ROMA
17-04-2014


Jeudi Saint
Messe Chrismale

Texte Homélie / Homily

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Crédit Photo Webmaster Rome Nikon M.Afr. et Jacques Poirier


Texte Pris sur le site Zénith

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Oints avec l'huile de joie pour oindre avec l'huile de joie
Homélie pour la messe chrismale (texte intégral)
Pape François

ROME, 17 avril 2014 (Zenit.org) - "Oints avec l’huile de joie pour oindre avec l’huile de joie", c'est le thème de l'homélie du pape François pour la messe chrismale qu'il a présidée ce jeudi matin, 17 avril, à 9 h 30, en la basilique Saint-Pierre entouré des prêtres, des évêques et des cardinaux présents à Rome.

Le pape a souligné l'immensité du don du sacerdoce dont l'Eglise fête l'institution le Jeudi saint: "Je crois que nous n’exagérons pas si nous disons que le prêtre est une personne très petite: l’incommensurable grandeur du don qui nous est fait par le ministère nous relègue parmi les plus petits des hommes. Le prêtre est le plus pauvre des hommes si Jésus ne l’enrichit pas de sa pauvreté, il est le serviteur le plus inutile si Jésus ne l’appelle pas ami, le plus insensé des hommes si Jésus ne l’instruit pas patiemment comme Pierre, le plus sans défense des chrétiens si le Bon Pasteur ne le fortifie pas au milieu de son troupeau."

Il a indiqué trois caractéristiques de cette joie: elle oint le prêtre jusqu'au fond de lui-même, elle est "incorruptible", et "missionnaire.

Le pape a mis en lumière le lien ente cette joie et les trois conseils évangéliques comme "trois soeurs" qui la "protègent et la défendent": "La joie sacerdotale est une joie qui a pour sœur la pauvreté (...), la fidélité, l'obéissance".

A propos de la pauvreté, le pape a décrit ce mouvement de "sortie" qu'elle suppose: "Sors de toi-même, sors à la recherche de Dieu dans l’adoration, sors et donne à ton peuple ce qui t’a été confié, et ton peuple aura soin de te faire sentir et goûter qui tu es, comment tu t’appelles, quelle est ton identité et il te fera te réjouir avec le cent pour un que le Seigneur a promis à ses serviteurs."

Il a prié pour la joie de vocations de jeunes au sacerdoce, la joie sacerdotale des prêtres nouvellement ordonnés, des prêtres expérimentés, des prêtres âgés.

Anita Bourdin

(Les caractères gras et les italiques sont de la rédaction)

Homélie du pape François pour la messe chrismale

Oints avec l’huile de joie

Chers frères dans le sacerdoce !

En ce jour du Jeudi saint, où le Christ nous a aimés jusqu’au bout (cf. Jn 13, 1), nous faisons mémoire de l’heureux jour de l’Institution du sacerdoce et de celui de notre Ordination sacerdotale. Le Seigneur nous a oints dans le Christ avec l’huile de joie et cette onction nous invite à recevoir ce grand don et à nous en faire porteurs : la joie, l’allégresse sacerdotale. La joie du prêtre est un bien précieux non seulement pour lui mais aussi pour tout le peuple fidèle de Dieu : ce peuple fidèle au milieu duquel le prêtre est appelé pour être oint et auquel il est envoyé pour oindre.

Oints avec l’huile de joie pour oindre avec l’huile de joie. La joie sacerdotale a sa source dans l’Amour du Père, et le Seigneur désire que la joie de cet Amour « soit en nous », et soit « pleine » (Jn 15, 11). J’aime penser à la joie en contemplant la Vierge : Marie, la « Mère de l’Évangile vivant est source de joie pour les petits » (Exhort. Ap. Evangelii gaudium, n. 288), et je crois que nous n’exagérons pas si nous disons que le prêtre est une personne très petite: l’incommensurable grandeur du don qui nous est fait par le ministère nous relègue parmi les plus petits des hommes. Le prêtre est le plus pauvre des hommes si Jésus ne l’enrichit pas de sa pauvreté, il est le serviteur le plus inutile si Jésus ne l’appelle pas ami, le plus insensé des hommes si Jésus ne l’instruit pas patiemment comme Pierre, le plus sans défense des chrétiens si le Bon Pasteur ne le fortifie pas au milieu de son troupeau. Personne n’est plus petit qu’un prêtre laissé à ses seules forces ; donc notre prière de protection contre tout piège du Malin est la prière de notre Mère : je suis prêtre parce qu’il a regardé avec bonté ma petitesse (cf. Lc 1, 48). Et à partir de cette petitesse, nous accueillons notre joie.

