Missionnaires d'Afrique


Richard K. Baawobr,
1er Assistant Général

Les Petits Groupes de Formation

Une même vision,
des pratiques différentes

Avant-propos
Bien que l'objet de cet article soit les Petits Groupes de Formation (PGF), nous ne prétendons pas qu'ils soient maintenant des modèles de communautés de formation. Leurs membres vivent quelque chose de précieux et valable, comme l’a demandé le Chapitre de 2004 ; mais les grandes communautés de formation sont toujours valables à leur manière, et continueront d’exister. En fait, la plupart des choses décrites ici ne sont pas propres aux PGF ; nous voulons partager comment leurs membres les vivent. Le présent article se veut informatif afin qu’un plus grand nombre de membres de la Société sachent ce qui se passe dans nos PGF.

La demande du Chapitre de 2004
Les PGF sont nés lorsque le Chapitre de 2004 a demandé : "Avant de rechercher un 3e centre de formation pour l’étape finale, le Conseil général, le secrétaire à la formation initiale et les formateurs étudieront la possibilité de créer des petits groupes de formation dans ou auprès de communautés Missionnaires d’Afrique existantes. Ils chercheront ces endroits près des universités et des centres de théologie missionnaire, en Afrique ou ailleurs, et ce pour toute la durée de l’étape finale. Une décision à ce sujet sera prise par le Conseil général en 2006" (p. 92).


Kenya: Premier PGF: Paul Hannon, formateur et économe (Angleterre), Charles Kwaku Awotwi (Ghana), Pawel (Pologne), Leander (Zambie), François-Xavier Bigeziki, formateur (Rwanda), Joseph (Burkina Faso), Raphael (RDC), Ludwig Peschen, formateur (Allemagne) et Dieudonné (RDC).

En raison de la nécessité d'offrir des places supplémentaires de formation pour les candidats terminant le stage, le premier PGF a été ouvert à Nairobi South C en 2006, et deux autres en 2007 à Kinshasa et à Jérusalem.

La vision unique des Petits Groupes de Formation
Les candidats, dont le nombre varie entre un minimum de sept et un maximum de dix, vivent avec un formateur responsable, assisté par deux autres confrères. La taille du groupe permet une communication facile et rapide entre les membres, une bonne connaissance mutuelle et l'aide parmi les candidats. Elle offre également un forum facile pour des défis réciproques et l'émulation. L'impression générale enregistrée, même après quelques jours de présence dans la communauté, en particulier à Nairobi et à Kinshasa, est que chaque membre se sent en famille, et sait qu’il doit s’impliquer pour la bonne marche de la communauté. Il ne peut pas se soustraire pour observer. Les au­tres membres ont besoin de ses mains, ses pieds, ses yeux, sa parole, etc. Les nombreuses petites responsabilités qui, dans une grande communauté, sont réparties entre plusieurs personnes, doivent être assumées par un petit nombre. Chacun doit accomplir plusieurs tâches.

Il en résulte un plus grand sens de responsabilité et de participation du candidat à sa formation au niveau du groupe. C'était l’une des choses qui ont conduit les capitulants à promouvoir les PGF. Le Chapitre avait précisément demandé ‘d’assurer une plus grande confiance réciproque et une plus grande responsabilité dans tous les aspects de la formation’ (p. 92) dans la réorganisation de l’étape finale de la formation. Nous pouvons au moins dire qu’à cet égard, les PGF ont atteint une partie du but que s’était fixé le Chapitre de 2004. Il y a une ambiance accueillante, accompagnée d'un désir de travailler ensemble.

La présence des frères aînés qui les accompagnent, tout en exerçant d'autres ministères, ajoute aussi une dimension formative et fonctionne dans les deux sens. Positivement, les frères aînés montrent ce à quoi aspirer, ainsi que les joies et les peines d'un engagement missionnaire à la mission de Dieu au monde africain. Négativement, ils montrent ce qui peut compromettre cet engagement et devrait être évité si l'on veut vivre une vie Missionnaire d'Afrique épanouie et heureuse ! Le dynamisme des dix jeunes en formation qui composent la communauté de Jérusalem a apporté un souffle nouveau à la maison et ouvert des possibilités de relations jusque-là inexplorées. Kinshasa a connu un essor du nombre d’aspirants désireux de devenir membres de la Société, et les animateurs vocationnels ont la difficile tâche d'accompagnement et de discernement à faire avant la première sélection !

