Journal d'Afrique Centrale - R.D.C.
du 4 au 17 Avril 2010
n°143


Chronique réalisée par Luc de l'Arbre

 


Dimanche 4 avril.

Doublement des recettes de l'Etat: exécution à 92% au 31 mars 2010, selon le ministre des Finances. Le ministre des Finances, M. Matata Ponyo, est satisfait de la mobilisation des recettes publiques par les régies financières, suivant le pacte signé le 17 mars dernier entre le ministère de tutelle et la DGI, la DGRAD et la DGDA. Il a exprimé sa joie samedi au cours d'un point de presse tenu dans son cabinet, à Kinshasa. D'après le ministre Matata, le pacte de doublement des recettes signé il y a moins d'un mois avec ces régies financières porte déjà ses fruits. Il explique : Pour des assignations globales dans le cadre des pactes qui étaient évalués à 257 milliards de francs congolais, nous avons atteint le chiffre de 237 milliards de francs congolais, soit un taux d'exécution de près de 92%. Ça, ce sont des réalisations par rapport au pacte de dédoublement des recettes. Nous avons fixé 100%, nous avons atteint 92%, soit un gain de 8%. Comparé aux prévisions budgétaires, parce que, nous, nous avons pris le risque d'aller au-delà de ce qui était prévu par le Fonds monétaire international, par le budget de l'Etat. Nous avons rêvé, le budget était à 186 milliards de francs congolais pour la même période. Si nous comparons nos réalisations par rapport aux prévisions budgétaires, nous sommes à près de 127 % de performances. Dans ce tableau, la palme d'or de mobilisation revient à la Direction générale des impôts (DGI) avec plus de 120 % de recettes par rapport aux assignations de ce pacte. La DGRAD, elle, a atteint 103 %. En revanche, la DGDA, ex-Ofida, a été moins performante avec 57 % seulement de réalisation. (Radio Okapi)

Mbandaka: la fête pascale sous le coup des tirs nourris, l'aéroport sous le contrôle des Enyele. Des éléments armés identifiés comme des insurgés Enyele sont entrés ce dimanche à Mbandaka, dans la province de l'Equateur, et sont en train de tirer des coups de feu nourris, provoquant ainsi une panique générale dans la ville. Aux dernières nouvelles, ils auraient pris possession de l'aéroport de la ville que les Fardc ont déserté. Certaines sources affirment que les assaillants ont débarqué le matin au port Banika en tirant des coups de feu nourris. Ils seraient une centaine, d'après ces sources, et seraient armés de flèches et d'armes de guerre. Ils portent autour des bras des raphias. Aussitôt débarqués, ils ont commencé à tirer des coups de feu et se sont dirigés vers la résidence du gouverneur de province. D'autres se sont dirigés vers l'aéroport où crépitaient des armes lourdes avant que ne tombe la nouvelle de sa prise par les insurgés. Les Fardc ont repris le contrôle de l'aéroport de Mbandaka. Des éléments des Fardc ont repris dimanche dans la soirée l'aéroport de la ville de Mbandaka avec l'appui de la Monuc, après d'intenses combats avec les insurgés Enyele. Malgré cette reprise, la situation sécuritaire reste toujours préoccupante à travers la ville de Mbandaka. Les insurgés se sont retranchés momentanément dans la forêt de Djombo, localité périphérique de la ville de Mbandaka. Toutes les dispositions sécuritaires sont prises pour le moment par les éléments des FARDC et de la Mission onusienne pour sécuriser l'aéroport. Quelques corps tant des insurgés Enyele, que des éléments de la police et des Fardc jonchent les rues de Mbandaka. Un casque bleu tué. Il s'agit d'un soldat ghanéen qui était dans un véhicule de transport qui allait en renfort vers l'aéroport. Le véhicule a essuyé des tirs et un soldat qui se trouvait au-dessus de ce véhicule blindé a pris une balle et est décédé. (Radio Okapi)

Projets d'investissement de la CEPGL: Ruzizi III et IV, gaz méthane et axes routiers transfrontaliers. La Communauté économique des Pays des Grands Lacs, CEPGL, compte dans son programme d'investissement plusieurs projets. C'est ce qu'a déclaré le Prof. Ntumba Lwaba, secrétaire exécutif adjoint de cette organisation sous régionale en charge des programmes, en marge des travaux de la 2e conférence des présidents des chambres parlementaires de la CEPGL clôturée en début du week-end à Kinshasa. Dans les infrastructures, la communauté a prévu la construction de grands axes routiers transfrontaliers pour relier pratiquement toutes les villes de l'est et le corridor nord, a précisé le Prof. Ntumba Lwaba. Concernant les projets énergétiques, la CEPGL compte passer de Ruzizi I, propriété de la RDC, Ruzizi II (Sinelac) à Ruzizi III et IV. Selon lui, les études de faisabilité de ces projets sont terminées. Dans le même registre, il est prévu l'exploitation du gaz méthane sur le lac Kivu. Un programme jugé " ambitieux " par Ntumba Lwaba

Kisangani: clôture du dépôt des candidatures au poste de vice gouverneur. Le Bureau de réception et de traitement des candidatures à la CEI/Province Orientale a mis fin, dimanche, à la réception des dossiers des candidats au poste de vice gouverneur. Selon le coordonnateur provincial de la Commission électorale indépendante à Kisangani, Jean-Pierre Makakaro. Le bureau a réceptionné un seul dossier déposé par l'Alliance pour la majorité présidentielle, AMP. Le poste du vice-gouverneur de la province Orientale est vacant depuis la démission de Joseph Bangakia Angaza en octobre 2009.

Lundi 5 avril.

Mbandaka: Les Fardc pourchassent encore les insurgés Enyele. Les militaires Fardc appuyés par la Monuc pourchassent, depuis ce lundi après-midi, les insurgés Enyele en débandade dans la forêt de Djombo, localité périphérique de la Ville. De retour ce jour à Mbandaka, le gouverneur Jean-Claude Baende a lancé un appel au calme. Dès son arrivée, il a tenu une réunion extraordinaire du comité provincial de sécurité dans sa résidence. A l'issue de cette réunion, Jean Claude Baende a déclaré que la situation sécuritaire était sous contrôle des Fardc. D'après lui, des dispositions sécuritaires sont prises pour mettre l'ennemi hors d'état de nuire. Il a demandé aux habitants de Mbandaka de retourner à leurs activités dès demain mardi. La Monuc et les Fardc ont réaffirmé dans l'après-midi à Kinshasa qu'elles travaillent ensemble pour renforcer le contrôle de la ville de Mbandaka par les militaires loyalistes. Une déclaration faite à l'issue d'une réunion d'évaluation de la situation à la primature. Au moins 14 morts. Maj Kisimba a parlé des deux éléments de la Monuc, un militaire Fardc, deux policiers et neuf insurgés tués. Les sources médicales de Mbandaka ont avancé un bilan similaire. Quatorze corps se trouvent actuellement à la morgue de l'hôpital général de référence de Wangata. On dénombre aussi neuf blessés graves et quatre légers, selon les mêmes sources. Flambée des prix. Sur le terrain, magasins et boutiques sont restés fermés l'après-midi. Conséquence: les prix des denrées alimentaires prennent l'envol. Une bouteille d'huile, vendue à 600 Francs congolais samedi, se négocie actuellement à 1500 Francs congolais. Interpellation. Le collectif des organisations des jeunes solidaires du Congo-Kinshasa, Cojeski, a interpellé le chef de l'Etat lundi à Kinshasa. Dans une déclaration à la presse, ce collectif demande à Joseph Kabila d'user de toutes ses prérogatives pour mettre fin à l'insécurité dans cette partie du pays. Le même message est lancé aux présidents de deux chambres du parlement. (Radio Okapi)

Affrontements de Mbandaka: Mwando Simba invité à l'Assemblée nationale. Le ministre de la Défense nationale, Charles Mwando Simba se présentera mercredi à l'Assemblée nationale pour s'expliquer sur les événements de Mbandaka. C'est au cours de la plénière de lundi que le président de la chambre basse du Parlement, Evariste Boshab, a annoncé cette nouvelle, précisant que le ministre de la Défense a été invité par le bureau de l'Assemblée nationale pour venir éclairer la lanterne des élus du peuple sur les événements du chef-lieu de la province de l'Equateur. Les députés de l'Equateur dénoncent. Mais déjà, juste après cette annonce, les députés nationaux originaires de la province de l'Equateur ont dénoncé la lenteur observée dans le traitement du dossier Enyele par le gouvernement central. Dans une motion lue par l'un d'eux, le député Engbanda, les élus de l'Equateur ont estimé que leurs recommandations dans le cadre de la recherche de la paix n'ont pas été suivies.

La Journée mondiale anti-mine célébrée en RDC ce 5 avril. La journée internationale de la lutte anti-mines instituée le 4 avril est célébrée en RDC ce lundi 5 avril 2010. La coordination de la lutte anti-mine des Nations Unies organise ce jour, dans la soirée, à l'Hôtel Memling de Kinshasa, une manifestation pour marquer la journée. Selon M. Harouna Ouedraogo, son organisation lutte efficacement pour libérer la RDC des mines anti-personnelles et des engins non explosés.

Onatra: incertitude sur la prolongation du contrat de Progosa. La firme franco-espagnole Progosa œuvre depuis 2 ans à la stabilisation de l'Office national des transports (Onatra). Le but : permettre la transformation de l'organisme en société commerciale. Or, le contrat de Progosa prendra fin dans moins de deux mois. En l'absence de bilan de la mission, le doute s'installe parmi les travailleurs. Les critiques à l'encontre de la firme franco-espagnole viennent aussi bien de la base que de la direction. Selon André Agbayo, représentant des travailleurs, Progosa a déstabilisé l'Onatra. L'un des directeurs regrette, quant à lui, que ce contrat ait fait perdre onze millions de dollars a son office. Ce montant aurait contribué à l'achat de quatre locomotives neuves. Les syndicats ajoutent à ce titre qu'il ne reste que deux engins sur les six présents au début du mandat de Progosa. Des consultations seraient en cours. Le directeur adjoint de la société se dit prêt à poursuivre sa mission mais souligne qu'il appartient à l'Etat de prolonger le contrat. Les responsables de Progosa soulignent la difficulté inhérente à la gestion privée d'une entreprise en mains publiques. Les syndicats reconnaissent le problème et demandent que le gouvernement ne s'immisce plus dans l'Onatra. Les représentants des travailleurs s'opposent à la venue d'un autre opérateur étranger. (Radio Okapi)

Mardi 6 avril

Lac Kivu : les casques bleus au secours d'un ferry. Le ferry s'est échoué près de l'île d'Idjwi. Amani, un ferry de 20 mètres de long, se dirigeait vers le village de Kashofu, non loin de Bukavu. Une délégation des autorités locales du Sud-Kivu avait embarqué à bord. Elle était conduite par le vice-gouverneur de la province, Jean-Paul Kibala. Dès que l'alarme du bateau a été déclenchée lundi matin, la patrouille fluviale de la MONUC a dépêché deux vedettes rapides, trois canots pneumatiques, cinq officiers et 25 membres d'équipage secourir le ferry en détresse près de l'île d'Idjwi. Les casques bleus ont transféré les passagers et l'équipage du ferry endommagé dans un deuxième bateau, le Marinett Express, qui les a acheminé à Bukavu, distante de 20 km. Un patrouilleur de la MONUC, assisté de deux bateaux de caoutchouc, a libéré Amani des rochers avant de le remorquer à Bukavu, où un ingénieur de l'ONU a réparé ses moteurs en panne.

