Missionnaires d'Afrique
Emmanuel Adeboa M.AfrGhana Formation initiale
Quelques questions sur la formation initiale
Personne napprécie autant notre formation Missionnaires dAfrique que les étrangers. Récemment, j'ai rencontré une femme Mennonite qui avait connu les Pères Blancs à Strasbourg (où nous avions un scolasticat) alors quelle était encore étudiante. Elle était pleine d'éloges pour la formation solide qui était donnée aux étudiants. À son avis, ils étaient mûrs et différents des autres candidats au sacerdoce. J'ai entendu des commentaires similaires de la part de Religieux et laïcs, partout où nous fréquentons le même Consortium que dautres congrégations religieuses.
Dans cet article, j'explore ce que j'apprécie le plus dans le cheminement de notre formation, la joie que cela mapporte comme missionnaire, et les défis auxquels notre système de formation devrait, je pense, faire face plus courageusement afin de préparer les missionnaires pour la mission d'aujourd'hui.
Ce que japprécie le plus
La tâche de formation pour la mission d'aujourd'hui consiste à concevoir un type de formation intégrale qui permette au candidat de prendre en charge sa vie, afin de bien discerner la volonté de Dieu pour lui. Cela se passe à trois niveaux :
Le niveau spirituel et humain
Par la puissance de son Esprit, Dieu nous précède toujours dans le cur du candidat. L'Esprit a été à luvre dans la vie du candidat depuis sa famille, à la paroisse et à l'école. Notre système de formation reconnaît et confirme l'expérience spirituelle de chaque candidat, et s'appuie sur elle. La prière personnelle du candidat, ce qu'il partage dans les réunions d'équipe, pendant la liturgie et la direction spirituelle, est basé sur son milieu familial ainsi que ses expériences spirituelles et académiques.
Notre spiritualité ignatienne encourage également le candidat à embrasser son expérience humaine et religieuse, afin den faire le contenu de sa prière, de sa réflexion et de son discernement. Ce qui signifie que le candidat est le principal agent de discernement de sa vocation. Les formateurs, les accompagnateurs spirituels et les confrères essaient de créer un environnement propice pour permettre au candidat de discerner la volonté de Dieu dans sa vie. Les ateliers de développement humain sur la sexualité, la gestion de la colère, la confiance mutuelle et la connaissance de soi, tels que lEnnéagramme et Myers-Briggs, font partie du programme de formation en vue daider le candidat à être plus responsable et à s'engager à vie librement dans une vocation missionnaire.
Une pédagogie de la liberté
Une autre chose que j'apprécie dans notre système de formation, cest la pédagogie de la liberté dont jouissent les candidats en formation. Comme indiqué précédemment, le candidat est l'agent principal de sa propre formation. Autrement dit, il sembarque librement dans un processus qui lui permettra de prendre conscience de ses points forts et de ses faiblesses. Il intègre de manière positive les différentes dimensions de sa propre identité comme une fonction de sa vocation et, ce faisant, il devient capable de prendre des décisions réalistes, en harmonie avec lorientation qu'il veut donner à sa vie. Le candidat se fait accompagner par une communauté formative qui entretient avec lui une relation de confrère à confrère. Candidat et formateurs se retrouvent pour la prière, les repas et les loisirs. En bref, notre formation, du début à la fin, est fondée sur la confiance mutuelle.
Faire face aux défis
Tout au long de sa formation, le candidat est confronté à des défis multiples. Il doit s'habituer à une vie de communauté internationale, interraciale et interculturelle. Il doit apprendre de nouvelles langues, s'adapter à de nouveaux climats, à une nouvelle alimentation et se faire de nouveaux amis. En plus, le candidat continuera à intégrer ces nouvelles expériences dans sa formation spirituelle, humaine et intellectuelle. Dans tout cela, non seulement la formation prescrit la bonne conduite à suivre, mais elle défie et aide le candidat à la trouver. Elle contribue à renforcer son assurance et le soutient dans sa capacité de toujours apprendre comme il le souhaite, afin datteindre ses objectifs.
La joie que mapporte la formation
Je suis ravi de constater que nous nous penchons de plus en plus vers un modèle transformationnel de la formation. Ce genre de modèle, comme la expliqué un ancien Secrétaire à la formation initiale, vise le développement global et intégré des candidats. Je pense que les Petits Groupes de Formation et la vie d'équipe dans les grandes maisons de formation, sont des moyens d'aider nos candidats à être plus transformationnels dans leur propre formation. Le modèle transformationnel reconnaît que les candidats font partie d'une conversion permanente. Les formateurs qui croient dans ce modèle se verront comme des transformateurs patients, compréhensifs et indulgents à légard du candidat. Je pense qu'un candidat formé selon ce modèle deviendra lui-même un missionnaire transformateur, disposé à guider les autres vers l'objectif de sainteté et de service désintéressé dans le Royaume de Dieu.
