Missionnaires d'Afrique
Province de lAfrique de lOuest (PAO)
3 Missions: au Mali, au Niger et en Côte d'Ivoire
1. Gao au Mali, à la porte du désert
Par Anselm Mahwera M.Afr.La situation générale
La paroisse de Gao regroupe les trois régions du nord Mali à savoir Tombouctou, Gao et Kidal, sur une superficie de 820 000 km2. La seule paroisse de Gao fait frontière avec quatre pays de la sous-région : la Mauritanie, lAlgérie, le Niger et le Burkina Faso. Cest ainsi que Gao est une plaque tournante des migrations. Et presque un passage obligé pour tous ceux qui veulent aller en Europe (clandestinement) via les pays maghrébins.
Mais depuis lan 2005, Gao est devenue un lieu de passage, presque incontournable pour le phénomène du refoulement. Cest un passage obligé car tous les refoulés dAlgérie, de Mauritanie, du Maroc et de la Libye sont conduits systématiquement vers Tinzaouten (une zone de no mans land entre la frontière du Mali et de lAlgérie). De là ils cherchent à arriver à Kidal et à Gao pour continuer leur voyage.
Presque toutes les nationalités dAfrique centrale et de louest sont passées, avec une majorité de Camerounais, Ghanéens, Libériens et Nigérians.
Selon leur aspiration et les activités quils mènent, nous pouvons parler de deux groupes de refoulés : ceux qui ont voulu aller en Europe et qui ont échoué. Ceux qui travaillaient ou étudiaient, soit au Maroc, soit en Algérie et qui, un jour, se sont trouvés entre les mains des patrouilles de police qui les ont mis dans les camions de refoulement. Ces deux groupes peuvent aussi, selon leur aspiration pour lavenir, être divisés en trois catégories :
1. Il y a ceux qui veulent retourner chez eux, qui désirent continuer leur voyage jusquà leur pays dorigine. Pour le moment nous nous occupons essentiellement de ce groupe.
2. Il y a ceux qui ne veulent pas retourner chez eux, à cause de la honte, de léchec. Ils cherchent donc à sinstaller à Gao ou dans dautres villes du Mali ; ils ne veulent plus « remonter en Europe » et, en même temps, ils ne veulent pas retourner chez eux. Ils sont en train de chercher des moyens de survivre. Comme ils le disent eux-mêmes, « la vie peut être nimporte où ; lessentiel, cest de la gagner honnêtement ».
Quelques-uns sont devenus coiffeurs, réparateurs, restaurateurs. Ils peuvent aussi ségarer dans la prostitution ou devenir passeurs des immigrés.
3. Il y a enfin ceux qui veulent retourner en Europe, soit par le désert, soit par la mer (en changeant de direction vers la Mauritanie et les îles Canaries), soit par dautres moyens : leur but est toujours dentrer en Europe. Ces derniers sont à Gao pour chercher un passeport malien, ou une carte didentité malienne (qui leur permettra dentrer facilement en Mauritanie ou dans les pays du Maghreb où les Maliens nont pas besoin de visa), pour chercher des moyens financiers afin de recommencer le voyage et, pour le moment, comme dit la majorité, laisser la situation se calmer, car ils sont convaincus que tôt ou tard la route vers Europe leur sera ouverte de nouveau.
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Hébergement sommaire de ceux qui arrivent fatigués, souvent malades.Tous ces gens nous arrivent souvent fatigués, physiquement, psychologiquement et moralement. Ils sont souvent malades. Parmi eux il y en a qui ont fait de la prison où les conditions dhygiène sont lamentables : il y en a qui ont eu des accidents ; ils nont rien pour se procurer à manger, souvent sans autres habits que ceux quils portent sur eux (naturellement très sales et fatigués aussi).
Ils sont fatigués moralement car, pour beaucoup, ce refoulement est la fin de leur rêve, cest un échec : ils ont beaucoup investi, beaucoup sacrifié (on parle jusquà la somme de 4 000 euros) ; ils ont honte daffronter leur famille, leurs amis, sans rien dans leurs mains.