Beni: assassinat de Patient Birindwa, journaliste caméraman de la RTNC. Dans la nuit de lundi à mardi, des hommes armés et en uniforme ont abattu à Beni un journaliste caméraman de la RTNC (Radio télévision nationale congolaise). La victime, Patient Birindwa, a été interceptée par ses assassins vers 22h alors qu'il rentrait à son domicile. Ils lui ont ravi son téléphone et de l'argent avant de lui loger deux balles, l'une dans la tête et l'autre dans la nuque, selon un responsable de la société civile locale. Ce dernier déplore la recrudescence de l'insécurité dans la ville de Beni depuis le mois de mars. La plupart des cas, affirme-t-il, sont attribués aux militaires des Fardc. La police locale annonce que les auteurs présumés de cet assassinat, deux militaires, sont aux arrêts au cachot de l'auditorat militaire.

Mbandaka : les denrées alimentaires de plus en plus rares dans la ville. Difficile d'accéder mardi aux denrées alimentaires de première nécessité. Beaucoup ont disparu. Quant aux articles disponibles, ils ont sensiblement augmenté de prix. Le pain, vendu d'habitude à 200 Francs congolais, a grimpé à 500. D'autres denrées alimentaires de base, comme le poisson, l'huile de palme et les bananes se vendent deux ou trois fois plus cher. Les quelques marchés et magasins qui avaient tenté d'ouvrir ont vite baissé leurs rideaux de fer. De même, l'administration et autres services n'ont pas ouvert durant la matinée. Sur le plan sécuritaire, la situation reste encore confuse à Mbandaka. Les militaires loyalistes sont toujours visibles dans les rues. Des coups de feu sporadiques continuent à crépiter dans plusieurs quartiers de la ville. La population, qui avait tenté de sortir, a regagné les habitations. D'autre part, en plus des pertes en vies humaines, la MONUC affirme avoir constaté de lourdes pertes matérielles à l'aéroport de Mbandaka. On signale également des actes de pillages dans certains quartiers de la ville. (Radio Okapi)

Bunia: la CPI sensibilise la population sur les enquêtes au Kenya. L'objectif de la rencontre: informer les habitants de l'Ituri que la RDC, n'est pas le seul pays visé par les statuts de Rome, selon Nicolas Kuyaku de la CPI. C'est le message de la cellule locale de la CPI transmis à la population au cours d'un point de presse organisé ce mardi à Bunia. Les crimes contre l'humanité, commis dans le cadre de la situation au Kenya, a été au centre de l'échange avec la presse.

Nord-Kivu : conflit fiscal entre l'Etat et la province. Percevoir dix milliards de francs congolais en 2010 au Nord-Kivu. Le défi est de taille pour la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participation (DGRAD). Il s'agit d'un montant trois fois plus élevé que l'an dernier. Problème supplémentaire : le désaccord avec le fisc provincial, la DGR-NK, sur la répartition des prélèvements. Les agents de la DGRAD estiment que le triplement de l'assignation ne tient pas compte de ce conflit. Les operateurs économiques du Nord-Kivu se plaignent de ce flou administratif. Un commerçant explique : La DGR-NK recouvre la taxe. La DGRAD recouvre la même taxe. Alors, on ne sait pas à quel saint se vouer. A qui va-t-on payer?

Pollution en RDC : les industries pointées du doigt. Face à l'absence totale de contrôle, les atteintes à l'environnement menacent la population et les écosystèmes. Principaux responsables : les entreprises brassicoles et cosmétiques. Des déchets toxiques déversés dans une rivière. Sans vérification, filtration, ni épuration. A Bukavu par exemple, des sociétés comme Pharmakina, une usine pharmaceutique, ou la Bralima, une brasserie, ne constituent que deux cas parmi beaucoup d'autres. Au Bas-Congo, c'est pire encore. Selon un rapport de la Commission d'information et d'enquête du parlement, la compagnie pétrolière PERENCO-REP aurait causé d'importants dégâts environnementaux dans les zones pétrolifères. Cette pollution a touché l'eau et les champs de la région, entraînant des maladies pulmonaires chez les habitants. L'entreprise minière Ruashi Mining porte, elle aussi, une lourde responsabilité. A Lubumbashi, elle a pollué l'eau du village Lwano. Dans un communiqué publié l'année dernière, l'ACIDH accusait Ruashi Mining de déverser des eaux acidifiées provenant de ses installations dans les puits servant à l'arrosage des produits agricoles. 1,6 million de décès par an. Les autorités nationales tentent de juguler le problème. En juillet 2007, le ministère congolais de l'Environnement a mis en œuvre le " Plan national de lutte contre la pollution par les hydrocarbures en milieux marin et côtier ". Ce document constitue un effort de tous les acteurs impliqués dans la préservation de l'environnement marin et côtier à lutter efficacement contre le déversement des hydrocarbures, indique le ministère. Devant ces menaces pour la population et l'écosystème, Didace Pembe n'a pu garder le silence. En mai 2009, le président du Parti écologiste congolais (Peco) a pointe du doigt les sociétés brassicoles et cosmétiques. Le temps presse. Selon une évaluation de l'OMS, la pollution cause chaque année 1,6 million de décès dans le monde. Il s'agit en général de maladies comme la pneumonie ou le cancer du poumon. (Radio Okapi)

Lubumbashi : le gouverneur menace de fermer l'aéroport. Moise Katumbi a déclaré que désormais aucun avion n'atterrirait plus sur la piste si les travaux de réhabilitation ne débutaient pas avant la fin avril. Selon lui, la piste d'atterrissage de Luano est si délabrée qu'un accident guette. Mais les différents cris de détresse lancés en direction de Kinshasa et de la Régie de Voies Aériennes (RVA) restent sans suite. Pour sa part, le commandant de la RVA indique que Moise Katumbi est en droit de prendre une telle décision s'il estime que les travaux tardent à commencer.

Mbandaka: visite des chefs militaires Fardc-Monuc. Une délégation conjointe Fardc - Monuc conduite par le chef d'état-major général des Fardc, le général Didier Etumba et le commandant de la force de la Monuc, le général Babacar Gaye est arrivée ce mardi 6 avril 2010 à Mbandaka. Les deux hommes et leurs suites ont pu constater les dégâts de l'attaque des rebelles Enyele le dimanche 4 avril dernier au niveau de l'aéroport, mais également la désolation du personnel onusien employé à cet aéroport. C'était d'ailleurs le but de cette mission de haut niveau de la Monuc/Fardc : apporter un message de soutien de la hiérarchie de la mission des Nations unies à son personnel, mais également évaluer la situation sécuritaire avant de décider des dispositions à prendre " pour éviter de nouveau ce qui s'est passé ", ainsi que l'a affirmé le Général Gaye lors de sa rencontre avec l'ensemble du personnel civil et militaire de la Monuc. Deux avions ont acheminé mardi à Mbandaka des troupes de l'armée républicaine, des armes lourdes et du matériel militaire en provenance de Kinshasa. Dans son message, le général Babacar Gaye a réconforté les casques bleus qui ont aidé les Fardc à reprendre le contrôle de l'aéroport ainsi que tout le personnel de la Monuc basé à Mbandaka. Plus de quarante-huit après l'attaque des rebelles Enyele sur la Ville de Mbandaka, la vie reprend petit à petit son cours normal. Mais la peur et les traumatismes continuent de hanter les esprits des populations du chef-lieu de l'Equateur. La piste de l'aéroport de Mbandaka est gardée par les militaires des Fardc et les casques bleus ghanéens de la Monuc. La piste offre une image un peu plus sûre, mais pas l'aérogare. Le terminal de la Monuc a été pillé. Des ordinateurs ont été cassés ou emportés. Des bureaux saccagés à la suite des bombardements à l'arme lourde. (Radio Okapi)

Ban Ki-moon préconise le retrait partiel de la Monuc dès juin. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a préconisé une première phase de retrait de la Monuc à partir du mois de juin 2010, dans un rapport au Conseil de sécurité. Il recommande également un renouvellement d'un an du mandat de la mission. "Oui mais..." Voici, en substance, la réponse de Ban Ki-moon au souhait de Kinshasa de voir la Monuc lever le camp au plus vite. L'existence d'"institutions de sécurité viables" comme condition. Le mandat de la mission, qui expire fin mai, devrait être renouvelé d'un an, a recommandé le secrétaire général de l'ONU dans un rapport adressé au Conseil de sécurité et publié lundi. Mais il envisage le retrait d'une partie de la mission (2 000 soldats environ) située dans l'Ouest du pays, dès le mois de juin. Cette date coïnciderait avec le cinquantième anniversaire de l'indépendance du pays (le 30 juin). Ban Ki-moon indique avoir "pris note" de la volonté du gouvernement congolais de voir la mission quitter le pays avant le 31 août 2011, mais il conditionne ce retrait à l'existence "d'un état de droit et d'institutions de sécurité viables" en RDC. Le rapport insiste notamment sur la nécessité de protéger les civils, en particulier dans l'Est du pays. Le Conseil de sécurité, à qui appartient la décision finale, doit envoyer une délégation en RDC pour trois jours à la mi-avril. Dans la foulée, les diplomates se rendront également au Rwanda et en Ouganda. Le 22 mars, le commandement de la Monuc avait indiqué qu'il planifiait le retrait de ses 20 000 soldats en trois phases d'ici fin 2011, pour anticiper la future décision du Conseil de sécurité. (Monuc)

Mercredi 7 avril.

Kikwit: jubilé d'argent de Mgr Mununu. Le jubilé d'argent de Mgr Marie-Edouard Mununu, évêque du diocèse de Kikwit, a débuté mardi au cercle St Benoit, dans la province du Bandundu. A cette occasion, le prélat a ouvert la kermesse organisée en son honneur. Pendant une semaine, plusieurs orchestres modernes et autres groupes folkloriques de la place se produiront dans ce lieu.

Mbandaka: retour hésitant à la normale. Les coups de feu ont cessé dans la capitale de l'Equateur. Les commerces et l'administration reprennent leurs activités depuis mercredi matin. Les Mbandakais sont sortis de chez eux. L'administration provinciale, urbaine et d'autres services ont rouvert leurs portes. Les forces de l'ordre sont de moins en moins visibles dans les rues. Elles sont plutôt rassemblées devant leurs états-majors respectifs et dans des points stratégiques de la ville. Les " Kadhafi " (vendeurs informels de carburant) sont visibles à leurs points de vente habituels. Les habitants se ruent vers les produits vivriers. Ils s'approvisionnent surtout en poisson, banane, riz et huile. Les acheteurs se plaignent toujours de la hausse des prix.

Ituri: un mort suite aux attaques des miliciens FPJC. A Irumu, plusieurs localités ont souffert ces derniers jours de pillages et d'autres actes de violence par des miliciens du Front populaire pour la Justice au Congo (FPJC). Ce mouvement a connu des accrochages dans la région avec les forces loyalistes locales, qui ont perdu un homme. La dernière attaque a eu lieu dans la nuit de mardi à Upili, à plus de 60 km au sud de Bunia. Selon un notable de la collectivité de Walendu Bindi, un habitant a été blessé. Un officier Fardc indique que les assaillants ont également violé une femme et une jeune fille de 15 ans. Lundi, un autre groupe de miliciens du même mouvement a mené une incursion dans la localité de Walu, à environ 55 kilomètres au sud de Bunia. Ils ont blessé trois civils à coups de machettes et pillé des vivres. Par ailleurs, des sources humanitaires locales ont signalé l'attaque, le 31 mars, du village d'Arava, à 25 km au sud de Bunia. Un adjudant Fardc a perdu la vie dans la bataille. A la même date, des affrontements entre des miliciens et les FARDC ont eu lieu à Mahaga, à plus de 80 km au sud de Bunia. Plusieurs sources estiment que les miliciens du FPJC, opérant actuellement en plusieurs groupes dispersés, seraient à la recherche de moyens de survie. (Radio Okapi)

Kinshasa: trente maisons emportées par une érosion. De fortes précipitations dans la nuit de mardi ont causé un glissement de terrain dans la commune de Ngaliema. Cette érosion a emporté une trentaine d'habitations, faisant de nombreux blessés et laissant plusieurs familles sans abri.

