Ghardaïa, Algérie
Rencontre et
Déclaration d'Intention
le 8 Décembre 2007

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à Ghardaïa du 7-8 décembre, les confrères de Ouargla, de Ghardaïa, notre évêque Claude et René Lecler de El Goléa avec les soeurs blanches se sont rencontrés à Ghardaïa pour une recollection et une fête commune. Au cours de cette fête Réné Mounkoro du Mali , stagiare en Algérie, a renouvellé sa Déclaration d'Intention.

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Déclaration d'intention et signature

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Félicitations de Claude et de Louis Lucet

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J’ai quelque chose à te dire !

René MounkoroQuelqu’un m’approche et me confie : « J’ai quelque chose à te dire ! » De voir qu’on me fait confiance, je ressens en moi quelque chose d’intense. Cette personne touche à ma réalité personnelle, fait vibrer une corde dans mon cœur. Je ne suis pas un spécialiste de la rencontre et du dialogue. Mais après une année d’étude et de réflexion dans ce domaine, je m’aperçois que la rencontre et le dialogue interreligieux font partie de ma nature.

 

Je suis originaire du Mali, un pays à majorité musulmane. L’islam au Mali n’est pas, à quelques exceptions près, fanatique. La cohabitation est pacifique et fraternelle entre chrétiens et musulmans. Quelqu’un a tenté de l’expliquer en écrivant : « Cela est dû au fait que les Maliens savent dédramatiser les choses avec l’humour et la convivialité qui leur permettent de conserver leur dignité. » Ce qu’on appelle le « senenkuya » : faire des plaisanteries qui désamorcent toute agressivité en aidant chaque Malien à voir l’autre comme un frère ou une sœur, au lieu de le voir différent par sa religion. On peut dire que j’ai été d’abord séduit par ces rencontres dans mon pays, le Mali, une nation aux multiples religions.

Mon désir de faire mon stage apostolique dans un pays musulman a été motivé par ma passion de la rencontre. J’ai été envoyé au diocèse de Laghouat, au Sahara. J’ajoute que je trouve ici, en Algérie, une approche très différente dans la manière de vivre au milieu des musulmans de celle que j’ai connue au Mali. Cette différence est aussi une richesse.

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Au Sahara, je pense donc je suis ! En ville, je danse donc je suis !

« La présence » ou « le fait d’être » ! Rappelez-vous, vous avez souvent entendu ces expressions. Tout d’abord, il est tout à fait pertinent de parler de présence. Qui dit présence dit existence. C’est à l’opposé du néant. Comment être présent ? Comment être ? La présence n’est-elle pas une action ? C’est un acte d’occupation qui dure tant que persiste ce phénomène de présence. Qui dit occupation dit forcément action. Toute présence n’a absolument pas d’autre finalité si ce n’est celle de ne faire qu’agir et rien qu’agir : c’est le comportement existentiel. Aucune présence que ce soit ne saurait supporter le moindre instant d’immobilisme. Elle ne saurait jamais se reposer dans l’immobilisme qui relève de l’ordre du néant.

« La présence et l’action de l’Esprit ne concerne pas seulement les individus, mais la société et l’histoire, les peuples, les cultures, les religions… Ainsi l’Esprit qui souffle où il veut nous invite à élargir notre regard pour contempler son action présente, en tout temps et en tout lieu. » (Redemptoris Missio, 28-29)

Dieu s’adresse à nous pour faire de nous ses partenaires. Il veut compter sur nous pour se révéler aux hommes : « Je vais faire de vous la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » (Isaïe 49, 6). Notre confiance en Jésus s’épanouit dans un amour pour lui et pour nos frères.

La longue présence de l’Église au Maghreb nous réconforte dans nos incertitudes. Elle démontre que notre doute, quant à cette démarche du dialogue et de la rencontre, peut déboucher sur une issue lumineuse.

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Je fais des visites : à Ouargla, une mosquée et, à Tamanrasset,
le borj (fortin) de Charles de Foucauld.

Je trouve ici dans nos communautés en Algérie des lieux de rencontre permanente assurée par des personnes qui vivent en fraternité, unies entre elles au nom du Christ. Nos communautés sont aussi très ouvertes sur l’extérieur.

