Missionnaires d'Afrique
Gérard Malherbe M.Afr.
RD.CONGO
Bunia
Des catéchètes pasteurs
Jai limpression davoir toujours travaillé à la formation de catéchistes, même lorsque jétais vicaire ou curé en paroisse.
Il convient toutefois de sentendre sur le sens des mots. À Mongbwalu (diocèse de Bunia, RDC), avec le P. Jaak De Meyer, nous avions mis au point tout un programme de formation et de sessions régulières pour les titulaires des divers services pastoraux et caritatifs dans les Communautés Ecclésiales Vivantes (CEV), les chapelles et les secteurs de la paroisse. Mais nous évitions soigneusement le mot catéchiste, trop marqué historiquement : lhomme des Pères, salarié, seul et unique responsable, représentant de lÉglise pour sa chapelle. Ces catéchistes dautrefois ont rendu de précieux et indispensables services. Ils furent les véritables évangélisateurs de notre pays. Les temps ont changé. Avec loption pour les CEV, les tâches quils assumaient se trouvent éclatées entre beaucoup de responsables à différents niveaux (paroisse, secteur, chapelle, CEV).
Depuis 2001, mon Supérieur provincial ma catapulté à la tête de lInstitut des Sciences Religieuses de Bunia (ISR/Bunia). Ici, la visée est toute différente. Il sagit de former ceux quon appelle des catéchètes pasteurs. Ce terme nexiste pas dans le vocabulaire officiel de lÉglise catholique. Il est utilisé dans la province ecclésiastique de Kisangani, et il manifeste bien le but de lISR/Bunia : catéchètes, ils sont (beaucoup) mieux formés que les simples catéchistes, spécialement pour la catéchèse tant scolaire quextrascolaire ; pasteurs, ils remplissent les fonctions dévolues aux pasteurs protestants et une partie au moins des fonctions des prêtres catholiques.
Fondé en 1965, lInstitut des Sciences Religieuses de Bunia (ISR/Bunia) a déjà une longue histoire derrière lui. Plusieurs confrères y ont passé une partie de leur vie apostolique. Mentionnons les Pères Jean-Marie Tardif et Robert Giaux, qui ont plus spécialement marqué la vie de lInstitut.
Actuellement, léquipe au service de lISR comporte une communauté de trois Missionnaires dAfrique, un prêtre diocésain, trois professeurs laïcs et le secrétaire administratif (laïc et protestant). Pour cette année académique, nous avons 31 étudiants, dont une religieuse et quatre épouses ; cela fait donc 26 familles, et pas moins de 106 enfants sur notre terrain. En effet, originaires des différents diocèses de la province, nos étudiants viennent à lISR pour trois ans détudes, accompagnés de leur famille. Chaque famille reçoit une maison et une petite parcelle à cultiver (sils le désirent). Entouré par son mur denceinte, lISR/Bunia ressemble à un petit village.
Ce petit village ne peut subsister que grâce à laide extérieure. Entre honoraires des professeurs, salaires des travailleurs, soins médicaux pour les familles, frais scolaires pour les enfants, etc., il faut trouver chaque année un bon paquet dargent. Lessentiel vient de Missio Aachen. Ma fonction de recteur ma transformé en mendiant professionnel, puisquil faut régulièrement et humblement solliciter la générosité des organismes.
La formation est principalement destinée aux laïcs, quelques religieuses sy joignent. Pour être admis, le candidat doit détenir au moins le diplôme de fin détudes secondaires (D6), avoir déjà rempli un service apostolique durant quelques années, être marié religieusement, être recommandé par son curé et présenté par son évêque.
Les épouses qui ont elles-mêmes acquis le D6 une petite minorité suivent les cours avec leur mari. Pour les autres, une école des mamans les prépare à assister plus tard leur époux dans les tâches pastorales, catéchétiques et de développement. Afin que papas et mamans soient libres de se consacrer à leur formation, lISR comporte une école maternelle et une garderie des bébés. Les enfants plus âgés sont envoyés dans les écoles de la paroisse voisine. (Cette année : 56 scolarisés, 50 à la maternelle et la garderie).
Les cours touchent : Bible, Théologie, Morale, Liturgie, Spiritualité, Développement, Sociologie, Animation de groupes, Catéchuménat et Catéchèse, Histoire de lÉglise, Anthropologie, Musique, Dessin, Islam, Psychologie, Pastorale. Avec les exercices pratiques (Assemblées dominicales en labsence de prêtre, homélies, chants, réunions de CEV, leçons modèles) et la vie spirituelle à linstitut (eucharisties, office, récollections et retraites), tout cela assure à nos étudiants une formation très complète. Le fruit de cette formation sera testé durant une année de stage, en paroisse et dans lenseignement, avant que létudiant ne reçoive son diplôme. (Létudiant aura donc eu quatre années de formation : 3 ans à lISR et 1 an de stage).