Mbandaka : les présumés pilleurs devant la justice. Le procès des soldats accusés de pillages et de saccage lors des événements de dimanche a débuté mercredi à l'auditorat de garnison militaire de Mbandaka.

Les nouveaux magistrats du Maniema privés de transport. Sans moyen de se rendre de Kindu à Kinshasa, les futurs représentants du pouvoir judiciaire ne pourront pas suivre leur formation. Le ministère de la Justice, qui devrait assurer leur déplacement, n'a rien fait alors que le lancement officiel de ce cursus est prévu samedi dans la capitale. Les quinze magistrats n'ont pas obtenu plus d'aide du gouvernement provincial. Ils lancent donc un S.O.S. aux représentants du Maniema. Le secrétaire permanent du Conseil supérieur de la Magistrature, Safari Kasongo, affirme que tout candidat ayant les moyens peut se débrouiller lui-même pour atteindre la capitale. Quant aux autres, une solution leur sera communiquée jeudi.

Jeudi 8 avril.

Equateur : le bilan de l'attaque grimpe, visite du président Kabila. Au moins dix civils ont été tués dans les combats advenus dimanche dernier à Mbandaka, chef-lieu de la province nord-occidentale de l'Équateur, entre Enyele et Monzaya, indique Guy-Marin Kamandji, membre de l'organisation locale Caritas Développement, précisant que "certains ont été tués par balles tandis que les autres sont morts dans le mouvement de panique suscité par l'attaque. La morgue, qui compte 18 places, est déjà pleine et c'est pourquoi la Croix Rouge locale a déjà enterré plusieurs corps". Ce bilan provisoire des victimes civiles vient s'ajouter au celui de 18 morts, dont trois casques bleus de la Monuc, quatre militaires et deux policiers congolais et neuf insurgés Enyele. Ces nouveaux affrontements pourraient dériver, comme cela s'était vérifié en 2009, de la volonté de contrôler les sources d'eau de la zone de Dongo. Si les forces armées congolaises (Fardc) soutenues par la Monuc ont à nouveau investi l'aéroport de Mbandaka, dont s'étaient emparés plusieurs heures durant les Enyele, les opérations de recherches des insurgés se poursuivent dans la périphérie de la ville, à la frontière du Congo-Brazzaville. "Après quatre jours de psychose en ville, qui ont conduit un grand nombre d'habitants à s'enfuir et à s'abriter ailleurs, la vie quotidienne reprend peu à peu", poursuit le porte-parole de Caritas. Les civils restés à Mbandaka ont néanmoins d'immenses difficultés pour se procurer de quoi manger et des biens de première nécessité : "Les insurgés sont arrivés de la rivière Oubangui et la peur de nouvelles attaques paralyse le transit et les activités fluviales depuis plusieurs jours, empêchant tout ravitaillement de la ville. Les prix des biens essentiels ont donc déjà triplé sur le marché local", ajoute M Kamandji. Pendant ce temps, le procès de plusieurs militaires et policiers a débuté mercredi : les imputés sont accusés d'avoir profité de la confusion du week-end dernier pour s'adonner au pillage, notamment dans les locaux de la Monuc, dans la zone de l'aéroport. Le président Joseph Kabila et le Premier ministre Adolphe Muzito se sont personnellement rendus à Mbandaka pour faire le point sur la grave situation humanitaire et l'insécurité persistante dans la région ; (Misna)

Lubumbashi: arrivée de 30 Congolais expulsés de la Zambie. Ces 30 Congolais ont été expulsés le week-end dernier précisément du camp des réfugiés de Maheba en Zambie. Dépouillés de tout, ils sont pour l'heure gardés dans les installations de la Direction provinciale des migrations. Ces expulsés crient à la violation de la convention de Genève. Cette convention voudrait que le rapatriement soit volontaire. Quatre femmes figurent parmi ces expulsés. Ces derniers affirment avoir été arrêtés depuis le 24 février dernier, puis amenés en prison où ils ont passé 40 jours. Ils disent aussi avoir subi des traitements inhumains. Le week-end dernier, ils ont été amenés à la frontière de Kasumbalesa où ils sont pris en charge par la Direction provinciale des migrations à ce jour. Pour sa part, la commission nationale des réfugiés, CNR, antenne du Katanga déplore ces expulsions, car ces personnes sont toutes des réfugiés reconnus et enregistrés par le HCR. Aux dernières informations, nous apprenons que ces personnes vont bientôt quitter les installations où elles sont logées. On ignore leur prochaine installation, car la plupart de ces expulsés ont passé plus d'une décennie en Zambie et par conséquent, n'ont pas de famille sur place à Lubumbashi. (Radio Okapi)

Cimenterie de Kisangani: les matériaux de construction bloqués depuis 2 ans. Mille six cents tonnes de matériaux fournis par l'Inde et destinés à la construction de cette usine sont bloqués depuis deux ans au port de l'Onatra à Kinshasa. La raison : le manque de moyens financiers. Le nouveau ministre de l'Industrie, Anicet Kuzunda, promet l'implication du gouvernement pour que ces produits arrivent dans la capitale de la Province orientale avant la fin de l'année. La cimenterie de Kisangani est une promesse que Joseph Kabila avait faite aux populations de l'est du pays. En réduisant le coût du ciment, l'installation faciliterait la reconstruction de cette partie du pays. Le sac de ciment coûte pour l'heure 25 dollars à Kisangani et deux fois plus à Kindu, au Maniema. Le résultat de cet engagement présidentiel se nomme la cimenterie de la Province orientale (CIPOR), un projet appuyé par l'Inde. New Dehli, par le truchement de l'entreprise Jaguar, a déjà libéré treize millions de dollars. Cette somme a permis l'acheminement de mille six cent tonnes de matériels jusqu'à Kinshasa. La dernière étape du trajet jusqu'à Kisangani nécessite cinq cents milles dollars, à charge du gouvernement congolais. Depuis deux ans, ces matériaux risquent la corrosion. Certains matériaux légers ont même été volés. (Radio Okapi)

Kamina: 60 membres de l'église et opérateurs sociaux formés au développement. Des responsables des communautés religieuses et d'ONG participent depuis trois jours à Kamina, dans la province du Katanga, à une formation au développement et aux actions sociales. Cette session est une initiative de l'église méthodiste unie des Etats-Unis. Les participants viennent de Kalemie, Lodja et Kinshasa.

Un colonel des Fardc tué par les Maï-Maï à Fizi. Un colonel des Fardc, engagé dans les opérations militaires a été tué dans une embuscade tendue hier jeudi par les Maï-Maï réfractaires dans le village de Kananda à environ 20 km de Fizi centre, au Sud Kivu. Plusieurs autres militaires FARDC ont été blessés lorsque le véhicule qui les transportait a percuté un talus.

Bukavu: le SYNAMOC sensibilise les motards sur leurs droits. La sensibilisation a aussi pour objectif d'apprendre aux motards qui font le taxi leurs devoirs, indique le secrétaire national de ce syndicat. D'après lui, les motards ignorent leurs droits et leurs devoirs. Ils sont aussi l'objet de mépris de la part des passagers, des arrestations arbitraires, voire de l'exploitation par leurs patrons.

Vendredi 9 avril.

Kinshasa: 25% des besoins en transfusions sanguines non couverts. Les donneurs bénévoles de sang peuvent s'y rendre. Les collectes de dons de sang n'ont couvert que trois quarts des besoins l'an passé dans la ville de Kinshasa. Le Centre national de transfusion sanguine et la Croix Rouge RDC l'ont annonce jeudi lors de la remise d'une étude menée en collaboration avec la Croix Rouge Belgique communauté francophone.

Evénements de Mbandaka: Adolphe Muzito devra s'expliquer au parlement. Ce n'est plus Adolphe Lumanu et Charles Mwando Simba, respectivement ministre de l'Intérieur et ministre de la Défense, qui répondront à la question orale de l'Assemblée nationale sur les événements survenus à Mbandaka dimanche dernier. C'est plutôt le Premier ministre Adolphe Muzito qui sera face aux députés nationaux. La chambre basse en a décidé ainsi jeudi lors de sa plénière, à la suite d'une motion du député François Mwamba, président du groupe parlementaire du MLC à l'Assemblée nationale. Pour François Mwamba, l'affaire est grave et la présence du Premier ministre devant la représentation nationale s'impose. Dans une motion très soutenue par l'opposition et à une large majorité, la plénière de la chambre basse souhaite que le chef du gouvernement réponde à une question orale avec débat sur les événements survenus à Mbandaka. Le député Francois Mwamba explique : La proposition que j'ai faite consiste finalement à considérer que la question non seulement a été extrêmement grave mais qu'elle implique plusieurs départements, les départements Défense et Intérieur. Il y a également des questions qui concernent les services de renseignements qui dépendent de la présidence. Nous avons tous décidé qu'en lieu et place des ministres de la Défense et de l'Intérieur, ce soit le Premier ministre lui-même, toutes affaires cessantes. A propos du départ de la Monuc, François Mwamba estime que le gouvernement veut une chose et son contraire à la fois. Le Premier ministre doit expliquer clairement l'affaire du départ de la Mission des Nations unies. Le député MLC précise sa pensée : Il y a des questions qui concernent nos relations au niveau international puisque nous avons encore une fois fait appel à la MONUC. Le Premier ministre devra nous expliquer la cohérence qu'il y aurait notamment entre, d'une part, demander à la Mission de partir alors que d'autre part, chaque fois qu'il y a le moindre problème, nous avons besoin de ces gens là. (Radio Okapi)

10.000 tuiles pour les habitations de Bunia. Ces revêtements permettront aux maisons du chef-lieu de l'Ituri, construites en paille ou en tôle non galvanisée, de résister aux pluies torrentielles. Derrière cette initiative se trouve l'organisation non gouvernementale Programme d'Action pour le Développement Intégré (PADI). D'ici trois ans, PADI compte produire à Bunia un échantillon de 50 maisons par quartier avant d'étendre le projet dans toute la province orientale. Pour persuader une population encore réticente à utiliser cette technologie, les responsables de PADI s'en serviront pour construire leurs bureaux. Ils ont invité les habitants de Bunia à contribuer à la fabrication de ce matériau. En contrepartie, ils bénéficieront gratuitement de ces mêmes tuiles pour la construction de leur maison.

Mbandaka: 89 détenus s'évadent. De nombreux prisonniers ont profité de l'entrée des insurgés Enyele dans la ville dimanche pour s'évader de la prison centrale. La population redoute désormais la montée de la criminalité. Sur les 89 évadés, on compte 49 militaires et policiers. Deux malades mentaux n'ont pas fui. Selon le directeur de la prison, les militaires et policiers seraient sortis sur ordre d'un adjudant de l'auditorat militaire de la garnison de Mbandaka. Aussitôt, ils auraient été dotés de tenues et d'armes pour combattre dans les rangs des forces régulières contre les insurgés Enyele. L'adjudant Malamba Doudou rejette cette affirmation. Selon lui, les détenus auraient fracturé les portes et quitté la prison en apercevant les insurgés passer devant la prison. Quant aux détenus civils, ils se sont évadés avant de piller du matériel servant aux champs communautaires du pénitencier. Le directeur indique que ces individus ont aussi cassé le coffre de la prison et emporté une somme de 100.000 francs congolais, destinée à l'alimentation des pensionnaires.

