EN CHEMIN

Le bulletin du Centre Foi et Rencontre

Centre Foi et Rencontre BP 298 Bamako (Mali)
Téléphone : (223) 229 68 42
Mails : foietrencontre@yahoo.fr / cfrencontre@afribone.net.ml
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DECEMBRE 2006 n°13

Rédaction : Equipe du Centre Foi et Rencontre
Responsable : Père Josef Stamer M.Afr


ÉDITORIAL : EN CHEMIN… DEPUIS CINQ ANS ! !

Le 26 novembre 2001, deux Missionnaires d'Afrique se sont installés à Hamdallaye, dans les annexes de l'ancien séminaire Pie XII pour donner corps à une initiative conjointe de Monseigneur Jean Zerbo, archevêque de Bamako, et des Missionnaires d'Afrique : le Centre " Foi et Rencontre ". Il a fallu plus d'une année à l'équipe initiatrice pour bien préciser les objectifs du Centre, ses publics-cibles, pour réunir aussi une équipe plus large de collaborateurs et pour initier les travaux de réfection du bâtiment que Monseigneur l'archevêque avait gracieusement mis à leur disposition. Ce bâtiment a finalement pu être occupé en début d'année 2004 et a été officiellement inauguré le 12 octobre 2004.

Le Centre " Foi et Rencontre " a donc 5 ans !... 5 ans, ce n'est pas un jubilé, il n'y a rien à fêter. Pourtant 5 ans nous a semblé un moment opportun pour mesurer le chemin parcouru et pour mieux cibler les objectifs. Initiative de l'Église catholique, le Centre prend ses racines dans une des grandes orientations du Concile Vatican II : Tous les hommes, quelque soit leur foi ou leur pratique religieuse, sont sur une même route du fait qu'ils ont une même origine et que, selon le plan de Dieu, leur destinée est la même pour tous. Ainsi notre vocation de chrétiens au Mali n'est autre que de contribuer à donner sens, dynamisme et joie à la marche de tous les Maliens.

Le Centre se veut donc d'abord au service des communautés chrétiennes pour les aider à vivre cette vocation à partir d'une meilleure connaissance, d'une meilleure compréhension de la foi des autres croyants dont elles partagent la vie au Mali. C'est dans cette visée de base que s'inscrivent les diverses activités, que l'équipe du Centre a menées dans la ville de Bamako et au-delà.
5 ans, c'est court et l'essentiel reste encore gravé dans la mémoire. " 5 ans déjà ! " ont réagi certains. "

En Chemin " a régulièrement évoqué en détail les activités du Centre : les conférences-débats, un samedi par mois, les publications, la bibliothèque..., qui ont créé des liens entre croyants et en ont fait un lieu d'échange et de rencontre au-delà de sa vocation première de simple appui aux communautés chrétiennes. Le " forum du donner et du recevoir " qui vient de ce tenir en est une preuve évidente. Les témoignages de ce forum nous ont montré pourtant aussi que nous ne sommes pas au bout du chemin. Nos fois respectives, tout autant que l'humanisme de la Tradition africaine qui nous est commune à tous, recèlent des ressources et des cheminements vers l'harmonie dans la diversité que nous sommes loin d'avoir suffisamment exploités et que nous devons faire connaître. Aussi, le Centre ne doit pas rester " une affaire d'intellectuels ", mais doit trouver des voies et moyens pour ouvrir son champ d'action à toutes les couches de la population malienne, notamment les femmes, les jeunes, les enfants qui sont, pour la plupart, des non francophones…

Le Centre est ce que nous tous en faisons ! Il est à nous tous, à nous qui y travaillons, comme à vous qui le fréquentez et le soutenez. Cet anniversaire nous lance à tous l'appel de continuer ensemble et courageusement sur le chemin de la rencontre.

Père Josef Stamer.