Quelques-uns de nos anciens sont animateurs dune paroisse ou dune quasi-paroisse sans prêtre, dautres sont responsables dun secteur paroissial, dautres encore épaulent léquipe sacerdotale de leur paroisse. En plus de leurs tâches pastorales, beaucoup sont engagés dans lenseignement de la religion dans les écoles secondaires. Enfin, quelques-uns ont été recrutés pour les services diocésains (Caritas, Centre de pastorale et catéchèse). Presque tous animent des formations destinées aux autres agents pastoraux laïcs.
En général, les évêques et les prêtres qui bénéficient des services rendus par les catéchètes pasteurs expriment leur satisfaction et leur estime pour la qualité de la formation assurée par lISR/Bunia. La louange sadresse évidemment bien davantage à tous ceux qui nous ont précédés, plutôt quaux quelques années de travail de léquipe actuelle.
Gérard Malherbe M.Afr.
Tiré du Petit Echo N° 1027 2012/1
Missionaries of Africa
Gérard Malherbe M.Afr.
DR.CONGO
Bunia
Catechist-pastors
I have the impression of always having worked in the training of catechists, even when I was a curate or parish priest.
Nevertheless, we need to agree on the meaning of the words. At Mongbwalu, (Bunia Diocese DRC), with Fr. Jaak De Meyer, we set up a complete training programme and regular sessions for holders of various pastoral and charitable posts in the Living Church Communities, (LCC), the chapels and sectors of the parish. We took care to avoid the word catechist, because of its past association with the Fathers main man, salaried, the one and only official representative of the Church for his chapel. In the past, these catechists rendered high-standard and indispensable services. They were well and truly evangelisers of our country. Times have changed, with the option for the LCC, and thus the tasks they took on are now distributed among many office-bearers at various levels (parish, sector, chapel, LCC).
In 2001, I was catapulted by my Superior Provincial to the head of the Bunia Institute of Religious Sciences (ISR/Bunia). Here, the prospect is very different. It concerns training those called catechist-pastors. This term does not exist in the official vocabulary of the Catholic Church. It is used in the ecclesiastical province of Kisangani and aptly lays out the aim of the (ISR/Bunia). As catechisers they are (much) better trained than ordinary catechists, especially in both school and out-of-school catechesis; as pastors they fulfil duties reserved to Protestant Pastors and at least a part of the duties of Catholic priests.
Founded in 1965, the Bunia Institute of Religious Sciences (ISR/Bunia) has a long history behind it. Several confreres have spent a part of their apostolic lives in it, including Fathers Jean-Marie Tardif and Robert Giaux, who left their mark on the life of the Institute more particularly.
Currently, the team at the service of the ISR comprises a community of three Missionaries of Africa, a diocesan priest, three lay professors and an Administrative Secretary, who is a Protestant layman. In this academic year, we have 31 students, including a Sister and 4 wives. This means there are 26 families and not less than 106 children on our campus. In fact, our students come for three years of studies, accompanied by their families from the various dioceses of the Province. Each family receives a house and a small plot of land for cultivation (if they so desire). Enclosed by a surrounding wall, the ISR/Bunia resembles a small village.
This small village can only survive through outside assistance. A substantial sum of money has to be found each year to cover professors fees, workers wages, medical costs for the families, school fees for the children and so on. Most of the help comes from Missio Aachen. My role as Rector has changed me into a professional beggar, since we need to appeal regularly and humbly to the generosity of organisations.
Training is essentially intended for laypeople, with some Sisters joining in. For admission, candidates have to hold at least a D6 Secondary School Leaving Certificate and to have carried out some years of apostolic work. They have to be married in Church, to be recommended by their parish priest and presented by their bishop.
Those wives who also have D6 - a small minority follow courses with their husbands; for the others, a School for Mothers prepares them to help their husbands later in pastoral, catechetical and development tasks. A nursery school and crèche are available at the ISR to enable the Mums and Dads to devote time to their training. Older children are sent to neighbouring parish schools. (This year, there were 56 in school, 50 in the nursery and crèche).
Courses touch on: Bible, theology, ethics, liturgy, spirituality, development, sociology, group leadership, catechumenate and catechesis, Church History, anthropology, music, drawing, Islam, psychology, and pastoral strategy. Along with practice in Sunday services in the absence of a priest, homilies, hymn singing, LCC meetings, model lessons and the spiritual life of the Institute (Eucharist, Office, recollections and retreats), the formation of our students is quite complete.
The outcome of this training will be tested during a year of probation in parishes and in teaching before the students receive their diplomas. (The student therefore has four years of training: 3 years at the ISR and one year of probation.)
Some of our former students are parish leaders or in sub-parishes without a priest; others are in charge of a parish sector, others again provide support for a parish team of priests. In addition to their pastoral tasks, many are involved in teaching religion in secondary schools. Finally, some are recruited for diocesan service: (Caritas, Pastoral Centres and Catechesis). Almost all give input intended for other lay pastoral workers.
In general, bishops and priests benefiting from the services provided by catechist-pastors express their satisfaction and their esteem for the quality of the training provided by ISR/Bunia. Praise is naturally due much more to all those who went before us rather than to the few years of work by the current team.
Gérard Malherbe M.Afr.
From Petit Echo n° 1027 2012/1