A 40 km à l'est d'Alger où il y a lieu le tremblement de terre en 2003 et où les gens continuent à vivre dans des demi-conteneurs en attendant la restauration de leurs maisons ou une maison toute neuve, les activité de la colo ont eu lieu pendant 3 semaines du 23 juillet au 10 août 2005.
Cest ainsi que nous pouvons qualifier notre présence au Corso au milieu des habitations provisoires suite au tremblement de terre de 2003. Tout au long du mois de juin nous nous sommes attelés, avec les jeunes du village, à terminer les deux petits chalets et à construire une immense surface couverte de roseaux de cent mètres carrés pour créer un espace de lombre permettant aux moniteurs et monitrices de la colonie de vacances dy organiser des activités.
Toutes les photos s'agrandissentEt voilà le grand jour de louverture arrivé. Nayant pu avertir personne du début de nos activités, à part évidement les autorités locales, nous sommes allés de porte en porte pour inviter les parents à envoyer leurs enfants. Laccueil fut chaleureux et en moins dune heure nous avions cinquante enfants et le lendemain plus de cent! Parmi eux un certain nombre dhandicapés physiques, auditifs et mentaux.
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Chaque matin ce jeune handicapé de 6 ans fut emmené sur une distance de quelques kilomètres pour que lui aussi puisse sortir de la maison provisoire et ainsi se détendre avec les autres jeunes de son âge.
Dès le premier jour les petits fanions de toutes les couleurs, les chants et les cris de joie donnaient un ton de gaieté dans cet endroit, à premier abord, un peu triste ! Une image nous est restée fortement présente dans nos esprits lorsque nous voyions chaque matin un de nos moniteurs pousser un fauteuil roulant avec dedans son petit voisin de dix ans sur une distance de plus trois kilomètres, parfois entre les trous et les cailloux, pour rejoindre notre campement ! Ou encore cette jeune fille de quatorze ans qui venait tous les matins avec son petit frère handicapé mental afin qui lui aussi pouvait sortir du chalet de ses parents. Il y avait parmi nous aussi ce grand sourd et muet, âgé dune vingtaine dannée, atteint en plus de sa surdité dun autre handicap : il ne pouvait retenir la salive de sa bouche ! Et bien malgré son aspect parfois repoussant, il était accepté par tous et faisait vraiment partie de la colo !
Alors quelle joie pendant trois semaines de pouvoir se détendre, de chanter, de courir, de nager, de jouer aux boules, de faire du théâtre, de dessiner, détudier de langlais ou du français, de jouer au scrabble en langue arabe ou française et de sinitier en informatique dans toutes les langues sous linspiration dune solide équipe danimateurs et animatrices dont notre bien connu Fabrice. Un très bon repas a pu être servi tous les jours grâce au savoir faire de Rabea et sa sur, laissant pour une fois lenseignement de la langue arabe dialectale pour la préparation dune bonne chorba algéroise ! Un grand moment fut aussi la construction dune maquette du lieu de notre présence avec au fond un immense tableau exprimant les vux de paix et de bonheur des enfants.
Le dernier jour, la fête finale fût marquée par la présence de nombreux invités dont les parents avec une présence massive des mamans. Tous ont adoré cette petite fille Wafa, abandonnée par ses parents, tellement heureuse dêtre là et de pouvoir réciter la lettre y de lalphabet. Nous avons tous été marqués par la gentillesse et la politesse des enfants, laccueil chaleureux des habitants de la cité et laide discrète et efficace des services de lordre.
Vraiment pour moi cela fut la plus belle colo de ma vie avec le minimum de moyens ! Merci à tous ceux qui, par leur présence sur le terrain ou leur aide, quelle qui soit, nous ont permis de vivre ces trois semaines de joie intense.
Jan Heuft. Père Blanc en Algérie