ROMA
28-03-2013


Jeudi Saint
Messe Chrismale

Texte Homélie / Homily

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. Homélie .

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Crédit Photo Webmaster Rome Nikon M.Afr.


Texte Pris sur le site Zénith

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Messe chrismale: homélie du pape François
Surmonter la crise d'identité sacerdotale

Pape François

ROME, 28 mars 2013 (Zenit.org) - Pour le pape François la "crise d’identité sacerdotale" est un danger, mais elle "se greffe sur une crise de civilisation", pour y répondre, il invite les prêtres, à "dompter cette vague" pour "avancer en eau profonde au nom du Seigneur et jeter les filets".

Le pape François a prononcé ces paroles dans son homélie ce jeudi matin, 28 mars 2013, Jeudi saint, en la basilique Saint-Pierre.

Le pape met en garde contre le "pélagianisme" - sorte de volontarisme de l'hérésie du moine hérétique Pélage (v. 350-v. 420) qui fait perdre le sens de l'onction, du primat de la grâce pour s'appuyer sur ses propres forces.

Au cours de cette messe, l"'évêque de chaque diocèse, avant Pâques, bénit les huiles qui serviront aux sacrements: baptême, huile de l'onction des malades, saint-chrême (d'où le nom de la messe) pour la confirmation et le sacrement de l'Ordre.

Homélie du pape François

Chers frères et soeurs,

C’est avec joie qu’en tant qu’Evêque de Rome, je célèbre cette première Messe chrismale. Je vous salue tous avec affection, vous en particulier chers prêtres qui vous souvenez avec moi aujourd’hui du jour de votre Ordination.

Les lectures et le psaume nous parlent de ceux qui ont reçu l’onction: le serviteur de Dieu chez Isaïe, le roi David, et Jésus, Notre Seigneur. Les trois ont en commun que l’onction qu’ils reçoivent, est pour oindre le peuple des fidèles de Dieu dont ils sont les serviteurs. Leur onction est pour les pauvres, pour les prisonniers, pour les opprimés… Une très belle image de cet « être pour » du Saint Chrême est celle que nous offre le psaume : « On dirait un baume précieux, un parfum sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe d’Aaron, qui descend sur les bords de son vêtement » (Ps 132 (133), 2). L’image de l’huile qui se répand - qui descend de la barbe d’Aaron jusqu’à la bordure de ses vêtements sacrés, est l’image de l’onction sacerdotale qui, à travers celui qui est oint, arrive jusqu’aux confins de l’univers représenté par les vêtements.

Les vêtements sacrés du grand prêtre sont riches de symboles ; l’un d’eux est celui du nom des fils d’Israël inscrit sur les pierres d’onyx qui ornaient les épaulettes de l’éphod, dont provient notre actuelle chasuble, six noms sur la pierre de l’épaule droite, et six sur celle de l’épaule gauche (cf. Ex 28, 6-14). Sur le pectoral aussi étaient inscrits les noms des douze tribus d’Israël (cf. Ex 28, 21). C’est-à-dire que le prêtre célèbre en chargeant sur ses épaules le peuple qui lui est confié, et en portant leurs noms gravés en son coeur. Revêtir notre humble chasuble peut bien nous faire sentir, sur les épaules et dans notre coeur, le poids et le visage de notre peuple fidèle, de nos saints et de nos martyrs. De la beauté de la chose liturgique, qui n’est pas seulement un ornement et un goût pour les vêtements, mais la présence de la gloire de notre Dieu resplendissant en son peuple vivant et consolé, considérons-en l’action !

L’huile précieuse qui oint la tête d’Aaron ne se contente pas de parfumer sa personne mais se diffuse et atteint toutes les ‘périphéries’. Le Seigneur le dira clairement : son onction est pour les pauvres, pour les prisonniers, pour les malades, pour ceux qui sont tristes et seuls. L’onction n’est pas destinée à nous parfumer nous-mêmes, ni davantage pour que nous la conservions dans un vase, parce que l’huile deviendrait rance … et le coeur amère.

On reconnaît un bon prêtre à sa façon d’oindre son peuple. Quand nos fidèles reçoivent une huile de joie, on s’en rend compte : lorsqu’ils sortent de la messe, par exemple, avec le visagede ceux qui ont reçu une bonne nouvelle. Nos fidèles apprécient l’Evangile annoncé avec l’onction, lorsque l’Evangile que nous prêchons, arrive jusqu’à sa vie quotidienne, lorsqu’il touche comme l’huile d’Aaron aux extrémités de la réalité, lorsqu’il illumine les situations limites, les ‘périphéries’ où le peuple fidèle est exposé à l’invasion de ceux qui veulent saccager sa foi.