Nos activités
Face à cette situation, la paroisse, par le biais du bureau paroissial de CARITAS, vient à leur secours. En plus des activités daccueil et daide pour soulager la souffrance (transport, santé, communication avec leurs familles, nourriture) et des activités découte, daccompagnement (psychologique, spirituel, juridique et social), nous essayons dattaquer le problème à sa source, à savoir : faire de la sensibilisation au point de départ (surtout à Bamako où ils prennent leur bus et où ils se mettent en contact avec les passeurs de Gao qui vont les jeter dans le désert) : avant quils ne prennent la route, quils sachent exactement ce qui les attend en vue de les décourager. Nous essayons aussi daider, daccompagner juridiquement, spirituellement, matériellement et socialement ceux qui désirent rester et sinstaller à Gao.
Finances
Nous sommes sûrs que vous vous posez la question de savoir comment nous arrivons à trouver les fonds pour cela car, selon notre expérience, quand nous parlons de ce problème aux autres, la grande raison donnée pour la non-assistance à ces refoulés est le manque de moyens financiers.
Certes, nous avons pu faire le peu que nous avons fait grâce aux moyens financiers que nous avons reçus, mais largent seulement ne peut pas tout régler. Il y a en plus des gestes plus importants à poser, comme écrire une demande de papier officiel, écouter et conseiller, ce qui ne demande pas nécessairement de largent.
Il nous faut cependant de largent car les gens à qui nous avons affaire ont besoin dun geste concret qui demande souvent de largent. En tout, il nous faut au moins 20 000 FCFA (30 euros) pour accueillir et faire voyager une personne vers Bamako. Et jusquà 200 000 FCFA pour installer une personne à Gao.
Grâce aux dons reçus, principalement du CCFD (Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement), de la France et des Missionnaires dAfrique, notamment de la Maison généralice à Rome, de la province de lAfrique de lOuest, dEspagne, du Canada, et autres dons venant de particuliers, nous pouvons affirmer que tous ceux qui nous arrivent à Gao ont reçu une réponse favorable selon leurs besoins et nos capacités.
Conclusion
On pensait au début que cétait pour un temps, quon sengageait juste pour secourir quelques refoulés bloqués dans la paroisse et on disait : ça va finir. Ce peu de temps est devenu 3 ans et nous commençons notre 4e année. Les gens continuent à se faire refouler. Certes, les gens narrivent plus par groupes de 50 personnes comme au début, mais ils continuent de venir, et la mission catholique est devenue victime de son action. Jusquà quand ?On se pose souvent la question, et évidemment la réponse est que tant quil y aura de la souffrance, tant quil y aura des gens qui ont besoin dêtre aidés, nous ne pourrons pas rester indifférents. Car lÉglise est comme un témoin de la présence du Royaume de Dieu, de lamour préférentiel de Dieu pour les pauvres et ceux qui souffrent. On ne peut pas rester sans rien faire, nous nous sentons obligés de faire quelque chose ; cest notre devoir dêtre là où limage de Dieu est bafouée.
Il nous faut aussi aller plus loin que la charité, nous le savons. Il nous faut chercher la justice, nous attaquer au « pourquoi » de ce refoulement dans des conditions difficiles, nous attaquer aux raisons du départ. Pourquoi un jeune décide-t-il de partir de chez lui ? La réponse évidente est la pauvreté, la corruption, sans parler de la mauvaise gérance du bien public. Pouvons-nous faire quelque chose contre ça ? Oui, même si cest difficile. En attendant, lessentiel est de faire quelque chose. À Gao, nous faisons tout ce qui est possible pour quen partant de chez nous, nos amis migrants aient au moins une image de lÉglise présente auprès des gens qui souffrent.
Anselm Mahwera M.Afr.
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2 . La mission en pays Sénoufo
Par Jozef de Bekker M.Afr.Le Pays sénoufo est une région qui sétend sur trois pays, principalement sur le Mali et la Côte dIvoire, et aussi un peu sur le sud-est du Burkina. La grande ville la plus au nord est Koutiala, au Mali, la grande ville la plus au Sud est Katiola, en Côte dIvoire. La population de cette région est estimée à quelque 700 000 personnes.
Même si, dans le langage de beaucoup de journalistes, le Nord de la Côte dIvoire est qualifié de « pays musulman », par opposition au Sud, qui est qualifié par eux de « pays chrétien », cest la religion traditionnelle qui est la religion principale des habitants du Nord, et donc des Sénoufo.