Je trouve trois caractéristiques significatives dans notre joie sacerdotale : c’est une joie qui nous oints (non pas qui nous rend onctueux, imposants, et présomptueux), c’est une joie incorruptible et c’est une joie missionnaire qui rayonne sur tous et qui attire tous, en commençant à l’envers : par ceux qui sont le plus loin.

Une joie qui nous oint. Cela veut dire : elle a pénétré à l’intime de notre cœur, l’a configuré et fortifié sacramentellement. Les rites de la liturgie de l’ordination nous parlent du désir maternel qu’a l’Église de transmettre et de communiquer tout ce que le Seigneur nous a donné : l’imposition des mains, l’onction avec le saint Chrême, la vêture avec les ornements sacrés, la participation immédiate à la première Consécration… La grâce nous comble et se répand intègre, abondante et pleine en chaque prêtre. Oints jusqu’aux os… et notre joie, qui jaillit de l’intérieur, est l’écho de cette onction.

Une joie incorruptible. L’intégrité du Don, auquel personne ne peut rien enlever ni ajouter, est source incessante de joie : une joie incorruptible, que le Seigneur a promis que personne ne pourra nous ôter (cf. Jn 16, 22). Elle peut être endormie ou étouffée par le péché ou par les préoccupations de la vie mais, au fond, elle reste intacte comme la braise d’un cep brûlé sous les cendres, et peut toujours être réveillée. La recommandation de Paul à Timothée reste toujours actuelle : je t’invite à raviver le feu du don du Dieu qui est déposé en toi par l’imposition de mes mains (cf. 2 Tm 1, 6).

Une joie missionnaire. Cette troisième caractéristique, je veux la partager et la souligner d’une façon particulière : la joie du prêtre est située en relation intime avec le saint peuple fidèle de Dieu parce qu’il s’agit d’une joie éminemment missionnaire. L’onction est en vue d’oindre le saint peuple fidèle de Dieu : pour baptiser et confirmer, pour prendre soin et consacrer, pour bénir, pour consoler et évangéliser. Et puisque c’est une joie qui coule seulement quand le pasteur se tient au milieu de son troupeau (même dans le silence de la prière, le pasteur qui adore le Père est au milieu de ses brebis), c’est une “joie gardée” par ce même troupeau. Même dans des moments de tristesse, où tout semble s’obscurcir et où le vertige de l’isolement nous séduit, ces moments d’apathie et d’ennui que parfois nous connaissons dans la vie sacerdotale (et à travers lesquels moi aussi je suis passé), même en ces moments le peuple de Dieu est capable de garder la joie, il est capable de te protéger, de t’embrasser, de t’aider à ouvrir ton cœur et à retrouver une joie renouvelée. “Joie gardée” par le troupeau et gardée aussi par trois sœurs qui l’entourent, la protègent, la défendent : sœur pauvreté, sœur fidélité et sœur obéissance.

