Nouvelles du 28 -02- 2009
Texte Pris sur le site AGENCE FIDES

VATICAN - « Emigration et espérance forment pour nous un binôme inséparable : en effet, il ne peut y avoir d’émigration sans l’espérance et le désir d’une vie meilleure » déclare l’Archevêque Mgr Marchetto, Secrétaire du Conseil de la Pastorale pour les Migrants et des Personnes en Déplacement

Rome (Agence Fides) – « Emigration et espérance forment pour nous un binôme inséparable : en effet, il ne peut y avoir d’émigration sans l’espérance et le désir d’une vie meilleure, de laisser derrière soi le ‘désespoir » d’un travail qu’il n’y a pas, et d’un avenir impossible à construire. C’est l’espérance qui pousse les émigrants à partir, à quitter leur propre terre et leur propre famille. Mais, en même temps, les voyages sont animés par l’espérance du retour, du moment que les fatigues et la vie difficile du migrant semblent plus faciles à supporter, si, un jour, il pourra retourner chez lui ». C’est ce qu’a notamment déclaré l’Archevêque Mgr Marchetto, Secrétaire du Conseil de la Pastorale pour les Migrants et des Personnes en Déplacement, dans son discours sur le thème suivant : « Emigration et Espérance », lors d’une Rencontre organisée par l’Association Internationale « Charité Politique », qui s’est tenue à Rome le 26 février dans l’après-midi. Partant de la deuxième Encyclique de Pape Benoît XVI, « Spe Salvi », l’Archevêque a déclaré : « La foi, l’espérance, et l’amour concret forment une base solide, pour que tous les catholiques, et tous les hommes de bonne volonté, puisent reconnaître les maux sociaux actuels et leur faire face ».

« On émigre pour fuir la misère noire, les persécutions religieuses ou politiques, et la guerre, ou un passé encombrant. Mais on émigre aussi pour réaliser des rêves et des projets, où se mêlent des désirs de bonheur, de liberté, d’amour, de richesse, etc. Entre la fuite, et la recherche, se rencontrent en effet les cordes de l’espérance dans les épisodes de migration, aujourd’hui comme hier ».

Mgr Marchetto a déclaré également : « L’espérance chrétienne concerne certes de manière personnelle chacun d’entre nous ; mais elle est aussi une espérance communautaire, une espérance pour l’Eglise et pour la famille humaine tout entière… C’est pourquoi la sollicitude pastorale de l’Eglise envers les migrants, a, en effet, cette tâche et cette force, ce qui veut dire faire naître l’espérance, et, pour cela, nous nous sentons en pleine syntonie avec tout ce que déclare le Pape »
Soulignant ensuite « le fort réalisme dans le Magistère de l’Eglise » pour les problèmes des migrations, Mgr Marchetto a cité la Constitution Apostolique de Pie XII « Exsul Famiglia », considérée comme la Grande Charte de la pensée de l’Eglise sur les migrations, « qui, à partir du regard sur la fuite de la Sainte Famille en Egypte, explique précisément comment les flux migratoires, qu’ils soient récents et de temps plus anciens, trouvent une racine d’espérance précisément dans la même aventure qui a touché Jésus, Marie, et Joseph ». Celui qui part est généralement « disposé à tout », et il est « surtout quelqu’un qui est capable de faire naître le rêve d’une vie pour lui, qui soit libre et heureuse. Et ainsi, la liberté et le bonheur sont les dimensions de base de l’espérance humaine migratoire, base des promesses que suivent de nos jours près de trois cent millions de personnes, au plan international. En effet, c’est l’espérance humaine qui éclaire les voies de l’émigration, et qui rend possible de supporter des années de fatigues, de travaux humiliants et de conditions impossibles de vie ».

Attirant l’attention sur l’avenir de l’humanité, Mgr Marchetto a déclaré : « Dans le contexte international actuel, il est peut-être difficile d’espérer que la rencontre des peuples, dans le phénomène migratoire, permette de former vraiment une famille humaine, du moins tant que l’on dressera des murs qui séparent les Pays, qui divisent les gens, et éloignent les personnes… La seule manière pour accroître la sécurité, c’est de ne pas construire des murs, mais de créer des espaces ouverts dans lesquels tous puissent dialoguer, et se sentir participants du même monde… Et ainsi, ce ne sont pas seulement des normes de contrôle et de limitation qui servent dans le domaine migratoire, mais aussi des politiques de vérité et d’humanité, qui tiennent compte des attentes et des espérances des migrants, du droit d’émigrer, comme cela est reconnu dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 ».

Puis, Mgr Marchetto a rappelé l’actualité de l’enseignement de la Doctrine Sociale de l’Eglise, en rappelant que, « dans la vision de Jean Paul II, elle faisait partie de la morale catholique, raison pour laquelle on ne peut dire – comme cela se fait souvent – ‘je suis catholique’, mais sur ce point je ne suis pas d’accord avec l’Eglise, quand il s’agit de doctrine sociale ecclésiale. On devrait dire ‘Je ne suis pas catholique dans ce domaine, dans cette attitude ».