LES " SAMEDIS DU CENTRE "

Samedi 21 octobre, le Centre reprenait le cycle de ses conférences mensuelles. Ce jour-là, Monsieur Bernard Sagara, le conférencier du jour, avait choisi un thème d'une grande actualité : "Le croyant, partisan de la non-violence", quand on sait à quel point la violence fait malheureusement partie de l'environnement de la plus grande partie de l'humanité aujourd'hui. Monsieur Sagara sait de quoi il parle, car s'il est directeur d'une école privée catholique : "L'école de la paix", à Badalabougou, il est aussi le président d'ACAT-Mali - Association des chrétiens pour l'abolition de la torture. Déjà, à l'occasion des journées diocésaines à Hamdallaye, il avait abordé cette question, présentant plus abondamment l'association dont il est le président. Cette fois-ci, au Centre Foi et Rencontre, il a plutôt cherché à présenter ce qu'en disent les religions, tant l'islam que le christianisme. Le temps lui a sans doute manqué pour aborder ce qu'en disent aussi les Religions Traditionnelles Africaines. Si l'on s'en tient au Coran, selon le conférencier, on s'aperçoit que la violence s'insère entre deux principes contraires : le respect de la vie et la tolérance.

Monsieur Sagara insistera cependant pour dire que l'islam, comme tout monothéisme, valorise la paix (salâm) qu'il assimile à la sécurité et au Salut. La salutation musulmane le dit sans détour : "as salam 'alaykum - paix sur vous !" Du côté juif et chrétien, le conférencier fait remarquer que la violence est bien là, dans les textes de l'Ancien Testament, toujours assimilée aux forces de la nuit. Jésus, quant à lui, n'a jamais prêché la violence, il en a plutôt été la victime. Par sa pratique et par son enseignement, dans l'Évangile, il cherchera toujours à faire taire la violence, et arrêter l'engrenage qui mène au pire. Quand il met en pratique le commandement nouveau qu'il donne à ses disciples : Aimez-vous les uns les autres... aimez vos ennemis... il propose une voie qu'aucun sage avant lui n'avait proposée, car ce qui est impossible aux hommes, est possible à Dieu.

En novembre, le Centre a célébré son cinquième anniversaire le samedi 25, avec un riche panel de quatre témoins, représentants les grands courants religieux de notre pays (voir pages 3 à 7).

Le Centre donne rendez-vous à tous ses amis pour le samedi 16 décembre où deux journalistes (Messieurs Alexis Kalambry et Belco Tamboura, accompagnés de Monsieur l'Abbé Timothée Diallo) aborderont le thème des médias sous l'angle : Médias et foi ! une parole dans le désert ?



 

LA CÉLÉBRATION DES CINQ ANS DU CENTRE

C'est dans une ambiance très chaleureuse que le Centre a soufflé ses cinq premières bougies ! Les invités avaient été choisis en fonction de leur assiduité à fréquenter le Centre ou parce qu'ils étaient intervenus dans le cadre d'une des conférences du samedi. En tout, ce sont trente sept personnes qui ont répondu à l'invitation et qui, un peu après neuf heures, se sont pressées dans la grande salle. Après une brève introduction du Père Josef Stamer, le directeur, ce sont quatre témoignages d'une grande densité qui vont se succéder. (Voir rapport et photos)

Quatre intervenants, quatre croyants !

Madame Sangaré Constance Soucko est universitaire, chercheuse et enseignante depuis de longues années. Catholique très engagée, elle est aussi présidente de l'Association des femmes catholiques. À ce titre, elle a récemment représenté le Mali à l'assemblée internationale d'Arlington aux USA. Madame Sangaré se veut artisane de dialogue au milieu des au-tres femmes, dans son quartier et à l'université.

Monsieur Yamar Diarra est gestionnaire auprès du P.N.U.D. (Programme des Nations Unies pour le développement) à Bamako. Il fréquente assidument le Centre et a déjà donné une très pertinente conférence sur le sens du pèlerinage en islam, en compagnie de Monsieur l'Abbé Noël Samaké.

Monsieur le Pasteur Elkana Thèra vient de terminer son mandat comme secrétaire général de l'Alliance Biblique à Bamako. Le Centre a toujours eu de bons contacts avec l'Alliance Biblique. Monsieur le Pasteur Elkana Thèra a donné l'an passé une intéressante conférence sur le rôle joué par l'Alliance Biblique pour la diffusion de la Parole de Dieu au Mali.

Monsieur Emmanuel Sagara, le modérateur de cette assemblée, comme il l'est de la plupart des conférences données au Centre, est secrétaire général de l'Académie Africaine des Langues et membre du comité de pilotage du Centre, depuis sa création. À toutes ses charges s'ajoute aussi celle de président de la communauté catholique de Kalaban-Kura (Paroisse Ste Monique).

Nous donnons ci-dessous un extrait de la remarquable intervention de Monsieur Yamar Diarra. Toutes les interventions, contributions et lettres se trouvent rassemblées dans un petit livret disponible au Centre.