La Paroisse Notre-Dame de lAssomption, Korhogo
Les débuts
Mgr Auguste Nobou, évêque fondateur du diocèse de Korhogo (1974), fait appel aux Missionnaires dAfrique pour fonder une paroisse dans la ville de Korhogo. Une communauté de trois Missionnaires dAfrique arrive en 1980 et fonde la Paroisse Notre-Dame de lAssomption, située dans le quartier de Haoussabougou, en bordure de la ville de Korhogo. Bien que faisant partie des paroisses de la ville de Korhogo, notre paroisse est plutôt rurale, quant à sa population et à ses nombreux villages.
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Église paroissiale Notre-Dame de lAssomption
Défis de la pastorale en pays sénoufo
Un des grands défis de notre apostolat est de vivre le zèle apostolique dans le contexte de la « Rencontre ». Les Sénoufo sont très attachés à leurs traditions, à leurs fétiches et à la foi que les anciens leur ont léguée. Il faut un temps illimité pour leur permettre de souvrir à la Bonne Nouvelle de Jésus Christ. Nous sommes donc nous-mêmes invités à avoir la patience de la Rencontre, à ne pas être pressés, et à croire que les uns sèment, que dautres arrosent, et que dautres encore moissonnent.
Un deuxième défi, qui découle du premier, est le danger du syncrétisme. Nous pratiquons donc un catéchuménat long, afin de permettre aux catéchumènes de se convertir lentement mais profondément au Christ. Dans ce cadre, nous organisons des sessions pour les catéchumènes. La plus important est la session « Jésus nous libère ». La pédagogie de cette session est basée sur une participation active des sessionistes. En trouvant loccasion dexprimer leurs joies, puis leurs peurs et leurs craintes, les participants apprennent à évaluer toutes leurs actions à la lumière de la Bonne Nouvelle de Jésus.
Le Poro
Pour être un homme quon écoute, le Sénoufo doit participer à linitiation traditionnelle, le Poro. Cette initiation dure sept années, pendant lesquelles les jeunes doivent être disponibles à tout moment pour rendre service aux vieux. Une rude école, mais qui a comme fruit que les jeunes acquièrent le sens de la communauté, du service, et du bien commun. Puisque dans les différentes cérémonies du Poro, il y a des moments où chacun doit participer aux sacrifices pour les ancêtres et autres fétiches, il est difficile pour un jeune garçon de se convertir au christianisme. Même dans la grande ville de Korhogo , le Poro reste une tradition bien vivante.
Les Funérailles
Les jeunes en cours dinitiation sont obligés dassister à toutes les funérailles qui peuvent avoir lieu pendant les sept années que dure le Poro. Tout en étant une vraie contrainte pour ces jeunes, cette participation montre limportance des funérailles au pays sénoufo. Lors dun enterrement, le corps est exposé toute la nuit et sont présents les membres de la famille, ainsi que les amis du défunt.
Ceci nous a amenés à prendre le rituel sénoufo des funérailles et enterrements comme modèle de notre rituel chrétien. Les chrétiens du village, et des villages environnants, ou, en ville, les chrétiens de la CEB et des autres CEB, passent toute la nuit autour du corps. Un rituel sénoufo a été élaboré avec un choix de lectures accompagnées de commentaires et de chants appropriés. Si le défunt est un baptisé, une célébration de lEucharistie à lendroit où a lieu la veillée fait partie de ce rituel.
Ces mêmes veillées de funérailles sont une occasion de choix pour une première évangélisation de toute cette foule de gens qui y assistent. Avec une bonne animation, nous arrivons à attirer dautres personnes à venir à nos réunions de prière et à la catéchèse. Des funérailles bien soignées et bien animées sont un réel atout pour lévangélisation.
Nos consolations
Nous constatons que nous sommes bien accueillis partout où nous nous rendons. Notre présence ne cause aucune difficulté. Les adeptes de la religion traditionnelle, tout comme les musulmans, acceptent notre présence. Cela nous donne le courage de continuer à pratiquer la Rencontre.
Petit à petit, nos communautés chrétiennes grandissent. Nous constatons avec joie que des chrétiens, hommes comme femmes, sengagent dans la vie de la Communauté comme animateurs de prière, animateurs de catéchèse, responsables de la Caritas, etc.