La joie sacerdotale est une joie qui a pour sœur la pauvreté. Le prêtre est pauvre de joie simplement humaine : il a renoncé à beaucoup ! Et parce qu’il est pauvre, lui, qui donne tant de choses aux autres, sa joie il doit la demander au Seigneur et au peuple fidèle de Dieu. Il ne doit pas se la procurer par lui-même. Nous savons que notre peuple est très généreux pour remercier les prêtres pour les plus petits gestes de bénédiction et, de façon spéciale, pour les Sacrements. Beaucoup, en parlant de la crise de l’identité sacerdotale, ne tiennent pas compte que l’identité suppose l’appartenance. Il n’y a pas d’identité – et donc de joie de vivre – sans appartenance active et engagée envers le peuple fidèle de Dieu (cf. Exhort. Ap. Evangelii gaudium, n. 268). Le prêtre qui prétend trouver l’identité sacerdotale en la recherchant introspectivement dans sa propre intériorité ne trouve peut-être rien d’autre que des panneaux qui disent “sortie” : sors de toi-même, sors à la recherche de Dieu dans l’adoration, sors et donne à ton peuple ce qui t’a été confié, et ton peuple aura soin de te faire sentir et goûter qui tu es, comment tu t’appelles, quelle est ton identité et il te fera te réjouir avec le cent pour un que le Seigneur a promis à ses serviteurs. Si tu ne sors pas de toi-même, l’huile devient rance, et l’onction ne peut être féconde. Sortir de soi-même demande de se dépouiller de soi, comporte pauvreté.

La joie sacerdotale est une joie qui a pour sœur la fidélité. Pas tant dans le sens que nous serions tous “immaculés” (puissions-nous l’être avec la grâce de Dieu !), parce que nous sommes pécheurs, mais plutôt dans le sens d’une fidélité toujours renouvelée à l’unique Épouse, l’Église. Là est la clef de la fécondité. Les enfants spirituels que le Seigneur donne à chaque prêtre, ceux qu’il a baptisés, les familles qu’il a bénies et aidées à cheminer, les malades qu’il soutient, les jeunes avec qui il partage la catéchèse et la formation, les pauvres qu’il secourt… sont cette “Épouse” qu’il est heureux de traiter comme préférée et unique aimée, et de lui être toujours fidèle de façon nouvelle. C’est l’Église vivante, avec prénom et nom, dont le prêtre prend soin dans sa paroisse ou dans la mission qui lui a été confiée, c’est elle qui lui donne de la joie quand il lui est fidèle, quand il fait tout ce qu’il doit faire et laisse tout ce qu’il doit laisser pour rester au milieu des brebis que le Seigneur lui a confiées : « Pais mes brebis » (Jn 21, 16.17).

La joie sacerdotale est une joie qui a pour sœur l’obéissance. Obéissance à l’Église dans la hiérarchie qui nous donne, pour ainsi dire, non seulement le milieu plus extérieur de l’obéissance : la paroisse à laquelle je suis envoyé, les facultés du ministère, cette charge particulière... mais aussi l’union avec Dieu le Père, de qui vient toute paternité. Mais aussi l’obéissance à l’Église dans le service : disponibilité et promptitude pour servir tous, toujours et de la meilleure façon, à l’image de “Notre Dame de la promptitude ” (cf. Lc 1, 39 : meta spoudes), qui accourt pour servir sa cousine et est attentive à la cuisine de Cana où il manque le vin. La disponibilité du prêtre fait de l’Église la Maison aux portes ouvertes, refuge pour les pécheurs, foyer pour ceux qui vivent dans la rue, maison de soin pour les malades, camping pour les jeunes, salle de catéchèse pour les enfants de la première Communion… Là où le peuple de Dieu a un désir ou une nécessité, se trouve le prêtre qui sait écouter (ob-audire) et entend un mandat amoureux du Christ qui l’envoie secourir avec miséricorde ce besoin ou soutenir ces bons désirs avec une charité créative. Celui qui est appelé sait qu’il existe en ce monde une joie simple et pleine : celle d’être pris par le peuple qu’on aime pour être envoyé à lui comme dispensateur des dons et des consolations de Jésus, l’unique Bon Pasteur qui, plein de profonde compassion pour tous les petits et les exclus de cette terre, lassés et opprimés comme des brebis sans pasteur, a voulu associer beaucoup de personnes à son ministère pour rester et agir Lui-même, dans la personne de ses prêtres, pour le bien de son peuple.

