Journal
d'Afrique Centrale - R.D.C.
15 au 31 Juillet 2006
n°41
Chronique réalisée par Luc de l'Arbre
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Dimanche 16 juillet.
Affiches, banderoles et photos, ont envahi les grandes artères de la ville de Kinshasa. A l'Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, les étudiants arrondissent leur fin de mois en dessinant affiches et banderoles de candidats qui peinent à mobiliser les foules, à 15 jours de scrutins. "Il semble que pour des raisons financières, les candidats choisissent les banderoles pour mener leur campagne au lieu de grands cortèges", explique Jacques Ilunga, étudiant en sérigraphie à l'Académie des Beaux-Arts. Norbert Tukulu, journaliste de 60 ans et candidat indépendant aux législatives à Kinshasa, reconnaît une "faible mobilisation" des politiques, confirmant que "la campagne demande beaucoup de frais" et que "nombre de candidats n'ont pas assez d'argent". Il compensent avec affiches, banderoles et photos, qui ont envahi les grandes artères de la ville, des poteaux électriques aux troncs d'arbre, seuls les plus fortunés, comme le président Joseph Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba, étant parvenus à faire ériger leurs propres panneaux publicitaires. "Nous avons réalisé au moins 1.000 banderoles et affiches de candidats à la présidentielle et aux législatives", se réjouit Papy Nkadiamba, lui aussi étudiant en sérigraphie de l'Académie. "Une banderole coûte de 15 à 25 dollars suivant sa longueur", explique-t-il, les plus grandes mesurant de 5 à 9 mètres, ornés de logos et messages choisis par les candidats. Ces commandes sont une manne pour les étudiants qui sont généralement sans le sou après avoir payé "les droits de scolarité, acheté des téléviseurs et des téléphones portables", explique Papy Nkadiamba, qui regrette néanmoins la faiblesse des discours et des programmes, difficiles à cerner par la seule lecture des banderoles. "J'essaie de lire les journaux, d'écouter la radio pour connaître les promesses des différents candidats, surtout ceux qui briguent la magistrature suprême. Je sais qui ment et qui dit la vérité. Je n'aurai pas de mal à faire mon choix", affirme le jeune homme, soulignant que ce sera plus difficile à faire pour les électeurs analphabètes ou très peu sensibilisés. Dans le quartier de Matonge considéré comme l'un des points chauds de Kinshasa, les jeunes affirment leur volonté de prendre part au vote, même s'ils ne connaissent pas les projets des candidats. "Nous allons voter en fonction de l'origine des candidats. Il y a des candidats qui ne sont pas des Congolais et d'autres qui sont de vrais Congolais. Le choix sera clair, même si nous pouvons aussi monnayer nos voix", tranche Gaston Mushi, vendeur ambulant de cigarettes. "C'est bien le drame", commente de son côté un observateur électoral européen, "le programme des candidats se résume le plus souvent aux slogans de leurs banderoles, et les électeurs vont se recentrer sur un vote de proximité, le plus souvent tribal". Au total, 33 candidats briguent la magistrature suprême et 9.707, dont plus de 30% à Kinshasa, les 500 sièges de la future assemblée nationale. (AFP)La paix toujours menacée dans les poudrières de l'est. Berceau de rébellions qui ont entraîné deux fois l'ex-Zaïre dans la guerre depuis 1996, les provinces des Nord et Sud-Kivu sont encore le théâtre quotidien de violences contre les civils et de tensions ethniques qui pourraient menacer la paix et les élections. Groupes armés locaux (Maï Maï, Rasta), rebelles étrangers, troupes de l'armée régulière ou déserteurs fidèles à un général dissident sont désignés par les populations locales comme les auteurs de centaines de viols, pillages, meurtres ou intimidations. La présence de rebelles hutus rwandais, estimés à entre 8.000 et 15.000, dans ces territoires voisins du Rwanda est considérée par la