Les défis à relever
Ces défis ne sont pas très différents de ceux de l'Église universelle, en général, et de l'Église d'Afrique, en particulier. Parmi les énormes défis en Afrique, citons la pauvreté, les injustices sociopolitiques, la violence et les conflits, les réfugiés et la migration, les inondations, la sécheresse, les changements climatiques, etc. Quelle est la réponse de l'Église d'Afrique face à tous ces défis ? Quelle est la réponse des Missionnaires d'Afrique ? Je pense que notre principal défi pour la mission d'aujourd'hui est de continuer à former des missionnaires transformationnels.Mais notre plus grand défi en tant que missionnaires aujourd'hui, ce nest pas tant ce que nous faisons, mais comment nous accomplissons ce que nous faisons. Que nous soyons curés de paroisses, praticiens de paix, accompagnateurs spirituels ou agents de développement, nous devons aborder notre ministère avec des stratégies de conflits sensées. Cela signifie que nous devons toujours maximiser l'impact positif et réduire au minimum limpact négatif dans nos options missionnaires. C'est, à mon avis, ce que veut dire être un missionnaire transformationnel aujourdhui. En conséquence, notre système de formation doit doter le candidat des compétences et doutils dignes dun missionnaire transformationnel avant de lenvoyer sur le terrain.
Emmanuel Adeboa M.Afr
Tiré du Petit Echo N° 1010 2010/4Voir photos Ejisu
Missionaries of Africa
Emmanuel Adeboa M.Afr
Initial Formation Ghana Ejisu
Matters of Initial Formation
We do not always appreciate our Missionaries of Africa Formation as much as outsiders do. I recently met a Mennonite woman who knew the White Fathers through her contacts with some confreres whom she knew from her student days in Strasbourg, where we had a scholasticate. She was full of praise for the solid training that was given to the students. In her opinion, they were mature and different from other candidates for the priesthood. I have heard similar comments from Religious and laypeople, particularly in places where we share a Consortium with other Religious Congregations.
In this article, I explore what I value most in the Formation journey, the joy it brings to me as a missionary and the challenges that I think our Formation system should face more courageously as we prepare missionaries for todays mission.
What I value most in the Formation journey
The task of Formation for todays mission is to design a type of integral Formation that allows the candidate to take charge of his life truly and to discern Gods will for him properly. I see this happening at three levels in our Formation system.
Spiritual and Human Level
By the power of his Spirit, God always goes before us in the hearts of the candidate. The Spirit has been at work in the life of the candidate from his family, parish and school. Our Formation system recognises and affirms the spiritual experience of each candidate and builds upon it. The candidates personal prayer, what he shares in team meetings, liturgy, and in Spiritual Direction is based on his family background and his spiritual and academic experiences.
Our chosen Ignatian spirituality also encourages the candidate to embrace his human and religious experience and make it the content of his prayer, reflection and discernment. This means that the candidate is the principal agent of his vocation discernment. Formators, Spiritual Directors and confreres try to create a safe environment for the candidate to discern the will of God in his life. Human development workshops on sexuality, anger management, trust-building, and self-knowledge courses, such as the Enneagram and Myers-Briggs are established in the Formation process to enhance the candidates ability to take charge of his life truly and improve his capacity to commit himself freely to a lifelong missionary vocation.
A Pedagogy of Freedom
Another thing that I value in our Formation system is the pedagogy of freedom that is experienced by the candidates in the Formation process. As indicated earlier, the candidate is the primary agent of his own Formation. This means the candidate enters freely into a process that will help him become aware of his strengths and limits. He integrates in a positive way the different dimensions of his own identity as a function of his vocation, and in the process acquires the skill in making sufficient and realistic decisions which are in keeping with the meaning he has chosen to give to his life.The candidate is accompanied by a formative community that lives together with him on a confrere-to-confrere level. Candidate and Formators are together for prayer, meals and recreation. In a nutshell, our Formation from beginning to end is based on mutual trust.
Meeting Challenges
The candidate faces different challenges along the Formation process. He has to get used to living an international, interracial and intercultural community life. He learns new languages, adapts to new climates, new food, and makes new friends. The candidate will continue to integrate these new experiences into his spiritual, human and intellectual Formation. In all this, the Formation does not just prescribe the right conduct, but challenges and helps the candidate to find it. It helps him to strengthen his self-confidence, and supports him in his ability to keep learning in the ways he wants to, so that he can attain his goals.
The Joy Formation brings me as a Missionary
I am delighted that we are leaning more and more towards the transformational model of Formation. The transformational model, as explained by a former Secretary of Initial Formation, aims at the global and integrated development of the candidates. I believe the Small Formation Groups and the Team life in the larger Formation houses is one way of helping candidates to be more transformational in their own Formation. The transformational model acknowledges that candidates are part of a never-ending conversion. Formators who believe in this model will see themselves as transformers who are patient, understanding and forgiving of the candidate. I believe that a candidate who is formed in the transformational model will himself become a transformer missionary, bringing people to the goal of holiness and unselfish service in the Kingdom of God.
Challenges that our Formation system should face
The challenges that our Formation system should face cannot be too different from the challenges of the Universal Church in general and the African Church in particular. Some of the enormous challenges in Africa include poverty, political and social injustice, violence and conflict, refugees and migration, floods, drought climate change etc. What is the response of the African Church to these challenges? What is the response of the Missionaries of Africa? I believe that our main challenge for todays mission is to continue forming transformational missionaries.
I believe that our biggest challenge as missionaries today is not about what we do, but how we do what we do. Whether we are Parish Priests, Peace Practitioners, Spiritual Directors or development workers, we must approach our ministry with conflict-sensitive strategies. This means that we must always maximise positive impact and minimise a negative impact in our missionary options. That is what it means to be a transformational missionary for me. The implication for our Formation system is that we must equip the candidate with the skills and tools of the transformational missionary before we send him out into the field.
Emmanuel Adeboa M.Afr
From Petit Echo n° 1010 2010/4
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