Missionnaires d'Afrique


Paul-Émile Leduc M.Afr
Tanzanie

Mon travail auprès
des catéchistes

J’ai travaillé à la formation des catéchistes de deux façons. D’abord, ce fut en paroisse, en particulier à la paroisse Notre Dame du Rosaire à Misungwi, en Tanzanie, où j’ai travaillé pendant onze ans. Les réunions se faisaient à la fin de chaque mois. Les catéchistes venaient passer une journée complète à la paroisse. Nous regardions ensemble ce qui s’était passé durant le mois qui se terminait, et nous préparions le mois suivant. Entre autres, je leur montrais comment faire des homélies à partir des évangiles du mois.

Ensuite, nous avions l’explication du programme à suivre durant tout le mois. Nous déterminions quels étaient les enfants qui seraient baptisés dans leurs centres respectifs. Nous avions des discussions au sujet des diverses activités de la paroisse. Je célébrais l’eucharistie avec les catéchistes. Nous avions un repas ensemble. L’après-midi, les catéchistes avaient leur réunion entre eux. Je revenais à leur réunion dans la soirée. On me lisait alors la partie du rapport de leur réunion qui pouvait me concerner ou concerner l’ensemble de la paroisse.

Paul-Émile devant l’église de de la paroisse de Misungwi en 2009.Une fois par mois aussi, nous avions une autre réunion d’une journée avec ceux et celles qui donnaient la catéchèse dans nos écoles. Il nous fallait les former à ce ministère. Durant cette journée de réunion, nous leur montrions comment donner des leçons de catéchèse aux élèves de l’école primaire. En Tanzanie, de gros efforts avaient été faits pour offrir aux enseignants de la catéchèse des catéchismes adaptés aux enfants de chacune des classes de l’école primaire. Ces catéchismes étaient aussi entre les mains des enfants. Nous suivions fidèlement ces catéchismes.

En 1992, j’ai été nommé directeur de l’école des catéchistes à Bukumbi. Cela a été un gros défi parce qu’il y avait beaucoup à changer dans cette école qui existait depuis 35 ans.

Ceux qui m’ont précédé, en tant que directeurs de l’école, avaient fait un gros travail concernant cette école. Mais, parce qu’il n’y avait eu aucun prêtre comme directeur de cette école durant environ trois ans, avant que j’y sois nommé, beaucoup de choses avaient été négligées.

Je me suis attaqué d’abord à ce qui concerne le matériel : durant les huit années de mon séjour à cette école, je n’ai cessé de faire réparer ou construire les maisons des catéchistes, les cuisinettes, les toilettes, les endroits pour se laver, etc. Et puis, il y a la chapelle que j’ai réussi dès le début à transformer et à embellir. Je me suis trouvé un endroit sur place pour avoir mon bureau. Au point de vue des livres que les enseignants et les catéchistes avaient à leur disposition, c’était vraiment réduit. J’ai dû acheter plusieurs de ces livres et adapter un système où ces livres ne seraient pas détériorés. J’ai eu à réparer et parfois même à construire certains autres bâtiments comme les salles de classe, le dépôt de nourriture, les maisons des enseignants, les bâtiments où se trouvaient les bébés et les jeunes enfants de la maternelle, et finalement une grande salle pour toutes sortes de besoins.

Paul-Émile parlant avec un professeur de l’école des catéchistes que l’on appelle ¨BUKUMBI CTC¨.Au point de vue académique, il y avait aussi des réformes à faire. Lorsque je suis arrivé à l’école, il y avait deux catéchistes comme enseignants, une dame pour le soin des bébés et une autre qui s’occupait des femmes des catéchistes. Celle-ci était supposée leur enseigner la couture et les soins ménagers. Mais elle n’était pas compétente du tout. Alors, avec l’aide de Sœur Brigitta, une Sœur Blanche, j’ai trouvé une dame qui s’y connaissait très bien dans ce domaine. Des religieuses qui s’occupaient de formation à l’école maternelle m’ont aussi présenté une dame très qualifiée pour ce travail. Au cours des années, une autre dame, qualifiée dans le domaine de la couture et des soins ménagers, s’est jointe à notre personnel. Nous avions reçu gratuitement beaucoup de machines à coudre qui répondaient au nombre croissant des familles de catéchistes que nous acceptions à l’école. Des 13 familles que j’ai trouvées à mes débuts dans cette école, nous sommes arrivés à 25 familles. Nous avons aussi accepté des religieuses qui logeaient dans les deux couvents qui se trouvaient alors à Bukumbi.

Au point de vue discipline, j’ai eu aussi à faire des changements. Il y avait trop de lois et elles étaient trop sévères. Après une réunion avec les catéchistes, nous avons établi ensemble les règlements qui nous convenaient et qui les aideraient à profiter le plus possible de leur séjour d’un an à l’école des catéchistes de Bukumbi.