En ce Jeudi sacerdotal, je demande au Seigneur Jésus qu’il fasse découvrir à beaucoup de jeunes cette ardeur du cœur qui fait surgir la joie dès qu’on a l’heureuse audace de répondre avec promptitude à son appel.

En ce Jeudi sacerdotal, je demande au Seigneur Jésus qu’il conserve l’éclat joyeux dans les yeux des nouveaux ordonnés, qui partent pour “se manger” le monde, pour se consumer au milieu du peuple fidèle de Dieu, qu’ils se réjouissent en préparant la première homélie, la première Messe, le premier Baptême, la première Confession… c’est la joie de pouvoir partager – émerveillés – pour la première fois comme oints, le trésor de l’Évangile et de sentir que le peuple fidèle te revient pour oindre d’une autre manière : avec leurs demandes, inclinant la tête pour que tu les bénisses, te serrant les mains, t’amenant leurs enfants, demandant pour leurs malades… Seigneur, conserve dans tes jeunes prêtres la joie du départ, la joie de faire toute chose comme nouvelle, la joie de consumer leur vie pour toi.

En ce Jeudi sacerdotal, je demande au Seigneur Jésus de confirmer la joie sacerdotale de ceux qui ont de nombreuses années de ministère. Cette joie qui, sans disparaître de leurs yeux, repose sur les épaules de tous ceux qui supportent le poids du ministère, ces prêtres qui ont déjà pris le pouls du travail, qui rassemblent leurs forces et se rechargent : “ils changent d’air”, comme disent les sportifs. Conserve Seigneur la profondeur et la sage maturité de la joie des prêtres adultes. Qu’ils sachent prier comme Néhémie : la joie du Seigneur est notre rempart (cf. Ne 8, 10).

Enfin, en ce Jeudi sacerdotal, je demande au Seigneur Jésus que resplendisse la joie des prêtres âgés, bien portants ou malades. C’est la joie de la Croix, qui provient de la conscience d’avoir un trésor incorruptible dans un vase d’argile qui va en se défaisant. Qu’ils sachent être bien quel que soit l’endroit où ils sont, discernant dans la fugacité du temps le goût de l’éternel (Guardini). Qu’ils ressentent, Seigneur, la joie de passer le flambeau, la joie de voir grandir les enfants des enfants et de saluer, dans un sourire et avec douceur, les promesses, dans cette espérance qui ne déçoit pas.

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Voilà l'héritage que Jésus nous a laissé: que nous soyons des serviteurs
Messe in Cena Domini, lavement des pieds à douze personnes handicapées

Anita Bourdin

ROME, 17 avril 2014 (Zenit.org) - « Voilà l’héritage que Jésus nous a laissé : que nous soyons serviteurs les uns des autres », a expliqué le pape François lors de la Messe du Jeudi Saint in Cena Domini, avant de laver les pieds à 12 personnes handicapées ou malades, âgées de 16 à 86 ans, dont un musulman de Lybie.

Le pape s’est rendu dans un centre de Rome pour personnes handicapées, « Sainte Marie de la Providence », géré par la Fondation don Gnocchi.

« Quand ils rentraient à la maison, il fallait se laver les pieds, parce que les routes étaient pleines de poussière. Jésus fait un service d’esclave, de serviteur et il nous le laisse en héritage nous devons être serviteurs les uns des autres », a dit notamment le pape dans son homélie prononcée sans papier, d’abondance du coeur.

« L’Eglise aujourd’hui fait mémoire de la Dernière Cène quand Jésus a institué l’eucharistie, quand il a fait ce geste », a-t-il ajouté.

« Maintenant, a annoncé le pape, je ferai ce geste mais tous, dans notre cœur pensons aux autres, pensons à l’amour que Jésus nous dit que nous devons avoir pour les autres. »

Il a ajouté, en conclusion : « Pensons aussi à la façon dont nous pouvons servir, parce que c’est ce que Jésus a voulu de nous. »

Le pape s’est ensuite revêtu de l’étole blanche portée en diagonale, l’étole des diacres, pour s’agenouiller devant chaque personne, verser de l’eau sur les pieds, les essuyer avec un linge blanc, se pencher très bas, pour les embrasser. A chaque fois deux acolytes l’aidaient à s’agenouiller et à se relever. Mais avant de se relever, le pape souriait à chacun, le regardant avec bonté. Un monsieur a voulu lui serrer la main de façon prolongée et ils échangé brièvement quelques mots. Un moment émouvant et grave à la fois.