Les fidèles nous en remercient parce qu’ils ressentent que nous avons prié avec les réalités de leur vie quotidienne, leurs peines et leurs joies, leurs peurs et leurs espérances. Et lorsqu’ils ressentent que le parfum de l’Oint, du Christ, arrive à travers nous, ils sont encourager à nous confier ce qu’ils veulent faire arriver jusqu’au Seigneur : « priez pour moi, père, car j’ai tel problème… » ; « bénissez-moi » et « priez pour moi », sont des signes de ce que l’onction est parvenue jusqu’à l’extrémité du manteau car elle est transformé en demandes.

Lorsque nous sommes dans ce rapport avec Dieu et avec son peuple et que la grâce passe à travers nous, alors nous sommes prêtres, médiateurs entre Dieu et les hommes. Ce que j’entends souligner c’est que nous avons toujours à raviver la grâce et discerner en chaque demande, parfois inopportune, parfois seulement matérielle ou même banale - mais elle l’est seulement apparemment -, le désir de nos fidèles de recevoir l’onction par l’huile parfumée car ils savent que nous la détenons.

Deviner et ressentir, à la manière du Seigneur, l’angoisse pleine d’espérance de la femme hémorroïsse lorsqu’elle toucha le bord de son manteau. Cet épisode de la vie de Jésus, présent au milieu des gens qui le pressent de partout, traduit toute la beauté d’Aaron vêtu comme prêtre avec l’huile qui descend le long de ses vêtements. C’est une beauté cachée qui resplendit seulement pour des yeux remplis de la foi de cette femme qui souffrait de pertes de sang. Les disciples eux-mêmes - futurs prêtres - ne réussissent pas à voir, ni ne comprennent : de la ‘périphérie existentielle’, ils voient seulement la superficialité de la multitude qui presse departout Jésus jusqu’à le suffoquer (cf. Lc 8, 42). Le Seigneur, en revanche, sent la force del’onction divine qui arrive jusqu’aux bords de son manteau.

C’est ainsi que nous devons faire l’expérience de notre onction, son pouvoir et son efficacité rédemptrice : aux ‘périphéries’ où se trouve la souffrance, où le sang est versé, il y a un aveuglement qui désire voir, il y a des prisonniers de tant de mauvais patrons. Ce ne sont pas précisément dans les auto-expériences ou les introspections répétées qui nous rencontrons le Seigneur : les cours pour s’aider soi-même dans la vie peuvent être utiles, mais vivre passant d’un bord à l’autre, de méthode en méthode, pousse à devenir pélagiens, à minimiser le pouvoir de la grâce qui s’actualise et croît dans la mesure selon laquelle, avec foi, nous sortons pour nous donner nous-mêmes et pour donner l’Evangile aux autres ; pour donner la petite onction que nous tenons à ceux qui n’ont rien de rien.

Le prêtre qui sort peu de lui-même, qui oint avec parcimonie - je ne dis pas « jamais » car, grâce à Dieu, nos fidèles nous ‘volent’ l’onction -, perd le meilleur de notre peuple, ce qui est capable d’allumer le plus profond de son coeur de prêtre. Celui qui ne sort pas de lui-même, au lieu d’être un médiateur, se convertit peu à peu en intermédiaire, en gestionnaire. Nous connaissons tous la différence : l’intermédiaire et le gestionnaire « ont déjà reçu leur récompense », et comme ils ne paient pas d’eux-mêmes, ni de leur coeur, ils ne reçoivent pas non plus un merci affectueux qui vient du coeur. De là provient précisément cette insatisfaction chez certains qui finissent par être tristes et convertis en collectionneurs d’antiquités ou de nouveautés au lieu d’être des pasteurs pénétrés de ‘l’odeur de leurs brebis’, - je vous demande d'être des pasteurs qui portent l'odeur des brebis! - pasteurs au milieu de leur propre troupeau, et pêcheurs d’hommes.

En vérité, la dite crise d’identité sacerdotale nous menace tous et se greffe sur une crise de civilisation ; mais si nous savons dompter cette vague, nous pourrons avancer au large au nom du Seigneur et jeter les filets. Il est bon que la réalité même nous pousse à aller là où ce que nous sommes par grâce apparaît clairement comme étant pure grâce, sur cette mer du monde actuel où seule compte l’onction - et non la fonction -, et seront remplis les filets jetés seulement au nom de Celui en qui nous nous sommes confiés : Jésus.

