Addis-Abeba Le 6 septembre 2007
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Conseil Plénier 3
Lineamenta pour le 2e synode pour l'Afrique
La troisième journée du Conseil Plénier, mercredi le 5 septembre, a commencé par une réflexion et un échange sur les Lineamenta du deuxième Synode pour l'Afrique. Ces discussions eurent lieu dans la matinée. Chaque membre du CP avait déjà eu l'occasion de lire attentivement le contenu de ces Lineamenta. Le P. Jim Greene (voir photo), membre du Conseil général de Rome, nous a d'abord donné une introduction avant de nous inviter à partager en petits groupes sur deux questions.
Dans son introduction, Jim nous rappelle que ce document a comme titre " L'Église en Afrique au service de la réconciliation, de la justice et de la paix : Vous êtes le sel de la terre vous êtes la lumière du monde ". Publié en 2006, ce document contient une analyse de la présente situation en Afrique et se termine par une série de 32 questions posées à l'Église d'Afrique pour l'inviter à bien préparer le document de travail qui paraîtra en octobre 2008.
Ces Lineamenta paraissent 11ans après la publication de l'Exhortation apostolique " Ecclesia in Africa " en 1995 et mettent en valeur les thèmes de Réconciliation, Justice et Paix et veulent ainsi souligner combien ces questions sont au cur même de l'évangélisation et de la proclamation pour l'Afrique aujourd'hui. Il est alors important, en tant que Missionnaires d'Afrique, de nous demander comment nous voulons être présents dans cette réflexion sur ce document. Comment la Société des Missionnaires d'Afrique peut être davantage présente au service de la réconciliation, de la paix et de la justice en Afrique et dans le monde africain.
Après cette présentation du document, le P. Jim Greene nous a donné deux questions à discuter en petits groupes pour ensuite partager nos réflexions en assemblée plénière.
1. Tout en étant partie prenante de l'Église, mais à ses frontières, que nous disent l'analyse et l'évaluation des Lineamenta sur notre façon de vivre et de faire la mission?
2. Quels obstacles rencontrons-nous dans notre effort de présence sur les zones de fractures en Afrique et dans le monde africain ? Comment pouvons-nous faire face à ces obstacles ?Une brève visite d'Addis Abeba
Dans l'après-midi de cette meme journée, nous délaissons pour quelques heures nos tables de travail pour faire une visite guidée de la capitale de l'Éthiopie. À 14 heures précises, un car et un minibus nous attendent à la porte d'entrée de notre maison d'accueil. Nos deux guides sont le Père José Bandres, M.Afr. qui vit depuis de très nombreuses années en Éthiopie et un Père Spiritain qui possède aussi un très bonne connaissance du pays.
Pendant les quatre heures de cette visite, nous prenons un contact rapide avec cette mégapole qu'est Addis Abeba. Sa population est d'environ cinq millions d'habitants qui sont, en proportions égales, chrétiens orthodoxes et musulmans. Le nombre de catholiques romains est infime.
On est d'abord frappé, pour peu que l'on se promène dans cette ville, par le nombre d'églises orthodoxes très belles avec leurs peintures, leurs icones et leur architecture. En dehors des services liturgiques, ces églises sont fermées mais ells attirent,autour d'elles, au cours de la journée, beaucoup de fidèles qui viennent prier dans leurs enceintes. Ces croyants orthodoxes nous donnent un veritable témoignage de foi. Quand ils passent devant une église, ils prennent le temps de faire, publiquement et ostensiblement, des signes de croix et s'incliner respectueusement. Certains n'hésitent pas à baiser les portes de l'église ou bien à prier ouvertement en s'appuyant contre ses murs.
Pour ces chrétiens orthodoxes, non seulement l'église mais son entourage immediate est un lieu sacré qui leur permet de communier au Christ present dans ce temple. Il n'est pas rare de voir des hommes ou des femmes tenir un cierge allumé dans la cour de l'église et prier quelque temps avant de retourner à la maison, après leur travail de la journée. Beaucoup viennent écouter, à l'extérieur, le prêtre orthodoxe qui prie, prêche et donne une catéchèse sur divers themes, pendant une heure ou deux. Dans l'entourage des églises orthodoxes vivent des moines et des moniales, souvent dans de petites maisons, qui sont au service des fidèles qui viennent les consulter et demander leurs conseils.
On ne peut pas demeurer indifférent devant une telle manifestation publique de foi.
La ville d'Addis Abeba est située à 2 400 mètres d'altitude. Elle est en fait une des plus hautes capitales du monde. Elle est entourée de montagnes qui peuvent atteindre plus de 3 500 mètres. Ce qui confère à cette ville un climat frais.
Comme toutes les grandes villes des pays africains, Addis Abeba attire continuellement beaucoup de gens, venant des villages environnants, qui viennent s'installer dans cette capitale, espérant ainsi trouver du travail et plus de confort matériel. Tous n'ont pas cette chance et c'est pourquoi la pauvreté est visible dans quelques quartiers de la ville. Les rues de la capitale sont bordées de nombreux commerces et de boutiques de toutes sortes. On y trouve de tout.
Mais le traffic de voitures est intense. Et pourtant, dans tout ce brouhaha de klaxons, de bruits de toutes sortes, les gens semblent heureux. Ils sourient et saluent facilement. Et on se sent à l'aise dans cette ville bruyante et animée.
