Nouvelles du 27 -06- 2009
Texte Pris sur le site AGENCE FIDES

VATICAN - Migration et nouveaux esclavages: « L’Eglise lutte contre les nouvelles formes d’esclavage, par ses convictions, par ses enseignements et par ses actions, inspirée par l’Evangile d’amour et de compassion du Seigneur, et par la dignité de toute personne humaine »

Rome (Agence Fides) – « L’Eglise lutte contre les nouvelles formes d’esclavage, par ses convictions, par ses enseignements et par ses actions, inspirée par l’Evangile d’amour et de compassion du Seigneur, et par la dignité de toute personne humaine, en utilisant les moyens à sa disposition, en conformité à sa nature et à sa Mission ». C’est ce qu’a rappelé l’Archevêque Mgr Agostino Marchetto, Secrétaire du Conseil pour les Migrants et pour les Personnes en Déplacement, dans une Conférence qu’il a donné récemment à Rome, lors du Congrès National « Forense », qui s’est tenu sur le thème suivant « Migrations et nouveaux esclavages ».

L’Eglise a déclaré l’Archevêque « invite chaque personne de bonne volonté à répondre au vibrant appel de l’Instruction ‘Erga Migrantes Caritas Christi’ à ‘être des promoteurs d’une véritable et propre culture de l’accueil’, et, pour les chrétiens, à répondre à l’invitation de Saint Paul : ‘Accueillez-vous les uns les autres comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu’ ».

Pour avoir une idée de la dimension du phénomène migratoire mondial, Mgr Marchetto a rappelé que le nombre des migrants internationaux s’élèvait aux environs de 200 millions. Le nombre des personnes dont s’occupe le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (UNHCR) s’élève à 3.900.000 ; 9.900.00 d’entre eux sont des réfugiés, 12.800.000 sont des personnes dispersées dans leur propre Pays ; 4.200.000 autres réfugiés dépendent des Agences des Nations-Unies (UNRWA), pour les secours et l’aide des réfugiés palestiniens du Moyen-Orient.

Les Nations-Unies disent que la traite des êtres humains est « un recrutement, un transport, un transfert, un logement et un accueil de personnes » fait avec des moyens inappropriés et impropres et scandaleux, comme la menace, le recours à la force et à d’autres moyens de coercition, l’enlèvement, la fraude, la tromperie, l’abus de pouvoir, ou un état de vulnérabilité, « dans le but d’exploitation ». Cela comprend aussi la prostitution et d’autres formes d’exploitation sexuelle, le travail forcé, l’esclavage ou des pratiques analogues, et même le trafic d’organes prélevés de force sur les victimes.

L’entrée en vigueur du Protocole sur la Traite, au mois de décembre 2003, a posé des problèmes importants, pour ce qui concerne les concepts et l’application de la loi. Il a introduit dans la législation internationale le concept d’exploitation, jusqu’alors plutôt nouveau, qui peut être sexuel ou concerner le travail ». D’après el Rapport global de l’ILO sur le travail forcé, 12.300.00 personnes au moins vivent dans des conditions d’esclavage. Toujours d’après l’ILO, « il y a trois formes d’esclavage moderne : celui qui est imposé par l’Etat, celui qui rentre dans le cadre du commerce sexuel organisé par des personnes privés, et l’exploitation économique, elle aussi œuvre de personnes privées » et, parmi les esclaves modernes 2.500.000 de personnes sont soumises au travail forcé par l’Etat ou par des groupes militaires. Ces chiffres montrent que le travail forcé dont sont responsables l’Etat ou les forces armées, correspond à 20% de l’ensemble des esclaves actuels. Sur les 9.800.000 autres, 1.400.000 (11%) sont exploités pour la prostitution (parmi les victimes du trafic ou non), et 7.800.000 (la drogue, 63%) sont soumis à l’esclavage pour des raisons économiques. Quoi qu’il en soit, un peu moins de la moitié du trafic (43%) sont destinés à l’exploitation sexuelle à des fins commerciales, et près d’un tiers (23%) des fins économiques. Un bon quart (25%) est dû à des raisons mixtes ou indéterminées, et nous savons que, parmi les buts du trafic, il y a aussi, l’enlèvement d’organes, en vue d’un greffe.

Plus de la moitié (56%) de ceux qui sont tombés dans l’exploitation à des fins commerciales, sont des femmes et des jeunes filles ; les hommes et les jeunes gens ou les enfants, eux, représentent un peu moins de la moitié (44%). Dans l’exploitation pour la prostitution, en revanche, les femmes et les jeunes filles représentent la presque totalité (98%). On estime ensuite que les enfants représentent entre 40% et 50% des victimes.

« L’Eglise n’est pas restée indifférente ou silencieuse vis-à-vis des formes modernes d’esclavage, a déclaré Mgr Marchetto, qui a cité plusieurs documents, à partir du Concile Vatican II, jusqu’à l’Instruction « Erga Migrantes Caritas Christi » qui parle du trafic d’êtres humains comme « d’un nouveau chapitre de l’esclavage » ; il souligne, entre autres choses, l’importance d’une solution juridique. En effet, elle reconnaît le lien entre trafic et migration, et pour cela, elle encourage « la ratification des instruments légaux internationaux, pour assurer les doits des migrants, des réfugiés et de leurs familles ».