Mgr Marchetto a conclu en déclarant que nous ne pouvions pas nous plier à la tentation de ne pas voir la peine et la souffrance d’autrui, surtout dans les drames de l’émigration, et de l’homme « qui ne comprend pas que c’est seulement par le soulagement de la souffrance que l’on construit une avenir vrai, digne d’être vécu par tous… En définitive, l’avertissement du Saint-Père – ‘Un monde sans Dieu est un monde sans espérance’ (Spe Salvi, 44) – doit guider notre action y compris dans le domaine de la sollicitude pastorale envers les migrants ». (S.L.)
(Agence Fides, 27 février 2009)

Links:
Le texte du discours de Mgr Marchetto se trouve en italien sur fides
http://www.fides.org/ita/vita_chiesa/2009/pcpmi_270209.html



Fides AGENCY

VATICAN - “Immigration and hope are for us inseparable: in effect, there cannot be immigration without hope and desire for a better life,” says Archbishop Marchetto, Secretary of the Pontifical Council of for the Pastoral Care of Migrants and Itinerant People

Vatican City (Agenzia Fides) - “Immigration and hope are for us inseparable: in effect, there cannot be immigration without hope and desire for a better life, for leaving behind the 'despair' of a job that doesn't exist and a future that is impossible to build. It is the hope that moves immigrants to leave their land and their family. However, at the same time, the trips are inspired by the hope of return, as it makes the fatigue and difficulties of the immigrant seem easier if he knows that one day he will make it home.” This is what Archbishop Agostino Marchetto, Secretary of the Pontifical Council of for the Pastoral Care of Migrants and Itinerant People, pointed out in his speech on “Immigration and Hope,” which he gave during an encounter organized by the International Association “Political Charity,” that took place in Rome on February 26. Making reference to the second encyclical of Pope Benedict XVI, “Spe Salvi,” the Archbishop pointed out that concrete expressions of faith, hope, and love “are the solid basis for all Catholics and men of goodwill to recognize and respond to the social evils in today's world.”

“A person immigrates in order to flee a situation of utter misery, religious or political persecutions, for reasons of war, or because of an unpleasant past life,” said Archbishop Marchetto. “However, people also immigrate in order to follow their dreams and plans, intermingled with yearnings for happiness, freedom, love, wealth, etc. Amidst the flight and following, one can perceive the hope of migratory events both yesterday and today.”

In his speech, the Secretary of the Pontifical Council also made reference to the fact that Christian hope “certainly makes reference in a personal way to each one of us, but it is also a community hope, a hope for the Church and for the entire human family.” “The pastoral care of the Church towards immigrants, in fact, has this task and driving force that gives hope and thus, we feel in complete harmony with what the Pope affirms.”

Later, highlighting the “strong realism of the Church's Magisterium” in the area of immigration, the Archbishop quoted the Apostolic Constitution of Pius XII “Exsul Famiglia,” considered the magna charta of the Church's thought on immigration, “which from the viewpoint of the Holy Family's flight into Egypt, gives meaning to what is behind these immigration patterns, both in ancient times and modern times. All are rooted in hope, through this same event that was also lived by Jesus, Mary, and Joseph.” The one who sets off on this journey is normally “willing to endure anything,” and is “someone capable of dreaming of a free and happy life for himself. Thus, freedom and happiness are the foundational characteristics of the hope of immigration, the basis for the promises followed by nearly 300 million people, on an international level. In fact, it is human hope that illumines the paths of immigration and makes it possible for people to accept years of fatigue, humiliating jobs, and inhumane living conditions.”

Focusing on humanity's future, Archbishop Marchetto observed that “in the international context today, perhaps it is difficult to hope that the encounter among peoples in the migratory phenomenon may give way to the formation of an authentic human family, at least as long as walls continue to separate countries, divide peoples, and ward off individuals...The only way to increase security is not by building walls, but making open spaces where everyone can enter into dialogue and feel part of the same world...Thus, the rules of control and containment in the immigration field are not the only things needed. There should also be policies of truth and humanity, which take into account the expectations and hopes of immigrants, taking into account the right to immigrate, as it is acknowledged in the Universal Declaration of Human Rights of 1948.”

The Archbishop then reaffirmed the pertinence of Church's Social Doctrine, recalling that “in the vision of John Paul II, it is part of Catholic morality, which makes it impossible for someone to say – as many times occurs - 'I am Catholic,' but on this point I disagree with the Church, if it is a matter of Church social doctrine. Rather, they should say 'I am not Catholic in this area, in this behavior.'”

Concluding his address, Archbishop Marchetto affirmed that we cannot give into the temptation to turn a blind eye to the pain and suffering of others, especially in the drama of immigration, and man “does not understand that only through relieving suffering can we build an authentic future worthy to be lived by all people...And lastly, the Holy Father's motto – “a world without God is a world without hope” (Spe salvi, 44) – should be our guide in our pastoral work with immigrants.” (SL) (Agenzia Fides27/2/2009)

Links:
Complete text of the address, in Italian
http://www.fides.org/ita/vita_chiesa/2009/pcpmi_270209.html