Chers fidèles, soyez proches de vos prêtres par l’affection et par la prière afin qu’ils soient toujours des pasteurs selon le coeur de Dieu.

Que le Père renouvelle en nous, chers prêtres, l’Esprit de Sainteté par lequel nous avons reçu l’onction, qu’Il le renouvelle en notre coeur de telle manière que l’onction rejoigne tous, même les ‘périphéries’, là où notre peuple fidèle en a le plus besoin et l’apprécie. Que nos fidèles nous sentent disciples du Seigneur, qu’ils comprennent que nous sommes revêtus de leur noms, et que nous ne cherchons nulle autre identité ; qu’ils puissent recevoir, par nos paroles et nos oeuvres, cette huile de joie que Jésus, l’Oint du Seigneur, est venu nous donner. Amen.

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Jeunes, « ne vous faites pas voler l'espérance »
La messe du pape avec les jeunes détenus

Anita Bourdin

ROME, 28 mars 2013 (Zenit.org) - « Voyez dans ce geste de vous laver les pieds une caresse de Jésus », a dit le pape, dans son homélie pour expliquer aux jeunes le rite du lavement des pieds typique du « service » et de l’amour signifiés par la célébration de Jeudi Saint. Il les a quittés en demandant avec insistance : « Ne vous faites pas voler l’espérance ».

Le pape François a en effet célébré la messe du Jeudi Saint « In Cena Domini », ce jeudi 28 mars 2013 avec les jeunes détenus dans la chapelle dédiée au « père miséricordieux » de la maison de détention pour mineurs de Casal del Marmo, dans le Nord de Rome.

Le pape et les jeunes

La messe a été accompagnée par les chants et les guitares des jeunes et des bénévoles. La célébration a été transmise en direct par Radio Vatican et nous transcrivons les paroles du pape François. Au terme de la messe, le pape a porté le Saint-Sacrement au reposoir, en silence. Il a ensuite eu une rencontre avec les jeunes dans le gymnase. Le pape était accompagné de son vicaire pour la Ville de Rome, le cardinal Agostino Vallini. Les lectures de la messe ont été lues par un jeune détenu, une éducatrice et l’Evangile par le P. Nicolò Ciccolini, l’un des prêtres desservant l’institution.

Comme le rite de la liturgie de ce jour le prévoit, le pape a lavé les pieds de 10 garçons et deux jeunes-filles, représentant les douze apôtres auxquels le Christ a lavé les pieds, la veille de sa Passion. Il a concélébré entouré de son vicaire, le cardinal Agostino Vallini, du Substitut, Mgr Angelo Becciu, de son secrétaire, Mgr Alfred Xuereb, de l’aumônier, le P. Gaetano Geco, et du P. Ciccolini. Plusieurs centaines de personens ont assisté à la messe avec les jeunes.

L’institut héberge 35 garçons et 11 jeunes filles entre 14 et 21 ans et leur offre des possibilités de formation professionnelle en vue de leur réinsertion. Seulement 8 d’entre eux sont Italiens, les autres viennent d’Afrique du Nord ou des pays slaves, et des Roms. Ils ne sont donc pas tous catholiques et le pape leur a expliqué le sens de ses gestes, dans une homélie très brève et très forte.

Une caresse de Jésus

Le cœur de son message a été : « Voyez dans ce geste [de vous laver les pieds] une caresse de Jésus ».

C’est la première fois depuis des générations que le pape ne célèbre pas le Jeudi Saint ni au Latran – selon la coutume pour l’évêque de Rome – ni à Saint-Pierre. D’habitude aussi le pape lave les pieds de prêtres de son diocèse. Mais en 2007, le pape Benoît XVI avait lavé les pieds de douze laïcs.

Le pape François a parlé aux jeunes d’abondance du cœur et il a lavé, essuyé et embrassé les pieds des jeunes, lui-même se mettant à genou par terre, à deux genoux, six fois : deux jeunes-filles et des musulmans étaient parmi eux. Il les a aussi embrassés lors de l’échange de la paix du Christ. Le pape a donné la communion personnellement à ceux qui se sont approchés pour recevoir Jésus dans l’eucharistie.