Des pratiques différentes
Les façons dont la vision du Chapitre a été mise en pratique à Nairobi South C, à Kinshasa et à Jérusalem sont différentes, précisément en raison des types de communautés trouvées à chaque endroit. Les formateurs responsables ainsi que les confrères qui les assistent ont aussi joué un rôle important.

À Nairobi South C, la communauté a été fondée pour accueillir les candidats. Puisque nouvelle, elle avait ses avantages : ses membres pouvaient être aussi créatifs qu'ils le souhaitaient, mais elle avait aussi ses propres défis. Non seulement ils étaient peu nombreux, mais le fait de vivre à côté d'une grande communauté de formation de la même étape, et de suivre des cours ensemble à Tangaza College, a entraîné des comparaisons provenant des frères aînés ou des candidats. Les évaluations des deux groupes étaient inévitables. Étant membres de la première PGF (ou Petite Communauté de Formation, comme ils préfèrent s’appeler), ils ne pouvaient se tourner nulle part en quête d'inspiration.

Il a fallu quelques recherches pour trouver ensemble le chemin, ce qui fut fait et, depuis lors, ils ont continué selon leur style. Des six candidats cofondateurs du premier PGF, quatre ont progressé jusqu’au Serment perpétuel, et un deviendra prêtre diocésain.

Kinshasa 2006-07. Les fondateurs : Michel Tremblais (responsable), Luciano Fuchs, Santi Rodriguez, Masaba Jean-BoscoLa procure de Kinshasa pour la Province d'Afrique centrale a ouvert ses portes pour accueillir huit candidats. La Province a expressément ajouté un bâtiment spécial pour les candidats, et le personnel de la communauté a été fraîchement nommé pour les accueillir. Étant donné que les candidats et le formateur étaient plus nombreux que les trois confrères de la communauté de la procure, le PGF a vite imposé le rythme de la vie, l'ordre du jour des réu­nions de communauté, les sujets de conversation à table, les intentions de prière, etc. Certains se demandent : ‘qui accueille qui - le PGF ou la Procure ?’ Le PGF a aussi été marqué par des changements touchant la personne nommée comme formateur responsable, et ses centres d'études. Loin de les laisser indifférents, ces changements les ont poussés à s’ajuster, redécouvrir, s’adapter, s’apprécier mutuellement ainsi que chaque institut d'apprentissage. En dépit de ces défis et bien d'autres, le PGF de Kinshasa a réalisé un cent pour cent de présence à l’appel au Serment perpétuel de la première promotion de ses sept candidats !

Jerusalem.  Bernard Chowa et Evans Chama sur le chemin de l’institut des Salésiens.Des trois PGF, celui de la communauté de Sainte-Anne à Jérusalem a probablement été le plus chanceux. En effet, les candidats et le formateur ont été reçus dans la plus ancienne communauté de la Société, le lieu que la tradition attribue à la naissance de la Vierge Marie. La communauté elle-même a ses activités : sessions retraites, œcuménisme, rencontre et dialogue avec les musulmans et les juifs, JPIC, etc., et pourrait continuer à fonctionner sans le PGF. Cependant, les membres de cette communauté ont intégré le PGF et ont été enrichis par la présence de sang jeune qu’ils n’aimeraient pas perdre. Six sur les sept membres de cette première promotion ont prononcé leur Serment perpétuel et sont prêts pour la mission, enrichis d’avoir étudié la théologie au pays de la Bible, d’avoir marché dans les pas de Jésus et de ses disciples. Chaque jour, ils voient des événements et des lieux dont les autres ne peuvent que rêver, ou payer cher pour voir pendant quelques minutes ou quelques heures ! Même les tensions politiques, religieuses et sociales, et la nécessité d'organiser des cours à domicile sur les rubriques missionnaires manquant chez les Salésiens, etc., ne les dissuadent pas de rester à Jérusalem. Comme leurs frères d'ailleurs, ils demandent l'occasion de participer plus activement à la vie matérielle de la communauté.