Bunia : appel pour que le FPJC dépose les armes. En Ituri, le sénateur John Tibasima du Mouvement social pour le Renouveau (MSR) a invité les miliciens du Front Populaire pour la Justice au Congo (FPJC) à déposer les armes et à apporter leur contribution à la reconstruction du pays. Il a justifié sa démarche par l'augmentation du nombre des déplacés dans le territoire d'Irumu. Il a aussi souligné les multiples exactions que les miliciens du FPJC ont infligées à la population ces dernières semaines. John Tibasima suggère enfin l'extension en Ituri de l'opération de ramassage d'armes qu'effectue le pasteur Daniel Ngoy Mulunda avec le Programme œcuménique pour la Paix et la Reconstruction (PAREC) à travers le pays

Lambert Mende dévoile l'identité des assaillants de Mbandaka. Les insurgés auteurs de l'attaque-surprise de Mbandaka font partie du groupe dénommé "Armée Nzobo ya Lombo" (NDLR : bandits du village). C'est ce qu'a affirmé Lambert Mende, le ministre congolais de la Communication et porte-parole du gouvernement, au cours d'une conférence de presse vendredi à Kinshasa. se réclament du Mouvement de Libération indépendante des Alliés, dont le président se nomme Ibrahim Mangbama et son chef militaire Undjani, fils d'Ibrahim. Les noms de ces individus ont été cités au début de l'insurrection de Dongo en octobre 2009. Les assaillants sont appuyés par d'anciens militaires de la DSP (la garde prétorienne du président Mobutu), d'éléments des ex-Forces armées zaïroises, des DPP (la garde rapprochée de l'ancien vice-président Jean-Pierre Bemba en détention à la Cour pénale internationale) et de quelques démobilisés. Deux députés provinciaux et des députés nationaux sont de mèche avec les insurgés, a déclaré Laurent Mende sans les citer. Le ministre estime que cette attaque a mis au jour des disfonctionnements dans le système sécuritaire de la RDC ainsi que dans celui de la Monuc. (Radio Okapi)

Vodacom contre Congo Wireless Networks (CWN). Les deux associés n'ont pas réussi à se mettre d'accord cette semaine sur le différend qui les oppose. Ils ont soumis l'affaire à un tribunal d'arbitrage de Bruxelles. L'actionnaire congolais, avec 49% des parts, réclame à Vodacom, qui détient 51% de l'entreprise, une somme de 180 millions de dollars. La justice devra en particulier préciser le pourcentage de CWN et de Vodacom dans la société conjointe. L'affaire aurait pu pourtant se résoudre en douceur si l'un des associés avait consenti à vendre ses parts à l'autre. Joseph Lumbala, avocat de CWN : Il y a déjà deux mois, nous avons dit à Vodacom International qu'ils étaient incapables d'appliquer des méthodes de bonne gestion et de bonne gouvernance. Nous étions disposés à racheter leurs parts. Ils ont refusé. Vodacom a aussi proposé de racheter celles de CWN. En vain. Dans l'intervalle, l'entreprise a déjà enregistré des pertes de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Walungu: les militaires tracassent la population, selon la société civile. Les militaires des Fardc, déployés dans la région, réquisitionnent des villageois à partir de 4 heures locales pour transporter leurs bagages de Kaniola jusqu'à Kalonge et Nzibira, selon la société civile de ce territoire. L'administrateur du territoire de Walungu promet de prendre langue avec les autorités militaires pour trouver une solution.

Bukavu: assemblée générale des paysans. La fédération des organisations paysannes et producteurs agricoles du Congo, FOPPAC/Bukavu a ouvert vendredi son assemblée générale de deux jours. Objectif: analyser les activités des délégués pour les aider à améliorer leur production.

Goma: les recalés à la magistrature portent plainte. Au Nord-Kivu, les candidats ayant échoué au dernier concours de recrutement des magistrats parlent de graves infractions. Selon eux, des candidats nantis ont bénéficié de faveurs, au détriment des présélectionnés pour le deuxième test oral. Dans un mémorandum adressé aux autorités du pays, ces postulants évoquent plusieurs irrégularités visibles sur les listes des lauréats retenus pour les exercices 2010 et 2011. Selon eux, plus de 240 noms de lauréats retenus ne figuraient ni parmi les 8000 candidats admis à passer le concours, ni sur les listes des 2500 retenus pour le test oral.

Samedi 10 avril.

Wamba :. Guérison prodigieuse et inexplicable pour Mgr Kataka. L'évêque du diocèse de Wamba, Mgr Janvier Kataka, a bénéficié d'une guérison prodigieuse et inexplicable, le premier décembre 2009. Le Vatican a commencé à récolter toute la documentation nécessaire pour vérifier s'il s'agit d'une guérison miraculeuse par intercession de la bienheureuse Anuarite. A la fin de novembre 2009 Mgr Kataka a quitté Wamba pour se rendre en Italie avec la certitude d'avoir un cancer à l'estomac en état d'avancement. En Italie on a confirmé le diagnostique après rigoureux examens médicaux et on a conseillé à l'évêque de faire une intervention chirurgicale le plus vite possible. Le premier décembre 2009, fête de la bienheureuse Anuarite, Mgr Kataka est entré dans la salle d'opérations, mais les médecins n'ont trouvé aucun signe du cancer. Quand Mgr a appris la nouvelle, il a tout simplement dit que le diocèse et lui-même s'étaient mis entre les mains de la bienheureuse Anuarite. Etonnés, les médecins ont demandé à Mgr Kataka: "Revenez dans deux mois pour faire de nouveaux examens". C'est ce que l'évêque a fait, mais les nouveaux contrôles ont donné un résultat complètement négatif.
Rentré dans son diocèse, Mgr Kataka a annoncé les faits au cours de la recollection prêchée au clergé le mardi saint 30 mars. Cette nouvelle a naturellement rempli de joie tous les chrétiens de Wamba, où la bienheureuse Anuarite est née en 1941. (Ademis)

"Dire et écrire", un projet pour initier les jeunes à la lecture et à l'écriture. Le centre national "Sesam" a lancé un programme intitulé "Dire et écrire" en vue de sensibiliser la jeunesse congolaise à la lecture et à l'écriture. Ce programme est prévu, dans un premier temps, successivement à Kinshasa, Goma et Bukavu. Sesam (Service pour l'éducation, les savoirs et l'appui à la maîtrise et à l'usage du français) est un projet de coopération franco-congolais. Son programme consiste en des séances des lectures spectacles et des ateliers sur la lecture et l'écriture. Il a démarré avec Bibish Marie Louise Mumbu, journaliste et écrivaine congolaise, auteur du roman "Samatha à Kinshasa". Une œuvre parue en 2008, aux éditions le Cri. L'écrivaine explique le sens de ce projet: Dire et écrire est un projet de Sesam, qui existe pour créer l'envie de la lecture. Ça tombe bien parce que ça s'adresse aussi aux écrivains qui sont dans un esprit de générosité, c'est-à-dire, qui ont envie de partager leurs écrits, parce qu'il y a des gens qui ont envie d'écrire mais qui n'ont pas envie de le montrer. Le projet s'adresse à ceux qui écrivent. On peut inaugurer l'événement le 29 mars, et le texte que j'ai proposé, que j'ai lu avec Véronique Wadeba, qui est de Béjart, c'est des textes qui sont sortis de différents ateliers que j'ai animés. Au Lycée Motema Mpiko, dans un centre de loisir à Limoges, et puis à l'alliance française de Rio de Janeiro. Le prochain "Dire et écrire ", ce sera le professeur Yoka, c'est le 20 avril. Le projet de l'est et des ateliers, l'idée c'est d'aller le faire aussi à Bukavu et à Goma. Ça sera entre le 5 et le 15 juin prochain. (Radio Okapi)

L'exportation des concentrés miniers interdits au Katanga. Les opérateurs miniers opérant dans la province du Katanga devront désormais construire des usines métallurgiques sur place pour produire le cuivre brut et d'autres métaux. Le gouvernement central a décidé d'interdire toute exportation d'un concentré minier. Selon le ministre national des Mines qui a annoncé cette décision, la mesure aurait dû être prise trois ans plus tôt. Martin Kabwelulu explique : Il y a eu un moratoire de depuis 2007. Nous avons demandé aux opérateurs miniers de construire des usines métallurgiques afin d'augmenter la valeur à nos minerais. Ceux qui ne l'ont pas fait, qui sont toujours dans l'exportation du concentré, nous sommes obligés d'arrêter. Seuls ceux qui produisent le cuivre métallique et le cobalt métallique peuvent exporter.

Pillages de Mbandaka: peine capitale pour un sous-lieutenant. Le tribunal militaire de la garnison de Mbandaka a condamné vendredi Rocha Nkonemboyo à la peine capitale. Il l´a reconnu coupable du pillage et du saccage des installations aéroportuaires de la Monuc dimanche dernier. Le président du tribunal, Gaby Lokombi, a aussi annoncé le renvoi de l´armée de Rocha Nkonemboyo. Les sept avocats du sous-lieutenant ont fait appel. D´autres procès en rapport avec les événements de Mbandaka se tiendront prochainement.

Lubumbashi : un lieutenant-colonel écope de 10 ans de SPP, l'accusé principal acquitté. Douze des quatorze officiers supérieurs et subalternes de la 6e région militaire des FARDC qui étaient poursuivis devant l'auditorat de Lubumbashi pour détournement et association des malfaiteurs, notamment, ont été condamnés vendredi à diverses peines. Le verdict du procès est tombé vendredi en présence de tous les accusés, sauf un seul qui est toujours en cavale

Aviation civile: la RDC tient à sortir de la liste noire de l'espace européen avec l'appui de la Belgique. La RDC s'est engagée dans un processus devant l'amener à être effacée sur la liste noire des avions interdits de survoler l'espace aérien européen. La Belgique l'appuie dans ce processus. Ce qui justifie la tenue, à Kinshasa, d'un atelier d'évaluation entre des experts de deux pays. C'est depuis de 2006 que les avions des compagnies congolaises sont interdits de survoler l'espace aérien européen. Cela, à la suite d'un audit de l'Organisation internationale de l'aviation civile qui avait mis en exergue des carences importantes dans le domaine de la conformité aux normes internationales de la sécurité aérienne de la part de la RDC. A l'atelier d'évaluation de Kinshasa, la partie belge a constaté les efforts fournis par la RDC en la matière. La Belgique veut ainsi mettre à profit ses six mois à la présidence de l'Union européenne pour sortir la RDC de la liste noire de l'espace européen.
Dimanche 11 avril.

Matadi: le gouvernement provincial suspend la taxe sur les produits pétroliers. L'annonce a été faite hier samedi par le ministre provincial de l'information au cours du compte rendu du conseil de ministres provincial tenu le vendredi dernier à Matadi. De leur côté, les opérateurs économiques œuvrant dans le secteur des hydrocarbures à Moanda et Boma, exprime leur satisfaction.