« C’est émouvant, a déclaré le pape d’abondance du cœur dans son homélie: Jésus lave les pieds de ses disciples. Pierre ne comprenait rien. Et il refusait. Mais Jésus lui a expliqué. Jésus, Dieu, a fait cela. Et il explique lui-même ce qu’il fait à ses disciples: « Comprenez-vous ce que je fais pour vous ? Vous m’appelez maître et Seigneur et vous dites bien parce que je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le maître je vous ai lavé les pieds, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Je vous ai donné un exemple afin que vous aussi vous fassiez de même ». «

Le pape a ensuite commenté ces paroles du Christ en disant : « C’est l’exemple du Seigneur : lui, il est le plus important, et il lave les pieds, parce que parmi nous ce qui est le plus haut doit être au service des autres, et c’est un symbole et un signe, non ? ».

Je suis à ton service

« Laver les pieds c’est dire : « je suis à ton service ». Et nous aussi, entre nous, ne devons-nous pas nous laver les pieds les autres les autres chaque jour ? Mais qu’est-ce que cela signifie ? Que nous devons nous aider les uns les autres. Parfois je suis un peu en colère avec un tel, avec une autres… Eh bien ! Laisse tomber. Laisse. Et si on te demande une faveur, fais-la ».

« S’aider les uns les autres, a repris le pape : voilà ce que Jésus nous enseigne et c’est ce que je fais. Et je le fais de tout cœur, parce que c’est mon devoir comme prêtre et comme évêque : je dois être à votre service. C’est un devoir qui me vient du cœur, je l’aime. J’aime cela et j’aime le faire parce que le Seigneur m’a enseigné à faire ainsi. Mais vous aussi, aidez-nous, aidez-vous toujours, les uns les autres et ainsi en nous aidant nous nous ferons du bien. »

« Maintenant, nous allons faire, a conclu le pape, cette cérémonie de nous laver les pieds et pensons-y. Que chacun de nous pense : moi, vraiment, est-ce que je suis disposé/e à aider l’autre ? Pensez seulement à cela, et pensez que ce signe est une caresse que Jésus fait, parce que Jésus est justement venu pour cela, pour servir et pour nous aider. »

Ne vous faites pas voler

La ministre italienne de la Justice, Mme Paola Severino, a ensuite dit : « J’ai vu tant d’amour dans votre regard. Tant d’esprit de service. » Certains jeunes pleuraient d’émotion.

Le pape a dit quelques mots aux jeunes et aux autorités pour les remercier de leur avant d’ajouter : « Ne vous faites pas voler l’espérance. Avancez toujours avec l’espérance, toujours avec l’espérance ! »

A chacun il a remis un œuf de Pâques et cette brioche en forme de colobe, la « Colomba », typique de Pâques en Italie. Le pape a lui-même reçu en cadeau un prie-Dieu et un crucifix de bois réalisés par les jeunes dans leur atelier.



site Zenit


Pope Francis' Chrism Mass Homily

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Pope Francis' Chrism Mass Homily
VATICAN CITY, March 28, 2013 (Zenit.org) - Here is the translation of the homily given today by Pope Francis during the Chrism Mass held in St. Peter’s Basilica.

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Dear Brothers and Sisters,

This morning I have the joy of celebrating my first Chrism Mass as the Bishop of Rome. I greet all of you with affection, especially you, dear priests, who, like myself, today recall the day of your ordination.

The readings of our Mass speak of God's anointed ones: the suffering Servant of Isaiah, King David and Jesus our Lord. All three have this in common: the anointing that they receive is meant in turn to anoint God's faithful people, whose servants they are; they are anointed for the poor, for prisoners, for the oppressed A fine image of this being for others can be found in the Psalm: It is like the precious oil upon the head, running down upon the beard, on the beard of Aaron, running down upon the collar of his robe (Ps 133:2). The image of spreading oil, flowing down from the beard of Aaron upon the collar of his sacred robe, is an image of the priestly anointing which, through Christ, the Anointed One, reaches the ends of the earth, represented by the robe.

The sacred robes of the High Priest are rich in symbolism. One such symbol is that the names of the children of Israel were engraved on the onyx stones mounted on the shoulder-pieces of the ephod, the ancestor of our present-day chasuble: six on the stone of the right shoulder-piece and six on that of the left (cf. Ex 28:6-14). The names of the twelve tribes of Israel were also engraved on the breastplate (cf. Es 28:21). This means that the priest celebrates by carrying on his shoulders the people entrusted to his care and bearing their names written in his heart. When we put on our simple chasuble, it might well make us feel, upon our shoulders and in our hearts, the burdens and the faces of our faithful people, our saints and martyrs of whom there are many in these times

From the beauty of all these liturgical things, which is not so much about trappings and fine fabrics than about the glory of our God resplendent in his people, alive and strengthened, we turn to a consideration of activity, action. The precious oil which anoints the head of Aaron does more than simply lend fragrance to his person; it overflows down to the edges. The Lord will say this clearly: his anointing is meant for the poor, prisoners and the sick, for those who are sorrowing and alone. The ointment is not intended just to make us fragrant, much less to be kept in a jar, for then it would become rancid and the heart bitter.