communauté internationale comme l'un des principaux obstacles à une paix durable dans la région des Grands lacs. Ces rebelles hutus sont accusés par Kigali d'avoir participé au génocide de 1994, essentiellement dirigé contre la minorité tutsie, et de continuer à menacer son régime depuis ses bases arrières congolaises. "Il reste des poches d'insécurité mais (...) l'on ne constate pas d'augmentation des violences au fur et à mesure qu'on approche des scrutins" du 30 juillet, déclare néanmoins Sylvie van den Wildenberg, porte-parole de la Monuc à Bukavu. Au Nord-Kivu, la menace vient aussi de l'intérieur. Laurent Nkunda, général tutsi congolais dissident, est retranché depuis des mois dans les montagnes du Masisi où il disposerait d'environ 2.000 hommes. "Laurent Nkunda est sans doute la plus grande menace. Son histoire en elle-même prouve qu'il est très probable qu'il tente quelque chose" au cours des élections, explique Jason Stearns, analyste pour l'organisation International Crisis Group (ICG). Issu d'une ex-rébellion soutenue par le Rwanda, Nkunda est visé par un mandat d'arrêt international pour "crimes de guerre" pendant la brève prise de Bukavu en juin 2004. Il avait alors prétendu venir au secours des Tutsis congolais de la ville, qu'il disait menacés. En janvier 2006, ses hommes se sont brièvement emparés de six villages dans le Rutshuru (Nord-Kivu). Selon des sources militaires de l'Onu, il aurait récemment reçu des armes et de l'équipement en provenance de pays voisins. Certaines sources militaires onusiennes et diplomatiques à Kinshasa estiment que Nkunda pourrait avoir encouragé, voire appuyé, des miliciens d'Ituri qui ont lancé ces dernières semaines des attaques contre les positions de l'armée régulière. En Ituri comme au Nord-Kivu, les agences humanitaires dénoncent le "ré enrôlement" d'enfants-soldats démobilisés depuis 2003 et la "confiscation" de cartes électorales par des militaires. Dans les Kivu, les anciennes tensions ethniques, entre communautés locales (nande, shie...) et communautés hutue et tutsie (dont de nombreux membres sont originaires du Rwanda), sont en outre instrumentalisées par certains candidats en campagne, relève Mme van den Wildenberg. Autre facteur déstabilisateur: la résistance de certaines ex-factions rebelles à intégrer les nouvelles brigades de l'armée nationale, en pleine restructuration. "D'une certaine façon, la guerre n'est pas terminée", estime M. Stearns. "Il n'y a plus de bataille sur une ligne de front, mais les gens au sein du gouvernement utilisent les milices pour leurs propres intérêts et les miliciens utilisent la violence pour exercer une pression sur Kinshasa", conclut-il. (AFP)
Lundi 17 juillet.
Démarrage, ce lundi, de la session ordinaire de l'examen d'Etat 2006. La session ordinaire de l'examen d'Etat pour l'édition 2006 démarre ce lundi 17 juillet sur l'ensemble du territoire congolais. Selon l'inspection générale de l'enseignement primaire, secondaire et professionnel, 268 500 élèves finalistes sont concernés par cette session, y compris ceux se trouvant hors des frontières nationales.La Sadc enverra une centaine d'observateurs électoraux. Les ministres de la Défense des pays membres de la Sadc (Communauté économique des Etats de l'Afrique australe) se sont réunis le week-end à Kinshasa. Le processus électoral actuellement en cours en RDC a été au centre de leurs discussions. Au terme de cette réunion, ils ont décidé l'envoi dans ce pays d'une centaine d'observateurs électoraux de la Communauté.
Manifestation violente de démobilisés à Lubumbashi. Les démobilisés du Katanga se sont violemment révoltés vendredi dans la ville de Lubumbashi. Dans leur colère, ils ont endommagé le bureau de la Conader de cette province devant lequel ils attendaient depuis quelque temps le paiement de leur filet de sécurité. Ce qui a conduit à l'arrestation d'une dizaine d'entre eux.