" Ce que nous faisons ici n'est pas vraiment nouveau. La plus grande rencontre qui a eu lieu entre les croyants se situe il y a quatorze siècles, à Jérusalem. Mohamed fit un voyage nocturne entre la mosquée de la Mecque et Jérusalem. De Jérusalem, il est monté au-delà des sept cieux, à la rencontre de Dieu. Avant que cette ascension ait lieu, Dieu a ressuscité l'ensemble des prophètes pour une prière commune. Au niveau religieux, on ne peut pas trouver mieux comme symbole de la rencontre. Lors de cette ascension nocturne, Dieu a donné à Mohammed, la prière canonique des musulmans et l'on sait que Moïse est intervenu dans la fixation du nombre. Le prophète a fait des aller retour entre Dieu et Moïse pour que le nombre soit ramené à cinq. Le Dialogue interreligieux a donc permis cet allégement.

Si le dialogue interreligieux n'existait pas, il faudrait l'inventer maintenant, vu les problèmes auxquels le monde est confronté et auxquels le nom de la religion est mêlé, surtout le nom de la religion musulmane. C'est la religion qui est mêlé à de nombreux conflits et l'on a vraiment besoin d'expliquer la religion pour que les gens sortent de l'ignorance. On sait bien que l'ignorance est une terre fertile à toutes sortes de manipulations. Pour l'harmonie entre les peuples, il faut une connaissance de l'autre. Le Coran invite à se connaître mutuellement. La religion devrait être un modérateur et elle est au coeur de la tourmente. Le dialogue interreligieux doit tout faire pour éradiquer ces deux fléaux que sont l'injustice et l'ignorance.

Quand on parle de dialogue interreligieux en islam, il faut évoquer l'émigration en Abyssinie. Quand le prophète Mohamed a vu que ses fidèles étaient opprimés par les polythéistes de la Mecque, il a permis qu'ils émigrent en Abyssinie, une terre chrétienne, une terre des gens du Livre. Devant le Négus d'Éthiopie un musulman récita la sourate Mariam. Quand il eut finit, le Négus traça avec sa canne un trait fin sur le sol et déclara : "Ce qui nous sépare des musulmans, n'est pas plus épais que cela !" L'écoute des uns et des autres a permis cela. Du temps du prophète, l'islam a eu aussi un dialogue interreligieux avec les païens polythéistes de la Mecque. Il nous donne la leçon qu'il faut parfois renoncer à des formes qui ne jouent pas sur le fond pour pouvoir avancer ! L'essence même de la religion implique le dialogue.

L'essentiel c'est de connaître ce qui nous différencie et d'insister sur ce que nous avons en commun. Dieu dit, dans le Coran: "Dis : Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre vous et nous, que nous n'adorions qu'Allah, sans rien lui associer... si Allah l'avait voulu, il aurait fait de vous une seule communauté... concurrencez-vous dans les bonnes œuvres !" Concentrons donc nos efforts, là où nous pouvons nous entendre pour développer estime et respect. Les vrais démunis aujourd'hui, ce sont ceux qui ne connaissent pas Dieu. Il nous appartient, à nous les croyants, de partager ce que nous avons de plus précieux : notre foi !

Monsieur Yamar Diarra.


MESSAGE POUR L'AÏD-EL-FITR

Chaque année, à la fin du Ramadan, le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux adresse un message à tous les musulmans du monde. Cette année le thème en était : Chrétiens et Musulmans : en dialogue confiant pour relever ensemble les défis de notre monde. Extraits :

Il est beau de pouvoir partager avec vous ce moment significatif dans le cadre de nos rapports de dialogue. Les circonstances particulières que nous venons de traverser ensemble montrent, elles aussi, que si le chemin d'un dialogue authentique peut être parfois ardu, il devient plus que jamais nécessaire.

Le mois de Ramadan que vous venez de vivre a été également, sans nul doute, un temps de prière et de réflexion sur la situation difficile que traverse notre monde. Tout en voyant ce qui est bon et en remerciant Dieu, il est impossible de ne pas constater les graves problèmes qui pèsent sur notre époque : l'injustice, la pauvreté, les tensions et les conflits à l'intérieur des pays, mais aussi entre eux. La violence et le terrorisme sont une plaie particulièrement douloureuse. Combien de vies humaines détruites, de femmes rendues veuves, d'enfants qui perdent leurs parents et se trouvent ainsi orphelins… Combien de destructions, en quelques instants, de ce qui a été construit parfois pendant des années, au prix de nombreux sacrifices et d'énormes dépenses !

