ROMA
02-04-2015

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Jeudi Saint
Messe Chrismale

Texte Homélie / Homily

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File d'attente pour les concélébrants avant d'entrer dans la basilique.
2. avec Richard Baawobr et
André Schaminée 3. A l'intérieur André Schaminée

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Après la célébration Richard Baawobr

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Crédit Photo Webmaster Rome Nikon M.Afr.


Texte Pris sur le site Zénith

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MESSE CHRISMALE

HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Basilique vaticane
Jeudi 2 avril 2015


 

« Ma main sera pour toujours avec lui, mon bras fortifiera son courage » (Ps 88, 22). C’est ainsi que pense le Seigneur quand il dit en lui-même: « J’ai trouvé David mon serviteur, je l’ai sacré avec mon huile sainte » (v.21). C’est ainsi que pense notre Père chaque fois qu’il « trouve » un prêtre. Et il ajoute encore : « Mon amour et ma fidélité sont avec lui, il me dira : tu es mon Père mon Dieu, mon roc et mon salut » (vv. 25.27).

Il est très beau d’entrer, avec le psalmiste, dans ce monologue de notre Dieu. Il parle de nous, ses prêtres, ses curés ; mais en réalité ce n’est pas un monologue, il ne parle pas seul : c’est le Père qui dit à Jésus : « Tes amis, ceux qui t’aiment, pourront me dire de manière spéciale : tu es mon Père » (cf. Gn 14, 21). Et si le Seigneur pense et se préoccupe tant de la manière dont il pourra nous aider, c’est parce qu’il sait que la charge d’oindre le peuple fidèle n’est pas facile, elle est dure ; elle nous conduit à la fatigue et à la lassitude. Nous en faisons l’expérience de multiples manières : de la fatigue habituelle du travail apostolique quotidien, à celle de la maladie et de la mort, y compris dans le fait de se consumer dans le martyre.

La fatigue des prêtres ! Savez-vous combien de fois je pense à cela : à la fatigue de vous tous ? J’y pense beaucoup et je prie souvent, surtout quand moi aussi je suis fatigué. Je prie pour vous qui travaillez au milieu du peuple fidèle de Dieu qui vous a été confié, et, pour beaucoup, en des lieux très abandonnés et dangereux. Notre fatigue, chers prêtres, est comme l’encens qui monte silencieusement vers le ciel (cf. Ps 140, 2 ; Ap 8, 3-4). Notre fatigue va droit au cœur du Père.

Soyez sûrs que la Vierge Marie se rend compte de cette fatigue, et la fait remarquer tout de suite au Seigneur. Comme Mère, elle sait comprendre quand ses fils sont fatigués et elle ne pense à rien d’autre. Elle nous dira toujours, lorsque nous venons à elle : « Bienvenue ! repose-toi, fils. Après nous parlerons… Ne suis-je pas là, moi qui suis ta Mère ? (cf. Evangelii gaudium, n. 286). Et elle dira à son Fils, comme à Cana : « Ils n’ont plus de vin » (Jn 2, 3).

Il arrive aussi que, lorsque nous ressentons le poids du travail pastoral, nous ayons la tentation de nous reposer de n’importe quelle manière, comme si le repos n’était pas une chose de Dieu. Ne tombons pas dans cette tentation. Notre fatigue est précieuse aux yeux de Jésus, qui nous accueille et nous fait relever : « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, moi je vous procurerai le repos » (cf. Mt 11, 28). Quand quelqu’un sait que, mort de fatigue, il peut se prosterner en adoration et dire : « Ça suffit pour aujourd’hui, Seigneur », et se rendre devant le Père, il sait aussi qu’il ne s’effondre pas, mais qu’il se renouvelle, parce que celui qui a oint le peuple fidèle de Dieu de l’huile d’allégresse, le Seigneur l’oint également : « Il met le diadème sur sa tête au lieu de la cendre, l’huile d’allégresse au lieu des larmes, le chant au lieu d’un esprit abattu » (cf. Is 61, 3).

