity to meditate on the relationship between faith and charity: between believing in God – the God of Jesus Christ – and love, which is the fruit of the Holy Spirit and which guides us on the path of devotion to God and others.

1. Faith as a response to the love of God

In my first Encyclical, I offered some thoughts on the close relationship between the theological virtues of faith and charity. Setting out from Saint John’s fundamental assertion: “We have come to know and to believe in the love God has for us” (1 Jn 4:16), I observed that “being Christian is not the result of an ethical choice or a lofty idea, but the encounter with an event, a person, which gives life a new horizon and a decisive direction … Since God has first loved us (cf. 1 Jn 4:10), love is now no longer a mere ‘command’; it is the response to the gift of love with which God draws near to us” (Deus Caritas Est, 1). Faith is this personal adherence – which involves all our faculties – to the revelation of God’s gratuitous and “passionate” love for us, fully revealed in Jesus Christ. The encounter with God who is Love engages not only the heart but also the intellect: “Acknowledgement of the living God is one path towards love, and the ‘yes’ of our will to his will unites our intellect, will and sentiments in the all-embracing act of love. But this process is always open-ended; love is never ‘finished’ and complete” (ibid., 17). Hence, for all Christians, and especially for “charity workers”, there is a need for faith, for “that encounter with God in Christ which awakens their love and opens their spirits to others. As a result, love of neighbour will no longer be for them a commandment imposed, so to speak, from without, but a consequence deriving from their faith, a faith which becomes active through love” (ibid., 31a). Christians are people who have been conquered by Christ’s love and accordingly, under the influence of that love – “Caritas Christi urget nos” (2 Cor 5:14) – they are profoundly open to loving their neighbour in concrete ways (cf. ibid., 33). This attitude arises primarily from the consciousness of being loved, forgiven, and even served by the Lord, who bends down to wash the feet of the Apostles and offers himself on the Cross to draw humanity into God’s love.

“Faith tells us that God has given his Son for our sakes and gives us the victorious certainty that it is really true: God is love! … Faith, which sees the love of God revealed in the pierced heart of Jesus on the Cross, gives rise to love. Love is the light – and in the end, the only light – that can always illuminate a world grown dim and give us the courage needed to keep living and working” (ibid., 39). All this helps us to understand that the principal distinguishing mark of Christians is precisely “love grounded in and shaped by faith” (ibid., 7).

2. Charity as life in faith

The entire Christian life is a response to God’s love. The first response is precisely faith as the acceptance, filled with wonder and gratitude, of the unprecedented divine initiative that precedes us and summons us. And the “yes” of faith marks the beginning of a radiant story of friendship with the Lord, which fills and gives full meaning to our whole life. But it is not enough for God that we simply accept his gratuitous love. Not only does he love us, but he wants to draw us to himself, to transform us in such a profound way as to bring us to say with Saint Paul: “it is no longer I who live, but Christ who lives in me” (cf. Gal 2:20).

When we make room for the love of God, then we become like him, sharing in his own charity. If we open ourselves to his love, we allow him to live in us and to bring us to love with him, in him and like him; only then does our faith become truly “active through love” (Gal 5:6); only then does he abide in us (cf. 1 Jn 4:12).

Faith is knowing the truth and adhering to it (cf. 1 Tim 2:4); charity is “walking” in the truth (cf. Eph 4:15). Through faith we enter into friendship with the Lord, through charity this friendship is lived and cultivated (cf. Jn 15:14ff). Faith causes us to embrace the commandment of our Lord and Master; charity gives us the happiness of putting it into practice (cf. Jn 13:13-17). In faith we are begotten as children of God (cf. Jn 1:12ff); charity causes us to persevere concretely in our divine sonship, bearing the fruit of the Holy Spirit (cf. Gal 5:22). Faith enables us to recognize the gifts that the good and generous God has entrusted to us; charity makes them fruitful (cf. Mt 25:14-30).

3. The indissoluble interrelation of faith and charity

In light of the above, it is clear that we can never separate, let alone oppose, faith and charity. These two theological virtues are intimately linked, and it is misleading to posit a contrast or “dialectic” between them. On the one hand, it would be too one-sided to place a strong emphasis on the priority and decisiveness of faith and to undervalue and almost despise concrete works of charity, reducing them to a vague humanitarianism. On the other hand, though, it is equally unhelpful to overstate the primacy of charity and the activity it generates, as if works could take the place of faith. For a healthy spiritual life, it is necessary to avoid both fideism and moral activism.