Le pont Aru s'écroule sur l'axe Dungu-Faradje, des conséquences économiques graves. Le pont Aru sur l'axe routier Dungu-Faradje, à 45 km de Faradje s'est effondré samedi matin, sous le poids d'un camion transportant six tonnes d'huile de palme en provenance d'Isiro pour Ariwara. Le véhicule se retrouve à présent dans l'eau avec sa cargaison. Célestin Bekabisiya, président de la Fédération des entreprises du Congo/ Haut-Uélé est particulièrement inquiet de cette situation : Les conséquences sont graves parce que nous serons obligés maintenant d'utiliser la route Dungu-Itima-Lambio. Lambio c'est la province du Sud Soudan, pour sortir à Ariwara. Et au retour, c'est la même chose. Nous aurons à payer au Soudan les frais de passage, plus ou moins 4.000 dollars pour aller et retour. Ce qui est excessif pour rien que le passage. Or, si nous partons de Dungu à Ariwara via Faradje, par la route Aru là où le pont est cassé, nous aurons à payer seulement le retour par le Soudan, en perdant plus ou moins 1 800, 2 000 dollars. Nous avons appelé le conseil provincial de la FEC pour qu'on touche le gouvernement provincial, le gouverneur notamment pour qu'on trouve une solution immédiate, vraiment qui saurait soulager des milliers de gens qui vivent ici dans cette situation. (Radio Okapi)

Lubumbashi: mesure de fermer la piste de la Lwano, l'assemblée provinciale se rallie à Moïse Katumbi. L'assemblée provinciale du Katanga salue la mesure prise par le gouverneur du Katanga. Il s'agit de fermer la piste de l'aéroport international de la Lwano si les travaux ne sont pas exécutés d'ici fin avril. Le président de cette institution l'a dit vendredi dernier, après une visite d'inspection de l'assemblée provinciale à la piste de la Lwano.

Unikin: le protocole d'accord entre le gouvernement et l'Apukin marque-t-il la fin de la grève? Ce protocole d'accord entre le gouvernement et l'Association des professeurs de l'Université de Kinshasa, Apukin, a été signé samedi à la primature, en présence du Premier ministre. Pour Adolphe Muzito, cet accord dont le contenu n'a pas été dévoilé à la presse, vise l'amélioration des conditions socioprofessionnelles et la révision du statut des professeurs.

Examen d'Etat: plus de trois cent mille candidats admis à l'épreuve de dissertation lundi 12 avril. L'épreuve de dissertation pour le compte de l'examen d'Etat, édition 2010, aura lieu lundi 12 avril 2010 sur toute l'étendue de la RDC. Selon des sources de l'inspection générale de l'Enseignement primaire, secondaire et professionnel (EPSP), plus de trois cent mille élèves finalistes du secondaire, toutes sections confondues, vont prendre part à cette épreuve.

Financement opaque de 4100 logements sociaux, la Licoco réclame une enquête et des sanctions. La Ligue congolaise de lutte contre la corruption, Licoco, a dressé un tableau sombre du financement de 4100 logements sociaux. Selon cette ONG, 504 maisons devaient être construites lors de la 1ère phase. Elle demande au gouvernement de diligenter une enquête afin de traduire en justice les sociétés qui ne se sont pas exécutées. Le groupe LBB donne de la voix. Ce groupe congolais a gagné le marché de construction de 50 maisons à Tshimbombo, à 5 km de Mbuji Mayi. Selon l'entrepreneur du groupe, LBB a été bloqué en 2005 et pendant trois ans par le ministre du Budget. Selon lui, la délocalisation du site de Tshimbombo à Tshipuka n'a pas non plus facilité la réalisation du projet. Martin Lumingu, entrepreneur de LBB, s'explique : Nous avons eu le marché en 2005. Nous avons été payé seulement qu'à la fin 2007. Logiquement en 2007, avec le taux de la Banque, l'Etat devrait nous donner à peu près 800 000 dollars. On nous pays en Franc congolais, l'équivalent de 200 000 dollars. Avec certains frais, nous sommes restés avec 180 000 dollars. Et un mois après, en février 2008, nous sommes descendus sur le chantier. Le marché avait été conclu pour 18 000 dollars par maison. Il s'est trouvé qu'en 2007, cette maison qui coûtait 18 000 dollars a coûté 61 000 dollars, prouvés par le responsable de l'Urbanisme qui est chargé du contrôle des travaux sur le site. Les fluctuations ont été tellement importantes qu'avec le coût de 61 000 dollars nous ne pouvions prévoir que trois maisons. (Radio Okapi)

Lundi 12 avril.

La démocratie s'enlise en RDC, selon International Crisis Group. Les réformes institutionnelles ont pris du retard et la vision démocratique est en voie d'oubli. Dans un rapport publié le week-end dernier, l'organisation non gouvernementale International Crisis Group (ICG) estime que Kinshasa ne tient pas les promesses faites en 2006. Pour Guillaume Lacaille, analyste du Congo à ICG, Joseph Kabila concentre tous les pouvoirs au détriment des autres institutions. Il a expliqué : Le pouvoir du Premier ministre, pourtant chef du gouvernement, est largement limité. Il est inquiétant de voir que des conseillers à la présidence aient plus de pouvoir que des ministres en exercice. Toutes les affaires de sécurité à l'est du pays ont été reprises par des conseillers plutôt que par le ministère de la Défense ou des Affaires étrangères. Lambert Mende, porte-parole du gouvernement, a répondu que les Ong vivent de l'image d'un Etat congolais déliquescent. Il a déclaré : Ils sont assis sur une rente de situation parce qu'ils se substituent à l'Etat. On leur commande des études pour aider ces pauvres congolais mais ils n'ont que faire de notre dignité et ferment les yeux sur les progrès réalisés. Il a ajouté que le gouvernement actuel respecte le principe de séparation des pouvoirs. (Radio Okapi)

Le ministre de l'Intérieur confirme la tenue des élections en 2011. Le peuple congolais se rendra bien aux urnes l'an prochain, selon Adolphe Lumanu. Le vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur l'a confirmé dimanche à Goma. Le vice-Premier ministre a expliqué : Le président de la République n'entend pas interrompre le processus électoral. Il n'y aura plus, dans ce pays, de régime d'exception. La parole a été restituée au souverain primaire, et cela doit être pérennisé et consolidé. Adolphe Lumanu a souligné que Joseph Kabila souhaite la tenue des élections dans les délais constitutionnels.

L'Ituri a encore besoin de la Monuc, estime la société civile. D'après la société civile, la situation sécuritaire actuelle de l'Ituri n'est pas encore stable. " Si d'autres coins de la RDC n'ont pas besoin de la présence de la Monuc, elle demeure encore indispensable en Ituri ", déclare le coordonnateur de la société civile de l'Ituri. La Monuc est arrivée en Ituri dans un contexte caractérisé notamment par des graves atrocités consécutives aux conflits armés, ont rappelé les membres de la société civile de l'Ituri. Ce décor est encore visible dans le territoire d'Irumu, soutiennent-ils. Là, les populations ont fui les combats qui opposent jusqu'à ce jour les Fardc aux miliciens du front populaire pour la justice au Congo(FPJC). Le coordonnateur de la société civile relève également des exactions dont la population est encore l'objet de la part de certains éléments Fardc et de la police.

Katanga: Matata Mponyo dénonce la fraude douanière. Le ministre des Finances veut mettre un terme aux importations illégales au poste frontalier de Kasumbalesa. Il a déclaré qu'il souhaite y tripler les recettes fiscales.
Matata Mponyo a visité jeudi ce poste situé à 90 km de Lubumbashi. Il a expliqué la situation sur place : Tout le monde sait qu'on importe du sucre que l'on fait dédouaner comme du sel. Tout le monde sait qu'on importe du carburant pour les produits miniers alors qu'on l'utilise sur le marché local. Et tout le monde sait que des camions restent à la frontière pendant des jours avant de disparaitre durant la nuit. C'est de la concurrence déloyale.

François Mwamba réfute les accusations du gouvernement contre l'opposition. Le Secrétaire général du Mouvement de Libération du Congo (MLC) dément les accusations du porte-parole du gouvernement relatives à une participation intellectuelle des députés de l'opposition dans les derniers événements de Mbandaka. "Le MLC et l'opposition en général n'ont rien à voir avec ce qui s'est passé à Mbandaka," déclare François Mwamba. Il considère les accusations du gouvernement comme une fuite en avant pour justifier l'incapacité de l'Exécutif à trouver des solutions aux vrais problèmes de la population. Le député Mwamba explique : Il s'agit de quelque chose qui est inscrit dans la manière dont ce gouvernement travaille depuis 2006. Tout ce qui est en rapport avec les armes, ça n'a strictement rien à voir avec le MLC. Il y a une absence totale, pour ne pas dire une faillite totale, quant à son aptitude à répondre aux aspirations de la population. Veulent-ils aujourd'hui tenter de masquer cet échec avec des boucs émissaires, en disant : "nous savons ce qui se passe à Mbandaka, c'est commandité par des hommes politiques à Kinshasa. Ce sont des élus du MLC." (Radio Okapi)

17 candidats pour le nouveau bureau de l'assemblée provinciale du Bandundu. La Commission électorale a publié, hier dimanche, la liste de 17 candidats. L'élection du nouveau bureau est consécutive à la démission de l'ancien bureau, la semaine dernière. Les candidats ont la journée de ce lundi pour la campagne électorale avant l'élection prévue le mardi 13 avril 2010.

Province Orientale : embuscade des rebelles ougandais, un chef de la police tué. Le chef de la police de Gangala na Bodio, en territoire de Faradje, en Province Orientale (près de la frontière du Centrafrique), aurait été tué dans une embuscade des rebelles ougandais de la Lra (Armée de résistance du seigneur), indiquent à Misna des sources locales, qui précisent que l'officier de police aurait été abattu samedi dernier alors qu'il enquêtait sur une précédente attaque commise à Sambia par le mouvement rebelle, qui sévit dans la région depuis plus d'un an et demi. Reprenant les informations diffusées par des sources humanitaires de l'Onu sur les faits commis à Sambia, l'interlocuteur précise en outre que les 12 jeunes gens enlevés par la Lra sont parvenus à s'échapper tandis qu'un civil et deux rebelles auraient péri dans la violente fusillade qui a éclaté dans la localité entre cinq militaires réguliers et neuf membres de la Lra. Le mouvement armé fondé par Joseph Kony, qui a fui l'Ouganda en 2008 après l'échec du processus de paix, est coupable d'autres incursions lancées ces dernières semaines au Sud-Soudan et dans le Sud du Centrafrique. (Misna)

Mardi 13 avril.

Kinshasa: une marche de l'UDPS dispersée, au moins 5 militants interpellés. La police nationale a dispersé lundi la marche de l'Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS). Cette marche avait été organisée par les quatre fédérations de Kinshasa pour protester contre toute tentative de prolongation du mandat du chef de l'Etat à travers une révision constitutionnelle. Ils exigent également le recensement de la population et l'identification des nationaux. Les militants de l'UDPS devaient partir de l'avenue du Commerce jusqu'au rond-point Victoire. Avant même le début de la marche, la police les a dispersés. Au moins cinq militants ont été arrêtés par les forces de l'ordre, y compris le président de la fédération de l'UDPS/Tshangu. L'un des organisateurs, Apollinaire Panzu, président fédéral de l'UDPS/Funa, déplore cette situation : Nous avions écrit officiellement aux autorités pour cette marche. Jusqu'à ce matin, nous n'avions rien reçu de la part de l'Hôtel de ville. Arrivée sur le terrain, la police s'est mise à réprimer avec brutalité les manifestants. Toujours selon M. Panzu, la police a continué à disperser et à pourchasser les manifestants. Il ignore combien de personnes ont été arrêtées, mais il s'agit selon lui d'un grand nombre. Les personnes interpellées ont été conduites vers une destination inconnue, affirme le président fédéral de l'UDPS/Funa. (Radio Okapi)

Kinshasa: des médecins italiens soignent gratuitement le bec-de-lièvre. Une équipe de médecins italiens venue à Kinshasa a commencé, dimanche, aux Cliniques universitaires de la capitale, des consultations et des interventions chirurgicales gratuites pour des enfant ayant le bec-de-lièvre.