Ayons bien présent à l’esprit qu’une clé de la fécondité sacerdotale se trouve dans la manière dont nous nous reposons, dont nous sentons que le Seigneur s’occupe de notre fatigue. Comme il est difficile d’apprendre à se reposer ! Là se joue notre confiance, et aussi le souvenir que nous aussi nous sommes des brebis et nous avons besoin du pasteur, qui nous aide. Quelques questions à ce sujet peuvent nous aider.

Est-ce que je sais me reposer en recevant l’amour, la gratuité et toute l’affection que me donne le peuple fidèle de Dieu ? Ou bien, après le travail pastoral est-ce que je cherche des repos plus raffinés, non pas ceux des pauvres, mais ceux qu’offrent la société de consommation ? L’Esprit Saint est-il vraiment pour moi « repos dans la fatigue », ou seulement celui qui me fait travailler ? Est-ce que je sais demander l’aide de quelque prêtre sage ? Est-ce que je sais me reposer de moi-même, de mon auto-exigence, de mon autosatisfaction, de mon autoréférence ? Est-ce que je sais converser avec Jésus, avec le Père, avec la Vierge et Saint Joseph, avec mes saints amis protecteurs pour me reposer dans leurs exigences – qui sont douces et légères –, dans la satisfaction d’être avec eux – eux, ils aiment rester en ma compagnie –, et dans leurs intérêts et leurs références – seule les intéresse la plus grande gloire de Dieu – … ? Est-ce que je sais me reposer de mes ennemis sous la protection du Seigneur ? Est-ce que j’argumente et conspire en moi-même, ressassant plusieurs fois ma défense, ou est-ce que je me confie à l’Esprit Saint qui m’enseigne ce que je dois dire en toute occasion ? Est-ce que je me préoccupe et me tourmente excessivement ou, comme Paul, est-ce que je trouve le repos en disant : « Je sais en qui j’ai mis ma foi » (2 Tm 1, 12) ?

Revoyons un moment, brièvement, les engagements des prêtres, qu’aujourd’hui la liturgie nous proclame : porter aux pauvres la Bonne Nouvelle, annoncer la libération aux prisonniers et la guérison aux aveugles, donner la liberté aux opprimés et proclamer l’année de grâce du Seigneur. Isaïe dit aussi soigner ceux qui ont le cœur brisé et consoler les affligés.

Ce ne sont pas des tâches faciles, ce ne sont pas des tâches extérieures, comme le sont par exemple les activités manuelles – construire une nouvelle salle paroissiale, ou tracer les lignes d’un terrain de football pour les jeunes du patronage… ; les tâches mentionnées par Jésus engagent notre capacité de compassion, ce sont des tâches dans lesquelles le cœur est « mû » et ému. Nous nous réjouissons avec les fiancés qui se marient, nous rions avec l’enfant qu’ils font baptiser ; nous accompagnons les jeunes qui se préparent au mariage et à la famille ; nous nous affligeons avec celui qui reçoit l’onction sur un lit d’hôpital ; nous pleurons avec ceux qui enterrent une personne chère… Tant d’émotions… Si nous avons le cœur ouvert, cette émotion et tant d’affection fatiguent le cœur du pasteur. Pour nous, prêtres, les histoires de nos gens ne sont pas un bulletin d’information : nous connaissons nos gens, nous pouvons deviner ce qui se passe dans leur cœur ; et le nôtre, en souffrant avec eux, s’effiloche, se défait en mille morceaux, il est bouleversé et semble même mangé par les gens : prenez et mangez. C’est la parole que le prêtre de Jésus chuchote constamment quand il prend soin de son peuple fidèle : prenez et mangez, prenez et buvez… Et ainsi notre vie sacerdotale se donne dans le service, dans la proximité du peuple de Dieu… qui toujours, toujours fatigue.

Je voudrais maintenant partager avec vous quelques autres fatigues sur lesquelles j’ai médité.