Les élections en RDC : mode d'emploi. Pour leurs premières élections libres et démocratiques, les Congolais devront composer avec un mode de scrutin particulièrement complexe et certains bulletins format "poster" où figureront parfois jusqu'à 65 candidats. Ce scrutin représente également un défi logistique en raison de la taille du pays, l'absence d'infrastructures, et le nombre d'électeurs. Quelque 25,6 millions d'électeurs sont appelés à départager 33 candidats au premier tour de la présidentielle et 9.707 candidats qui briguent 500 sièges aux législatives. La CEI a prévu d'ouvrir environ 50.000 bureaux de vote à travers un pays grand comme l'Europe occidentale. Plus de 30 millions de bulletins ont été imprimés en Afrique du Sud et acheminés dans les 11 provinces de RDC par 76 rotations aériennes. Ces bulletins seront ensuite transportés par les quelque 70 aéronefs de la Monuc dans 160 villes et chefs-lieux de territoires, puis par la CEI dans l'ensemble des bureaux, à l'aide de voitures, pirogues et vélos. La RDC est découpée en 169 circonscriptions électorales. Les électeurs auront deux bulletins : un pour la présidentielle où figurent les noms des 33 candidats, et un autre pour les législatives, dont la taille varie en fonction du nombre de prétendants. En moyenne, une quinzaine de candidats sont enregistrés par siège à pourvoir, avec des pics à 65 candidats à Kinshasa où certains bulletins font la taille de posters (59,4 cm sur 84,1 cm) qui devront être pliés une vingtaine de fois avant d'être glissés dans les urnes. Lors d'une simulation de vote début juillet à Kinshasa, certains électeurs ont épluché les six pages du bulletin aux législatives pendant plus de 20 minutes avant de trouver le candidat de leur choix, certains renonçant à voter. Mais le plus dur sera sans doute le dépouillement, étant donné la complexité du mode de scrutin aux législatives, dans un pays sans expérience en la matière. Dans un tiers des 169 circonscriptions, où un seul siège est à pourvoir, a été choisi le scrutin majoritaire simple. Dans toutes les autres circonscriptions, il s'agit d'un scrutin proportionnel de listes ouvertes: l'électeur votera pour un seul candidat de son choix, quelle que soit sa position dans la liste. Les mandats seront ensuite attribués aux listes ayant obtenu le plus de voix, la première bénéficiant d'une "prime majoritaire". Les sièges obtenus seront attribués aux candidats ayant obtenu individuellement le plus grand nombre de suffrages. "C'est l'enfer. Le dépouillement va durer plus d'un mois et les recomptages seront sans fin", estime un expert électoral des Nations unies qui redoute d'interminables contentieux devant les tribunaux. (AFP)
Création d'une nouvelle aire protégée pour les singes bonobos. La décision de la création de la réserve naturelle de Lomako-Yokokala, à environ 200 km au nord-est de Mbandaka, a été prise le 28 juin, après une dizaine d'années d'études, a affirmé dans un communiqué Jef Dupain, le coordonnateur d'AWF, basée au Kenya. Cette réserve, d'une superficie de 3.625 km³, est considérée comme l'une des zones essentielle à protéger pour son importante population de bonobos. Y vivent également des populations de paons congolais dont l'espèce est endémique (chats d'or, pangolins géants) et environ dix espèces de primates. Le bonobo, qui ne vit qu'en RDC, a été décimé par des années de guerre et de braconnage intensif. Sa population, estimée en 1980 à 100.000 individus, est aujourd'hui tombée à quelque 10.000. Il se nourrit essentiellement de végétaux et se caractérise notamment par son mode de règlement des conflits, consistant en une simulation de l'acte sexuel. La RDC compte, avec la nouvelle réserve de Lomako-Yokokala, 7 parcs nationaux, 3 réserves et 11 domaines de chasse. Ces espaces protégés s'étendent sur 200.000 km2, soit près de 10% du territoire, regroupant près de 6.000 espèces animales et une flore extrêmement variée (non évaluée). (AFP)
La CEI annonce des "listes spéciales pour les électeurs omis". Au cours d'un point de presse, le 2e vice-président de la CEI, Norbert Basengezi, a affirmé que le nombre d'électeurs était passé de 25.712.552 à 24.440.410 après le "nettoyage du fichier" réalisé par le centre national de traitement (CNT) à Kinshasa. Ce nettoyage a notamment permis de "radier" des listes initiales 292.353 "électeurs doublons" (fraudeurs). Il a aussi révélé l'absence d'1,2 million d'électeurs, dont les noms ont été perdus, du fait de la destruction ou de la dégradation des CD-Rom contenant les listes électorales établies dans les centres d'inscription. "Certains agents de la CEI, par impatience liée au retard de la paie et par incivisme, ont détruit ou endommagé des CD-Rom", a expliqué M. Basengezi. D'autres "supports ont été détruits par des intempéries, mal conservés ou endommagés lors de leur transfert" au CNT, rendant "difficile voire impossible le décryptage", a-t-il ajouté. "Nous détenons des informations fiables sur tous ces électeurs qui s'étaient fait enrôler et nous ouvrirons dans les bureaux de vote deux sortes de listes électorales spéciales pour eux pour leur permettre de voter lors des élections présidentielle et législatives du 30 juillet", a dit M. Basengezi. Les numéros de carte électorales émises, dont dispose la CEI, figureront sur ces listes, la première liste spéciale étant réservée aux 877.673 électeurs totalement "omis" et la seconde aux 394.469 dont les noms sont partiellement lisibles. "Pour voter, toutes ces personnes doivent se présenter dans leurs bureaux de vote avec leurs cartes d'électeurs", a prévenu M. Basengezi. Evoquant les problèmes que pourrait créer l'ouverture de ces listes spéciales lors des dépouillements, M. Basengezi a assuré que "toutes les dispositions avaient été prises" conformément à la loi électorale pour que la "transparence des opérations" soit garantie. M. Basengezi a par ailleurs annoncé que les listes électorales, pour les 24,4 millions d'électeurs recensés par le fichier central, étaient déjà "disponibles" dans les 64 bureaux de liaison de la CEI à travers le pays. (AFP)
Les élections en RDC, scrutins tests pour la paix, sous haute surveillance. Les élections du 30 juillet seront placées sous la haute surveillance de militaires et d'observateurs électoraux internationaux, soucieux d'éviter tout dérapage d'un long processus démocratique très largement financé par les bailleurs.
