Missionnaires d'Afrique

Fr. Lito G. Doguiles M.Afr.

Être Frère… Pourquoi ?


Je me rappelle le processus de discernement que j’ai suivi avant l’approbation officielle de ma candidature pour être Frère dans la Société. Je réfléchissais à cette question fondamentale : « Pourquoi être Frère ? » C’est l’arrière-fond de ma culture qui m’a amené à me poser sérieusement cette question, parce que la majorité de mes compatriotes philippins considèrent la vocation de Frère comme une vocation de deuxième classe.

Quand je suis retourné au pays pour faire mon serment missionnaire, j’entendais toujours l’ancien refrain : “Pourquoi être Frère ?” Même ma famille et mes amis chantaient cette rengaine.

Mon entrée dans ma nouvelle communauté à Cebu me donna l’opportunité de vivre ma vocation. Je suis entré dans cette communauté une semaine après mon Serment perpétuel, le 14 juin 2008. Vivre avec quatre confrères, Bernard Monteron, Charlie Timoney, Thomas Schweidessen et, plus tard, Emmanuel Langaigne, et sept candidats ne m’était pas nouveau. J’avais vécu dans une petite communauté à South B à Nairobi et je me suis senti à l’aise dans cette nouvelle communauté, surtout que j’en connaissais déjà tous les membres.

Lito animant une rencontre d’étudiants.La vie avec eux a été une bénédiction. Elle m’a permis de garder les pieds sur terre. Ma participation aux réunions hebdomadaires, aux prières, aux récréations, et ma disponibilité à rendre service aussi bien à l’équipe de formation qu’à celle de l’animation vocationnelle, m’ont aidé à me sentir un avec la communauté. Je pouvais être vraiment moi-même avec les candidats et je les accueillais avec chaleur, une oreille attentive et un sens de l’humour. Je crois que ces expériences sont un élément essentiel de la vocation missionnaire vécue en communauté.

Lito's Mum, Lito, BernardJe sentais aussi un soutien entier de la part de mes confrères dans mes autres occupations, spécialement dans l’obtention d’une maîtrise à l’Université de Cebu. Je travaillais en même temps comme coordinateur de la promotion humaine et comme conseiller au séminaire San Carlos, ce qui m’a aidé pour ma thèse de maîtrise. Le fait que je travaille dans ce séminaire a permis de faire connaître les Missionnaires d’Afrique aux séminaristes et à l’archidiocèse en général.

Je sentais aussi que ma participation à leur programme de formation humaine constituait une contribution valable de la part de notre Société pour l’archidiocèse de Cebu. J’ai accepté également de diriger des sessions de « counselling », j’ai participé à des séminaires de formation humaine avec différents groupes de jeunes, aussi bien dans le cadre de la paroisse que de l’école. J’ai aussi animé des récollections et des retraites et donné un coup de main à la chorale de la paroisse de Santo Rosario. Je suis heureux d’avoir pu offrir mes talents à l’Église locale.

Ma communauté m’a aussi encouragé à suivre les quatre modules lancés par les directeurs et animateurs vocationnels des Philippines : Introduction, direction spirituelle, relations familiales et sexualité humaine dans l’animation vocationnelle. Ces modules m’ont aidé à mieux comprendre le ministère d’accompagnement vocationnel, et à acquérir plus de connaissances, de compétences, et de stratégies dans l’animation vocationnelle. Ils m’ont aussi permis de rencontrer de nouveaux amis.

Comme Missionnaire d’Afrique, et spécialement comme Frère, j’ai besoin d’une solide connaissance de moi-même pour être capable de vivre et d’apprécier la vie en communauté. Il me faut aussi une relation forte avec le Seigneur pour avoir un grand zèle apostolique et beaucoup de générosité.

Tandis que certains fredonnent encore l’ancienne chanson : « Pourquoi être Frère ? », j’espère changer ce refrain en « Être Frère, c’est super ! »

Fr. Lito G. Doguiles M.Afr.


Tiré du Petit Echo N° 1002 2009/6

voir aussi 14-06-2008 photos du Serment Missionnaire de Lito Garay Doguiles "M.Afr."aux Philippines /

 


 

Missionaries of Africa

Br. Lito G. Doguiles M.Afr.


Why Brotherhood?

As I recalled the discernment process I went through prior to the official approval of my becoming a Brother in our Society, I reflected on the basic question, “Why Brotherhood?” I remembered how I considered my cultural background, where most of my fellow Filipinos believe Brotherhood to be a second-rate vocation.

Coming home to take my Oath, I heard the old refrain, “Why Brotherhood?” Even my family and friends sang from the same old hymn sheet.

Joining my new community in Cebu was an opportunity for me to actualize my vocation. I entered this community a week after my Perpetual Oath on the 14th June 2008. Staying with four confreres, Bernard Monteron, Charlie Lito conducting a meeting with students.Timoney, and Thomas Schweidessen, then later with Emmanuel Langaigne, as well as seven candidates, was not new to me. I had lived in a small community in South C in Nairobi and therefore felt at home in this new one. I also knew all the confreres here in the Cebu Community.

Living with them was a blessing. It kept my feet on the ground. My participation in the weekly meetings, prayers, recreations, and my willingness to be of service both in the formation and vocation teams made me feel at one with the community. I was able to be my real self with the candidates and accepted them with warmth, a listening ear and a sense of humour. These experiences, I believe, are an essential element in living my missionary vocation in community.

Lito's Mum, Lito, BernardI also felt the full support of my confreres in my other endeavours, especially in gaining my Master’s Degree at the University of Cebu. I worked as Human Development Coordi­nator and Counsellor at San Carlos Seminary College, which helped me with my Master’s thesis. Working at this seminary college made the Missionaries of Africa known to the seminarians and to the Archdiocese in general. I also felt that my working with their human formation programme was a valid contribution on behalf of our Society towards the Archdiocese of Cebu. I have also accepted counselling sessions; facilitated human formation seminars with the different youth groups, both parish- and school-based; given recollections and retreats and helped with the choir and singing in Sto. Rosarion Parish. I am happy to have offered my talents to the local Church.

My community also encouraged me to attend the four modules, Introductory, Spiritual Direction, Family Relations and Human Sexuality in Vocation Promotion, spearheaded by the Directors of Vocation Promoters of the Philippines.

These modules helped me understand vocation ministry better. It also allowed me to gain more knowledge, skills and strategies in Vocation Promotion, and to meet new friends.

As a Missionary of Africa and especially as a Brother, I need to have a solid grounding in self-knowledge, be able to live and enjoy community life, have a strong bonding with the Lord and have plenty apostolic zeal and generosity.

While many still hum the same hymn – “Why Brotherhood?” – I hope to change the hymn sheet to “Wow! Brotherhood!”

Br. Lito G. Doguiles M.Afr.

From Petit Echo n° 1000 2009/6

See also
* 14-06-008 Photos of the Missionary Oath of Lito Garay Doguiles "M.Afr."in Philippines