Il y a celle que nous pouvons appeler « la fatigue des gens, la fatigue des foules » : pour le Seigneur, comme pour nous, elle était épuisante – l’Évangile le dit –, mais c’est une bonne fatigue, une fatigue pleine de fruits et de joie. Les gens qui le suivaient, les familles qui lui portaient leurs enfants pour qu’il les bénisse, ceux qui avaient été guéris, qui venaient avec leurs amis, les jeunes qui s’enthousiasmaient pour le Rabbi…, ne lui laissaient même pas le temps de manger. Mais le Seigneur ne se fatiguait pas de rester avec les gens. Au contraire : il semble que cela le remontait. (cf. Evangellii gaudium, n. 11). Cette fatigue au milieu de notre activité est, en général, une grâce qui est à portée de main de nous tous, prêtres (cf. ibid., n. 279). C’est vraiment une belle chose : les gens aiment, désirent et ont besoin de leurs pasteurs ! Le peuple fidèle ne nous laisse pas sans occupation directe, sauf si on se cache dans un bureau ou si on part en ville avec des verres teintés. Et cette fatigue est bonne, c’est une fatigue saine. C’est la fatigue du prêtre avec l’odeur de ses brebis…, mais avec le sourire de papa qui contemple ses enfants et ses petits enfants. Rien à voir avec ceux qui sentent des parfums chers et qui te regardent de loin et de haut (cf. ibid., n. 97). Nous sommes les amis de l’Époux, c’est là notre joie. Si Jésus fait paître le troupeau au milieu de nous, nous ne pouvons pas être des pasteurs au visage acide, qui se lamentent, ni, ce qui est pire, des pasteurs qui s’ennuient. Odeur des brebis et sourire de pères… Oui, très fatigués, mais avec la joie de celui qui écoute son Seigneur qui dit : « Venez les bénis de mon Père » (Mt 25, 34).

Il y a aussi la fatigue que nous pouvons appeler « la fatigue des ennemis ». Le démon et ses adeptes ne dorment pas ; et comme leurs oreilles ne supportent pas la Parole de Dieu, ils travaillent inlassablement pour la faire taire ou la troubler. Ici la fatigue de les affronter est plus dure. Non seulement il s’agit de faire le bien, avec toute la peine que cela comporte, mais il faut aussi défendre le troupeau et se défendre soi-même du mal (cf. Evangelii gaudium, n. 83). Le malin est plus astucieux que nous, et il est capable de démolir en un moment ce que nous avons construit avec patience durant beaucoup de temps. Il est nécessaire ici de demander la grâce d’apprendre à neutraliser – c’est une habitude importante : apprendre à neutraliser -: neutraliser le mal, ne pas arracher l’ivraie, ne pas prétendre défendre comme des surhommes ce que seul le Seigneur doit défendre. Tout cela aide à ne pas baisser les bras devant l’épaisseur de l’iniquité, devant la dérision des méchants. La parole du Seigneur pour ces situations de fatigue est : « Ayez courage, j’ai vaincu le monde !» (Jn 16, 33). Et cette parole nous donnera de la force.

Et une dernière – dernière pour que cette homélie ne vous fatigue pas trop – il y a aussi « la fatigue de soi-même » (cf. Evangelii gaudium, n. 277). C’est peut-être la plus dangereuse. Parce que les deux autres proviennent du fait d’être exposé, de sortir de nous même pour oindre et nous donner quelque chose à faire (nous sommes ceux qui prenons soin). En revanche, cette fatigue est plus autoréférentielle : c’est la déception de soi-même, mais pas regardée en face, avec la sérénité joyeuse de celui qui se découvre pécheur et qui a besoin de pardon, d’aide : celui-là demande de l’aide et va de l’avant. Il s’agit de la fatigue qui porte à « vouloir et ne pas vouloir », le fait de tout risquer et ensuite de regretter l’ail et les oignons d’Égypte, de jouer avec l’illusion d’être autre chose. J’aime appeler cette fatigue « minauder avec la mondanité spirituelle ». Et quand on reste seul, on s’aperçoit que beaucoup de secteurs de la vie ont été imprégnés de cette mondanité, et on a même l’impression qu’aucun bain ne peut la nettoyer. Il peut y avoir là pour nous une mauvaise fatigue. La parole de l’Apocalypse nous indique la cause de cette fatigue : « Tu ne manques pas de persévérance, et tu as tant supporté pour mon nom, sans ménager ta peine. Mais j’ai contre toi que ton premier amour, tu l’as abandonné » (2, 3-4). Seul l’amour donne du repos. Celui qui ne s’aime pas se fatigue mal, et à la longue, se fatigue plus mal.