Parmi ceux qui frappent à notre porte, à Ouargla, la majorité sont des élèves et étudiants qui viennent pour la bibliothèque et pour les cours de soutien en français et anglais. Il y a aussi des amis, des chercheurs…

Dans ces rencontres, la curiosité de certains les pousse à vouloir visiter l’église (notre chapelle) et à se renseigner sur le christianisme. D’autres viennent pour dire bonjour, tout simplement. Nous accueillons aussi ceux qui nous confient leurs soucis, ou qui quémandent une aide matérielle, morale ou autre. À travers les services rendus, et aussi à travers les services qu’on nous rend, nous tissons des liens d’amitié qui peuvent déboucher parfois dans un partage de nos propres expériences religieuses.
Le souffle de la mission, l’Esprit, qui naît du cœur de l’amour de Dieu nous aide à témoigner de notre foi en sa présence dans la mission, même au cœur des épreuves.

René Mounkoro

paru dans le Petit Echo n°984 sept 2007

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I have something to tell you !

René MounkoroSomeone came up to me and confided, ‘I have something to tell you!’ I felt something stir deep inside me on perceiving that I was trusted. This person affected me very personally and plucked at my heartstrings. I am not a specialist of encounter and dialogue, but after a year of studies and reflection in this area, I am aware that interreligious encounter and dialogue have become second nature.

 

I am from Mali, a Muslim-majority country. Islam in Mali is not fanatical, with a few exceptions. There is friendly and peaceful co-existence between Christians and Muslims. Someone trying to describe it wrote, ‘This is because Malians know how to defuse the drama of situations with a sense of humour and conviviality, enabling them to save face.’ The phenomenon of ‘senenkuya’, the art of joking to disarm any aggression, helps every Malian to see others as brothers and sisters, instead of apart because of their religion. You could say that I was primarily swayed by these encounters in my home country of Mali, a nation of many religions.

My preference to make my apostolic experience in a Muslim country was motivated by my passion for encounter. I was sent to the Diocese of Laghouat in the Sahara. I must add that in Algeria, I find a very different approach to living among Muslims than the one I knew in Mali. This difference is also a richness.

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In the desert, I think, therefore I am! In a family, I dance, therefore I am!

‘Being present’ or ‘the fact of being’. If you recall, you will often have heard these expressions. Firstly, it is quite pertinent to speak of presence. Whoever says presence says existence. It is the opposite of nothingness. How can we be present? How can we be? Is presence not an action? It is an occupation as long as the phenomenon of presence persists.

Whoever says occupation necessarily implies action. Any presence has no other finality than action and nothing but action: it is its existential performance. Any presence whatsoever could not endure the slightest instant of immobility. It could never sustain immobility, as this arises from the order of nothingness.

‘The Spirit’s presence and activity affect not only the individuals, but also society and history, peoples, cultures and religions. Thus the Spirit, who ‘blows where he wills’ (cf. John 3:8), leads us to broaden our vision in order to ponder his activity in every time and place.’ (Redemptoris Missio 28, 29)

God speaks to us to make us his partners. He chooses to count on us to reveal himself to others. ‘I will make you the light of the nations so that my salvation may reach to the ends of the earth.’ (Isaiah 49:6) Our trust in Jesus blossoms into a love for him and for our brothers and sisters. The lengthy presence of the Church in the Maghreb consoles us in our uncertainties. It shows that our doubts, in relation to this approach of dialogue and encounter, can result in an illuminating conclusion.

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Visit to a mosque and a borj (stronghold) in Tamanrasset
where Blessed Charles de Foucauld lived.

In Algeria, I find our communities are points of permanent encounter guaranteed by people who live in fraternity, united to one another for the sake of Christ. Our communities are also very open-ended. Among those who cross our threshold in Ouargla, the majority are school pupils and students who come for the library and supplementary courses in French and English. There are also friends and researchers.

In these encounters, curiosity compels some of them to visit our chapel and enquire about Christianity. Others come only to say hello. We also receive those who confide to us their cares or who request some material assistance, moral support or other. Through services rendered as well as services rendered to us, we create bonds of friendship that can sometimes end up in sharing our own religious experiences.

The life-giving breath of the mission is the Spirit, born of God’s heart of love and helps us to bear testimony to our faith in his presence in the mission, even in the midst of trials.

René Mounkoro

 

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