En nous envoyant un texte sur le dialogue interreligieux, Denys Pillet, Père Blanc au Sahara, nous rappelle une parole de notre Supérieur Général, Gérard Chabanon, à lassemblée post-capitulaire de la Province du Maghreb, les 28-31décembre 2004 à Alger : Il nous faut réfléchir sur une théologie, une mystique de la rencontre.
Denys commente : Notre Supérieur répondait là à notre demande, lors du Chapitre, à propos dune vision claire de la Mission, spécialement dans la relation aux musulmans. Jai alors envoyé au Conseil Général un dossier intitulé : Une théologie, une mystique de la rencontre... dont Gérard ma remercié le 1er avril 2005 (lettre Prot 05 0299) disant : Votre questionnement et votre praxis au Maghreb sont des points de repères pour lensemble de la Société. (...) Cette mystique de la rencontre est incontournable aujourdhui. Et Denys ajoute, en envoyant son texte au Petit Écho : Voici ce que jai écrit sur la question pour La lettre du diocèse de Laghouat, à la demande de Claude, notre évèque.
Pour une théologie de la
rencontre interreligieuseIl y a 31 ans, le 8 décembre 1975, le Pape Paul VI, dix ans après le Concile, adressait à lÉglise catholique lencyclique Evangelii nuntiandi, faisant suite au synode de 1974 sur lévangélisation.
Le P. Jacques Dupuis dans son livre Jésus-Christ à la rencontre des religions (Desclée 1989) passe en revue les diverses opinions au sujet des religions non chrétiennes. Page 164, il écrit: (La théologie traditionnelle soutient que) les religions de lhumanité sont des expressions variées de lhomo naturaliter religiosus, et donc religion naturelle. Le christianisme seul, en tant que réponse divine à la quête humaine de Dieu est religion surnaturelle. Et il continue : Cette première opinion peut être illustrée par des auteurs écrivant durant la première moitié de ce siècle dans un contexte asiatique. ...
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Bas-relief sur la basilique Ste-Marie-des-Anges à Assise rappelant Jean-Paul II et la rencontre interreligieuse de prière pour la paix en octobre 1986.Elle est reprise et appuyée par nombre de théologiens occidentaux tels J. Daniélou, H. de Lubac, H. Urs von Balthasar et autres. Elle se retrouve également dans lexhortation apostolique Evangelii Nuntiandi (1975) de Paul VI, faisant suite au synode des évêques de 1974 sur lévangélisation du monde moderne. Tout en reconnaissant que les religions contiennent certaines valeurs positives, le pape les réduit néanmoins à porter lécho dune quête sincère de Dieu par lhomme. Il poursuit : Les expressions religieuses naturelles les plus dignes destime ne réussissent pas à établir avec Dieu un rapport authentique et vivant - que seul le christianisme instaure effectivement - bien quelles tiennent pour ainsi dire leurs bras tendus vers le ciel (Ev. Nun. n° 53). Les autres religions expriment donc, de bas en haut, laspiration humaine vers Dieu ; elles sont naturelles. Le Christ et le christianisme sont la réponse donnée par Dieu à laspiration humaine ; là seulement est la religion surnaturelle (fin de citation du P. Dupuis).
Dès 1979, soit quatre ans après Evangelii Nuntiandi, dans lencyclique Redemptor hominis, au n° 6, Jean-Paul II parle de la fermeté de la croyance des membres des religions non chrétiennes, effet, elle aussi, de lEsprit de vérité opérant au-delà des frontières visibles du Corps mystique (qui) devrait faire honte aux chrétiens si souvent portés à douter.
Nous sommes loin dune humanité divisée en naturel et surnaturel où les bras tendus vers le ciel ne réussissent pas à établir un rapport authentique et vivant avec Dieu. Cest de Dieu, Père de tous, que vient le don de la prière vraie car il ny a pour nous quun seul Dieu, le Père, de qui tout vient et vers qui nous allons et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes (1 Corinthiens 8, 6). Cest de Dieu Père des lumières que vient tout don de valeur et tout cadeau parfait (Jacques 1, 17).