Examen d'Etat: la dissertation a vécu. Les épreuves hors session de l'examen d'Etat ont débuté lundi sur toute l'étendue du territoire national avec l'épreuve de dissertation. Plus de 430.000 candidats se sont présentés à cet examen. Près de 1260 centres ont accueilli les étudiants de toute la RDC. Des difficultés logistiques n'ont pas permis l'organisation de l'épreuve dans la cité de Dongo, district du Sud Ubangi dans la province de l'Equateur.

Bunia: 35 officiers Fardc à l'école de la justice militaire. Trente cinq officiers Fardc. ont achevé samedi dernier une formation sur les instruments juridiques internationaux, les conflits armés ainsi que la problématique de la violence sexuelle. Objectif de cette formation de cinq jours: pousser les militaires à respecter les lois qui régissent la justice militaire pour lutter contre l'impunité. La formation a été organisée par la section Etat de Droit de la Monuc. Elle était assurée par l'Institut International d'études juridiques du Département d'Etat américain.

Mbandaka: visite de Leïla Zerrougui. La représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l'ONU en RDC, Leïla Zerrougui, a effectué lundi une visite-éclair à Mbandaka pour réconforter le personnel onusien et la population de la ville.

Création de l'Alliance pour la Sauvegarde des Accords de Goma. Dix-sept anciens groupes armés du Nord-Kivu ont formé samedi une structure unique, l'Alliance pour la Sauvegarde des Accords de Goma. L'Alliance regroupe notamment le Cndp, le Pareco, le Kifuafua et le Mongol. Elle accuse l'Etat de prendre du retard dans l'exécution des accords. Le gouvernement et ses opposants ont signé le document en mars 2009. Ces derniers consacrent la fin de l'existence des groupes armés, leur transformation en partis politiques, l'intégration des combattants dans l'armée, la reconnaissance de leurs grades et la participation des cadres issus de ces groupes dans la vie politique nationale. Selon Didier Bitaki, porte parole de cette coalition, le processus tarde à donner les résultats escomptés. Aussi, face aux inquiétudes qu'une telle alliance pourrait susciter pour la sécurité de la population, Didier Bitaki répond :La population doit rester calme. Nos membres appartiennent à une structure qui a réussi à concilier nos différends. Mais si le gouvernement ne saisit pas la balle au bond, il laissera la possibilité à tout aventurier de saisir l'unité des groupes armés pour lui faire la guerre. (Radio Okapi)

Fizi: enlèvement de huit employés du CICR. Un groupe de Maï Maï a enlevé vendredi un groupe du CICR composé de sept Congolais et d'un Suisse. Dans un communiqué publié mardi, le chef de la délégation du CICR en RDC, Franz Rauchenstein, demande aux ravisseurs de les libérer au plus vite. Il ajoute que c'est pour protéger et assister les victimes des conflits armés que le CICR mène des activités dans cette région du Sud-Kivu. Les humanitaires revenaient de Minembwe dans le cadre d'une inspection de routine. Les assaillants ont récupéré le véhicule et conduit les victimes vers le sud-ouest en direction de Bwala et Kasakwa, deux villages jusqu'à ce jour contrôlés par leur chef, Yakutumba. Selon d'autres sources locales, un émissaire de la Croix-Rouge congolaise du territoire de Fizi aurait été envoyé pour négocier la libération des otages. Il aurait lui aussi été pris.

Les Fardc déplorent l'attitude des Maï Maï. Le capitaine Olivier Hamuli, porte-parole des opérations Amani Leo, explique : Les Fardc ne veulent pas faire prendre de risque aux employés. Nous attendons que le CICR fasse les démarches nécessaires pour obtenir leur libération. Yakutumba, le responsable incriminé, a déclaré que ces humanitaires ne sont pas du tout pris en otage. Son groupe les aurait emmenés pour les mettre en sécurité à cause des combats en cours dans la région entre Maï Maï et Fardc.

Le fonctionnement des institutions provinciales. Plusieurs conflits au sein des institutions provinciales se sont produits récemment: pétition contre le gouverneur de la province du Sud-Kivu, éviction du bureau de l'assemblée provinciale de l'Équateur, paralysie au sein de l'assemblée provinciale du Maniema autour du départ du gouverneur.

Bukavu: la DGI réclame 14 ans d'arriérés de taxes à Sinelac. La Direction provinciale des impôts (DGI) et la Société internationale de l'Energie des Pays des Grands Lacs (Sinelac) ont engagé le bras de fer. Jusqu'en 2006, la Sinelac devait un total de 4 millions de dollars à la DGI après une série de contrôles fiscaux. La DGI Sud-Kivu déplore que cette société continue à retenir l'impôt sur le revenu de certains travailleurs locaux sans le lui verser. La Sinelac demande à la DGI de se référer aux accords de siège entre la RDC et la Sinelac, ainsi qu'à la convention ratifiée par les pays membres de la Communauté économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL). Jean Ngomo, directeur administratif et financier de la Sinelac, avance que "en vertu de ce document, la Sinelac est exonérée de toute taxe en RDC, au Rwanda et au Burundi."

Kabare: des militaires tracassent la population. Des militaires de la 85è brigade basés dans le groupement de Bugore, territoire de Kabare, au Sud Kivu se livreraient à des pillages du bétail et ravageraient des champs des populations locales. Le chef de groupement de Bugore confirme ces faits. Il indique que plusieurs rapports, restés sans suite, ont été transmis aux autorités compétentes.
SNCC: 2000 agents retraités reprennent du service. La décision est tombée lundi à la haute direction de la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC). Les deux mille agents qui avaient été retraités doivent reprendre le travail. L'employeur n'a pas été en mesure de leur payer les indemnités de fin de carrière à l'échéance due. Umba wa Ilunga, président de cette délégation syndicale s'exprime sur cette question :Il était prévu qu'ils soient payés au 31 mars. Malheureusement, l'argent n'est pas sorti. Entre-temps, l'employeur avait déjà décidé de les sortir des inventaires. C'est comme ça que la délégation syndicale a mené une action de grande envergure pour déboucher sur un avis au personnel que l'Adg (administrateur délégué général) a finalement sorti hier décidant de les reprendre en service en attendant le paiement de leurs allocations uniques de retraite. Sauf qu'il y a une nuance : ceux qui se sentent épuisés physiquement, pour des raisons valables, pourront demander à l'employeur de rester à la maison, mais en touchant la totalité de leurs salaires, contrairement à ce qui était prévu avant par l'employeur. Le syndicaliste souligne que mettre deux mille personnes à la maison équivaut à un assainissement ou à un congé technique. Ce qui est contraire à la loi congolaise en matière du code du travail, précise-t-il. (Radio Okapi)
Événements de Mbandaka: un touriste espagnol pris en otage par les Enyele. L'incident a eu lieu peu avant l'attaque de Mbandaka le 4 avril dernier. Un touriste espagnol, médecin, a été kidnappé par des combattants Enyele. L'ambassadeur d'Espagne en RDC, M. Félix Costales, a fait lundi le déplacement du chef-lieu de la province de l'Equateur pour s'enquérir de la situation.

Mercredi 14.

Oxfam suspend ses activités à Mbandaka. L'ONG britannique Oxfam vient de suspendre ses activités à Mbandaka, jusqu'à nouvel ordre à cause de l'insécurité grandissante dans cette partie de la RDC. C'est ce qu'a déclaré mercredi le directeur national de cette organisation. Roland Hauweimeren explique ce remue ménage provoqué par la situation d'insécurité : Nous avons suspendu temporairement nos opérations à Mbandaka suite à l'insécurité, aux incidents qui ont eu lieu. Nous avions là-bas 14 personnes, 5 sont restés pour garder la base et assurer la logistique interne. Et dès que nous aurons fait une évaluation de la sécurité qui dépendra de pas mal d'indicateurs externes, nous allons y recommencer. Le directeur de Oxfam ne fixe pas de délai pour la réouverture des opérations de cette ONG dans la capitale de la province de l'Equateur.

Dialogue entre le gouvernement et les Enyele: la Monuc dément. Le porte-parole de la Monuc, Madnodje Mounoubai, a refuté les allégations selon lesquelles la mission onusienne aurait prôné un dialogue entre le gouvernement et les insurgés Enyele. Madnodje Mounoubai a fait cette mise au point : Ce n'est pas le gouvernement qui fait recours aux armes, qui a des revendications ou qui veut faire entendre sa voix. Le représentant spécial faisait appel à ceux qui ont pris les armes contre les autorités légitimes à abandonner la violence. Au cours de la précédente conférence hebdomadaire, Alan Doss avait déclaré : Nous ne pouvons que déplorer le recours aux armes comme moyen d'expression ou de revendication. Nous encourageons tout le monde à utiliser le dialogue pour faire entendre sa voix. Concernant les accusations de non-assistance à personne en danger portées contre la Monuc par le porte-parole du gouvernement congolais, Madnodje Mounoubai s'est refusé à entrer dans une polémique : Je voudrais tout simplement dire que la sécurité intérieure et extérieur d'un pays fait parti des fonctions régaliennes d'un Etat. Ces fonctions ne font, en principe, l'objet d'aucune délégation. (Radio Okapi)

Les Maï Maï promettent la libération des employés du CICR. Les responsables de l'Union du Peuple congolais pour la Révolution (UPCR) ont affirmé mercredi qu'ils libéreraient sans condition leurs otages jeudi. Les ravisseurs indiquent n'avoir jamais eu de contact avec le CICR. Ils s'étaient emparés des huit humanitaires, dont un citoyen suisse, vendredi après-midi à Kananda, dans le territoire de Fizi au Sud-Kivu. L'équipe revenait d'une mission d'évaluation des besoins des personnes déplacées. Adrien Id Amin, général autoproclamé de l'UCPR, a assuré que cet enlèvement découlait d'une méprise. Ses hommes auraient cru que le véhicule revenant de Minembwe transportait des forces ennemies. D'après le général, cette confusion est à mettre sur le compte des violents combats qui se déroulent dans la zone.

Reprise des cours à l'Unikin. L'accord entre le gouvernement et l'association des professeurs a permis aux cours de reprendre mercredi à l'Université de Kinshasa (Unikin).

RDC-Ouganda: les ambassadeurs encouragent les investissements transfrontaliers. Dépasser les frontières pour favoriser la croissance. L'ambassadeur de la RDC en Ouganda et le représentant ougandais à Kinshasa sensibilisent les opérateurs économiques à identifier des projets d'investissements dans la Province orientale et en Ouganda.

Bukavu: pétition d'une trentaine d'ONG contre le départ de la MONUC. Ces organisations viennent de signer une lettre adressée à la fois à la communauté internationale et aux autorités de la RDC. Ces ONG, membres de la société civile du Sud Kivu, estiment que les contextes surtout sécuritaires et autres du pays demeurent encore critiques. Raphaël Wakenge, coordinateur de l'ICJP (Initiative congolaise pour la justice et la paix) en parle : Dans nombreuses régions de la RDC, le gouvernement congolais et ses forces de sécurité ne sont pas encore parvenus à garantir la sécurité de la population. Et pour nous, le départ des casques bleus serait prématuré. Il faut par exemple qu'il y ait une sorte d'évaluation du travail qui a été fait entre la société civile et la Monuc, entre la Monuc et le gouvernement congolais. Pour Raphaël Wakenge, cette évaluation devrait être obligatoire pour décider de ce qui doit être fait, au lieu de " se camper dans des positions qui pourraient être erronées ou prématurées " (Radio Okapi)

PAM: crise alimentaire sur 58% du territoire congolais. Les conflits armés et la fragilisation des moyens d'existence sont les causes majeures de l'insécurité alimentaire en RDC, selon le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM). Patrice Badibanga s'est exprimé mardi. A cause des conflits armés, 21% des ménages sont en situation de sous-alimentation à Dungu, dans la Province orientale. Ils sont 11% à Kungu, dans l'Equateur. L'évaluation de ce dernier territoire, organisée par le PAM en février, a révélé une insécurité alimentaire sévère nécessitant l'intervention de l'agence onusienne. Les différents services du PAM se sont rendus sur place pour assister près de 35.000 déplacés. Chacun d'entre eux a droit à au moins 550g de nourriture par jour. Cette quantité répond aux normes nutritives internationales, d'après Patrice Badibanga.