L’image la plus profonde et mystérieuse de la manière dont le Seigneur s’occupe de notre fatigue pastorale est celle de celui qui « ayant aimé les siens…, les aima jusqu’à la fin » (Jn 13, 1) : la scène du lavement des pieds. J’aime la contempler comme lavement de la sequela. Le Seigneur purifie la sequela elle-même, il s’implique avec nous (Evanglii gaudium, n. 24), il se charge le premier de nettoyer toute tache, ce smog mondain et onctueux qui s’est collé durant le chemin que nous avons fait en son Nom.

Nous savons que l’on peut voir dans les pieds comment va tout notre corps. Dans la manière de suivre le Seigneur se manifeste comment va notre cœur. Les plaies des pieds, les déboitements et la fatigue sont des signes de la manière dont nous l’avons suivi, de ces routes que nous avons faites pour chercher ses brebis perdues, en essayant de conduire le troupeau vers les verts pâturages et les eaux tranquilles (cf. ibid., n. 270). Le Seigneur nous lave et nous purifie de tout ce qui s’est accumulé sous nos pieds pour le suivre. Et c’est sacré. Il ne permet pas qu’ils restent sales. Il les embrasse comme des blessures de guerre, de sorte que la saleté du travail, c’est lui qui la nettoie.

La sequela de Jésus est lavée par le Seigneur lui-même pour que nous nous sentions en droit d’être « joyeux », « remplis », « sans peur ni faute » et pour que nous ayons ainsi le courage de sortir et d’aller « jusqu’aux extrémités du monde, vers toutes les périphéries », porter cette bonne nouvelle aux plus abandonnés, sachant qu’ « il est avec nous, tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Et s’il vous plaît, demandons la grâce d’apprendre à être fatigués, mais bien fatigués !




site Zenit


Pope Francis' Chrism Mass Homily

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HOLY CHRISM MASS

HOMILY OF HIS HOLINESS POPE FRANCIS

Vatican Basilica
Holy Thursday, 2 April 2015


“My hand shall ever abide with him, my arms also shall strengthen him” (Ps 89:21).

This is what the Lord means when he says: “I have found David, my servant; with my holy oil I have anointed him” (v. 20). It is also what our Father thinks whenever he “encounters” a priest. And he goes on to say: “My faithfulness and my steadfast love shall be with him… He shall cry to me, ‘You are my Father, my God and the rock of my salvation”’ (vv. 24, 26).

It is good to enter with the Psalmist into this monologue of our God. He is talking about us, his priests, his pastors. But it is not really a monologue, since he is not the only one speaking. The Father says to Jesus: “Your friends, those who love you, can say to me in a particular way: ‘You are my Father’” (cf. Jn 14:21). If the Lord is so concerned about helping us, it is because he knows that the task of anointing his faithful people is not easy, it is demanding; it can tire us. We experience this in so many ways: from the ordinary fatigue brought on by our daily apostolate to the weariness of sickness, death and even martyrdom.

The tiredness of priests! Do you know how often I think about this weariness which all of you experience? I think about it and I pray about it, often, especially when I am tired myself. I pray for you as you labour amid the people of God entrusted to your care, many of you in lonely and dangerous places. Our weariness, dear priests, is like incense which silently rises up to heaven (cf. Ps 141:2; Rev 8:3-4). Our weariness goes straight to the heart of the Father.

Know that the Blessed Virgin Mary is well aware of this tiredness and she brings it straight to the Lord. As our Mother, she knows when her children are weary, and this is her greatest concern. “Welcome! Rest, my child. We will speak afterwards…”. “Whenever we draw near to her, she says to us: “Am I not here with you, I who am your Mother?” (cf. Evangelii Gaudium, 286). And to her Son she will say, as she did at Cana, “They have no wine” (Jn 2:3).