Le 21 Février 1981, Jean-Paul II sadressant aux peuples dAsie leur dit : Nous sommes sûrs que chaque fois que lesprit humain souvre dans la prière à ce Dieu inconnu, un écho sera entendu de cet Esprit qui, connaissant les limites et les faiblesses de la personne humaine, prie lui-même en nous et pour nous en gémissements inexprimables (Romains 8, 26) (cité par J. Dupuis p. 209).
Le 19 août 1985, à linvitation du roi du Maroc, Hassan II, Jean-Paul II sadresse à 90.000 jeunes Marocains rassemblés sur le stade de Casablanca et leur dit : Jinvoque tout dabord le Très Haut, le Dieu tout-puissant qui est notre créateur. Il est à lorigine de toute vie, comme il est à la source de tout ce qui est bon, de tout ce qui est beau, de tout ce qui est saint (n°2). LÉglise catholique regarde avec respect et reconnaît la qualité de votre démarche religieuse, la richesse de votre tradition spirituelle (n° 10). Jean-Paul II termine son discours concret et pratique pour ces jeunes par un prière inspirée du langage traditionnel de la prière musulmane.
Le 18 mai 1986, paraît lencyclique Dominum et Vivificantem, sur lEsprit Saint dans la vie de lÉglise et du monde. Au n° 65, cette magistrale affirmation : Il est beau et salutaire de penser que partout où lon prie dans le monde, lEsprit Saint, souffle vital de la prière, est présent.
Puis a lieu lévénement majeur de la prière pour la paix à Assise, le 27 octobre 1986, où 130 représentants de 12 religions différentes répondent à linvitation de Jean-Paul II. Quil nous soit permis de faire remarquer quon ninvite pas à prier des gens dautres religions dont on estime que leurs bras tendus vers le ciel ne réussissent pas à établir un rapport authentique et vivant avec Dieu. Cest donc que dans linvitation de Jean-Paul II, il y a implicitement mais indubitablement une reconnaissance de la valeur que peut avoir la prière de non-chrétiens et également la valeur de la prière faite ensemble, chacun selon sa conscience et sa tradition religieuse.
Aux cardinaux dans son discours du 22 décembre 1986, où il leur partage sa réflexion sur la journée dAssise, Jean-Paul II est très explicite. Au n° 3 : Il ny a quun seul dessein divin pour tout être humain un principe et une fin uniques Les différences sont un élément moins important par rapport à lunité qui, au contraire, est radicale, fondamentale et déterminante. Au n° 5 : À la lumière de ce mystère , les différences de tout genre, en premier lieu, les différences religieuses, dans la mesure où elles sont réductrices du dessein de Dieu, se révèlent en effet comme appartenant à un autre ordre. Si lordre de lunité est celui qui remonte à la création et à la rédemption et sil est donc en ce sens divin, ces différences même religieuses remontent plutôt à un fait humain et doivent être dépassées dans le progrès vers la réalisation du grandiose dessein dunité qui préside à la création. Il y a certes des différences dans lesquelles se reflètent le génie et les richesses spirituelles données par Dieu aux nations (AG 11). Ce nest pas à elles que je me réfère. Jentends faire allusion aux différences dans lesquelles se manifestent les limites, les évolutions et les chutes de lesprit humain tenté par lesprit du mal dans lhistoire (Lumen Gentium 16). ... Les hommes peuvent souvent ne pas être conscients de leur unité radicale dorigine, de destin et dinsertion dans le plan même de Dieu et, lorsquils professent des religions différentes et incompatibles entre elles, ils peuvent même ressentir leurs divisions comme insurmontables. Mais malgré cela, ils sont inclus dans le grand et unique dessein de Dieu, en Jésus-Christ, qui sest uni dune certaine manière à tous les hommes (Gaudium et Spes 22) même si ceux-ci nen sont pas conscients.
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Du français, de larabe et du berbère (tamazight) à lintérieur de la basilique N.-D. dAfrique, Alger, visitée et respectée par les Algérois comme un lieu de prière.Et au n° 11 : Là, (à Assise) on a découvert, de manière extraordinaire, la valeur unique qua la prière pour la paix et même que lon ne peut obtenir la paix sans la prière et la prière de tous (souligné dans le texte), chacun dans sa propre identité et dans la recherche de la vérité. Cest en cela quil faut voir à la suite de ce que nous venons de dire, une autre manifestation admirable de cette unité qui nous lie au-delà des différences et des divisions de toutes sortes. Toute prière authentique se trouve sous linfluence de lEsprit qui intercède avec insistance pour nous car nous ne savons que demander pour prier comme il faut mais Lui prie en nous (cf. LG n° 4) avec des gémissements inexprimables et Celui qui scrute les curs sait quels sont les désirs de lEsprit (Romains 8, 26-27). Nous pouvons en effet retenir que toute prière authentique est suscitée par lEsprit-Saint qui est mystérieusement présent dans le cur de tout homme.
