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La Communauté des Pères Blancs

A Sainte-Anne Jérusalem

Centre : batiment principal, à gauche Piscine Basilique, second bâtinent, Derrière le batiment principal, l' esplanade du Dôme du Rocher


Nous sommes une communauté de 21 Missionnaires d'Afrique, dont le plus jeune a 27 ans et le plus âgé 78. Nous venons de 4 continents : Europe (12), Afrique (8), Asie (1) et l'Amérique (1) ; soit de 14 nations différentes.
Ste Anne se trouve dans la vieille ville, dans le quartier musulman. L'endroit est plus spacieux qu'on ne le croirait. A part la grande cour il comprend plusieurs bâtiments : le bâtiment principal habité par la communauté locale, le second bâtiment habité par les missionnaires participant à la session; ce même bâtiment abrite aussi le musée, et puis il y a la basilique avec les fouilles de Bethesda. Et n'oublions pas non plus le bâtiment des Sœurs et la menuiserie.
Pour entretenir et gérer l'ensemble nous avons dans la personne de Günther Zahn un frère compétent ; il est soutenu par ses confrères et une bonne équipe d'employés.

cour intérieure. vue de la rue au-dessus du mur . vue de la rue, mur extérieur et porte d'entrée à gauche

 

LES ORIGINES DE SAINTE-ANNE
Ste Anne se trouve près du mont du temple qui fut détruit par les Romains en 70. Là se Dôme du Rochertrouvent maintenant le Dôme du Rocher et la mosquée Al Aqsa. À cause des pluies rares dans cette région on collectait et conservait dans l'antiquité l'eau dans des citernes et des piscines. Ainsi il y a encore chez nous plusieurs citernes souterraines. Et il y eut aussi un système de piscines pour alimenter le temple dans ses besoins d'eau pour les sacrifices. Une de ces piscines servait de bain, fréquenté par les gens infirmes car elle avait une réputation curative. Jean 5,1ss nous raconte comment Jésus se rend ici et guérit un homme paralysé depuis 38 ans... À côté on trouvait aussi un lieu de culte à un dieu guérisseur, que les romains ont dédié à Asclépios. Au 5ème siècle une église byzantine y est construite commémorant à la fois la guérison du paralytique et la naissance de Marie; plus tard elle sera détruite par les Perses.

En 1140 les croisés y construisent la basilique actuelle dédiée à Sainte-Anne pour commémorer la naissance de Marie et un petit moutier sur l'emplacement de la basilique byzantine en souvenir de la guérison. Avec la défaite des croisés, , les musulmans prennent possession de ce terrain et transforment en 1192 cette église en une école de droit islamique et préservent ainsi le bâtiment.

En 1856, après la guerre de la Crimée, les Ottomans donnent la basilique à la France qui la confie aux Pères Blancs. Ainsi elle est restituée à sa destination originelle - église qui commémore la guérison du paralytique et la naissance de la Vierge Marie.

En 1878 les Pères Blancs y arrivent et ouvrent d'abord en 1882 une école apostolique et ensuite en 1886 un grand séminaire où ils forment les futurs prêtres de l'Eglise grecque melkite catholique. Avec les événements de 1967 ce séminaire est transféré au Liban.

Parmi les confrères qui ont enseigné à Ste-Anne citons Mgr Pierre Duprey (de 1956 à 1963), qui plus tard deviendra le Secrétaire du Conseil Pontifical pour l'Unité Chrétienne.


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Icône dans la crypte : naissance de Marie. Icône de la guérison à Bethesda (origine inconnue)

Cette ouverture aux Eglises orientales est tout-à-fait dans la ligne de notre fondateur le Cardinal Lavigerie, car il enseigne à tous ses missionnaires de respecter la culture et la langue locale et de ne pas transformer les gens en 'petits Européens'. En plus, concernant l'Orient, il écrit en 1882 : " La faute capitale commise en Orient par beaucoup de missionnaires catholiques est de témoigner aux Orientaux de l'éloignement ou du mépris pour leurs rites et de vouloir les latiniser, en les faisant entrer dans l'Eglise. La perfection pour des missionnaires latins en Orient serait donc de se faire orientaux eux-mêmes, d'adopter le costume, la langue, la liturgie du clergé oriental…".

C'est grâce à cette ouverture et à ce respect que nous entretenons aujourd'hui encore d'excellentes relations avec les Eglises orthodoxes et les Eglises orientales catholiques.


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Ancien dortoir au bâtiment 1, datant de la fin du 19e/début du 20e siècle
Fanfare du petit séminaire grec-melchite catholique (chrétiens arabes) de Jérusalem (année?)