It can also happen that, whenever we feel weighed down by pastoral work, we can be tempted to rest however we please, as if rest were not itself a gift of God. We must not fall into this temptation. Our weariness is precious in the eyes of Jesus who embraces us and lifts us up. “Come to me, all who labour and are overburdened, and I will give you rest” (Mt 11:28). Whenever a priest feels dead tired, yet is able to bow down in adoration and say: “Enough for today Lord”, and entrust himself to the Father, he knows that he will not fall but be renewed. The one who anoints God’s faithful people with oil is also himself anointed by the Lord: “He gives you a garland instead of ashes, the oil of gladness instead of mourning, the mantle of praise instead of a faint spirit” (cf. Is 61:3).

Let us never forget that a key to fruitful priestly ministry lies in how we rest and in how we look at the way the Lord deals with our weariness. How difficult it is to learn how to rest! This says much about our trust and our ability to realize that that we too are sheep: we need the help of the Shepherd. A few questions can help us in this regard.

Do I know how to rest by accepting the love, gratitude and affection which I receive from God’s faithful people? Or, once my pastoral work is done, do I seek more refined relaxations, not those of the poor but those provided by a consumerist society? Is the Holy Spirit truly “rest in times of weariness” for me, or is he just someone who keeps me busy? Do I know how to seek help from a wise priest? Do I know how to take a break from myself, from the demands I make on myself, from my self-seeking and from my self-absorption? Do I know how to spend time with Jesus, with the Father, with the Virgin Mary and Saint Joseph, with my patron saints, and to find rest in their demands, which are easy and light, and in their pleasures, for they delight to be in my company, and in their concerns and standards, which have only to do with the greater glory of God? Do I know how to rest from my enemies under the Lord’s protection? Am I preoccupied with how I should speak and act, or do I entrust myself to the Holy Spirit, who will teach me what I need to say in every situation? Do I worry needlessly, or, like Paul, do I find repose by saying: “I know him in whom I have placed my trust” (2 Tim 1:12)?

Let us return for a moment to what today’s liturgy describes as the work of the priest: to bring good news to the poor, to proclaim freedom to prisoners and healing to the blind, to offer liberation to the downtrodden and to announce the year of the Lord’s favour. Isaiah also mentions consoling the broken-hearted and comforting the afflicted.

These are not easy or purely mechanical jobs, like running an office, building a parish hall or laying out a soccer field for the young of the parish… The tasks of which Jesus speaks call for the ability to show compassion; our hearts are to be “moved” and fully engaged in carrying them out. We are to rejoice with couples who marry; we are to laugh with the children brought to the baptismal font; we are to accompany young fiancés and families; we are to suffer with those who receive the anointing of the sick in their hospital beds; we are to mourn with those burying a loved one… All these emotions…if we do not have an open heart, can exhaust the heart of a shepherd. For us priests, what happens in the lives of our people is not like a news bulletin: we know our people, we sense what is going on in their hearts. Our own heart, sharing in their suffering, feels “com-passion”, is exhausted, broken into a thousand pieces, moved and even “consumed” by the people. Take this, eat this… These are the words the priest of Jesus whispers repeatedly while caring for his faithful people: Take this, eat this; take this, drink this… In this way our priestly life is given over in service, in closeness to the People of God… and this always leaves us weary.

I wish to share with you some forms of weariness on which I have meditated.