La communauté internationale, qui a investi un demi-milliard de dollars pour financer les premières élections libres en plus de 40 ans dans l'ex-Zaïre, a pris ses précautions. L'Onu dispose de plus de 17.600 Casques bleus au sein sa Monuc, actuellement sa plus importante opération de maintien de la paix au monde, dont le budget avoisine 1,5 milliard de dollars par an, plus de la moitié du budget annuel de la RDC.
Ses troupes sont essentiellement basées dans l'est, où bandes armées locales et rebelles étrangers sont encore très actifs. Sa flotte de quelque 70 aéronefs, dont un Boeing, plusieurs avions cargo et des hélicoptères de transport et d'attaque, en fait "la première compagnie aérienne du continent africain", ironise un de ses responsables. En appui à cette force, l'Union européenne va envoyer un millier d'hommes à Kinshasa et autant en réserve au Gabon, prêts à intervenir dans les 24 heures en cas de besoin. Mandatée par l'Onu pour éviter tout dérapage grave du processus électoral, cette force européenne (Eufor RDC) a installé son état-major sur la base aérienne de Ndolo, en plein coeur de Kinshasa. "J'ai choisi Ndolo pour vous montrer que nous sommes là pour être visibles. Nous sommes une assurance supplémentaire pour garantir des élections libres et pluralistes. C'est un motif suffisant à notre présence", avait expliqué le commandant de l'opération, le général allemand Karlheinz Viereck, à la presse congolaise lors d'une visite en juin. Eufor, dont le coût est estimé à 20 millions de dollars, sera notamment dotée de blindés légers, d'hélicoptères de transport et de drones, qui retransmettront en permanence des images de la situation au sol. Cette force, essentiellement dissuasive, est avant tout le signe de l'engagement européen en RDC où l'UE a investi plus de 600 millions d'euros pour l'aide au développement depuis la fin de la dernière guerre (1998-2003). Consciente de l'enjeu régional des scrutins, la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) a proposé de positionner une force de réserve d'un millier de soldats à Brazzaville - séparée de Kinshasa par le fleuve Congo. Mais la stricte tâche de maintien de l'ordre reste du ressort de la police de RDC, dont plus de 50.000 agents ont été spécialement formés à la sécurisation électorale. Enfin, les élections seront scrutées par plus de 5.000 observateurs électoraux nationaux et un millier d'internationaux, dont 250 envoyés par l'UE et 300 par l'Afrique du Sud et la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC). "Il y aura forcément des petits problèmes, mais le dispositif sécuritaire prévu devrait assurer un bon déroulement des scrutins", a estimé un expert électoral des Nations unies à Kinshasa, redoutant surtout "les lendemains qui déchantent après des élections dont de nombreux Congolais attendent littéralement des miracles". (AFP)
Mardi 18 juillet.
Examen d'Etat : une délégation de l'Epsp tombe dans une embuscade d'hommes armés à Rusthuru. Une équipe d'inspecteurs provinciaux de l'enseignement primaire, secondaire et professionnel du Nord-Kivu en mission de service dans le cadre de la tenue de la session de l'examen d'Etat 2006, est tombée ce lundi matin dans une embuscade d'hommes armés à Langira, dans le territoire de Rutshuru. Les faits se sont passés non loin de l'hôpital de Rwanguba.
Nord-Kivu : déploiement de la 2e brigade intégrée. Des éléments de la 2e brigade intégrée ont été déployés dans les territoires de Lubero, Beni ainsi que dans les villes de Beni et Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Ces troupes sont venues relever les unités des 88 e et 89e brigades rappelées pour le brassage.Jean Pierre Bemba dément avoir menacé de recommencer la guerre. A l'étape de sa tournée électorale à Kindu, Jean-Pierre Bemba a démenti avoir menacé de remettre le pays à feu et à sang s'il n'est pas élu président de la République. Il estime à ce sujet que les propos lui attribués lors de son passage à Tshikapa, dans la province du Kasaï-Occidental, sont le produit d'une manipulation.