Mais Ste Anne a aussi un rayonnement au-delà de la Palestine jusqu'en Ethiopie... Durant l'occupation italienne en Abyssinie, deux prêtres éthiopiens sont envoyés en exil, considérés comme des nationalistes dangereux. L'un choisit Jérusalem. Vers la fin de la guerre ce dernier est mourant et son frère Abba Haile Mariam lui rend visite. Il visite aussi Ste Anne et y rencontre les Pères Blancs, missionnaires latins, en charge du séminaire melkite, respectant entièrement la théologie, la liturgie et la spiritualité orientale.

Plus tard, devenu évêque, Mgr Haile Mariam participe à Vatican II . En 1964 il demande une audience au Pape Paul VI et lui présente son intention de construire à Adigrat un séminaire, de rite éthiopien. Le Pape lui promet son soutien financier, mais soulève aussi la question d'enseignants compétents. Se rappelant son expérience à Ste Anne, 17 ans auparavant, l'évêque répond qu'il voudrait avoir un corps professoral mixte, composé de membres de son clergé et de Pères Blancs qui les assisteraient. Le Pape met alors l'évêque en contact avec le P. Volker. Mgr Haile Mariam Cahsay lui écrit : " C'est parce que, en Afrique, il n'est pas de meilleurs Missionnaires que les P.B. ; c'est aussi parce qu'ils ont su prouver combien ils étaient aptes à aider l'Eglise d'Orient et à l'approche œcuménique, que j'ose venir vous demander avec une particulière insistance de nous aider… Dieu a permis que mûrisse lentement dans notre peuple une expression liturgique africaine, à partir d'un fonds oriental… " (8 Sept 1965). Après quelques hésitations et consultations, le P. Volker décide de lui envoyer du personnel…


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La basilique, vue du balcon du bâtiment principal . Ste Anne : intérieur

SAINTE-ANNE AUJOURD'HUI
En 1967 le Séminaire melkite quitte Ste-Anne. Mais l'ouverture œcuménique continuera et d'autres activités s'y développeront :

couverture du PROCHE-ORIENT CHRÉTIEN- Grâce à son insertion et à son histoire Ste-Anne est connue pour son ouverture au monde orthodoxe et Frans Bouwen et Thomas Maierau dialogue ; cet esprit est bien vivant jusqu'à ce jour. Frans Bouwen et Thomas Maier sont engagés activement dans le dialogue œcuménique ; Thomas au niveau local et Frans au niveau international ; il fait partie de plusieurs comités internationaux œcuméniques. Thomas qui est aussi le supérieur de la communauté, participe aux différents événements sur place, ici à Jérusalem, et entretient des relations fraternelles avec les différentes églises orientales présentes ici. Bill Russell participe au dialogue avec les Eglises issues de la Réforme. - La revue PROCHE ORIENT CHRÉTIEN, publiée à Sainte-Anne depuis 1951, est un autre moyen important de dialogue : Frans en est le directeur depuis 1969 et Roger Merceron le secrétaire depuis 1998. La revue paraît deux fois par an et contient des articles sur la théologie et la spiritualité orthodoxe et informe sur les événements dans toutes les Eglises orientales.

Nous n'oublions pas le contact avec le milieu musulman dans lequel nous vivons : Thomas Maier et les deux étudiants Léonce Zinzere et Jonathan Bahago s'y investissent, soit dans le voisinage, soit encore chez les Bédouins en dehors de la ville.
Michael O'Sullivan est le directeur de la Maison d'Abraham (Secours Catholique) ; elle est située à la périphérie de Jérusalem. Fondée à la demande du Pape Paul VI, après son pèlerinage en Terre Sainte en 1964, pour accueillir de préférence des pèlerins pauvres, elle veut aussi être une maison de rencontre entre les trois religions qui se réclament d'un même père de la foi, Abraham.

- La deuxième activité - elle fait pratiquement doubler pendant six mois par année la 'population' de Ste-Anne - ce sont les sessions de renouveau. Depuis 1976 les Missionnaires d'Afrique (d'ailleurs appelés ici PÈRES BLANCS) organisent des sessions bibliques, spirituelles et missionnaires, et des retraites. Présentement on offre par année deux sessions avec un thème différent : 'Disciples et Missionnaires Aujourd'hui' (en automne) et Session Retraite 'Exercices de 30 jours' (au printemps), alternant en anglais et en français. Le programme essaie aussi de tenir compte des développements récents dans le champ missionnaire. Chaque session dure trois mois. Environ 25 missionnaires participent à chaque session. Il va de soi que Jérusalem est l'endroit idéal pour un tel renouveau spirituel et missionnaire. Guy Theunis en est le responsable tandis que Tom Wijffels s'occupe des questions administratives et collabore à l'animation des sessions. Bientôt un troisième confrère se joindra à l'équipe pour la compléter.