Quel avenir pour les PGF ?
Après avoir suivi l'évolution des différentes communautés et fait une série d'évaluations impliquant les Provinces d’accueil, le Conseil général actuel a décidé de maintenir tous les trois PGF. Leur expérience s’est avérée globalement positive. Les nouveaux formateurs responsables sont déjà sur place dans chacune des communautés, et de nouveaux candidats y ont été nommés. Les Provinces de TanKenSud, d’Afrique Centrale et de la Section Éthiopie-Proche-Orient ont offert, dans la mesure du possible, des confrères disposés à collaborer à la formation de futurs jeunes confrères. Tout n'est pas encore parfait. Les discussions, lors du prochain Chapitre, contribueront à améliorer ce qui peut encore être amélioré.

Richard K. Baawobr,
1er Assistant Général


Tiré du Petit Echo N° 1010 2010/4
Voir les photos : Nairobi, Kinshasa, Jérusalem

 


 

Missionaries of Africa


Richard K. Baawobr,
1st Assistant General

Small Formation Groups

Same Vision,
Different Practices

Introductory Caution
Although the focus of this article is Small Formation Groups (SFGs), we do not claim that they are now model formation communities. They are living something valuable and valid, as requested by the 2004 Chapter, but the large formation communities are still valid in their own way and will continue. In fact, most of the things described here are not unique to the SFGs; we want to share how they live them. This article is just by way of information so that as many as possible in the Society may know what is happening in the SFGs.

The Request of the 2004 Chapter
The SFG came to birth when the 2004 Chapter requested, ‘Before looking for a third Formation Centre of the Fourth Phase, the General Council, the Secretary for Initial Formation, and formators will study as soon as possible the prospect of creating small formation groups in or near existing M.Afr communities. They will look for areas near Universities and Missionary Theological Centres, in Africa and elsewhere for the whole Final Phase. A decision on this subject will be taken by the General Council in 2006’ (p. 92).


Kenya: First SFG: Paul Hannon, co-operator and bursar (England), Charles Kwaku Awotwi (Ghana), Pawel (Poland), Leander (Zambia), François-Xavier Bigeziki, Formation Staff (Rwanda), Joseph (Burkina Faso), Raphael (DRC), Ludwig Peschen, co-operator (Germany) and Dieudonné (DRC

Because of the need to offer extra places of formation for candidates finishing the stage, the first SFG was opened in Nairobi South C in 2006 and two others in 2007 in Kinshasa and Jerusalem.

The Single Vision of the Small Formation Groups
The candidates, ranging in number from a minimum of seven to a maximum of ten, live with a Formator-in-Charge who is assisted by 2 other confreres. The size of the group enables easy and quick interaction between the members, a good mutual knowledge and assistance among the candidates. It also provides an easy forum for reciprocated challenge and emulation. The general impression received, even after a few days’ presence in the community, especially in Nairobi and Kinshasa, is that each member of the community feels that he is in his family and that for things to function, he has to be involved. He cannot stand back and watch. The others need his hands, his feet, his eyes, his spoken word, etc. The numerous little responsibilities that in a big community are shared out between many people have to be assumed by a few. Each one has to do several things.

The result is that there is a greater sense of responsibility and participation of the candidate in his formation at the level of the group. This was one of the things that had led Capitulants to promote SFGs. The Chapter had precisely requested ‘to ensure greater mutual trust and personal responsibility in all aspects of formation’ (p. 92) in the reorganisation of the final phase of formation. If for nothing else, in this respect we can say that the SFGs have attained part of the goal that the 2004 Chapter had set out for it. There is a homely atmosphere, accompanied by a desire to work together.