A good priest can be recognized by the way his people are anointed. This is a clear test. When our people are anointed with the oil of gladness, it is obvious: for example, when they leave Mass looking as if they have heard good news. Our people like to hear the Gospel preached with unction, they like it when the Gospel we preach touches their daily lives, when it runs down like the oil of Aaron to the edges of reality, when it brings light to moments of extreme darkness, to the outskirts where people of faith are most exposed to the onslaught of those who want to tear down their faith. People thank us because they feel that we have prayed over the realities of their everyday lives, their troubles, their joys, their burdens and their hopes. And when they feel that the fragrance of the Anointed One, of Christ, has come to them through us, they feel encouraged to entrust to us everything they want to bring before the Lord: Pray for me, Father, because I have this problem, Bless me, Pray for me these words are the sign that the anointing has flowed down to the edges of the robe, for it has turned into prayer.

The prayers of the people of God. When we have this relationship with God and with his people, and grace passes through us, then we are priests, mediators between God and men. What I want to emphasize is that we need constantly to stir up God's grace and perceive in every request, even those requests that are inconvenient and at times purely material or downright banal but only apparently so the desire of our people to be anointed with fragrant oil, since they know that we have it. To perceive and to sense, even as the Lord sensed the hope-filled anguish of the woman suffering from hemorrhages when she touched the hem of his garment. At that moment, Jesus, surrounded by people on every side, embodies all the beauty of Aaron vested in priestly raiment, with the oil running down upon his robes. It is a hidden beauty, one which shines forth only for those faith-filled eyes of the woman troubled with an issue of blood. But not even the disciples future priests see or understand: on the existential outskirts, they see only what is on the surface: the crowd pressing in on Jesus from all sides (cf. Lk 8:42). The Lord, on the other hand, feels the power of the divine anointing which runs down to the edge of his cloak.

We need to go out, then, in order to experience our own anointing, its power and its redemptive efficacy: to the outskirts where there is suffering, bloodshed, blindness that longs for sight, and prisoners in thrall to many evil masters. It is not in soul-searching or constant introspection that we encounter the Lord: self-help courses can be useful in life, but to live by going from one course to another, from one method to another, leads us to become pelagians and to minimize the power of grace, which comes alive and flourishes to the extent that we, in faith, go out and give ourselves and the Gospel to others, giving what little ointment we have to those who have nothing, nothing at all.

A priest who seldom goes out of himself, who anoints little I won't say not at all because, thank God, our people take our oil from us anyway misses out on the best of our people, on what can stir the depths of his priestly heart. Those who do not go out of themselves, instead of being mediators, gradually become intermediaries, managers. We know the difference: the intermediary, the manager, has already received his reward, and since he doesn't put his own skin and his own heart on the line, he never hears a warm, heartfelt word of thanks. This is precisely the reason why some priests grow dissatisfied, become sad priests, lose heart and become in some sense collectors of antiques or novelties instead of being shepherds living with the smell of the sheep, shepherds in the midst of their flock, fishers of men. True enough, the so-called crisis of priestly identity threatens us all and adds to the broader cultural crisis; but if we can resist its onslaught, we will be able to put out in the name of the Lord and cast our nets. It is not a bad thing that reality itself forces us to put out into the deep, where what we are by grace is clearly seen as pure grace, out into the deep of the contemporary world, where the only thing that counts is unction not function and the nets which overflow with fish are those cast solely in the name of the One in whom we have put our trust: Jesus.

Dear lay faithful, be close to your priests with affection and with your prayers, that they may always be shepherds according to God's heart.

Dear priests, may God the Father renew in us the Spirit of holiness with whom we have been anointed. May he renew his Spirit in our hearts, that this anointing may spread to everyone, even to those outskirts where our faithful people most look for it and most appreciate it. May our people sense that we are the Lord's disciples; may they feel that their names are written upon our priestly vestments and that we seek no other identity; and may they receive through our words and deeds the oil of gladness which Jesus, the Anointed One, came to bring us. Amen.