There is what we can call “the weariness of people, the weariness of the crowd”. For the Lord, and for us, this can be exhausting – so the Gospel tells us – yet it is a good weariness, a fruitful and joyful exhaustion. The people who followed Jesus, the families which brought their children to him to be blessed, those who had been cured, those who came with their friends, the young people who were so excited about the Master… they did not even leave him time to eat. But the Lord never tired of being with people. On the contrary, he seemed renewed by their presence (cf. Evangelii Gaudium, 11). This weariness in the midst of activity is a grace on which all priests can draw (cf. ibid., 279). And how beautiful it is! People love their priests, they want and need their shepherds! The faithful never leave us without something to do, unless we hide in our offices or go out in our cars wearing sun glasses. There is a good and healthy tiredness. It is the exhaustion of the priest who wears the smell of the sheep… but also smiles the smile of a father rejoicing in his children or grandchildren. It has nothing to do with those who wear expensive cologne and who look at others from afar and from above (cf. ibid., 97). We are the friends of the Bridegroom: this is our joy. If Jesus is shepherding the flock in our midst, we cannot be shepherds who are glum, plaintive or, even worse, bored. The smell of the sheep and the smile of a father…. Weary, yes, but with the joy of those who hear the Lord saying: “Come, O blessed of my Father” (Mt 25:34).

There is also the kind of weariness which we can call “the weariness of enemies”. The devil and his minions never sleep and, since their ears cannot bear to hear the word of God, they work tirelessly to silence that word and to distort it. Confronting them is more wearying. It involves not only doing good, with all the exertion this entails, but also defending the flock and oneself from evil (cf. Evangelii Gaudium, 83). The evil one is far more astute than we are, and he is able to demolish in a moment what it took us years of patience to build up. Here we need to implore the grace to learn how to “offset” (and it is an important habit to acquire): to thwart evil without pulling up the good wheat, or presuming to protect like supermen what the Lord alone can protect. All this helps us not to let our guard down before the depths of iniquity, before the mockery of the wicked. In these situations of weariness, the Lord says to us: “Have courage! I have overcome the world!” (Jn 16:33). The word of God gives us strength.

And finally – I say finally lest you be too wearied by this homily itself! – there is also “weariness of ourselves” (cf. Evangelii Gaudium, 277). This may be the most dangerous weariness of all. That is because the other two kinds come from being exposed, from going out of ourselves to anoint and to do battle (for our job is to care for others). But this third kind of weariness is more “self-referential”: it is dissatisfaction with oneself, but not the dissatisfaction of someone who directly confronts himself and serenely acknowledges his sinfulness and his need for God’s mercy, his help; such people ask for help and then move forward. Here we are speaking of a weariness associated with “wanting yet not wanting”, having given up everything but continuing to yearn for the fleshpots of Egypt, toying with the illusion of being something different. I like to call this kind of weariness “flirting with spiritual worldliness”. When we are alone, we realize how many areas of our life are steeped in this worldliness, so much so that we may feel that it can never be completely washed away. This can be a dangerous kind of weariness. The Book of Revelation shows us the reason for this weariness: “You have borne up for my sake and you have not grown weary. But I have this against you, that you have abandoned the love you had at first” (Rev 2:3-4). Only love gives true rest. What is not loved becomes tiresome, and in time, brings about a harmful weariness.

The most profound and mysterious image of how the Lord deals with our pastoral tiredness is that, “having loved his own, he loved them to the end” (Jn 13:1): the scene of his washing the feet of his disciples. I like to think of this as the cleansing of discipleship. The Lord purifies the path of discipleship itself. He “gets involved” with us (Evangelii Gaudium, 24), becomes personally responsible for removing every stain, all that grimy, worldly smog which clings to us from the journey we make in his name.

From our feet, we can tell how the rest of our body is doing. The way we follow the Lord reveals how our heart is faring. The wounds on our feet, our sprains and our weariness, are signs of how we have followed him, of the paths we have taken in seeking the lost sheep and in leading the flock to green pastures and still waters (cf. ibid., 270). The Lord washes us and cleanses us of all the dirt our feet have accumulated in following him. This is something holy. Do not let your feet remain dirty. Like battle wounds, the Lord kisses them and washes away the grime of our labours.

Our discipleship itself is cleansed by Jesus, so that we can rightly feel “joyful”, “fulfilled”, “free of fear and guilt”, and impelled to go out “even to the ends of the earth, to every periphery”. In this way we can bring the good news to the most abandoned, knowing that “he is with us always, even to the end of the world”. And please, let us ask for the grace to learn how to be weary, but weary in the best of ways!