Vivre la Rencontre au pays sénoufo est une joie pour le missionnaire. Nous en sommes convaincus et nous sommes heureux de vous le faire savoir.
Jozef de Bekker M.Afr.
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3 . Mission au Niger, quo vadis, où vas-tu ?
Sil te plaît, réponds-moi !
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Par Wilbert Gobbo, M.Afr.Toi, la mission au Niger, ma mère, où vas-tu ? Et nous tes enfants, combien sommes-nous ? Moins dun pour cent de la population. Et les autres 99 % ? Ne peux-tu pas au moins les adopter ? Ne peux-tu pas faire comme le Seigneur de la mission qui est allé chercher une brebis égarée malgré les 99 quil avait déjà ? Peux-tu discriminer une personne à la base de son appellation divine, Adonai (Yahvé), Theos ou Allah ? La séparation religieuse nentraîne-t-elle pas une séparation humaine ? Est-ce que tu nous as envoyés uniquement pour la zone structurée de ceux qui sont appelés, ek-klesia (hors de lEglise pas de salut) ? Oh toi, la mission au Niger, ne dois-tu pas tintéresser aussi à la zone fracturée dans le monde nigérien ?
Oh toi, mon enfant, je vais touvrir mon cur pour que tu comprennes ma présence au Niger. Les pionniers de la mission au Niger furent les Pères SMA qui, entre 1919 et 1948, fondèrent les premiers postes quils cédèrent aux Pères Rédemptoristes en quittant.
Zinder est la première communauté chrétienne au Niger. En 1911, Mgr. Oswald Waller, SMA, Préfet apostolique de Shedam (Nigeria), avait promis: « Je voudrais préparer les voies du Seigneur en prêchant lEvangile le long des routes jusqu'à Zinder ».
En mai 1919, Zinder a la première visite dun prêtre catholique pour sa fondation. Mgr. Steinmetz visite Dosso et Niamey en vue de leur fondation seulement en 1928. En 1930, Dogondoutchi est visité par le Père François Faroud en vue de sa fondation.
Avec les SMA, lapostolat était centré sur les chrétiens étrangers : Français, Togolais, Béninois, etc. Le Colonel Abadie écrit en 1926 : « Le catholicisme ne compte aucun adhérent indigène au Niger » !
Avec le départ des SMA en 1948 et larrivée des Rédemptoristes, nous passons de lapostolat de la fondation à lapostolat « de la natte ».
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Le groupe des M.Afr. au Niger avec le Provincial, l'Assistant Provincial
et Rafaël Deillon Assistant Général
Les MAfr. sont arrivés en 1984, à Arlit, et lannée suivante, ils se sont installés à Dogondoutchi. En 1988, ils sont arrivés à Birnin Konni et la paroisse de Zinder leur a été confiée en 1991. Cest seulement en septembre 2003 quils sinstallent à Niamey.
Avec ces enfants de Lavigerie, toi la mission au Niger, quo vadis ? Les MAfr. écrivent une page historique de la mission, la mission devient extensive et inclusive. On peut parler de la mission, de la zone de fracture jusquà la zone de fissure :
Du peuple crucial dans le pays jusquau peuple crucifié par léconomie boiteuse du pays. Du peuple sur-rassasié jusquaux affamés et aux malnutris. De léducation formelle (écoles et collèges) jusquaux analphabètes, qui sont 80% de la population. De la Caritas et développement jusquà Justice et Paix. Des bien portants jusquà ceux qui sont infectés et affectés par le sida et la lèpre. De lunité paroissiale jusquà lcuménisme avec les autres chrétiens. Des enfants de la rue jusquaux filles victimes du mariage précoce et des cas innombrables de divorce. De la catéchèse jusquau dialogue islamo-chrétien. Des paroissiens en villes jusquà ceux qui sont à 600 km de la paroisse.
Sil te plaît, toi la mission au Niger, ma mère, quo vadis, où vas-tu ? LEsprit de la mission me parle du « vent du changement » dans la mission. Dans la mission comme ailleurs, il ny a rien qui soit si permanent que le changement !