Cest ce que lon a également vu à Assise : lunité qui provient du fait que tout homme et toute femme sont capables de prier, cest-à-dire de se soumettre totalement à Dieu et de se reconnaître pauvre devant lui. La prière est un des moyens pour réaliser le dessein de Dieu parmi les hommes (Ad Gentes n°3). Il a été rendu manifeste de cette manière que le monde ne peut pas donner la paix (Jean 14, 27) mais quelle est un don de Dieu et quil faut lobtenir de lui par la prière de tous.
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La mosquée Ketchaoua, à Alger, fut construite en 1794 par les Ottomans (les Turcs). Après la conquête française de 1830, elle servit de cathédrale (celle du Cardinal Lavigerie). Après lindépendance, en 1962, elle redevint un lieu de culte musulman.
En 1990, dans lencyclique Redemptoris Missio au n° 29, après avoir réaffirmé que la rencontre interreligieuse dAssise ( ) a été loccasion de redire ma conviction que toute prière authentique est suscitée par lEsprit-Saint, qui est mystérieusement présent dans le cur de tout homme, il ajoute : Laction universelle de lEsprit nest pas à séparer de laction particulière quil mène dans le Corps du Christ quest lEglise. En effet, cest toujours lEsprit qui agit quand il vivifie lEglise et la pousse à annoncer le Christ ou quand il répand et fait croître ses dons en tous les hommes et en tous les peuples, amenant lEglise à les découvrir, à les promouvoir et à les recevoir par le dialogue. Il faut accueillir toutes les formes de la présence de lEsprit avec respect et reconnaissance, mais le discernement revient à lÉglise à laquelle le Christ a donné son Esprit pour la mener vers la vérité tout entière.
Tout ceci est dailleurs repris en un raccourci vigoureux lors de laudience générale du 9 septembre 1998 dont voici un extrait significatif : LÉglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Elle considère avec un respect sincère ces manières dagir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoi quelles diffèrent en beaucoup de points de ce quelle-même tient et propose, cependant apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes (Nostra Aetate n°2) Les semences du Verbe présentes et agissantes dans les diverses traditions religieuses sont un reflet de lunique Verbe de Dieu qui illumine chaque homme (Jean 1, 9) Elles sont à la fois un effet de lEsprit-Saint au-delà des limites visibles du Corps mystique et qui souffle où il veut (Jean 3, 8) (cf. Redemptor Hominis 6 et 12). Précisément en vertu de la présence et de laction de lEsprit, les éléments de bien à lintérieur des diverses religions disposent mystérieusement les curs à accueillir la révélation plénière de Dieu en Jésus Christ. Pour les raisons rappelées ici, lattitude de lEglise et de chaque chrétien à légard des autres religions est caractérisée par un respect sincère, une profonde sympathie une collaboration cordiale. Cela ne signifie pas oublier que Jésus Christ est lunique médiateur et sauveur du genre humain, ni même ralentir laction missionnaire (Matthieu 28, 19). Lattitude de respect et de dialogue constitue plutôt une reconnaissance des semences du Verbe et des gémissements de lEsprit.
Affaire ni de mode, ni didéologie, ni de sociologie ou de stratégie, la rencontre et la relation interreligieuses sont bien une affaire de foi, de théologie et de mystique. Cest à pareille source que doit se nourrir aujourdhui la spiritualité missionnaire afin de mieux comprendre et respecter la présence et laction de lEsprit-Saint en ceux quil envoie et en ceux auxquels ils sont envoyés. Le changement de regard évoqué par le contraste entre Evangelii Nuntiandi de Paul VI et lenseignement insistant de Jean-Paul II nous appelle à sans cesse convertir notre regard.
