De Jan Heuft Père Blanc en Algérie

RENCONTRE ET DEVELOPPEMENT (CCSA)

12 bis, Rue des Frères Meslem 16000 Alger.

Tel: 00 213 61 53 92 73 Fax: 00 213 21 68 36 00

Courriel: heuft@ifrance.com; janheuft@hotmail.com

FLASH NO 6

Introduction

Rencontre et Développement (CCSA) est avant tout un lieu d’accueil, d’écoute et de conseil pour toutes les personnes qui en sentent le besoin. Une sorte de « station service » au bord de cette longue route de la détresse humaine. L’accueil, l’écoute et le conseil de toutes ces personnes ne sont certes pas des objectifs aisés. Cela demande le sourire, la patience, un bon jugement et le respect de la personne à accueillir qui elle - même, par les circonstances de la vie, nous approche parfois d’une manière assez rude! Souvent nous nous sentons démunis devant l’immensité et la complexité du problème posé. C’est pourquoi l’association tâche d’être également, modestement, dans la mesure de ses capacités et comme son nom l’indique, un partenaire dans le développement local ici et parfois ailleurs, pour contribuer à trouver des solutions « en amont » de cette détresse humaine et de l’ exode sans fin du continent africain vers d’autres pays lointains.

Le projet Corso :

Voilà un projet qui nous rend proche des gens du pays qui nous accueillent et qui nous fait sortir de notre permanence journalière au siège de l’association. Depuis maintenant presque deux ans nous sommes présents dans cette cité de chalets (maisonnettes provisoires).

Nous y vivons une aventure extraordinaire dans la convivialité et la bonne entente avec la population locale. Ce sont d’abord les femmes qui ont été les plus fidèles à la rencontre dans les différents ateliers : groupe de parole, cours d’informatique, de langues arabe ou française. Des échanges ont eu lieu en toute franchise, sur les choses de la vie familiale et sur l’éducation sanitaire des enfants. Des connaissances en informatique ou en langues ont été acquises qui ont permis au femmes de mieux se situer dans la vie et d’accompagner leurs enfants Parallèlement une crèche pour trente petits enfants de quatre à cinq ans fonctionne d’une manière très satisfaisante. D’ailleurs le bonheur se lit sur les visages de ces petits garçons et filles. Cette crèche permet aux mamans d’être plus libres pour assister aux différents ateliers ou encore d’avoir un petit peu plus de place dans leurs petites maisons. Le soir plusieurs groupes de soutien scolaire fonctionnent avec beaucoup de régularité et d’enthousiasme émanant aussi bien de la part des élèves que de la part des professeurs bénévoles. C’est justement l’engagement de tous ces bénévoles pour les groupes des femmes, pour la crèche et pour les groupes de soutien scolaires qui rend le projet de Corso si formidable. Ces bénévoles viennent de cette cité provisoire et les environs, mais il y a aussi la participation de quatre français, un guinéen, un sénégalais et un hollandais. Ce qui est vrai également pour le centre aéré de l’été avec une centaine de jeunes et une vingtaine d’encadrants. Nous sommes reconnaissant pour la confiance que la population et les autorités nous font, mais également à nos bailleurs de fonds, sans cela il nous aurait été impossible de fonctionner : Secours Catholiques de Paris, Ambassade des Pays- Bas d’ Alger, Cercle des femmes diplomates d’Alger, Paroisse de Hydra, Paroisse de Hilversum en Hollande, Association des amis des pères blancs de Paris, Lycée du village natal de Damien et encore quelques donateurs individuels.

L’aide aux migrants:

Tout d’abord notre permanence au siège de l’association est submergée par un nombre grandissant de migrants qui veulent prendre le chemin de retour (plus de 300 depuis l’an dernier).Nous avons, à cet effet instauré un système de relais avec les pères, les sœurs, les coopérants de Ghardaïa, Adrar, Gao, Niamey, Arlit et Bamako. Grâce à une rencontre des Caritas nous avons pu aussi avoir des appuis des Caritas de Kinshasa (RDC), de Bamako (Mali) et de Yaoundé (Cameroun).

Comme nous avons tous pu le constater, la situation pour les migrants devient depuis quelques mois presque intenable. Les frontières deviennent de plus en plus hermétiques et dans les pays de transit, où traditionnellement la présence des migrants subsahariens était plus ou moins tolérée, ces derniers deviennent de plus en plus objets de contrôles, de refoulements et quelques fois du racisme. Une des conséquences de cette situation est que les migrants se trouvent de plus en plus acculés à rester plus long temps que prévu dans le pays de transit où ils tombent malades, se font emprisonner. Il arrive que des femmes tombent parfois enceinte et accouchent dans des situations difficiles. Fort heureusement il n’est pas rare que des médecins algériens seuls ou en équipe, s’engagent résolument à venir en aide à ces migrants en grande détresse.

On peut dire que le problématique du migrant a radicalement changé durant ces deux dernières années. S’il s’agissait avant d’une aide financière modeste, maintenant nous nous trouvons devant des personnes désespérées et beaucoup expriment le désir de retourner avec ou sans projet. A cet état de fait s’ajoutent des demandes de logements provisoires, parfois dans des caves, dans des baraquements ou des maisons en construction. Parmi eux on compte des mineurs. Nous tâchons, grâce à l’aide financière de la Cimade – Paris, de les scolariser, mais le problème de l’illégalité reste posé. Parfois il est possible de leur demander de faire « un aller-retour » au pays d’origine afin d’obtenir un visa d’entrée avec un certificat de scolarité et un autre d’hébergement. Tout cela n’est guère facile et nos moyens financiers ont été mis à rude épreuve. C’est pourquoi nous avons été amenés à faire une demande de subvention financière plus importante au CCFD de Paris à qui nous rendons hommage pour sa fidélité et ses conseils depuis des années. Sans cette association nous n’aurions jamais été capables de répondre à cette situation.

