Nouvelles du 24 Mai 2005
Texte Pris sur le site AGENCE MISNA +

MALI 24/5/2005 20:45
PRÉSIDENT DU MALI: L'AFRIQUE, UN CONTINENT QUI GRANDIT


“Nous avons réalisé un grand pas en avant, même si malheureusement pour le moment nous voyons encore avancer sur notre continent le sida, la malaria et quelques conflits. Mais il y a aussi une Afrique qui bouge, qui grandit et qui gagne. Je pense qu'à l'avenir nous verrons prévaloir cette image du continent".

C'est ce que déclare à la MISNA Amadou Toumani Touré, ex-général de 56 ans, depuis trois ans président du Mali, lors d'une rencontre organisée à Rome. Demain c'est "l'anniversaire" de cette Afrique qui le 25 mai 1963 a commencé à regarder vers le futur dans une perspective continentale: 32 nations nées des cendres du colonialisme ont donné vie à l'Organisation pour l'unité africaine (OUA). "L'objectif était alors celui de la libération du continent: presque 40 ans plus tard, en 2002, nous avons choisi d'organiser la première réunion de la nouvelle Union africaine (UA) à Durban, en Afrique du Sud, pour dire que cet objectif avait été réalisé", explique "Att", comme le surnomme la presse malienne.

“Si nous faisons une comparaison, aujourd'hui il y a bien plus de conflits sur notre continent" poursuit le président, vêtu d'une tunique turquoise recouverte du traditionnel boubou, couleur bleu clair avec un chapeau de la même teinte. "Cela ne signifie pas qu'aucun progrès significatif n'ait été réalisé. J'avance deux exemples.

Le premier: les cas comme l'Angola, qui est sorti de la crise après une longue guerre. Mais malheureusement nous parlons de trains qui sont arrivés en retard et n'arrivent jamais à l'heure"; la paix, dans le cas angolais, est arrivée après 27ans de guerre fratricide.

Le second exemple est celui des "conflits pour lesquels nous avons trouvé une solution: regardez la Côte d'Ivoire, avec le rôle joué par le président sud-africain Thabo Mbeki; ou bien les élections au Burundi, là aussi avec la médiation de Mbeki, mais encore la République démocratique du Congo, où la nouvelle Constitution a été approuvée ces derniers jours". Pause.

“Certes, sur le plan des conflits, aujourd'hui il y a le problème du Darfour, dans le Soudan, et d'autres petites questions sont encore ouvertes". Toumani Touré menait une carrière militaire lorsque les oligarques de l'armée dirigeaient avec poigne le pays; en 1991 il a été l'artisan du tournant, portant le gouvernement de transition jusqu'aux élections multipartites l'année suivante. Il se mit ensuite de côté. Comme son successeur Alpha Ouman Konaré, qui après deux mandats de 5 ans a respecté la Constitution en laissant sa charge, décision peu fréquente en Afrique; aujourd'hui il est le président de la Commission de l'UA et "Att" est revenu à la direction du Mali.

PRÉSIDENT DU MALI: DE LA RICHESSE DU COTON AU TISSU SOCIAL / 2

“L’UA est à présent davantage orientée vers la réglementation des conflits internes car un Conseil pour la paix et la sécurité du continent a été créé. N'oubliez pas que notre organisme a été modelé sur l'Union européenne, avec un président, une commission et un Parlement. Le tout depuis deux ans seulement, mais un effort remarquable a été réalisé" déclare encore à la MISNA le président du Mali, Amadou Toumani Touré.

En Afrique cependant pas seulement des guerres. L'Union, insiste "Att", "est prête à élargir son cadre d'intervention également au développement économique". Il cite le NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) comme locomotive "d'un nouveau développement à travers le secteur privé comme celui public".

Même si le NEPAD a des difficultés à décoller. Les obstacles en Afrique s'appellent quotas, subventions des gouvernements occidentaux à leurs propres agricultures, concurrence déloyale. "Europe et Etats-Unis nous déstabilisent avec leurs politiques économiques.

Le Mali est un des principaux pays producteurs de coton au monde, mais seulement 2% de notre coton est travaillé dans notre pays”. Le reste part à l'étranger, surtout en Asie, transformé en tissus à prix compétitifs. "Nous voudrions arriver à produire au moins 10-15% de coton partiellement travaillé" insiste le président. Cela garantirait des ressources économiques nécessaires pour les secteurs "de la santé, de l'instruction, et pour le secteur social".

Au Mali – 12 millions d'habitants dans un pays quatre fois plus grand que l'Italie, désertique à 65% et sans aucun débouché sur la mer – “la malaria tue plus de personnes que le sida, même si certains partenaires économiques permettent la distribution de médicaments anti-rétroviraux".

Au premier plan aussi le défi de l'alphabétisation: “L'école? C'est notre espérance et notre inquiétude" dit le chef d'État malien, à la direction d'une nation où le taux d'analphabétisme est supérieur à 60%. Neuf maliens sur 10 sont des musulmans, 2,5 millions sont des ouvriers agricoles travaillant dans les plantations de cacao de la Côte d'Ivoire voisine.