A cette question quo vadis, où vas-tu ?, moi, la mission, ta mère, je réponds que ma direction changera toujours pour mieux construire le Royaume de Dieu. Quant à mes enfants, les Lavigeriens à Zinder, à Konni et à Niamey, la Force derrière eux restera toujours plus grande que la tâche missionnaire devant eux.
Ton enfant, Wilbert Gobbo, Zinder, Niger
Tiré du Petit Echo N° 998 2009/2
Missionaries of Africa
Province of Afrique de lOuest (PAO)
3 Missions: Mali, Niger, Côte d'Ivoire1. Gao - Mali- , at the gateway to the desert
By Anselm Mahwera M.Afr.General situation
The parish of Gao regroups three regions of the north of Mali, Timbuktu, Gao and Kidal, an area of 820,000 km2. The lone parish of Gao touches four countries in the sub-region: Mauritania, Algeria, Niger and Burkina Faso. In this way, Gao is a junction for migrations, and an almost compulsory passing place for all those seeking (illegally) to reach Europe via the countries of the Maghreb.
However, since 2005, Gao has now become a nigh-on unavoidable route for those turned back at the border. It is an obligatory corridor, because all those returnees from Algeria, Mauritania Morocco and Libya are systematically sent to Tinzaouten (a no-mans-land between the border with Mali and Algeria). From there, they try to reach Kidal and Gao to continue their trek. Almost every nationality from central and west Africa have passed through, with a majority from Cameroon, Ghana, Liberia and Nigeria.
According to the hopes and activities they have, we could say those turned back are in two groups: those who wanted to reach Europe and failed; those who were working or studying in Morocco or Algeria and one day found themselves in the hands of police patrols who put them on the denied-access lorries. Those two groups could also, in line with their future hopes, be divided into three categories:
1. Those who want to return home. For now, in the main, we look after this group.
2. Those who do not want to return home because of the shame of failure. They therefore try to settle at Gao or in other towns in Mali. They no longer wish to go back to Europe while not wishing to return home either. They look for the means of subsistence. As they say themselves, Life can be anywhere; what counts is to earn an honest living. Some have become hairdressers, repairmen or restaurateurs. They may also fall into prostitution or become people smugglers.
3. Finally, there are those who want to return to Europe, either through the desert or on the sea, (by changing direction towards Mauritania or the Canaries), or by other means. For them, the aim is to reach Europe. These are at Gao to look for a Malian passport or a Malian identity card (that would easily enable them to enter Mauritania or the Maghreb countries, where Malians do not need a visa). They are looking for the money to resume their journey and, for the time being, as the majority say, let the situation cool off, as they are convinced that sooner or later, the road to Europe will be open again.
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Temporary shelter for those arriving exhausted and often ill.
All these people often arrive at our door physically, psychologically and emotionally exhausted. They are often ill. Among them, there are those who have been in prison, where hygiene is appalling. There are those who have had accidents, they have nothing to eat, often with no other clothing that what they wear on their backs, (naturally very soiled and also worn out).
They are emotionally drained because for many, this rejection is the end of their dream, a failure. They invested a great deal in it and sacrificed a lot (some speak of up to 4,000 euros). They are ashamed to face their families and friends empty-handed.
Our activities
Faced with this situation, the Church comes to their help through the parish CARITAS office. In addition to reception and helping to relieve suffering (transport, health, getting in touch with their families, food) and listening, counselling (psychological, spiritual, legal and social), we try to address the problem at its source, namely, raise awareness at the point of departure. This is especially at Bamako, where they take their bus and make contact with the people smugglers from Gao, (who will dump them in the desert). Before setting out, they should know exactly what lies ahead, to dissuade them. We also try to help those who wish to remain and settle at Gao, by the exercise of advocacy in their legal, spiritual, material and social affairs.
Finances
We feel sure you are wondering how we manage to find the funding for this, as in our experience when we raise this problem with others, the major reason given for non-assistance to these denied access is the lack of financial resources.
Naturally, we have done what we could with the funding we have received, but money alone cannot do everything and moreover, there are more important actions such as writing an application for official papers and giving advice, something that does not necessarily require money.
Nevertheless, we have to have money because the tangible needs of the people with whom we deal often require money. In all, we need at least 20,000 FCFA (30 euros) to accommodate and then pay the fare for sending someone to Bamako. It costs up to 200,000 FCFA to settle someone at Gao.