De nombreux palais, très imposants par leur architecture, qui autrefois appartenaient à l'empereur Hailé Sélassié, sont maintenant transformés en bâtiments de service public. Nous avons visité l'Institut des sciences éthiopiennes qui abritent des bibliothèques et un musée contenant des objets qui nous permettent de mieux comprendre l'histoire de ce pays fascinant.
Beaucoup d'autres choses pourraient être dites au sujet d'Addis Abeba. Mais ce n'était qu'une première visite. Nous aurons l'occasion de vous informer davantage sur la situation religieuse et économique du pays après avoir rencontré quelques personnes en autorité dans ces domaines.
Portez-vous bien. Salutations fraternelles.
Addis Abeba, Éthiopie,
Le jeudi 6 septembre 2007Michel Carbonneau M.Afr.
Addis-Ababa 6th September 2007
Plenary Council 3
Lineamenta for the Second Synod on Africa
The third day of the Plenary Council, Wednesday the 5th September began with a reflection and interchange on the Lineamenta for the Second Synod on Africa. These discussions took place in the course of the morning. Every member of the PC had already had the opportunity to read attentively the content of these Lineamenta. Fr Jim Greene, member of the General Council in Rome, firstly gave us an introduction before inviting us to share in small groups on two questions.
In his introduction, Jim reminded us that the title of this document is
'The Church In Africa In Service To Reconciliation, Justice And Peace
"You are the salt of the earth...
You are the light of the world" (Mt 5: 13-14)
Published in 2006, this document contains an analysis of the current situation in Africa and concludes with a series of 32 questions asked of the African Church to invite it to prepare thoroughly the working document that will come out in October 2008.
These Lineamenta appear 11 years after the publication of the 1995 Apostolic Exhortation 'Ecclesia in Africa' and highlight the themes of Reconciliation, Justice and Peace; in this way, they seek to emphasise how much these issues are at the heart of evangelisation and proclamation for Africa today. It is therefore paramount, as Missionaries of Africa, to ask ourselves in what way do we wish to be involved in this reflection on this document. How can the Society of Missionaries of Africa be more involved at the service of reconciliation, peace and justice in Africa and in the African world?
After this presentation of the document, Fr Jim Greene proposed two questions for discussion in small groups and to share our reflections later in the plenary assembly.
1. While fully actively involved in the Church, but at its outer reaches, what does the analysis and evaluation of the Lineamenta tell us about our way of living and performing our Mission?
2. What are the obstacles we come across in our efforts to be present in fracture zones in Africa and in the African world ? How can we face up to these obstacles?A brief tour of Addis Abeba
In the afternoon of the same day, we forsook our desks for a few hours to have a guided tour of the capital of Ethiopia. At exactly 2pm, a coach and minibus were wafting for us at the entrance to our guesthouse. Our two guides were Father José Bandres, MAfr, who has lived for many years in Ethiopia and a Spiritan Father who also knows the country very well.
For the four hours of the tour, we had a rapid overview of the megalopolis of Addis Ababa. It has a population of around five million, divided in equal proportions between Christian Orthodox and Muslims. The number of Roman Catholics is infinitesimal.
Even a short walk in this city reveals the striking number of very beautiful Orthodox Churches with their paintings, icons and architecture. Outside liturgical services, these churches are closed, but around them in the course of the day they draw many faithful who come to pray on the precincts. These Orthodox believers gave us an impressive testimony to their faith. When they pass in front of a church, they take the time to make a sign of the cross and bow respectfully, publicly and openly. Some do not hesitate to kiss the doors of the church or else pray openly, propping themselves against its walls.
For Orthodox Christians, not only is the church sacred, but also its immediate precincts, enabling them to enter into communion with Christ present in this temple. It is not infrequent to see men and women hold a lit candle in the courtyard of the church and pray for a while before returning to their homes after their daily work. Many come to listen on the outside for an hour or two to the Orthodox priest praying, preaching and catechising on various topics. In the surroundings of Orthodox churches, there are monks and nuns who often live in little houses and are at the service of the faithful who come to consult them and ask their advice. It is hard to remain indifferent faced with such a public display of faith.
Addis Ababa is 2,400 metres above sea level. It is one of the highest capitals in the world and is surrounded by mountains that rise to 3,500 metres. This provides the city with a cool climate.
Like all major cities in African countries, Addis Ababa continually draws many people, coming from surrounding villages, arriving to set up in the capital, hoping to find work and more material comfort. Not all have this opportunity and therefore poverty is very visible in some neighbourhoods of the city. The streets of the capital are lined with many businesses and shops of every kind. You can find anything there. However, the traffic is intense. Nonetheless, in all this commotion of car horns blaring and all kinds of noise, the people seem content. They smile and greet each other with ease. Moreover, you feel relaxed in this noisy and lively city.
Many very architecturally imposing palaces, which used to belong to Emperor Haile Selassie, have been converted into public service buildings. We visited the Institute of Ethiopian Sciences that houses libraries and a museum containing artefacts that enabled us to understand better the history of this fascinating country.
Many other things could be said about Addis Ababa, but this was only the first visit. We will have the opportunity to inform you better on the religious and economic state of the country after meeting some people qualified in these areas.
Stay well. Fraternally yours,
Addis Ababa, Ethiopia,
Thursday 6 September 2007
Michel Carbonneau, MAfr.
Translation Fr Donald MacLeod