The Christian life consists in continuously scaling the mountain to meet God and then coming back down, bearing the love and strength drawn from him, so as to serve our brothers and sisters with God’s own love. In sacred Scripture, we see how the zeal of the Apostles to proclaim the Gospel and awaken people’s faith is closely related to their charitable concern to be of service to the poor (cf. Acts 6:1-4). In the Church, contemplation and action, symbolized in some way by the Gospel figures of Mary and Martha, have to coexist and complement each other (cf. Lk 10:38-42). The relationship with God must always be the priority, and any true sharing of goods, in the spirit of the Gospel, must be rooted in faith (cf. General Audience, 25 April 2012). Sometimes we tend, in fact, to reduce the term “charity”to solidarity or simply humanitarian aid. It is important, however, to remember that the greatest work of charity is evangelization, which is the “ministry of the word”. There is no action more beneficial – and therefore more charitable – towards one’s neighbour than to break the bread of the word of God, to share with him the Good News of the Gospel, to introduce him to a relationship with God: evangelization is the highest and the most integral promotion of the human person. As the Servant of God Pope Paul VI wrote in the Encyclical Populorum Progressio, the proclamation of Christ is the first and principal contributor todevelopment (cf. n. 16). It is the primordial truth of the love of God for us, lived and proclaimed, that opens our lives to receive this love and makes possible the integral development of humanity and of every man (cf. Caritas in Veritate, 8).

Essentially, everything proceeds from Love and tends towards Love. God’s gratuitous love is made known to us through the proclamation of the Gospel. If we welcome it with faith, we receive the first and indispensable contact with the Divine, capable of making us “fall in love with Love”, and then we dwell within this Love, we grow in it and we joyfully communicate it to others.

Concerning the relationship between faith and works of charity, there is a passage in the Letter to the Ephesians which provides perhaps the best account of the link between the two: “For by grace you have been saved through faith; and this is not your own doing; it is the gift of God; not because of works, lest anyone should boast. For we are his workmanship, created in Christ Jesus for good works, which God prepared beforehand, that we should walk in them” (2:8-10). It can be seen here that the entire redemptive initiative comes from God, from his grace, from his forgiveness received in faith; but this initiative, far from limiting our freedom and our responsibility, is actually what makes them authentic and directs them towards works of charity. These are not primarily the result of human effort, in which to take pride, but they are born of faith and they flow from the grace that God gives in abundance. Faith without works is like a tree without fruit: the two virtues imply one another. Lent invites us, through the traditional practices of the Christian life, to nourish our faith by careful and extended listening to the word of God and by receiving the sacraments, and at the same time to grow in charity and in love for God and neighbour, not least through the specific practices of fasting, penance and almsgiving.

4. Priority of faith, primacy of charity

Like any gift of God, faith and charity have their origin in the action of one and the same Holy Spirit (cf. 1 Cor 13), the Spirit within us that cries out “Abba, Father” (Gal 4:6), and makes us say: “Jesus is Lord!” (1 Cor 12:3) and “Maranatha!” (1 Cor 16:22; Rev 22:20).

Faith, as gift and response, causes us to know the truth of Christ as Love incarnate and crucified, as full and perfect obedience to the Father’s will and infinite divine mercy towards neighbour; faith implants in hearts and minds the firm conviction that only this Love is able to conquer evil and death. Faith invites us to look towards the future with the virtue of hope, in the confident expectation that the victory of Christ’s love will come to its fullness. For its part, charity ushers us into the love of God manifested in Christ and joins us in a personal and existential way to the total and unconditional self-giving of Jesus to the Father and to his brothers and sisters. By filling our hearts with his love, the Holy Spirit makes us sharers in Jesus’ filial devotion to God and fraternal devotion to every man (cf. Rom 5:5).

The relationship between these two virtues resembles that between the two fundamental sacraments of the Church: Baptism and Eucharist. Baptism (sacramentum fidei) precedes the Eucharist (sacramentum caritatis), but is ordered to it, the Eucharist being the fullness of the Christian journey. In a similar way, faith precedes charity, but faith is genuine only if crowned by charity. Everything begins from the humble acceptance of faith (“knowing that one is loved by God”), but has to arrive at the truth of charity (“knowing how to love God and neighbour”), which remains for ever, as the fulfilment of all the virtues (cf. 1 Cor 13:13).

Dear brothers and sisters, in this season of Lent, as we prepare to celebrate the event of the Cross and Resurrection – in which the love of God redeemed the world and shone its light upon history – I express my wish that all of you may spend this precious time rekindling your faith in Jesus Christ, so as to enter with him into the dynamic of love for the Father and for every brother and sister that we encounter in our lives. For this intention, I raise my prayer to God, and I invoke the Lord’s blessing upon each individual and upon every community!

From the Vatican, 15 October 2012

BENEDICTUS PP. XVI