Thanks to donations, mainly for the CCFD (Catholic Committee Against Hunger and For Development), from France and the Missionaries of Africa, notably from the Generalate, Rome, the Province of Afrique de lOuest, Spain, Canada and other private donations, we can state that all those arriving at our place received a favourable response, according to their needs and our abilities.
Conclusion
At the beginning, we thought it was just temporary, we could just become involved to help out a few of those denied access who were stranded in the parish. We thought it would soon be over. This short period became 3 years and we are beginning our fourth. People continue to be sent back.
Naturally, people are no longer arriving in groups of 50, like at the beginning, but they continue to come and the Catholic mission has become a victim of this activity. Until when? We often ask this question and of course the reply is that as long as there is suffering, as long as there are people who need help, we cannot remain indifferent. The Church is like a witness to the presence of the Kingdom of God, of the preferential love of God for the poor and those who suffer. We cannot not do something, we feel obliged to act, because it is our duty to be wherever the image of God is scorned.
We also know that we need to go further than charity, seeking justice, and the why and wherefore of turning people back in terrible conditions, addressing the reasons for departure. Why would a young person decide to leave home?
The clear answer is poverty and corruption, not to mention the mismanagement of the public good. Can we combat this? We can, even if it is difficult. Meanwhile, we have to do something. At Gao, we do everything we can, so that on leaving us, our migrant friends will at least have a picture of the Church present and active among people who suffer.
Anselm Mawhera
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2 . The mission in Senufo country
By Jozef de Bekker M.Afr.Senufo country extends over three countries, mainly Mali, Côte dIvoire and a little into the south-east of Burkina. The largest northern town is Koutiala, Mali and the largest town to the south is Katiola, Côte dIvoire. The estimated population is 700,000.
Even if many journalists term the north of Côte dIvoire as Muslim country (by contrast to the south, qualified by them as Christian country) traditional religion is the main religion of the inhabitants of the north, and therefore of the Senufo.
The Parish of Our Lady of the Assumption, Korhogo
The beginnings
His Grace Auguste Nobou, founding Archbishop of Korhogo Archdiocese (1974) appealed to the Missionaries of Africa to open a parish in the town of Korhogo. A community of three Missionaries of Africa arrived in 1980 and opened the parish of Our Lady of the Assumption, situated in the Haoussabougou neighbourhood, on the edges of Korhogo. Although it forms part of the parishes of Korhogo, our parish is more rural, as regards its people and its many villages.
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Parish church of Our Lady of the Assumption.
Pastoral challenges in Senufo country
One of the major challenges in our apostolate is to live our apostolic zeal in a context of Encounter. The Senufo are very attached to their traditions, their fetishes and the faith their elders passed down to them. They need an undetermined time to enable them to open to the Good News of Jesus Christ. We ourselves are therefore invited to exercise the patience of Encounter, unhurried, and believe that some plant, others water and others again harvest.
A second challenge stemming from the first is the danger of syncretism. We therefore practice a long catechumenate to enable catechumens to convert slowly but surely to Christ. In this context, we organise sessions for catechumens. The most important of them is Jesus frees us. The pedagogy of this session is based on the active participation of those attending. In finding the opportunity to express their joys, fears and sorrows, the participants learn to evaluate all their actions in the light of the Good News of Jesus.
The Poro
To become a man to listen to, a Senufo must undergo the Poro, traditional initiation. This lasts seven years, during which these youths must stand ready at any time to render service to their elders. It is a school of hard knocks, but its outcome is that young people acquire a sense of community, service and the common good. During the various Poro ceremonies, there are times when everyone has to take part in sacrifices to ancestors and other fetishes and it is hard for a boy to convert to Christianity. Even in a large town like Korhogo, the Poro remains a tradition very much alive.
Funerals
Young people in the process of initiation are obliged to attend all the funerals that may take place during the seven-year duration of the Poro. While being a real restriction for these youngsters, their attendance demonstrates the importance funerals have in Senufo country. During a burial service, the body is exposed all night and members of the family attend, as well as the friends of the deceased.