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1. Un groupe de sessionistes avec le Patriarche Theophilos grec orthodoxe (2007) 2. les fouilles de Bethesda

- La troisième activité importante est l'accueil des pèlerins à la basilique car ils sont nombreux à venir à notre sanctuaire. Certains jours il peut y en avoir plus de 3.000 visiteurs. Une visite à Ste Anne et à la piscine Bethesda fait 'obligatoirement' partie d'un programme de pèlerinage à Jérusalem. Tout d'abord il y a les fouilles derrière et à côté de la basilique, endroit où le Christ, suivant Jean chap. 5, a guéri le paralytique. On voit des restes de piscines, les ruines d'un moutier, des colonnes et mosaïques datant de l'antiquité. Malheureusement le musée qui contient quelques pièces exceptionnelles n'est pas accessible au public, faute de personnel qualifié.

Mais le bâtiment le plus remarquable est la basilique, datant du 12ème siècle. Elle est appréciée pour sa grande sobriété et sa bonne acoustique. Parfois des chorales y offrent des concerts; alors on peut apprécier son étonnante résonnance. Il y a aussi des groupes de pèlerins qui viennent célébrer une messe dans ce sanctuaire bien connu. La crypte attire des gens pour se recueillir en silence. Comme au mur des lamentations, ils mettent parfois des intentions, écrites sur un bout de papier, dans une des fentes du rocher de la crypte, ou dans un panier. Trois confrères sont actuellement engagés pour l'accueil des pèlerins et sont disponibles pour les gens qui cherchent un contact avec les Pères Blancs ou veulent encore des renseignements que le guide officiel ne peut fournir : Michel Lavoie, Thomas Bahmer et Jean-Marie Amalebondra.

Si on compare Jérusalem avec Rome, on se rend bien compte qu'être Chrétien ne veut pas dire être Catholique… Car il y a ici des pèlerins orthodoxes, catholiques, protestants, évangéliques et autres qui viennent visiter notre sanctuaire ; ils viennent de tous les horizons : Russie, Chine, Japon, Inde, France, Nigeria, Etats-Unis d'Amérique, Brésil, etc. Cette ambiance multi-ecclésiale et multi-culturelle nous fait souvent penser à l'ambiance de la toute première Pentecôte : " Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? " (Ac 2 ,7).

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Statue de Ste Anne et Marie à la basilique. Michel Lavoie en conversation avec des pèlerins

- Le dernier arrivé à Ste-Anne est le Petit Groupe de Formation (PGF), depuis Septembre 2006. Quoique habitant au 2me le groupe des étudiants au port de Jaffaétage, le groupe s'intègre à la communauté. Il s'agit de huit étudiants : Jonathan Bahago et Victor Shehu (Nigéria), Evans Chama et Bernard Chowa (Zambia), Léonce Zinzere et Gaëtan Tiendrebeogo (Burkina Faso), Jean de Dieu Bukuru (Burundi) et Kanto Hembram (Inde). Le responsable du PGF est Joe Buholzer , assisté de deux confrères de la communauté, Thomas Maier et Tom Wijffels. Les étudiants font leurs études théologiques à l'Institut Salésien de Ratisbonne. Elles durent quatre ans.

Relief sur la Porte des Lions- " Nous vivons dans une si grande communauté, avec des personnalités et des tempéraments tellement différents, venant de cultures si variées. Malgré tout ce qui devrait nous séparer, nous avons une vision commune enracinée dans notre foi et notre vocation missionnaire commune. Plus chacun est en contact avec son humanité, avec ses dons et ses limites, avec les aspirations et questions profondément humaines qu'il porte en lui, plus on découvre que nous avons beaucoup en commun, au-delà de nos différences culturelles et personnelles.

- Vivre et étudier à Jérusalem présente aussi beaucoup de défis et de chances : une meilleure connaissance du milieu et de la géographie biblique où Jésus de Nazareth a vécu et où l'Eglise a pris son origine avant d'arriver en Europe et dans les autres continents: conscience que l'Eglise est plus grande que l'Eglise latine (œcuménisme); rencontre inter-interreligieuse avec les deux autres fois (Judaïsme et Islam) dans cette cité sainte…

- Nous vivons ce que la première communauté de Jérusalem a vécu : vivre ensemble dans un esprit fraternel, fidèles à la Parole et à la fraction de pain et partageant entre nous ce que nous avons et ce que nous sommes. À la fin de notre formation nous partirons de Jérusalem un peu comme les apôtres jusqu'aux limites du monde… "


" Nous voulons continuer à nous engager dans la rencontre des hommes et femmes de différentes cultures et religions, pour cheminer avec eux à la recherche de Dieu et d'un monde plus juste et fraternel. "
Chapitre des M.Afr., 2004

Coucher de soleil à Jérusalem, vu du bâtiment principal

Texte et photos : Joe Buholzer, M.Afr