The presence of elder brothers who accompany them, but who have other ministries, also has a formative dimension and works both ways. Positively, the elder brothers show what to aspire to and the joys and pains of a missionary commitment to the Mission of God in the African world. Negatively, they show what can undermine this commitment and should be avoided if one wants to live a fulfilled and happy Missionary of Africa life! In a community such as Jerusalem with ten young men in formation, their dynamism has brought a new lease of life to the place and opened up hitherto unexplored possibilities of relationships. Kinshasa has experienced a boom in the number of aspirants desiring to join the Society and the Vocation Promoters have the challenging task of accompaniment and discernment to do before the first selection!

The Different Practices
The ways in which the vision of the Chapter has been put into practice in Nairobi South C, Kinshasa and Jerusalem are different precisely because of the types of communities that they found in each place. The Formators-in-Charge and confreres assisting them also played an important role.

In Nairobi South C, the community was created to welcome the candidates. Being new, it had its advantages; they could be as creative as they wanted, but it also had its own challenges. They were few and being next to a large formation community of the same level as well as attending lectures at the same Tangaza College led to comparisons. Made by elder brothers or candidates, appraisals of the two were unavoidable. Being the first SFG (or Small Formation Communities, as they prefer to call themselves), they could not refer to anybody else for inspiration. It took some searching to find the way together, which they did and have continued in their style since then. Of the six candidates who co-founded the first SFG, four have progressed to the Perpetual Oath and one will become a priest in a diocese elsewhere!

Kinshasa 2006-07. The founders: Luciano Fuchs, Michel Tremblais (in charge), Santi Rodriguez, Jean-Bosco Masaba.Kinshasa’s Procure for the Central Africa Province opened its doors to welcome eight candidates. The Province had a special block added just for the candidates. The community personnel was freshly appointed to welcome the candidates. Since the candidates and formator outnumbered the three confreres of the Procure community, the SFG quickly dictated the rhythm of life, the community meeting agenda, the subject matter at table, the prayer intentions, etc. The question for some is ‘who welcomes whom - the SFG or the Procure?’ The SFG has also been marked by changes with regard to the person appointed as its Formator-in-Charge and to its study centres. Such changes have not left them indifferent; they have had to adjust, rediscover, accommodate and appreciate each other and each school of learning. In spite of these and other challenges, the SFG in Kinshasa has given a hundred percent turn out for Perpetual Oath for its first batch of seven candidates!

Jerusalem. Bernard Chowa and Evans Chama on the road to the Salesian Institute.The SFG in St Anne’s community in Jerusalem has probably been the most fortunate of the 3 SFGs. The candidates and formator were received into the oldest community of the Society, the traditional birthplace of the Virgin Mary. The community itself has its activities: Session-Retreats, Ecuenism, Encounter and Dia­logue with Muslims and Jews, JPIC, etc., and would continue to function without the SFG. However, they have integrated the SFG and have been enriched by the presence of younger blood and would not like to lose them. The first batch of six out of seven have made their Perpetual Oath and are ready to join the Mission, enriched by studying theology in the Land of the Bible, walking in the footsteps of Jesus and his disciples. They see events and places daily that others can only dream of, or for just a couple of minutes or hours have to pay a lot to see! Even the political, religious and social tensions, the need to organise in-house courses for missionary topics lacking at the Salesians, etc., will not deter them from Jerusalem. Like their brothers elsewhere, they are requesting the opportunity to participate more actively in the material life of the community.

What Future for the SFGs?
The present General Council has decided to continue all 3 SFGs, in view of their overall positive experience, after following the evolution of the different communities and a series of evaluations involving the Provinces that welcome them. New Formators-in-Charge are already in place in each of them, new candidates have been appointed to them. The Provinces of TanKenSud, Central Africa and Ethiopia-Near East Section have offered, when possible, confreres capable of collaborating in the formation of future younger confreres. All is not yet perfect. Discussions in the forthcoming Chapter will help improve what can still be improved.

Richard K. Baawobr
1st Assistant General

From Petit Echo n° 1010 2010/4

See the pictures : Nairobi, Kinshasa, Jérusalem