New York: Alan Doss contre le départ précipité de la Monuc. Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU en RDC et patron de la Monuc, Alan Doss, a mis en garde, mercredi à New York, contre un retrait précipité de la mission au regard des derniers affrontements survenus à Dongo et à Mbandaka (Equateur), au cours desquels les casques bleus sont entrés en action aux côtés de l'armée congolaise pour y rétablir la paix.

Médias : JED crie au harcèlement des journalistes par les services de sécurité. Journaliste en Danger (JED) dénonce les interpellations fréquentes à Kinshasa de représentants des médias effectuées par les services de sécurité, notamment l'Agence nationale de Renseignement (ANR).

Violences sexuelles: la représentante de Ban Ki-Moon en RDC. Lourde tâche pour Margot Wallstrom. La représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les violences sexuelles dans les zones de conflits a jusqu'au 18 avril pour faire le point de la situation avec le gouvernement, la société civile et les ONG de défense des droits de l'homme. Margot Wallstrom explique : Ce n'est pas seulement un problème en Afrique, c'est problème global. Il faut aussi comprendre que c'est un problème dans les médias. J'espère pouvoir dialoguer avec les ministres et le président pour trouver des projets communs et voir comment les Nations Unies peuvent contribuer aux stratégies nationales de lutte contre les violences sexuelles. La représentante spéciale se rendra dans les Kivus pour examiner la situation dans cette zone particulièrement concernée.

Jeudi 15 avril.

Tanganyika: remise des terres déminées à Kabumba. L'organisation non gouvernementale Dan Church Aid a remis mercredi aux autorités du district de Tanganyika 900.000m2 de terre dans la localité de Kabumba. Cet espace, situé à 300 km de Kalemie était infesté de mines antipersonnel utilisées par l'armée congolaise, le RCD et leurs alliés respectifs. L'opération de déminage de Dan Church Aid a reçu l'appui de la compagnie suédoise MSB. Durée des travaux : trois ans. Bilan : 23000 mines antipersonnel et 2000 mines anti-chars détruites.

Un don de Joseph Kabila divise humanitaires et sinistrés à Mbandaka. Les familles déplacées par l'avancée des insurgés Enyele accusent les secouristes de vouloir s'accaparer le don de Joseph Kabila. A son passage dans la province de l'Equateur, le chef de l'Etat avait fait un don en vivres et non vivres aux sinistrés. Le bureau provincial de la Croix-Rouge rejette ces accusations. Ferdinand Kamberhe, ministre des Affaires sociales et de la Solidarité humanitaire, avait chargé la Croix-Rouge et Caritas de distribuer la donation. Ces organisations humanitaires ont organisé lundi une rencontre préparatoire avec les bénéficiaires. Ces derniers se disent surpris par le nombre impressionnant de personnes figurant sur les listes. Selon eux, ce don ne concerne que les sinistrés qui proviennent des localités de Bomongo, Lobengo et de Makanza. Cependant, Babawa Tahirou, président du comité provincial de la Croix-Rouge/Equateur, indique que les listes de bénéficiaires du geste présidentiel sont conformes à la réalité. Les 830 familles répertoriées ont été enregistrées de janvier à mars avec le concours de Caritas. Ces gens sont venus de toutes les localités situées sur le passage des insurgés Enyele depuis Dongo jusqu'à Lobengo, a précisé Babawa Tahirou. (Radio Okapi)

Mbuji Mayi: le manque d'eau potable cause la mort d'un détenu. Un prisonnier est mort mercredi de déshydratation aggravée par la diarrhée. Depuis près d'un mois, la capitale du Kasaï oriental connaît une carence en eau potable de la Regideso. Depuis l'affectation de nouveaux magistrats, la prison centrale accueille 614 pensionnaires, alors que sa capacité n'est que de 200. "Etouffement et manque d'eau, c'est une mort lente," lâche un jeune homme déjà très affaibli. Sa cellule, prévue pour 30 personnes, en compte 90. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a promis à la prison une citerne d'une capacité d'environ 70 mètres cubes.

Le président burundais tend la main aux investisseurs congolais. Le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, a appelé mercredi à Kinshasa les opérateurs économiques congolais à investir dans son pays. Selon le chef de l'Etat burundais, son pays connaît actuellement une amélioration de l'environnement économique. Pierre Nkurunziza a rassuré les investisseurs congolais. Certains secteurs ont besoin de nouveaux capitaux, a-t-il fait savoir. Ces secteurs sont: ?les infrastructures, ?les télécommunications, ?les minerais, ?l'énergie, ?le tourisme, etc.

Lwiro: 13 militaires désertent les rangs des Fardc. Un colonel, commandant de la brigade de Lwiro en territoire de Kabare, Sud Kivu, a déserté jeudi les rangs des Fardc emmenant avec lui 12 militaires de sa garde rapprochée. L'information est confirmée par des sources de la 10è région militaire. La semaine dernière, un autre colonel a déserté sa brigade basée à Hombo en territoire de Kalehe avec un groupe de militaires.

Une prime pour la protection des parcs nationaux. L'Institut congolais pour la conservation de la nature, ICCN, vient d'instaurer une prime pour encourager les villageois à arrêter les braconniers du parc national de Garamba, en Province Orientale ou les dénoncer. Objectif: impliquer les communautés locales dans la protection des parcs nationaux, selon l'Administrateur directeur général de l'ICCN.

Katanga: les députés provinciaux de Manono craignent pour leur vie. Ces députés accusent l'administrateur du territoire de Manono de leur proférer des menaces de mort. Motif : leur dénonciation de sa "mauvaise gestion". Ils ont dénoncé ce fait mercredi à l'assemblée provinciale.

Le calme est revenu dans les hauts plateaux d'Uvira. Le calme est revenu jeudi dans les hauts plateaux d'Uvira après les affrontements qui opposaient les Fardc aux Maï Maï réfractaires. Deux civils ont été tués par balle lors de ces combats à Bijojo dans le groupement de Kigoma et à Mwenga. Un Maï Maï est mort et deux autres ont été blessés lors des combats, précisent les mêmes sources. Les opérations militaires se poursuivent à Fizi et ses environs, indiquent les Fardc.

Sud-Kivu: des ex-miliciens étrangers prêts pour le rapatriement. 12 ex-combattants rwandais et un ex-combattant burundais se sont portés candidats au rapatriement volontaire, selon la Monuc/Bukavu. Ils ont manifesté ce désir hier mercredi à l'issue d'une sensibilisation de la Monuc. Ces ex-miliciens seront rapatriés vendredi dans leurs pays d'origine. Par ailleurs, le HCR/Bukavu a aussi accueilli cinq civils étrangers candidats au rapatriement.

Lubumbashi: un centre d'encadrement des jeunes à Katuba. Le gouvernement provincial a procédé, la semaine dernière à Lubumbashi, à la pose de la première pierre d'un centre des jeunes de la Katuba. Un projet financé à 10% par le fond des Nations unies pour la population (UNFPA) et à 90% par le fond social de la République. Ce centre ouvrira ses portes dans six mois. Jody Nkashama

La Fondation Damien et les personnes démunies. La Fondation Damien apporte un appui logistique et financier à plusieurs institutions médicales depuis son implantation en RDC en 1974. Cette organisation non gouvernementale d'origine belge prend aussi en charge les personnes souffrant de la lèpre et de la tuberculose. Elle organise en ce moment une campagne de détection précoce de la co-infection VIH/SIDA et de la tuberculose en Province Orientale

Léonard Mashako ferme 47 universités et instituts supérieurs de Kinshasa. Cent dix huit autres établissements supérieurs qui organisaient des facultés de médecine et de sciences infirmières dans six provinces de la RDC sont également fermés. Ces mesures ont été annoncées mercredi par le ministre de l'Enseignement supérieur et universitaire. Le professeur Léonard Mashako Mamba est notre invité du jour.

Arrivée à Mbandaka de l'ex-otage espagnol des Enyele. Mario Salsa a atteint mercredi soir la capitale de la province de l'Equateur. Il doit sa libération à un commando des Fardc conduit par le major Lungu. "Je suis heureux que ce cauchemar soit fini," a-t-il déclaré. Ce touriste espagnol avait été capturé durant le week-end de Pâques par des insurgés Enyele.

Vendredi 16 avril.

Le retour des refugiés congolais du Rwanda préoccupe les intellectuels du Nord-Kivu. Deux mois après la signature de l'accord tripartite sur le retour des refugiés congolais du Rwanda, aucune préparation matérielle n'est visible sur les sites potentiels d'hébergement. Ce constat a été fait, à Goma, lors d'une audience publique organisée par le Mouvement intellectuel pour le changement (Mic). Plus de 53 000 refugiés congolais vivant au Rwanda attendent d'être rapatriés en RDC. La plupart d'entre eux sont originaires du Nord-Kivu. Pour les intellectuels de cette province, la population locale craint que ce retour ne constitue un autre facteur de conflits et d'instabilité politique dans la province. Le secrétaire exécutif du Mic, Freddy Nzonga, explique : Il y a beaucoup de parties du territoire congolais qui sont occupées par les groupes armés étranger, notamment les FDLR, interhamwe,… Il ne faudra pas que ces gens rentrent encore et qu'ils se trouvent dans les camps des déplacés. Pour le ministre provincial de l'Intérieur, Mutete Mundenga, présent à cette rencontre, la commission nationale pour les refugiés (CNR), est à pied d'œuvre pour identifier les refugiés déjà retournés d'eux mêmes dans les territoires de Masisi et Rutshuru. L'accord sur le rapatriement des réfugiés congolais vivant au Rwanda a été signé le 17 avril 2010 par RDC, le Rwanda et le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Kasaï occidental: 16 millions de Francs congolais détournés chaque mois. Deux divisions provinciales sont accusées d'opérer des retenues sur salaire et de ne pas verser leur dû à 489 familles de fonctionnaires décédés. Le rapport demande à la division provinciale des Finances de justifier la destination de 8,5 millions de FC et exige de la division de la Fonction publique de connaître les bénéficiaires de 7,7 millions de FC. Le ministère provincial de la Fonction publique fait état de cette fraude à grande échelle dans son rapport de mi-octobre 2009, rendu public cette semaine.