Avant l’entrée de nouveaux catéchistes à l’école, nous, les membres du personnel de l’école, faisions une petite récollection ensemble. Cela nous préparait davantage à bien recevoir ces nouveaux catéchistes. Le jour de la rentrée, nous nous partagions le travail pour bien les accueillir. Le lendemain de leur arrivée, nous organisions une petite réception pour eux, leur femme et leurs enfants. Il s’agissait de leur servir du thé avec beaucoup de sucre, accompagné de tranches de pain frais. Chose curieuse, à la fin de l’année scolaire, les catéchistes et leur famille aimaient se rappeler cette toute petite réception, assez banale.

Je crois en la valeur des catéchistes dans nos paroisses. Ils continuent ce que le cardinal Lavigerie avait prévu. Il a dit à peu près ceci : ¨L’Afrique va être sauvée par les Africains eux-mêmes¨. J’ai trouvé que les catéchistes à qui j’ai eu affaire à l’école, avaient reçu, de la part du Seigneur, une vocation toute spéciale. Et ils en étaient conscients.

Paul-Émile Leduc M.Afr

Tiré du Petit Echo N° 1027 2012/1

 


 

Missionaries of Africa


Paul-Émile Leduc M.Afr
Tanzania

My work with catechists

I worked at the training of catechists in two ways. Firstly, this was at the parish of Our Lady of the Rosary at Misungwi, where I worked for eleven years. Meetings were held at the end of every month. The catechists came to spend the whole day at the parish. Together, we reviewed the month past and prepared the one ahead. Amongst other things, I showed them how to prepare homilies on the basis of the Gospel Readings of the month. Afterwards, we outlined the programme to follow for the whole month. We decided which children would be baptized in the respective centres. We had discussions on the various parish activities. I celebrated the Eucharist with the catechists. We took our meal together. In the afternoon, the catechists had a meeting among themselves. I returned to their meeting in the evening. They then read to me the part of their meeting that could concern me or the parish as a whole.

Paul-Émile outside the parish church of Misungwi in 2009.Also once a month, we had another meeting of one day with those men and women who gave catechesis in our schools. We needed to train them for this ministry. During this one-day meeting, we showed them how to give catechism lesson to primary school pupils. In Tanzania, significant efforts were made to provide catechism teachers with catechisms adapted to children of each class in primary schools. These catechisms were also given to the children. We followed these catechisms faithfully.

In 1992, I was appointed Director of the Catechists’ School at Bukumbi. This was a great challenge to me as there were many things to be changed in this school that had existed for 35 years.

Those who preceded me as Directors of the School had done great work for it, but as there had been no priest Director for about three years before my appointment, many things had been neglected.

I firstly set about looking after the material. For the eight years I spent at this School, I was constantly repairing or building catechists’ houses, kitchenettes, toilets, wash areas, etc. Then there was the chapel, which from the start I transformed and embellished. I needed to find a place on the premises for my office. The books at the disposal of teachers and catechists were at a minimum. I had to buy several of these books and adopt a system whereby they would not deteriorate. I had to repair and sometimes build some other buildings such as classrooms, food stores, teachers’ houses, the premises for babies and children in the nursery, and finally a hall for all sorts of needs.

Paul-Émile speaking with one of the teachers at ¨BUKUMBI CTC¨, the Catechists’ School at Bukumbi, Tanzania. Also, two women teachers of Home Management courses at the school.There were also reforms to be made on the academic level. When I arrived at the School, there were two catechist-teachers, a lady for looking after the babies and another who looked after the catechists’ wives. They were supposed to learn sewing and house-management skills from her. However, she was not at all competent. Therefore, with the help of Sister Brigitta, a White Sister, I found a lady who was qualified in this area. Likewise, Sisters who looked after training for the nursery found me a very qualified person for this work. Down the years, another qualified lady in sewing and household skills joined our personnel. We received many sewing machines for nothing. This corresponded to the increasing number of catechists’ families that we received at the School. From the 13 families I found when starting in this School, we eventually reached 25. In addition, we accepted Sisters who were accommodated in the two convents that were then at Bukumbi.

I also had to make changes concerning discipline. There were too many rules and they were too severe. After a meeting with the catechists, we established a list of rules which suited us and that would help these catechists to benefit the most from their residence of one year at the Bu­kumbi Catechists’ School.

Before the entry of new catechists to the School, we the members of the School staff had a short recollection together. This increasingly prepared us to welcome these new catechists. On the day of their entry, we shared out the tasks to receive them properly. On the day following their entry, we had a small reception for them, their wives and their children. It was just tea with lots of sugar, served with fresh bread. Curiously enough, it was this unassuming little reception that even at the end of the academic year the catechists and their families liked to recall.

I truly believe in the value of catechists in our parishes. They continue what Cardinal Lavigerie had foreseen. He said, ‘It is the Africans themselves who will continue the work we began.’ I discovered that the majority of the catechists with whom I had to deal at the School had received quite a special vocation from the Lord. Moreover, they knew it.

Paul-Émile Leduc M.Afr.

From Petit Echo n° 1027 2012/1