DECES DU P. GIAN-BATTISTA MAFFI, M.AFR.
L'Eglise de Tunisie en deuil
Entretien téléphonique par Radio Vatican
- 8 janvier 2010 -L'Eglise de Tunisie est en deuil, un Père Blanc a été tué dans l'incendie de la bibliothèque de l'IBLA, la prestigieuse maison d'études et de recherches fondée par les Missionnaires d'Afrique.
Les Pères blancs et l'Eglise de Tunisie sont en deuil. Un incendie a gravement endommagé, le 6 janvier, à Tunis, l'Institut des Belles Lettres Arabes, l'IBLA. Un père blanc italien, âgé de 54 ans, le Père Gian Battista Maffi, y a trouvé la mort. Le sinistre a été provoqué par une explosion dans le dépôt des livres de la bibliothèque. Une enquête a été ouverte pour en déterminer les causes. Les dégâts occasionnés par le feu et l'eau des pompiers sont considérables pour la bibliothèque qui renferme des milliers de livres sur la Tunisie, ce fruit du travail d'une génération de Pères Blancs si précieux pour les chercheurs tunisiens qui la fréquentent quotidiennement.
Claire Malapert a joint par téléphone le Provincial des Pères Blancs du Maghreb, le P.José Cantal.
- P. J. Cantal. " Cela a été soudain, une mort violente, tragique et tout cela ajoute à la tristesse d'y avoir perdu un frère. Mais, vous savez, on n'a jamais senti autant d'amitié et de sympathie de la part de tous les Tunisiens. Donc, au milieu de notre tristesse, on a senti une grande consolation de voir que le travail de Gian Battista et de tous les confrères étaient très appréciés par les Tunisiens.
- Claire Malapert - Très concrètement, est ce que tout est détruit ?
- Non, la partie qui a été endommagée, n'est pas la totalité, mais, entre le feu, la fumée et l'eau des pompiers, nous estimons, pour l'instant, à 60 % du fond de la bibliothèque ce qui a été endommagé ou complètement détruit...- C. M. - L'IBLA est, bien sûr, un symbole fort de cultures partagées entre l'islam et le monde chrétien, c'est donc une grande perte...
- Il faut dire que l'IBLA est né pour aider à avoir un regard positif, un a priori sympathique envers la culture arabe et musulmane et, tunisienne, en particulier. L'IBLA est né au temps du colonialisme. Il fallait aider les gens à avoir un regard autre. C'est cela que nous avons toujours voulu, mettre cette culture à la disposition de tout le monde et en faire connaître ses trésors. Évidemment, cette conviction est encore partagée par l'Eglise de Tunisie en général et par les Pères Blancs en particulier. Et ça, cette conviction, le feu ne l'a pas touchée. Ce moyen que nous avions , moyen privilégié, certes, cette bibliothèque de recherche de l'IBLA, oui, nous avons perdu un fonds de bibliothèque unique, mais pas l'esprit qui anime et a animé cette institution depuis son origine ainsi que l'investissement humain et financier qu'on a apporté depuis 70 ans.
Et, vous savez, on n'a pas été visés, on n'a pas cherché à nous faire du mal- C. M. - Comment, sur place, on parle de cet incident ?
- Tout le monde est désolé parce que c'était le patrimoine tunisien qui était préservé là. C'était une partie d'eux, de leur histoire, de leur vécu Ils y ont fait leurs études; leurs thèses étaient le matériel de l'IBLA. Donc c'est une partie de leur vie qui est partie... "(Entretien par téléphone avec Claire Malapert pour Radio Vatican rédigé par Raphaël Deillon Assistant Général).