On peut aussi relire les orientations des évêques dAlgérie au sujet de la relation avec les autres communautés chrétiennes en date du 18 octobre 2004, suite à lassemblée inter-diocésaine de septembre 2004. Le prosélytisme vrai ou supposé dautres confessions chrétiennes dans ce pays musulman appelait en effet une clarification de la présence, de laction et de la position de lÉglise catholique, spécialement du fait des remous suscités par et dans les médias, etc. Aussi, après avoir souligné que les chrétiens algériens sont au cur de notre Église, les évêques ajoutent : Nous voulons aussi, de toutes nos forces, garder le don que Dieu nous a fait et dont nous apprécions toute la grandeur, celui dune rencontre respectueuse de nos frères musulmans, dans le respect de leur identité personnelle et communautaire. Nous croyons que Dieu nous appelle à vivre dans le respect de lautre, même sil nest pas baptisé. Il nous invite à nous faire proches de tous. Nous voulons demeurer libres de reconnaître le don de Dieu dans la vie de nos frères qui ne sont pas baptisés, comme Jésus admirant la foi du centurion. Nous voulons, à la fois, respecter les frères et les soeurs des nouvelles communautés (chrétiennes en Algérie) mais aussi leur dire que nous voulons offrir à Dieu, dans le pays, une Église du respect de lautre, de la réconciliation et de la communion par-dessus toutes les frontières.
Denys Pillet
In sending us an article on interreligious dialogue, Denys Pillet, a White Father in the Sahara reminds us of the words of our Superior General Gérard Chabanon during the Post-Capitular Assembly in Algiers from the 28-31 December 2004. We need to think about a theology, a mystique of encounter.
Denys commented, Our Superior was then responding to our request made during the Chapter for a clear vision of Mission, in particular in relation to Muslims. I then sent a dossier to the General Council entitled, A theology, a mystique of encounter. Gérard thanked me for this on the 1st April 2005 (Prot 05 0299), adding, Your questioning and praxis in the Maghreb are points of reference for the whole Society This mystique of encounter is unavoidable today. When sending the article to the PE, Denys added, This is how I wrote about it for the Letter of the Diocese of Laghouat, at the request of Claude, our Bishop.
Towards a theology of Interreligious Encounter
On the 8th December 1975, ten years after the Second Vatican Council, Pope Paul VI addressed the encyclical Evangelii Nuntiandi to the Catholic Church, as follow-up to the 1974 Synod on Evangelisation.
In his book Jésus à la rencontre des religions, (Desclée 1989) (Jesus Christ at the Encounter of World Religions, Orbis Book, 1991), Fr Jacques Dupuis S.J., reviews the various opinions on the subject of non-Christian religions. On p. 64 he writes, The religions of humanity are the various expressions of homo naturaliter religiosus, and therefore natural religion. Only Christianity, perceived as a divine response to the human quest for God is a supernatural religion.
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October 27 1986, John Paul II went to Assisi to pray for peace with religious leaders of 12 religions. Bas relief sculpture in the porch of Saint Mary of the Angels Basilica.He continues, This first opinion can be illustrated by authors writing during the first half of this century in an Asian context. It is taken up again and stressed by a number of Western theologians, such as J. Daniélou, H. de Lubac, H. Urs von Balthasar and others. It can also be found in the apostolic exhortation Evangelii Nuntiandi (1975) of Paul VI, following on the 1974 Synod of Bishops on Evangelisation and the modern world. Recognising that religions contain certain positive values, the Pope nevertheless reduces them to a mere echoing of mans sincere quest for God. He continues, Even in the face of natural religious expressions most worthy of esteem, they do not succeed in establishing an authentic and living relationship with God. In other words, our religion effectively establishes with God an authentic and living relationship which the other religions do not succeed in doing, even though they have, as it were, their arms stretched out towards heaven. (Ev. Nun. 53) Other religions, therefore, comprehensively express a human aspiration towards God; they are natural. Christ and Christianity are the response given by God to this human aspiration: there alone is religion supernatural (End of quotation from Fr. Dupuis).
In 1979, four years or so after Evangelii Nuntiandi, John Paul II spoke in Redemptor hominis n° 6, of the firm belief of the followers of the non-Christian religions - a belief that is also an effect of the Spirit of truth operating outside the visible confines of the Mystical Body - can make Christians ashamed at being often themselves so disposed to doubt concerning the truths revealed by God.