La célébration de la messe achvée, elle s'est prolongée, comme c'est la tradition le Jeudi Saint au soir, par l'adoration du Saint-Sacrement que le pape a replacé dans un tabernacle fleuri, et qu'il a encensé avant de se recueillir longuement debout, et de se retirer, vers 18h40.

Avant la messe, qui a commencé à 17h30, le pape avait pris le temps de passer dans l’église au milieu des familles et des malades, et de les saluer.

En venant à ce centre, le pape a mis ses pas dans ceux des prédécesseurs, proches de don Gnocchi et de son oeuvre.

La cause de béatification et canonisation de Don Carlo Gnocchi (1902-1956) s'est conclue dans le diocèse de Milan en 1991. Il a été déclaré "vénérable" par Jean-Paul II en 2002, et il a été béatifié en 2009. Benoît XVI a reçu la fondation en 2010 à l'occasion d'une messe d'action de grâce pour la béatification.



site Zenit


Pope Francis' Chrism Mass Homily

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Pope's Homily at Chrism Mass
"All who are called should know that genuine and complete joy does exist in this world"
VATICAN CITY, April 17, 2014 (Zenit.org) - Here is a translation of Pope Francis' homily at this morning's Chrism Mass in St. Peter's Basilica.

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Dear Brother Priests,

In the eternal "today" of Holy Thursday, when Christ showed his love for us to the end (cf. Jn 13:1), we recall the happy day of the institution of the priesthood, as well as the day of our own priestly ordination. The Lord anointed us in Christ with the oil of gladness, and this anointing invites us to accept and appreciate this great gift: the gladness, the joy of being a priest. Priestly joy is a priceless treasure, not only for the priest himself but for the entire faithful people of God: that faithful people from which he is called to be anointed and which he, in turn, is sent to anoint.

Anointed with the oil of gladness so as to anoint others with the oil of gladness. Priestly joy has its source in the Father’s love, and the Lord wishes the joy of this Love to be "ours" and to be "complete" (Jn 15:11). I like to reflect on joy by contemplating Our Lady, for Mary, the "Mother of the living Gospel, is a wellspring of joy for God’s little ones" (Evangelii Gaudium, 288). I do not think it is an exaggeration to say that priest is very little indeed: the incomparable grandeur of the gift granted us for the ministry sets us among the least of men. The priest is the poorest of men unless Jesus enriches him by his poverty, the most useless of servants unless Jesus calls him his friend, the most ignorant of men unless Jesus patiently teaches him as he did Peter, the frailest of Christians unless the Good Shepherd strengthens him in the midst of the flock. No one is more "little" than a priest left to his own devices; and so our prayer of protection against every snare of the Evil One is the prayer of our Mother: I am a priest because he has regarded my littleness (cf. Lk 1:48). And in that littleness we find our joy. Joy in our littleness.

For me, there are three significant features of our priestly joy. It is a joy which anoints us (not one which "greases" us, making us unctuous, sumptuous and presumptuous), it is a joy which is imperishable and it is a missionary joy which spreads and attracts, starting backwards – with those farthest away from us.

A joy which anoints us. In a word: it has penetrated deep within our hearts, it has shaped them and strengthened them sacramentally. The signs of the ordination liturgy speak to us of the Church’s maternal desire to pass on and share with others all that the Lord has given us: the laying on of hands, the anointing with sacred chrism, the clothing with sacred vestments, the first consecration which immediately follows… Grace fills us to the brim and overflows, fully, abundantly and entirely in each priest I would say. We are anointed down to our very bones… and our joy, which wells up from deep within, is the echo of this anointing.