Petit modèle de démocratie, du moins pour l'Afrique Occidentale - où Liberia, Sierra Leone, Côte d'Ivoire et plus récemment le Togo, ont traversé des périodes de guerres et de crises – le Mali connaît "une relative stabilité et sérénité interne", comme le déclare oumani Touré au maire de Rome Walter Veltroni, qui le reçoit au Capitole (la mairie).

Le maire explique à l'invité que la société civile, les institutions, les syndicats, les missionnaires et les organisations non gouvernementale sont en train de se mobiliser ces jours-ci pour son continent, à l'occasion de la deuxième édition de l'initiative "Italie-Afrique". "La seule ville au monde qui organise un tel évènement” souligne avec une pointe d'orgueil M. Veltroni. “Formidable” répond avec un sourire "Att", qui conclut sa conversation avec la MISNA par des paroles d'espoir: "Les succès de ces années ont été réalisés par les Africains en personne. Et c'est cela qui est décisif". (traduction d'un entretien réalisé par Emiliano Bos)[


 




AFRICA 24/5/2005 20:48
PRESIDENT OF MALI: AFRICA, A GROWING CONTINENT


“We have mad a great step forward, even if we see Aids, malaria and conflict growing in our continent. But there is also an Africa that moves, grows and wins. I think that in the future, we will see this as the prevailing image of the continent,” said Amadou Toumani Touré, former general, 56 years old and since 2002 president of Mali. Tomorrow is the birthday of the Africa that on May 25, 1963 started to look ahead as 32 countries emerged from the ashes of colonialism giving life to the Organization for African Unity (OAU). “Then, the objective used to be the liberation of the continent.

Almost 40 years later, in 2002, we chose to organize the first meeting of the African Union in Durban, South Africa, to say that the objective had been reached,” said ‘Att’, as the press of his country calls him. “If we compare periods, we note that there are many more conflicts in our continent,” said the president. “This does not mean that substantial progress has not been made.

Two examples, the first: cases such as Angola, which has emerged from the crisis after a long war. Unfortunately, we are speaking, as if, of trains that always leave late and always arrive late, in the Angolan case 27 years late after as many years of fratricide warfare.

There is also the other example. “Conflicts to which we have found a solution: See the Cote d’ Ivoire as with the role played by South African president Mbeki, and the Democratic Republic of Congo, where in the past few days a new Constitution was approved”.

“Certainly, there is the issue of Darfour in Sudan, and other small open questions”. Toumani Touré was moving through the military ranks until 1991and the multi-ethnic elections of that year. Then he stepped aside leaving his successor Alpha Ouman Konaré, who after 2 mandates of 5 years respected the constitution leaving his post. Today he is president of the AU Commission, while Att is back in charge of Mali.

MALI 24/5/2005 21:19
PRESIDENT OF MALI:FROM COTTON TO SOCIAL FABRIC / 2


“The AU is now targeting more the regulation of internal conflicts – said president Amadou Toumani Touré – because a Council for Peace and Security has been created for the security of the continent. Do not forget that our organism has been modeled on the European Union, with a president, a commission and a Parliament. All that in justv two years, but it was an impressive effort”. Not only wars, however.

The AU, says ‘Att’, “is ready to enlarge its scope of intervention to include economic development as well”. He cited Nepad (New Partnership for Africa’s Development), As the engine “for a new development both through the private and public sectors, even if Nepad struggles to take off”. In Africa Obstacles are called subsidies, that is the subsidies that western governments give their own agriculture industry, unfair competition. “Europe and United States destabilize us with their economic policies.

Mali is one of the world’s largest producers of cotton, but only 2% of our cotton is worked on at home”. The rest goes abroad, especially Asia, transformed in textiles at already in competitively priced textiles. “We would like to produce at least 10-15% of partly processed cotton,” said the president. This would provide the required revenues to finance services in “health, instructioin, and the social sector”.

In Mali - 12 million inhabitants in a country 4 times the size of Italy, 65% desert and without access to the sea - “malaria kills more people than Hiv or Aids, even if some economic aid allows for the distribution of ant-retroviral drugs”. Then there is the challenge of literacy: “School? It is our hope, it is our anxiety,” said the president, while Mali has a 60% illiteracy rate. Nine out of ten Malians are Muslim, 2.5 million are farm hands in the cocoa plantations of nearby Cote d’ Ivoire.

It is a small model of democracy – in western Africa at least – where Liberia, Sierra Leone, Cote d’ Ivoire and recently Togo have experienced wars and crises – the country knows “relative stability and internal serenity ”, such as Toumani Touré says to the Mayor of Rome Walter Veltroni, at the Campidoglio. Veltroni sais that civil society, institutions such as unions, missionaries and NGO’s have been mobilizing these days in his continent promoting for the second time the initiative ‘Italy-Africa’. “The only city in the world that organizes a similar event,” said an evidently proud Veltroni. “Excellent said ‘Att, who ended the conversation with MISNA with words of hope (interview by Emiliano Bos)