We are far from that humanity divided into natural and supernatural, where other religions do not succeed [in effectively establishing with God] an authentic and living relationship their arms stretched out towards heaven. The gift of true prayer comes from God the Father of all, still, for us there is one God, the Father, from whom all things come and for whom we exist; and there is one Lord, Jesus Christ, through whom all things come and through whom we exist (1 Corinthians 8: 6). It is all that is good, everything that is perfect, which is given us from above; it comes down from the Father of all light (James 1: 17).
On the 21st February 1981, speaking to the peoples of Asia, John Paul II said, We are convinced that each time the human spirit opens itself in prayer to this unknown God, an echo will be heard by this Spirit, who knowing the limitations and weaknesses of the human person expresses our plea in a way that could never be put into words (Romans 8: 26) (op. cit. J. Dupuis p. 209).
On the 19th August 1985, at the invitation of Hassan II, King of Morocco, John Paul II addressed 90,000 young Moroccans gathered in Casablanca stadium and told them, I invoke first of all the Most High, Almighty God our Creator. He is the source of all life, as he is the origin of all that is good, beautiful and holy, (N°2). The Catholic Church views with respect and recognises the quality of your religious approach, the richness of your spiritual tradition, (N° 10). John Paul II concluded his solid and practical speech to these young people by a prayer inspired by the traditional language of Muslim prayer.
On the 18th May 1986, the encyclical Dominum et Vivificantem, on the Holy Spirit in the life of the Church and the world appeared. In it, there is this magisterial affirmation: It is a beautiful and salutary thought that, wherever people are praying in the world, there the Holy Spirit is, the living breath of prayer (N° 65).
Then came the major event of the peace prayer in Assisi on the 27th October 1986. 130 representatives of 12 different religions responded to the invitation of John Paul II. We would just like to point out that you do not invite people of other religions to pray whom you consider do not succeed [in effectively establishing with God] an authentic and living relationship their arms stretched out towards heaven. It is therefore in the invitation of John Paul II that there is an implicit and unquestionable recognition of the worth of non-Christian prayer and the value of praying together, each according to his conscience and religious tradition.
He was very explicit in his speech to the Cardinals on the 22 December 1986 when he shared his reflection on the day at Assisi. In n° 3: There is but a single divine plan for all human beings: a unique principle and final end. The differences are a less important factor than unity, which, by contrast, is radical, fundamental and determinant. In n° 5: In the light of this mystery, the differences of all kinds, in the first place religious differences, to the degree that they are reductive of the plan of God, show themselves as belonging to another order. If the order of unity is such that it goes back to creation and redemption, and if it is therefore in this sense divine, these differences, even religious, go back to a human factor and must be overcome in the progress towards the realisation of the grand design of unity which reigns over creation. There are admittedly differences in which the genius and spiritual riches given by God to the nations are reflected. (What treasures a generous God has distributed among the nations of the earth AG 11.) (It is not to these I refer. I am alluding to the differences in which the limitations, the development and the descent of the human spirit tempted by the evil spirit in history, are manifest, (Lumen Gentium 16). Men can often be unaware of their radical oneness in origin, destiny and insertion into the actual plan of God. When they profess differing and incompatible religions they can even feel that their divisions are insurmountable. In spite of that, however, they are included in the great and unique plan of God in Jesus Christ, who in a certain way made himself one with all men, (Gaudium et Spes 22), even if they are not aware of it.
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French, Arabic and Berber (tamazight) can be read in Notre-Dame dAfrique Basilica, in Algiers. The townspeople visit it with respect as a place of worship.
Further, in n° 11: There (in Assisi) we discovered in an extraordinary way the unique value of praying for peace and even that we cannot have peace without prayer and the prayer of all (underlined in the text), each with his own identity and quest for truth. It is in this that we need to see in consequence to what we have just said, another admirable manifestation of this unity, binding us together beyond differences and divisions of all kinds. All authentic prayer is under the influence of the Spirit, interceding for us as we do not know how to ask properly in prayer, but He prays in us (cf. LG n° 4) The Spirit too comes to help us in our weakness. For when we cannot choose words in order to pray properly, the Spirit himself expresses our plea in a way that could never be put into words, (Romans 8: 26-27). God who knows everything in our hearts knows perfectly well what he means and that the pleas of the saints expressed by the Spirit are according to the mind of God. We can in fact draw from this that every true prayer arises from the Holy Spirit who is mysteriously present in the heart of every individual.