Nos deux religions accordent beaucoup d'importance et d'espace à l'amour, à la compassion et à la solidarité. C'est dans cette perspective que je désire partager avec vous le message de la première encyclique de Sa Sainteté le Pape Benoît XVI, Deus caritas est : " Dieu est amour ", qui fait écho à la " définition " la plus caractéristique de Dieu dans l'Écriture Sainte des Chrétiens: " Dieu est amour " (1 Jn 4, 8). L'amour, pour être crédible, doit être effectif. Il est nécessaire qu'il vienne en aide à tous, à commencer par les plus démunis. L'amour véritable doit se mettre au service de tous dans la vie de tous les jours, mais aussi au service de la recherche de solutions justes et pacifiques aux graves problèmes qui assaillent notre monde...

Cardinal Paul Poupard et Archevêque Pier Luigi Celata.



ACTIVITÉS DU CENTRE FOI ET RENCONTRE DE BAMAKO

* Le 28 septembre : Rencontre de quinze monitrices des centres féminins avec la Sœur Françoise Dartigues.

* Le lendemain, 29 septembre : La Sœur Bernadette Michelle Diarra participait à une rencontre à l'Alliance Biblique.

* Le samedi 14 octobre : Le Père Alain Fontaine a animé une causerie sur la prière dans le cadre du groupe charismatique de Kati, pour une trentaine de participants.

* Les 28 et 29 octobre : L'association nationale des religieux-religieuses du Mali a fêté son jubilé à Ségou. Père Alain Fontaine et Sœur Bernadette Michel Diarra ont participé à cette fête qui s'est prolongée avec l'assemblée générale.

* Le 31 octobre au Grand Séminaire St Augustin de Samaya : Le Père Josef Stamer a donné une conférence sur le thème : "La genèse de l'islam et de son arrivée en Afrique et plus particulièrement au Mali".

* Deux fois par mois : La Sœur Françoise Dartigues et Monsieur l'Abbé Jean-Joseph Fané animent des formations auprès des jeunes filles du foyers RMI de Bamako sur le thème des Évangiles. Monsieur l'Abbé Joseph Fané donnent également ces formations en langue bambara.

* Chaque semaine, durant une matinée : Le Père Jean Ronayette assure une formation sur le thème du Credo, aux postulantes et novices FCIM de Kati.

* Du 1 au 3 décembre 2006 : Première session animée par les Pères Jean Ronayette, Josef Stamer et Monsieur l'Abbé Jean-Joseph Fané, sur le thème : "Notre foi chrétienne et les moyens de l'exprimer dans un environnement pluri-religieux". Une quinzaine de personnes y ont participé.

* Les 8 et 9 décembre 2006: Le Père Josef Stamer a animé une formation sur le dialogue interreligieux au CEL de Faladyé.

* Le 9 décembre 2006 : Le Père Jean Ronayette a animé une récollection pour les lycéens à Hamdallaye.

 


CALENDRIER

* Le 16 décembre 2006 : La conférence aura pour thème : Médias et Foi : une voix dans le désert ? avec Messieurs Alexis Kalambry et Belco Tamboura et avec la participation de Monsieur l'Abbé Timothée Diallo.

* Le 21 décembre 2006 : Le Père Alain Fontaine animera, avec Monsieur l'Abbé Jean Toé, une formation pour les enseignants qui viennent d'être embauché à l'EPC.

* En février et mars 2007 : Les Pères Josef Stamer, Jean Ronayette et Alain Fontaine animeront de petites sessions de formation auprès des compagnons, dans la communauté du Verbe de Vie à Sebeninkoro sur les thèmes de l'islam, de l'apocalypse et de la doctrine sociale de l'Église.

Sainte fête de Noël et bonne année 2007 à tous nos lecteurs !

Au commencement est la Parole. Elle façonne la vie et le témoignage de ceux qui L'écoutent... car La Parole est venue demeurer parmi nous !

La Bible ouvre le chemin à d'autres Écritures, où la sagesse des hommes apparaît pour ce qu'elle est : fruit de cette sagesse divine qui, partout et depuis toujours, a mis ses délices à fréquenter
les enfants des hommes. (Proverbes 8,31)

 


Centre Foi et Rencontre - BP. 298 Bamako (Mali)
mail : cfrencontre@afribone.net.ml