Nouvelles du 09 -01- 2008
Texte Pris sur le site AGENCE FIDES

 

AFRICA/CONGO RD - “Non à la division du Congo, oui au respect de la volonté populaire” : le document des évêques congolais à l’occasion de l’ouverture de la Conférence de paix de Goma

Kinshasa (Agence Fides)- Pour résoudre la crise de l’Est de la République Démocratique du Congo il faut résoudre les problèmes de fond “dans toutes leurs dimensions : humanitaires, foncières, historiques, économiques, politiques, ethniques et juridiques » affirment les évêques congolais dans un document publié à l’occasion de l’ouverture de la Conférence de paix sur le Nord et le Sud du Kivu et envoyé à l’Agence Fides.

L’événement a commencé dimanche 6 janvier à Goma, chef-lieu du Nord Kivu. Y participent entre autres les délégués des différents groupes armés locaux, parmi lesquels le Congrès national pour la Défense du peuple, le mouvement du général rebelle Laurent Nkunda qui le mois dernier a infligé une grave défaite à l’armée congolaise (cf Fides 17/12/2007).
Les évêques suggèrent quelques lignes d’action à ceux qui participent à la conférence, et demandent en premier lieu de repousser « l’idéologie de la balkanisation à travers la création d’« Etats nains ». L’intégrité territoriale, l’intangibilité des frontières et l’unité nationale de la République Démocratique du Congo ne sont pas négociables ». La Conférence épiscopale congolaise souligne aussi que la « Constitution de la RDC a résolu le problème des nationalités » et que « la guerre comme moyen de résoudre les problèmes entre les habitants est inutile et doit être condamnée de la manière la plus absolue. La guerre affiche un mépris total pour la vie humaine et ne peut être justifiée ».

Les évêques demandent aussi que soit respectée la volonté du peuple congolais qui « à travers les élections, avec le soutien actif de la communauté internationale, s’est doté d’institutions démocratiques. Il serait inacceptable que la Conférence de Goma remette en question ces institutions ou qu’elles deviennent un nouveau lieu de répartition du pouvoir en marge des mécanismes constitutionnels. Ce serait installer de façon stable la violence comme mode d’acquisition et de conservation du pouvoir, ce serait une espère d’institutionnalisation de la violence politique ».

« La Conférence de Goma - selon les évêques- doit être un espace de dialogue entre les habitants de la République Démocratique du Congo ».

Malgré la paix signée en 2003, les régions de l’Est de la RDC et en particulier le Nord et le Sud du Kivu, vivent encore dans une situation de forte instabilité, à cause de la présence de différents groupes armés qui ne se sont pas intégrés dans l’armée nationale. Parmi les facteurs qui provoquent l’instabilité, les évêques citent la question foncière, le rôle de quelques hommes politiques qui « pour de l’argent sont prêts à vendre leur pays », l’exploitation par le vol des ressources nationales, conduit avec la complicité de certaines multinationales « dont les agents sont particulièrement actifs pour vendre des armes en échange des ressources naturelles et pour conseiller aux chefs des groupes armés de continuer dans cette aberration ».

Dans la recherche d’une solution au conflit, les évêques demandent aux participants à la Conférence de se demander quelles sont les racines réelles de la violence : qui arme les milices ? Quelles sont les vraies revendications des uns et des autres ?

Le mémorandum se termine en réaffirmant l’engagement de l’Eglise à poursuivre sa mission de réconciliation et de reconstruction communautaire. (L.M.) (Agence Fides 8/1/2007 lignes 35 mots 468)

Mémorandum des évêques congolais (en français):




FIDES AGENCY

09-01-2008

AFRICA/D. R. CONGO - “No to the division of Congo, yes to respect for the will of the people”: Catholic Bishops' Memorandum for Goma Peace Conference

Kinshasa (Agenzia Fides) - To resolve the crisis in the east of the Democratic Republic of Congo, root problems must be settled “in every dimension: humanitarian, land ownership, historical, economic, political, ethnic and juridical” the Catholic Bishops of Democratic Congo say in a memorandum made public on the occasion of the start of a Conference to promote peace in north and south Kivu. A copy of the memorandum was sent to Fides.

The Conference started on 6 January in Goma, the main city in Kivu. Participants include delegates of various local armed groups, such as the National Congress for the Defence of the People, the movement led by rebel general Laurent Nkunda which inflicted a major defeat on the Congolese army last month (see Fides 17/12/2007).

The Bishops offer guidelines for the Conference. They start by urging the participants to reject “the ideology of balkanisation with the creation of 'dwarf states'. The territorial integrity, national unity of the Democratic Republic of Congo cannot be negotiated”.

The Bishops state the “Constitution of the DRC settled the problem of nationality” and that “war as a means to resolve difficulties among the people is useless and must be absolutely condemned. War demonstrates total scorn for human life and cannot be justified”.

The Bishops call for respect for the will of the people “who through elections with the support of the international community, voted for democratic institutions. It would be unacceptable for the Goma Conference to question these institutions or become a place for power grabbing in the margins of constitutional mechanisms. This would install violence as a stable means to retain power a sort of institutionalisation of political violence”.

“The Goma Conference - the Bishops say- must be a space for dialogue among the people of the Democratic Republic of Congo”.

Despite a peace agreement signed in 2003, the east of the RDC especially north and south Kivu is still in a situation of serious instability due to the presence of many armed militia groups which have not integrated into the national army. Among the factors will cause instability, the Bishop mention the question of land, the role of certain politicians “ready to sell their country for money”, exploitation of resources by certain multinational companies “whose agents sell weapons in exchange for natural resources and encourage leaders of armed groups to continue this aberration”.

In the search for a solution the Bishops call on the participants at the Conference to consider what are the real roots of the violence: who arms militia? What are the parties claims?

The Bishops end the memorandum reaffirming the Church's commitment to her mission of reconciliation and community rebuilding. (L.M.) (Agenzia Fides 8/1/2007 righe 35 parole 468)

Mémorandum des évêques congolais (en français):