Centre Foi et Rencontre BP 298 Bamako (Mali)
Téléphone : (223) 229 68 42
Mails : foietrencontre@yahoo.fr / cfrencontre@afribone.net.ml

 

Nouvelles du Centre Foi et Rencontre à Bamako
5 ans


Le Samedi 25 novembre 2006, le centre Foi et Rencontre a fêté ses 5 ans d'existence avec un jour d'avance. Au lieu de la traditionnelle conférence mensuelle nous avons voulu une rencontre avec tous ceux qui ont participés aux activités du centre pour mesurer le chemin parcouru et mieux cibler les objectifs à venir.

En vue de cette rencontre nos avons envoyé une lettre à tous ceux qui ont assuré une conférence (un peu plus d'une vingtaine de personnes) et aux participants les plus réguliers à ces conférences (une centaine de personnes) les invitants à formuler leurs remarques et suggestions sur la vie du Centre. Nous avons eu comme retour 6 contributions écrites. De plus nous avons demandés à 4 intervenants (1 femme catholique, notre modérateur catholique, 1 musulman et 1 protestant, de gauche à droite sur la photo) de dire comment ils voyaient la vocation du Centre Foi et Rencontre.

Le 25, après le mot de bienvenue du Père Josef Stamer celui-ci nous a dit le but de cette rencontre, non pas une fête anniversaire, mais un arrêt pour voir ensemble ce que nous avons fait. Le centre est à tous il est ce que nous en feront que ce soit ceux qui y travaillent ou ceux qui le fréquentent.


Vient ensuite la parole des 4 intervenants.

Madame Sangaré, Constance Soucko, universitaire et très engagée dans l'association des femmes catholiques nous a dit combien le dialogue était important pour les femmes. Le dialogue entre croyantes de différentes religions contribue à la paix dans les familles et dans les relations que celles-ci entretiennent. Le partage et l'ouverture à l'autre permettent de cultiver la paix. Madame Soucko nous a invité à élargir notre cible en rejoignant la masse sans oublier les leaders religieux qui ont un rôle important pour la sensibilisation de tous comme en témoigne les campagnes contre le Sida. Que le centre demeure fidèle à sa vocation d'ouverture à tous.

Viens ensuite le témoignage de Monsieur Yamar Diarra, gestionnaire au PNUD. Faisant suite à l'intervention de Mme Soucko et reprenant son mot " de ne pas oublier les femmes ", il nous dit que cette exhortation rejoint celle du prophète de l'islam qui lors de son pèlerinage d'adieu a insisté " je vous recommande les femmes, il est essentiel de ne pas les oublier ".

Puis il continue en nous disant que le dialogue interreligieux est vieux de quatorze siècles puisque lors de son voyage nocturne à Jérusalem, le prophète a retrouvé ses prédécesseurs et c'est ensemble en négociation avec Dieu qu'ils ont fixé le nombre de prière à cinq. Le dialogue interreligieux est plus que nécessaire vue les problèmes auquel le monde est confronté et auxquels le nom de la religion est mêlé et surtout le nom de la religion musulmane.

Quand on pense au dialogue interreligieux, il faut se rappeler l'émigration des premiers croyants en Abyssinie, où le Négus, chrétien de longue date, après avoir écouté les émigrés, traça un trait sur le sol en disant que ce qui nous sépare des émigrés n'est pas plus large que cela.

Son mot final fut " concentrons nos efforts là où nous pouvons nous entendre pour développer estime et respect, partageons notre bien le plus précieux, notre foi ".

Viens ensuite l'intervention du Pasteur Elkana Théra, qui termine son mandat comme secrétaire général de l'Alliance Biblique à Bamako. Reprenant le récit de la rencontre de Jésus avec la samaritaine il nous explique que le dialogue a pu se faire parce qu'il y avait un pont de confiance entre les deux personnes. Lorsqu'il y a la confiance, on quitte la superficialité pour se trouver au niveau du cœur là où Dieu agit. Seul l'esprit de Dieu préside à toutes nos initiatives.


Pour conclure les interventions Monsieur Emmanuel Sagara, modérateur et secrétaire général de l'Académie Africaine des Langues et membre du comité de pilotage du centre depuis sa création, nous a rappelé que les religions traditionnelles africaines même si elles sont liées à une ethnie ou à un espace particulier n'en sont pas moins monothéistes comme les grandes religions abrahamiques. Le propre de ces religions est la quête sans cesse renouvelée d'une harmonie entre le monde visible et le monde invisible. Cette recherche d'harmonie ne peut se vivre sans le dialogue. Comme africain nous avons à vivre le dialogue que ce soit ici au Centre Foi et Rencontre ou sous l'arbre à palabre.

Après ces 4 interventions la parole fut donnée aux différents participants. Mgr Dao évêque de Kayes, au nom des évêques du Mali invite le centre à ne pas rester entre les murs du domaine qui nous héberge. Reprenant une parole du ministre des affaires sociales et des personnes âgées Monsieur Djibril Tangara il nous dit que la religion au Mali est devenue un facteur d'intégration contre toute forme d'exclusion et qu'à ce titre nous avons un rôle irremplaçable à jouer.

Le centre a voulu aussi faire un petit geste pour ses participants les plus assidus, c'est ainsi que Mr Diabaté et Sr Véronique ont reçu l'ensemble des tirés à part de toutes les conférences faites au centres depuis avril 2004

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La rencontre s'est terminée par un partage autour d'un verre d'amitié tout en regardant une exposition sur 8 tableaux qui retrace la vie du centre Foi et Rencontre depuis son origine jusqu'à aujourd'hui.

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Le comité de pilotage devra encore se pencher sur toutes les suggestions qui lui ont été faites à cette occasion et regarder avec les évêques du Mali et la société des Missionnaires d'Afrique, comment répondre aux défis qui nous ont été lancés à l'occasion de ce cinquième anniversaire.


P. Jean Ronayette
(Texte et photos)