Nouvelles du 16 -09- 2009
Texte Pris sur le site AGENCE FIDES

AFRIQUE/OUGANDA - Retour au calme à Kampala après les affrontements des jours derniers qui ont provoqué au moins 21 morts

Kampala (Agence Fides) - Au moins 21 personnes ont été tuées dans les affrontements de ces derniers jours à Kampala, capitale de l’Ouganda. C’est ce qu’ont déclaré des sources hospitalières, tandis que dans la ville le calme semble être revenu. Les désordres, qui ont provoqué aussi une centaine de blessés, ont éclaté le 10 septembre et ont duré trois jours. A l’origine des incidents il y a une forte opposition entre le « Kabaka », le roi traditionnel de Baganda (une région au centre Sud du pays, et le principal des quatre royaumes ougandais dissous en 66), Ronald Muwenda Mutesi II, et les autorités centrales. Une opposition qui dure depuis quelque temps, et qui a explosé la semaine dernière quand la police a empêché un représentant du royaume de Baganda de se rendre au village de Kayunga, dans un district au Nord-est de Kampala, pour commencer les préparatifs en vue d’une visite du souverain. Une partie des résidents, qui font partie de la tribu des Bayala, s’opposent à la visite du roi de Baganda à Kayunga.

Les sujets du royaume de Baganda ont accusé le gouvernement du président Yoweri Museveni de prendre parti pour la tribu des Bayala pour empêcher la visite de leur roi. Dans les rues de la capitale et de plusieurs districts de l’Ouganda central, de violents affrontements ont explosé entre les forces de l’ordre et les sujets du roi Ronald Muwenda Mutesi II. Celui-ci, pour désamorcer la tension, annonçait renoncer à la visite et lançait un appel à son peuple pour qu’il renonce à la violence. Selon la presse locale, le roi de Buganda, Ronald Muwenda Mutebi II entend rencontrer le président Yoweri Museveni pour “résoudre l’équivoque” qui a conduit aux affrontements.

Selon le quotidien ougandais New Vision, le chef de l’Etat a attribué l’impasse de la négociation qui dure depuis au moins deux ans entre le royaume de Buganda et le gouvernement central à un manque de communication, créé par le refus du roi de répondre aux appels téléphoniques du président. Selon la presse locale, le président Museveni serait en possession d’informations selon lesquelles un chef politique nord-africain encouragerait les protestations des royaumes traditionnels ougandais. Les chefs religieux du pays, y compris les évêques catholiques, ont lancé des appels à la paix et à la réconciliation. (L.M.) (Agence Fides 14/9/2009 Lignes 28 Mots 400)

AFRIQUE/OUGANDA - L’Ouganda s’interroge sur son avenir après les violences de la semaine dernière
Kampala (Agence Fides)
– Plus de 200 personnes ont comparu devant le tribunal de Kampala, en Ouganda, avec l’accusation d’avoir participé aux violents affrontements de la semaine dernière, dans lesquels au moins une vingtaine de personnes ont perdu la vie, tandis que des centaines d’autres ont été blessées (cf. Fides 14/9/2009). Plus de 400 personnes seront jugées les jours prochains.

Les affrontements sont nés quand la police a empêché un représentant du royaume de Buganda de se rendre dans le village de Kayunga, dans un district au Nord-est de Kampala, pour commencer les préparatifs en vue d’une visite du souverain.

La situation semble être revenue au calme, mais les commentateurs locaux craignent les répercussions que cette flambée de violence pourrait avoir sur les élections présidentielles de 2011. Le journal local « The Monitor » souligne que le président Museveni, au pouvoir depuis 1986, a un rapport complexe avec les 4 royaumes traditionnels, et en particulier avec celui du Buganda (un territoire de 23.000 km2 dans l’Ouganda central).

Les royaumes traditionnels avaient été abolis par le président Obote en 1966, mais avaient été restaurés (avec des fonctions en grande partie symboliques) par Museveni au début des années 90. Cette décision avait fait gagner de larges consensus au président parmi la population du royaume de Buganda, si bien qu’aux élections de 2001, comme le rappelle The Monitor, Musevani obtint 72% des votes dans les zones rurales du Buganda, contre 52% dans les circonscriptions urbaines de Kampala, Wakiso et Mukono. Au total, le président obtint 62% des votes (plus de trois millions) dans les circonscriptions électorales qui comprenaient le Buganda. Des résultats semblables furent enregistrés dans les élections précédentes (1996) et dans les suivantes (2006). Selon le journal ougandais, il existe donc une « relation symbiotique » entre le président et le Buganda, qui dure depuis 28 ans. Museveni a lutté pendant cinq ans dans une région comprise dans le royaume de Buganda, avant de réussir à conquérir le pouvoir. Une bonne partie des soldats de son mouvement de guérilla (National Resistance Army) était d’ethnie Buganda, dont 52 clans forment le royaume du Buganda, et qui est la principale ethnie du pays (environ 17% de la population).

Cette relation s’est détériorée il y a deux ans quand sont devenues pressantes les demandes du royaume de Buganda de transformer l’Ouganda en une fédération (« Federo ») dans laquelle les royaumes traditionnels détiennent les pouvoirs réels et pas seulement symboliques.

En arrière plan d’autres questions demeurent, comme par exemple l’exploitation des ressources pétrolières ougandaises, commencée depuis peu, qui se trouvent dans les environs du Lac Albert, dans un territoire situé en grande partie dans le royaume de Bunyoro. Ce royaume est destiné à devenir l’épicentre de l’économie ougandaise, une situation qui si elle est mal gérée risque cependant de créer de nouvelles tensions. (L.M.) (Agence Fides 15/9/2009 Lignes 37 Mots 480)



Fides AGENCY

16 -09- 2009

AFRICA/UGANDA - Calm returns to Kampala following attacks in recent days that led to at least 21 dead

Kampala (Agenzia Fides)
– At least 21 people have been killed in the fighting that has taken place in recent days in Kampala, the capital of Uganda. This is what rescue workers have reported, as it seems that peace has now returned to the city.

The chaos which also led to hundreds of wounded broke out on September 10 and lasted 3 days. At the heart of the conflict is a sharp debate between the Kabaka, the traditional king of the Baganda (a region in the south-central part of the country, and the most important of the four Ugandan kingdoms banned in 1966), Ronald Muwenda Mutesi II, and the central authorities. It is a conflict that has been ongoing, but that exploded last week when police forces impeded members of the Baganda Kingdom from entering the village of Kayunga, in a district north-east of Kampala, to begin preparations for the ruler's visit. The King of Baganda's visit to Kayunga is opposed by some of the residents, who are members of the Bayala Tribe.

The people of the Baganda Kingdom accused the government of President Yoweri Museveni of siding with the Bayala Tribe in impeding the visit of their king...On the streets of the capital and in several districts of central Uganda, violence broke out between police and subjects of the Kingdom of King Ronald Muwenda Mutesi II. In order to end tensions, he announced that he would cancel the visit and launched an appeal to his people to end the violence.

According to the local press, the King of Buganda, Ronald Muwenda Mutebi II will meet with President Yoweri Museveni to “resolve the mistake” that led to the fighting.

According to the Ugandan paper “New Vision,” the President has blamed for the stalemate that has lasted at least 2 years between the Kingdom of Buganda and the central government on a lack of communication created by the King's refusal to respond to the President's telephone calls. According to the local press, President Museveni has intelligence information that leads him to believe that a north African political leader is inciting the protests of the former Ugandan kingdoms.

The religious leaders of the country, including the Catholic Bishops, have launched an appeal for peace and reconciliation. (LM) (Agenzia Fides 14/9/2009)