Mgr Marchetto a également déclaré : « L’Eglise s’est engagée, dans plusieurs Pays, dans l’assistance aux victimes de la Traite, avec une présence auprès d’eux, avec l’aide, le soutien pour fuir et échapper à la violence sexuelle, en créant des les lieux d’accueil sûrs, en les aidant à s’intégrer dans la société du Pays d’accueil, ou à retourner dans leur propre terre d’origine selon des moyens acceptables. Dans les Pays où il y a une explosion de conflits violents, elle s’occupe aussi de la récupération des enfants soldats, par une activité destinée à aider leur réinsertion socioéconomique dans la société, mais aussi pour panser les blessures des « anciens » combattants et des familles et /ou des communautés qui les reçoivent. L’Eglise est engagée également dans la promotion d’activités de prévention ou de prise de conscience ».

« Nous ne devons toutefois pas oublier que la cause principale de phénomène horrible des nouvelles formes d’esclavage, est avant l’énorme fossé économique qui existe entre les Pays riches et les Pays pauvres, et entre les riches et les pauvres au sein d’un même Pays, et qui amène de nombreuses personnes à quitter, d’une manière ou d’une autre, leur propre terre à la recherche de meilleures occasions de vie à l’étranger ». (S.L.)
(Agence Fides, 24 juin 2009)



Fides AGENCY

27 -06- 2009

VATICAN - Migration and new forms of slavery: “The Church combats modern forms of slavery, through her convictions, teachings and activity, inspired by the Lord's Gospel of love and compassion and the dignity of every human person ”

Rome (Agenzia Fides) – “ The Church combats modern forms of slavery, through her convictions, teachings and activity, inspired by the Lord's Gospel of love and compassion and the dignity of every human person, using the means at her disposal, in keeping with her nature and mission”: this was said by Archbishop Agostino Marchetto, Secretary of the Pontifical Council for Migrants and Itinerant Peoples, during a conference on Migration and New Slavery, held in Rome, at the Convention of Consiglio Nazionale Forense.

The Church, the Archbishop said, “invites all people goodwill to respond to the powerful call of the Instruction Erga migrantes caritas Christi to be ‘promoters of an authentic culture of acceptance ' and to Christians to respond to the call of St Paul ‘accept one another as Christ accepts you for the glory of God.”

To have an idea of the size of the migratory phenomenon in the world, Archbishop Marchetto recalled that the world has about 200 million international migrants. UNHCR, the United Nations High Commission for Refugees, cares for about 32.9 million. Of these 9.9 million are refugees, 12.8 million are internally displaced persons and 5.8 million are stateless persons. Another 4.2 million refugees are under the protection of UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East)..

The UN defines human trafficking as “ recruitment, transport, transfer, accommodation or acceptance of persons ”, with improper means including threats, recourse to violence and other means of coercion, kidnapping, fraud, deception, abuse of power and a state of vulnerability “for exploitation”. This includes various forms of sexual exploitation, forced labour, slavery or similar practices and even removal of organs.

“The coming into force of the Protocol on Human Trafficking in December 2003, posed important challenges in terms of concepts with regard to the application of the law – said Archbishop Marchetto -. It introduced in international law the concept of exploitation, until then quite new, which can consist of labour abuse or sexual abuse”. According to the ILO report on forced labour, at least 12.3 million people live in conditions of slavery and “there are at least three kinds of modern slavery: state imposed, sex trade organised by private citizens and economic exploitation, also by private citizens”. Among these modern slaves, 2.4 million are victims of human trafficking, another 7.4 million are exploited by private citizens, and 2.5 million are subject to forced labour by governments or military groups. Figures show that forced labour involving governments or military, amounts to about 20% of all slaves today. The remaining 9.8 million 1.4 (11%) are exploited in prostitution (victims of trafficking and non) and 7.8 million (an amazing 63%) are subject to slavery for economic reasons. A little less than half of all human trafficking (43%) is for sexual exploitation and commercial ends, and almost one third (32%) for economic ends. A good quarter (25%) is due to mixed or undetermined reasons, and we know that one purpose of human trafficking is organ removal.

More than half (56%) of those trapped in exploitation for commercial ends are women and girls, whereas men and boys account for less than half (44%). In exploitation for prostitution, women and girls constitute almost the totality, (98%). It is estimated that children represent between 40 and 50% of the victims.

“The Church has not remain indifferent or silent with regard to modern forms of slavery ” said Archbishop Marchetto, citing various documents from Vatican II to the Instruction Erga migrantes caritas Christi, which speaks of human trafficking as “a new chapter of slavery”, and underlines, among other things, the importance of a juridical solution. The Church is aware of the connection between human trafficking and migration and therefore encourages “ratification of international laws which guarantee the rights of migrants, refugees and their families”.

The Secretary of the Pontifical Council for Migrants and Itinerant Peoples said “the Church is active in various countries offering assistance to victims of human trafficking, being present among them, listening, assisting, help to escape from sexual violence, creating safe lodgings , helping them to integrate into the society of the host country or to return to their homeland in a sustainable manner. In countries with an explosion of violent conflict, the Church rescue child soldiers organising activities for their social-economic reinsertion in society, and also to heal the trauma affecting these former combatants and their families and/or receiving communities. The Church also promotes activities of prevention and awareness building”.

“However it should not be forgotten,– the Archbishop observed -, that the principal cause of this horrendous phenomenon of new forms of slavery is the enormous gap between rich and poor countries and between rich and poor people in the same country. This is what pushes people to abandon their own country, in one way or another, and to seek better opportunities abroad”. (S.L.) (Agenzia Fides 24/6/2009 – Righe 63; Parole 887)