Grands Lacs: la certification des minerais presque acquise. Chaque colis de minerais en circulation dans les Grands Lacs devra s'accompagner d'un certificat établi par la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL). Cette proposition a émergé jeudi des discussions entre experts des dix pays membres de la CIRGL réunis depuis lundi à Bujumbura au Burundi. Le but : définir des stratégies de lutte contre le commerce des minerais dits "du sang". Les chefs d'Etats des pays des Grands Lacs devront entériner cette proposition au cours d'un sommet prévu en novembre 2010 à Kinshasa. "Cette rencontre sera capitale. Chaque pays devrait accepter de mettre fin à l'exploitation et au commerce illégal des ressources minières de notre région et surtout celles de la RDC", indique la Tanzanienne Liberata Mulamula, secrétaire exécutive de la CIRGL. Le camp congolais se veut optimiste et avant-gardiste. "Si les Etats harmonisent leurs lois minières et partagent les informations, il est possible d'arriver à la transformation de ces minerais sur place", estime Paul Mabolia Yenga, expert congolais à la rencontre de Bujumbura. A ses yeux, cela passe avant tout par la restauration de la sécurité dans la région. "Le nouveau processus priverait les groupes armés illégaux de ressources financières et limiterait leurs exactions contre les femmes et les enfants," analyse l'ambassadrice Liberata Mulamula. (Radio Okapi)

Shabunda: 3 personnes disparues, 14 maisons incendiées. Des hommes venus du groupement voisin de Beigala ont attaqué à l'aide d'armes blanches, mercredi, le village de Balabala, groupement de Bangoma dans le territoire de Shabunda au Sud-Kivu. A l'origine de ces attaques, se trouve un conflit entre deux clans autour de l'exploitation de la forêt de Balabala. Des attaques similaires de la semaine dernière, ont fait un mort et 5 maisons brûlées.

Goma: 2 ans le crash de Hewa Bora, les victimes crient à l'abandon. La police a dispersé un sit in organisé, jeudi devant l'entrepôt de Hewa Bora à Goma, par un groupe de victimes du crash de l'avion de cette compagnie survenu en 2008 au quartier Birere à Goma. Les manifestants, en colère, accusaient la compagnie et les autorités du pays de ne pas faire cas de leurs revendications. Une quarantaine de boutiquiers avaient perdu leurs biens, travailleurs, amis et familiers dans cet accident. Pour sa part, Hewa bora, estime que les victimes ont raison de s'impatienter et demande que son assureur, la Sonas, indemnise les victimes, affirme Me Tambwe Kitangala avocat de Hewa Bora.

Bunia: les partis politiques s'opposent au départ précipité de la Monuc. Les représentants locaux des partis politiques, toutes tendances confondues ont exprimé leurs craintes jeudi à l'issue d'une rencontre avec la directrice ad intérim de la Monuc en Ituri, Christine Kapalata. Les représentants du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), du RCD-KML (Rassemblement congolais pour la Démocratie KML), du FNI (Front des Nationalistes et Intégrationnistes), de l'UPC (Union des Patriotes congolais), du CDC et de l'UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès social) ont pris part à cette rencontre. Leur prise de position s'ajoute à la pétition d'une trentaine d'ONG de Bukavu, rendue publique le 14 avril. L'un des représentants des partis politiques explique : Le départ de la Monuc ne nous fait pas peur, mais la situation sécuritaire que nous sommes en train de vivre. Le groupe armé FPJC (Front populaire pour la Justice au Congo) est encore actif. La région de Komanda a été endeuillée il y a moins d'une semaine. Un autre représentant ajoute : Il ne faudra pas retirer précipitamment cette force de la Monuc. Nous circulons à Djugu tous les jours. Les Fardc seules ne peuvent pas assurer la sécurité de cette population. La présence de la Monuc est nécessaire, indispensable. Il y a encore des forces résiduelles qui sont encore très actives au sud de Bunia. (Radio Okapi)

Le Conseil de Sécurité samedi à Kinshasa. Une délégation du Conseil de Sécurité arrivera samedi en RDC pour discuter avec les différents acteurs congolais principalement du mandat de la Monuc. Le chef de cette délégation de sept personnes, l'ambassadeur français auprès des Nations unies, Gérard Araud, a déclaré : Le programme de cette mission de deux jours prévoit une rencontre avec le président Joseph Kabila et les autorités congolaises, le Premier ministre, les ministres et parlementaires. La délégation mènera aussi des discussions avec la Monuc et les agences des Nations unies présentes en RDC, ainsi qu'avec la société civile congolaise. Le Conseil de Sécurité se rend en RDC dans un esprit ouvert pour apporter son soutien aux autorités congolaises et envisager la meilleure façon d'assister le gouvernement dans le processus de consolidation de son autorité sur l'ensemble de son territoire.

Samedi 17 avril

Procès Didace Namujimbo : les avocats demandent l'acquittement de quatre prévenus. Le tribunal militaire de garnison de Bukavu a consacré son audience de vendredi aux plaidoiries des avocats de la défense dans l'affaire de l'assassinat du journaliste Didace Namujimbo de Radio Okapi. Ils ont plaidé non coupable pour quatre des prévenus et requis leur acquittement. La défense a avancé plusieurs motifs d'acquittement : soit que le prévenu n'a pas tué la victime, soit que son intention de tuer n'a pas été prouvée par le ministère public. L'un des prévenus, que le ministère public accusait d'avoir revendu l'ordinateur de la victime, a plaidé non coupable. Motif: le fait matériel de recel n'a pas été prouvé par plus d'un témoin. Un autre prévenu, le seul civil accusé du meurtre de Numujimbo, avait reconnu sa présence sur le lieu du crime. Son avocat a demandé que son client soit considéré comme complice et non associé aux malfaiteurs, car il est le beau frère du principal suspect. Il serait arrivé sur le lieu du crime sans s'en rendre compte. Didace Namujimbo a été assassiné en novembre 2008 à Bukavu. Les quinze prévenus sont poursuivis principalement pour association de malfaiteurs, meurtre commis pour faciliter le vol et extorsion. La semaine dernière, le ministère public avait requis la peine de mort pour les sept principaux prévenus. (Radio Okapi)

Fizi: les huit membres du CICR libérés. Les huit personnes prises en otage par des Mai Mai réfractaires à Fizi ont finalement été libérées ce vendredi, soit huit jours après leur séquestration. L'équipe du CICR (Comité international de la Croix-Rouge), composée d'un délégué de nationalité suisse et de sept employés congolais, était retenue depuis le vendredi 9 avril dans les environs de Fizi par des Mai Mai réfractaires du groupe de Yakutumba. Un chef Mai Mai avait reconnu que les ravisseurs étaient bel et bien ses hommes. Il avait ensuite prétexté que ces personnes étaient gardées pour leur sécurité étant donné qu'elles traversaient une zone ou avaient lieu des combats opposant des Mai Mai aux Fardc. Plus tard, un autre chef militaire du même groupe avait donné une autre version des faits. Pour lui, le véhicule du CICR était considéré comme transportant des ennemis. C'est pour cela qu'il avait été intercepté. Des voix s'étaient élevées pour condamner cet enlèvement, parmi lesquelles l'ambassade de France en RDC et le CICR, et demander aux ravisseurs de libérer sans délai ces personnes. Les ravisseurs avaient reconnu avoir entendu ces appels diffusés sur les ondes de Radio Okapi. Pour le moment, les circonstances de leur libération demeurent inconnues. (Radio Okapi)

Kasaï Oriental: 187 femmes sur 100.000 meurent à l'accouchement. Les statistiques de la division provinciale de la Santé ont de quoi alarmer. La situation la plus critique se trouve dans le district de Sankuru, où 341 mères sur 100.000 décèdent en donnant la vie.

Ituri: environ 300 hommes armés aperçus à Di, au bord du lac Albert. Un important regroupement d'hommes armés est aperçu depuis environ un mois dans les villages de Di et de Kafé, au bord du lac Albert, près de Tchomia. Le chef de la collectivité des Banywagi est venu en informer les autorités du district vendredi à Bunia.
Les hommes aperçus à Di sont armés de kalachnikov, selon les témoignages des habitants rapportés par le chef de la collectivité des Bahema/Banywagi. De nombreux habitants de Di ont quitté leur village, fuyant ces hommes armés. Ils ont trouvé refuge à Nyamamba, un autre village situé également au bord du lac Albert, selon le chef coutumier des Banywagi citant ses administrés. La même source signale la présence depuis deux semaines d'un autre groupe d'hommes armés à Kafé. Leur effectif n'est pas déterminé. On ignore pour l'instant l'intention de ces hommes dont l'identité n'est pas connue. Les sources militaires locales de la Monuc affirment être informées de la situation. La Monuc planifie des patrouilles spéciales dans cette zone, selon les mêmes sources. (Radio Okapi)

Kinshasa: expulsions définitives à l'Université catholique du Congo. Le recteur de l'Université catholique du Congo (UCC) confirme le renvoi définitif de quelques étudiants de son université pour avoir, selon lui, manifesté abusivement et sans respect du règlement de l'établissement. L'abbé Jean Bosco reproche à ces étudiants d'avoir brûlé des pneus le 1er mars, et exigé le départ du secrétaire général académique de l'UCC en dehors de toutes les structures de dialogue. Il explique : Nous avons [laissé le temps aux] étudiants impliqués, qui reconnaissaient avoir signé la pétition ou marché en portant des bannières abusives, pour présenter des excuses comme l'avait exigé le président de la Conférence épiscopale. Cela n'a pas été fait. Ceux qui l'ont fait ont reçu une sanction proportionnelle à leur faute. Nous n'avons pas renvoyé abusivement, nous avons appliqué le règlement. Il y a des instances de dialogue, un conseil des étudiants qui est chargé de présenter les doléances des étudiants auprès des autorités de l'université. [Les étudiants fautifs] ne l'ont pas fait, ils ont fait un coup d'Etat au conseil des étudiants, l'accusant de tous les maux. Et ils n'ont pas reconnu toutes les autres instances. Selon certains étudiants frappés d'expulsion définitive, ils sont plus d'une trentaine dans ce cas. (Radio Okapi)

Bondo: recensement des réfugiés centrafricains à Bae, le diocèse accuse. Le vicaire général du diocèse de Bondo, en Province Orientale, dénonce l'obstruction dans l'opération de dénombrement des réfugies centrafricains à Bae par certains agents de la Direction générale de migration (DGM) locale. L'opération devrait être faite par le personnel de la Caritas diocésaine. Mgr Samuel Migido accuse ces agents d'exiger à tout réfugié une somme de 1000 francs congolais avant tout recensement. Ce qui pousse nombre de ces réfugiés de fuir dans la brousse. Rappelons que ces réfugiés centrafricains sont entrés dans le territoire de Bondo après l'attaque de leurs localités par les rebelles.

Goma: prévenir les catastrophes naturelles dans les Grands Lacs. Au moins 14 projets d'études géophysiques pour la prévention des catastrophes naturelles d'origine géologique dans la sous-région des Grands Lacs viennent d'être conçus à Goma. Ils sont le fruit d'un séminaire qui a réuni, de mercredi à vendredi, une dizaine d'experts géophysiciens venus de Goma, du Sud-Kivu et de Kinshasa sous l'égide de l'Unesco.

CEI: reprise de la révision du fichier électoral. La révision du fichier électoral est intégrale, dit A. Malu Malu
La Commission électorale indépendante annonce, pour le 19 mai prochain, la reprise de la révision du fichier électoral. Est concernée dans cette phase l'aire opérationnelle 2 qui comprend les provinces du Katanga, du Maniema, du Kasaï-Occidental et du Bas Congo. Le président de la CEI a lancé, vendredi à Matadi, la compagne de sensibilisation à cette opération.

Bukavu: Margot Wallstrom réconforte les victimes de viol. "Il est possible de mettre fin au phénomène des violences sexuelles en RDC." Margot Wallstrom, la représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en charge des violences sexuelles dans les zones de conflit, l'a déclaré vendredi aux victimes en convalescence à l'hôpital de Panzi à Bukavu, au Sud-Kivu. S'enquérir de la situation en RDC, écouter les personnes maltraitées, discuter avec le gouvernement congolais, les objectifs de la première visite au Congo démocratique de Margot Wallstrom sont nombreux. Par ailleurs, la représentante spéciale a souligné la nécessité d'assister les victimes, de garantir leur protection contre les représailles, de lutter contre l'impunité, de réformer le secteur de sécurité et de rendre disponibles les ressources nécessaires.