What we also saw in Assisi was unity, which comes from the fact that every man and woman is capable of prayer, that is to say, to submit totally to God and to recognise our poverty before him. Prayer is one of the means to realise the plan of God among men, (Ad Gentes n°3). It has been made clear that the world cannot give peace, but that it is a gift of God and we need to obtain it from him by the prayer of all. My own peace I give you, a peace the world cannot give, this is my gift to you (John 14: 27).
In 1990, in the encyclical Redemptoris Missio n° 29, John Paul II reaffirmed, The interreligious encounter of Assisi was the opportunity to restate my conviction that every true prayer arises from the Holy Spirit, who is mysteriously present in the heart of every individual. He added, The universal action of the Spirit is not to be separated from the particular action that he conducts in the Body of Christ, which is the Church. Indeed, the Spirit is always acting to vivify the Church and compels her to proclaim Christ, or when he spreads and nurtures his gifts in all men and in all peoples, leading the Church to discover them, promote them and receive them in dialogue. We must welcome all the forms of presence of the Spirit with respect and gratitude; however, discernment of them lies with the Church, to whom Christ gave his Spirit to lead her towards complete truth.
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The Ketchaoua Mosque, in Algiers, built in 1794 by the Ottomans (the Turks). After the French conquest of 1830, it was transformed and used as a cathedral (of Cardinal Lavigerie, later on). Since Independence, in 1962, it is again a mosque.
Moreover, all this was reiterated in a vigorous summary during the general audience of 9th September 1998, including this noteworthy extract: The Catholic Church rejects nothing that is true and holy in these religions. It considers with sincere respect these ways of doing and being, these rules and doctrines, which, whereas they differ in many points in what the Church holds and proposes, nonetheless often bring a ray of truth that enlightens all men. (Nostra Aetate n°2). The seeds of the Word, present and active in diverse religious traditions are a reflection of the unique Word of God that enlightens every man (John 1:9). They are simultaneously an effect of the Holy Spirit beyond the visible confines of the Mystical Body and who blows where he wills, (John 3: 8), (cf. Redemptor Hominis 6 and 12). Precisely in virtue of the presence and action of the Spirit, the elements for good within diverse religions mysteriously dispose hearts to receive the full revelation of God in Jesus Christ. For the reasons recalled here, the attitude of the Church and of each Christian with regard to other religions is characterised by a sincere respect and deep fellow-feeling warm collaboration. This does not mean forgetting that Jesus Christ is the unique mediator and saviour of the human race, or even to slow the pace of missionary action (Matthew 28: 19). Instead, the attitude of respect and dialogue constitutes recognition of the seeds of the Word and the prayer of the Spirit in a way that could never be put into words.
Interreligious relations and encounter are not a matter of fashion, ideology, sociology or strategy, but instead much more a matter of faith, theology and mystique. It is from sources like these that missionary spirituality today should draw to better understand and respect the presence and action of the Holy Spirit in those whom he sends and in those to whom they are sent. The change of viewpoint evoked by contrasting Evangelii Nuntiandi of Paul VI and the insistent catechesis of John Paul II calls us to a constant conversion of our views.
We could also reread the orientations of the bishops of Algeria on the subject of Relations with other Christian communities, dated the 18th October 2004, following on the inter-diocesan assembly of September that year. The real or supposed proselytising of other Christian denominations in this Muslim country required a clarification for the presence, action and position of the Catholic Church, especially in view of the uproar by and within the media, etc. In addition, after having underlined that Algerian Christians are at the heart of our Church, the bishops added, We also seek with all our strength to preserve the gift God has given us and of which we appreciate all its grandeur, that of a reverential encounter with our Muslim brothers, in respect for their personal and community identity. We believe God calls us to live in respect for others, even if they are not baptised. He invites us to come close to all peoples. We seek to remain free to recognise the gift of God in the lives of our brothers who are not baptised, just as Jesus admired the faith of the centurion We seek simultaneously to respect the brothers and sisters of new (Christian) communities (in Algeria), but also to tell them that we seek to offer to God, in this country, a Church respectful of others, in reconciliation and communion above and beyond any border.
Denys Pillet