An imperishable joy. The fullness of the Gift, which no one can take away or increase, is an unfailing source of joy: an imperishable joy which the Lord has promised no one can take from us (Jn 16:22). It can lie dormant, or be clogged by sin or by life’s troubles, yet deep down it remains intact, like the embers of a burnt log beneath the ashes, and it can always be renewed. Paul’s exhortation to Timothy remains ever timely: I remind you to fan into flame the gift of God that is within you through the laying on of my hands (cf. 2 Tim 1:6).

A missionary joy. I would like especially to share with you and to stress this third feature: priestly joy is deeply bound up with God’s holy and faithful people, for it is an eminently missionary joy. Our anointing is meant for anointing God’s holy and faithful people: for baptizing and confirming them, healing and sanctifying them, blessing, comforting and evangelizing them.

And since this joy is one which only springs up when the shepherd is in the midst of his flock (for even in the silence of his prayer, the shepherd who worships the Father is with his sheep), it is a "guarded joy", watched over by the flock itself. Even in those gloomy moments when everything looks dark and a feeling of isolation takes hold of us, in those moments of listlessness and boredom which at times overcome us in our priestly life (and which I too have experienced), even in those moments God’s people are able to "guard" that joy; they are able to protect you, to embrace you and to help you open your heart to find renewed joy.

A "guarded joy": one guarded by the flock but also guarded by three sisters who surround it, tend it and defend it: sister poverty, sister fidelity and sister obedience.

Priestly joy is a joy which is sister to poverty. The priest is poor in terms of purely human joy. He has given up so much! And because he is poor, he, who gives so much to others, has to seek his joy from the Lord and from God’s faithful people. He doesn’t need to try to create it for himself. We know that our people are very generous in thanking priests for their slightest blessing and especially for the sacraments. Many people, in speaking of the crisis of priestly identity, fail to realize that identity presupposes belonging. There is no identity – and consequently joy of life – without an active and unwavering sense of belonging to God’s faithful people (cf. Evangelii Gaudium, 268). The priest who tries to find his priestly identity by soul-searching and introspection may well encounter nothing more than "exit" signs, signs that say: exit from yourself, exit to seek God in adoration, go out and give your people what was entrusted to you, for your people will make you feel and taste who you are, what your name is, what your identity is, and they will make you rejoice in that hundredfold which the Lord has promised to those who serve him. Unless you "exit" from yourself, the oil grows rancid and the anointing cannot be fruitful. Going out from ourselves presupposes self-denial; it means poverty.

Priestly joy is a joy which is sister to fidelity. Not primarily in the sense that we are all "immaculate" (would that by God’s grace we were!), for we are sinners, but in the sense of an ever renewed fidelity to the one Bride, to the Church. Here fruitfulness is key. The spiritual children which the Lord gives each priest, the children he has baptized, the families he has blessed and helped on their way, the sick he has comforted, the young people he catechizes and helps to grow, the poor he assists… all these are the "Bride" whom he rejoices to treat as his supreme and only love and to whom he is constantly faithful. It is the living Church, with a first name and a last name, which the priest shepherds in his parish or in the mission entrusted to him. That mission brings him joy whenever he is faithful to it, whenever he does all that he has to do and lets go of everything that he has to let go of, as long as he stands firm amid the flock which the Lord has entrusted to him: Feed my sheep (cf. Jn21:16,17).

Priestly joy is a joy which is sister to obedience. An obedience to the Church in the hierarchy which gives us, as it were, not simply the external framework for our obedience: the parish to which I am sent, my ministerial assignments, my particular work … but also union with God the Father, the source of all fatherhood. It is likewise an obedience to the Church in service: in availability and readiness to serve everyone, always and as best I can, following the example of "Our Lady of Promptness" (cf. Lk 1:39, meta spoudes), who hastens to serve Elizabeth her kinswoman and is concerned for the kitchen of Cana when the wine runs out. The availability of her priests makes the Church a house with open doors, a refuge for sinners, a home for people living on the streets, a place of loving care for the sick, a camp for the young, a classroom for catechizing children about to make their First Communion… Wherever God’s people have desires or needs, there is the priest, who knows how to listen (ob-audire) and feels a loving mandate from Christ who sends him to relieve that need with mercy or to encourage those good desires with resourceful charity.