This led us to take the Senufo funeral and burial ritual as a model for our Christian ritual. The Christians of the village and surrounding villages, or, if in town, the Christians of the CEB and other CEBs, spend the night around the body. A Senufo ritual was drawn up with a choice of readings accompanied by commentaries and appropriate chants. If the deceased was baptised, a Eucharistic celebration at the location of the wake forms part of this ritual.
These wakes are a choice opportunity for the primary evangelisation of the crowds attending them. With proper input, we manage to draw other people to attend our prayer meetings and catechesis. Well thought-out and conducted funerals are a real asset for evangelisation.
Our consolations
We note that we are always well received wherever we go. Our presence presents no problem. Followers of traditional religion as well as Muslims accept our presence. This gives us the courage to continue practicing Encounter. Little by little, our Christian communities are growing. We note with joy that Christian men and women are taking responsibilities in the Community as prayer leaders, catechists and for running Caritas, etc.
Living Encounter in Senufo country is a joy for a missionary. We are convinced of it and we are happy to tell you so.
Jozef de Bekker
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3 . Mission in Niger, Quo Vadis, where are you going?
Please answer me!
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By Wilbert Gobbo M.Afr.You who are the mission in Niger, my mother, where are you going? And we your children, how many are we? Less than one percent of the population. What about the 99%? Could you not at least adopt them? Could you not do like the Lord of the Mission and go out to look for the lost sheep, in spite of the 99 he already has? Can you discriminate against someone on the basis of calling his Supreme Power, Adonai (Yahweh) Theos or Allah? Does not religious apartness lead to human apartness? Did you only send us for the structured zone of those who are called, ek-klesia (outwith the Church, no salvation)? Mission in Niger, should you not also take an interest in the fractured zone in the world of Niger?
Oh my child, I am going to open my heart so you may understand my presence in Niger. The missionary pioneers in Niger were the SMA Fathers who came in 1919 and 1948, founding the first mission posts, then upon leaving gave way to the Redemptorist Fathers.
Zinder is the first Christian community in Niger. In 1911, Monsignor Oswald Waller, SMA, Prefect Apostolic at Shedam (Nigeria), promised, I would like to prepare the way of the Lord by preaching the Gospel the length of the roads up to Zinder.
In May 1919, Zinder had its first visit from a Catholic priest for its foundation. Bishop Steinmetz visited Dosso and Niamey in view of their foundation only in 1928. In 1930, Dogondoutchi was visited by Fr. François Faroud in view of its foundation.
With the SMA, the apostolate was centred on expatriate Christians from France, Togo, Benin, etc.
In 1926, Colonel Abadie wrote, Catholicism has no native adherents in Niger! With the departure of the SMA in 1948 and the arrival of the Redemptorists, we moved from the apostolate of its foundation to the apostolate of the straw mat.
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M.Afr. in Niger with the Provincial, the Assistant Provincial
and Rafaël Deillon Assistant GeneralThe MAfr arrived in 1984 at Arlit and the following year, they established themselves at Dogondoutchi. In 1988, they arrived at Birnin Konni and Zinder parish was entrusted to them in 1991. Only in September 2001 did they came to Niamey.
With the children of Lavigerie, you who are the Mission in Niger, quo vadis? The MAfr are writing an historic mission page, the mission becomes extensive and inclusive. We could speak of mission, the fracture zone and the fissure zone, of people crucial for the country to people crucified by the limping national economy. Add to that the people stuffed and the people starving and undernourished, formal education in schools and colleges and the illiterate, 80% of the population. There is Justice and Peace. There are the healthy and those infected and affected by Aids and leprosy.
There is parish unity and ecumenism with other Christians. There are street children and girl victims of child marriage and countless divorce cases. We could speak of catechesis and Muslim-Christian dialogue, parishioners in towns and those who are 600 km from a parish.
Please, Mission in Niger, my mother, quo vadis, where are you going? The Spirit of Mission speaks to me of the wind of change in mission. In mission, as elsewhere, there is nothing so permanent as change!
To this question, Quo Vadis, where are you going? I, the mission, your mother, reply that my direction will always change to build the Kingdom of God better. As for my children, the Lavigerie clansmen at Zinder, Konni and Niamey, the Power at their backs will always remain greater than the missionary task before them.
Your child, Wilbert Gobbo, Zinder, Niger
From Petit Echo n°998 2009/2