Nos relations avec le HCR se sont approfondies et nous nous acheminons vers un projet commun dans l’accompagnement des réfugiés politiques ou économiques. Malheureusement l’obtention du statut de réfugié politique ou économique ne s’obtient que dans des cas très exceptionnels de la part des autorités algériennes c’est pourquoi le HCR est dans l’obligation de trouver des pays d’accueil ailleurs. Il n’y a pas très long temps que nous avons logé deux couples congolais (RDC), qui ont eu la chance de pourvoir trouver asile en Nouvelle Zélande, grâce à l’intervention du HCR et cela après avoir passé dans un camp de transit au Sahara pendant plus de dix mois suite à la destruction l’an dernier, par les autorités des campements provisoires à Magnia.

L’aide aux autres personnes en détresse

Il s’agit de toutes sortes d’aide. Le fait que l’Algérie aie été longtemps une colonie française a pour conséquence que des nombreuses personnes ont travaillé outre mer ou ont des dossiers de retraite non honorée pour de multiples raisons administratives. La nouvelle politique européenne d’admission d’étrangers sur le vieux continent est source de problèmes pour l’obtention d’un visa d’entrée ou d’ expulsions aussi bien de la France, que d’autres pays européens comme les Pays – Bas, la Belgique et l’Espagne. Il arrive assez souvent que ces personnes viennent nous voir pour des conseils ou de l’aide à la constitution d’un dossier pour l’obtention de leurs droits. Mais nous accueillons aussi des personnes avec une toute autre sorte de demande : Ce dernier temps quelques femmes divorcées ou non, jetées dans la rue, avec ou sans enfants, sont venues nous voir pour une écoute, une aide ou une démarche

administrative. Souvent la détresse est grande et il n’est pas facile d’y trouver une solution. Puis il y a encore toutes les autres personnes qui ont faim, qui sont malades, qui n’ont pas de logements, nous essayons d’y répondre par l’achat de quelques denrées alimentaires essentielles, des médicaments, par la distribution de couvertures et de vêtements (grâce à la Caritas Alger). Nous essayons aussi d’approfondir nos relations avec la direction des affaires sociales de la wilaya d’Alger.

Les sahraouis.

Nous sommes toujours liés à la ferme ovine dans les camps autour de Tindouf. Les moutons se portent bien, mais il semble que nous arrivons à la fin du financement. Après le mois de décembre 2006, nous ne savons pas quel sera l’avenir de ce projet bien que initialement il était prévu avec le CCFD - Paris de le poursuivre pour un laps de temps de trois ans.encore

Conclusion.

D’autres actions ont été menées ces derniers mois :

Des cours d’informatique pendant deux semaines pour les personnes d’un certain âge à Alger.

- Des cours de formation pendant deux semaines pour des jeunes sourds et muets d’environ vingt ans exclus du système scolaire.
- Le centre aéré au Corso pour environ cent enfants et avec l’accompagnement d’une vingtaine d’encadrants logeant le soir dans la maison des pères blancs à Alger.
- Participation à la rencontre des Caritas et la formation de deux de nos permanents bénévoles à Rabat au Maroc
.- Participation à la rencontre diocésaine à Ghardaïa avec deux ateliers sur la migration.
- Participation au Forum Social de Bamako.

L’action de Rencontre et Développement est devenue au fil des mois plus intense grâce à une équipe plus étoffée avec l’arrivée de Damien Geldreich, de Monsieur et Madame Henri, mais aussi par la fidélité de la Sœur Jacqueline (l’aide médicale à la permanence et le suivi au Corso), le dévouement de Hamid et Lucien (en particulier durant les mois d’été), d’Etienne, de Christian ,de Sixte, de Jean – Baptiste et le docteur Guillaume pour le Corso. Puis il y a tous ces algériens, jeunes et moins jeunes, que nous admirons pour leur engagement et leur enthousiasme, qui nous ont permis de réaliser cette belle aventure du projet « Mère et Enfant » et le centre aéré de vacances au Corso.

Il me reste à remercier aussi les membres du bureau pour leur soutien et leur disponibilité ainsi que quelques autres personnes qui nous conseillent et qui sont toujours prêtes à nous rendre des services dans des moments difficiles.

A vous tous merci et continuez à nous soutenir afin de nous permettre d’ être « cette petite bouée » ou encore « une petite station de service » pour ceux et celles qui en ont besoin.

Alger, le 7 octobre 2006.

Jan Heuft, président de R&D (CCSA).

Bulletin d’adhésion.

Nom :…………………………………………………………………………………………..

Prénom :……………………………………………………………………………………….

Date et lieu de naissance :…………………………………………………………………….

Adresse :………………………………………………………………………………………

Tel et courriel :……………………………………………………………………………….

Montant de la cotisation annuelle : 500, - DA pour l’année 2007.

Alger, le ……………………………………

Signature :


 

Jan Heuft