All who are called should know that genuine and complete joy does exist in this world: it is the joy of being taken from the people we love and then being sent back to them as dispensers of the gifts and counsels of Jesus, the one Good Shepherd who, with deep compassion for all the little ones and the outcasts of this earth, wearied and oppressed like sheep without a shepherd, wants to associate many others to his ministry, so as himself to remain with us and to work, in the person of his priests, for the good of his people.

On this Holy Thursday I ask the Lord Jesus to enable many young people to discover that burning zeal which joy kindles in our hearts as soon as we have the stroke of boldness needed to respond willingly to his call.

On this Holy Thursday I ask the Lord Jesus to preserve the joy sparkling in the eyes of the recently ordained who go forth to devour the world, to spend themselves fully in the midst of God's faithful people, rejoicing as they prepare their first homily, their first Mass, their first Baptism, their first confession… It is the joy of being able to share with wonder, and for the first time as God’s anointed, the treasure of the Gospel and to feel the faithful people anointing you again and in yet another way: by their requests, by bowing their heads for your blessing, by taking your hands, by bringing you their children, by pleading for their sick… Preserve, Lord, in your young priests the joy of going forth, of doing everything as if for the first time, the joy of spending their lives fully for you.

On this priestly Thursday I ask the Lord Jesus to confirm the priestly joy of those who have already ministered for some years. The joy which, without leaving their eyes, is also found on the shoulders of those who bear the burden of the ministry, those priests who, having experienced the labours of the apostolate, gather their strength and rearm themselves: "get a second wind", as the athletes say. Lord, preserve the depth, wisdom and maturity of the joy felt by these older priests. May they be able to pray with Nehemiah: "the joy of the Lord is my strength" (cf. Neh 8:10).

Finally, on this priestly Thursday I ask the Lord Jesus to make better known the joy of elderly priests, whether healthy or infirm. It is the joy of the Cross, which springs from the knowledge that we possess an imperishable treasure in perishable earthen vessels. May these priests find happiness wherever they are; may they experience already, in the passage of the years, a taste of eternity (Guardini). May they know, Lord, the joy of handing on the torch, the joy of seeing new generations of their spiritual children, and of hailing the promises from afar, smiling and at peace, in that hope which does not disappoint.

 

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President of Care Home Says Francis' Visit Reflects a Church That 'Wears an Apron'
Don Gnocchi Foundation Ministry Seen as Serving Frontier of the Weakest
ROME, April 17, 2014 (Zenit.org) - Pope Francis washed the feet of patients from the St. Mary of Providence Center this evening during the Mass of the Lord’s Supper.

The center is sponsored by the Don Gnocchi Foundation, founded 60 years ago, and today responsible for 39 centers in Italy as well as centers in Sierra Leone, Rwanda, Ecuador and Bosnia-Herzegovina.

The president of the foundation, Monsignor Angelo Bazzari, told ZENIT this week that Francis’ visit would “fill [them] with pride and take [their] thoughts and hearts on high.”

It shows us “the care of a Church that wears an apron and washes the feet of those who evangelically are first,” he said. “For us this is a gift that the Pope gives our mission, embracing 60 years of history beginning with our founder, Don Carlo Gnocchi, up to our daily activity, the most commonplace, and the labor of daily living.”

Monsignor Bazzari reflected that Francis’ choice to visit a center for the elderly and disabled is a message to “invest in development and give a hand to hope.”

“The foundation has planted its post of solidarity in continuity with its history, in the frontier of the weakest, most vulnerable life,” he said.

He noted that the foundation collaborates with scientific research through its partnership with 28 Italian universities.

In Africa, the monsignor explained, the group works with “children born with malformations or who are devastated by drugs, or are child soldiers.”