Ituri: un centre de transit pour Karim et ses hommes. La Conader/Ituri vient d'ouvrir un nouveau centre de transit pour le chef milicien Peter Karim et ses combattants. Ce centre se trouve à Kpandroma, à 150 Km de Bunia. L'information a été livrée vendredi par le coordonnateur de la Conader en Ituri.
Déminage en Ituri - la Monuc intensifie ses opérations. Le 12 juillet 2006, 8 mines antipersonnel, des explosifs, des grenades, des obus de mortiers de 60mm ainsi que des roquettes de 76 mm récupérés sur le site de la Conader de Nizi, ont été détruites par les experts du service de déminage de la Monuc, dans la vallée du Shari, située à environ 42 kilomètres de Bunia. Le 14 juillet à Marabo, la même équipe, partie de Bunia et escortée par les casques bleus bangladais de la Monuc, a procédé à la neutralisation d'une centaine de mines anti-personnelles et anti-chars récupérés à Aveba, Bunia, Nizi, Kasenyi et Marabo. Cette opération de déminage s'est ensuite poursuivie le 17 Juillet à Aru. Selon Mr Langlois Langis, Chargé des Opérations de déminage à l'UNMACC (Centre de Coordination de la Lutte Anti-mines des Nations Unies, en liaison avec la Monuc, la lutte anti-mines a pu se développer de façon significative: depuis novembre 2004, environ 1000 mines antipersonnel et antichar et plus de 10.000 munitions ont ainsi été détruites par la Monuc dans l'ensemble de la RDC. (Monuc)
Mercredi 18 juillet.
Marche de journalistes à Kinshasa pour la "sécurisation de la presse". Près de 300 journalistes et professionnels des médias ont marché lundi à Kinshasa pour exiger la "sécurisation de la presse", après le meurtre le 3 juillet d'un journaliste congolais. Rassemblés à l'appel de syndicats, médias et organisations de défense de la presse congolais, les manifestants ont dénoncé le meurtre de Bapuwa Mwamba, collaborateur du quotidien d'opposition Le Phare, tué par trois inconnus armés à son domicile alors que venait de démarrer la campagne pour les élections présidentielle et législatives du 30 juillet. "Tuer un journaliste, c'est priver la démocratie d'oxygène", "Bapuwa Mwamba, un mort de trop" ou "Deux tués en 8 mois, c'est trop!" pouvait-on lire sur les banderoles au sein du cortège qui a défilé silencieusement de la gare centrale au siège de la Monuc. "Nous espérons vivement que cette marche sera la dernière. Il y a eu en novembre dernier l'assassinat de Franck Ngyke (journaliste au quotidien indépendant La Référence Plus), puis une série d'attaques contre les radios, des menaces ou des violences physiques contre les journalistes", a déclaré Freddy Mulongo, président de l'Association des radios communautaires du Congo (Arco), un réseau regroupant 152 stations. Des représentants des médias ont remis à la Monuc un mémorandum adressé au secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan, où ils rappellent "qu'il ne peut y avoir d'élections crédibles sans une presse libre et que des élections non crédibles risquent d'être un nouveau détonateur pour de nombreux conflits". (AFP)Portrait de quelques candidats à l'élection présidentielle.
L'opposant Arthur Zahidi Ngoma, des Nations unies à la vice-présidence. Arthur Zahidi Ngoma, le seul des quatre vice-présidents de la RDC représentant une composante "non armée", se pose en rassembleur de l'opposition à la présidentielle du 30 juillet. Ce juriste de 58 ans est en charge de la Commission socio-culturelle du gouvernement de transition. Ce poste lui revient après la défection du leader historique de l'opposition Etienne Tshisekedi, qui boycotte les élections de 2006. A la tête du "camp de la patrie", plate-forme d'une vingtaine de partis, il veut "rassembler" les voix éparses de l'opposition qu'il a coordonnée avec un succès mitigé en trois ans de transition. Né le 18 septembre 1947 à Kalima, dans le Maniema, Arthur Zahidi Ngoma entre très rapidement en résistance après le coup de force de Mobutu en 1965. Arrêté en 1969, il s'évade du camp militaire de Kokolo, à Kinshasa, et s'exile en France où il obtient un doctorat en droit à la Sorbonne. Il entre en 1978 à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), basée à Paris, où il restera 20 ans. A la faveur de l'instauration du multipartisme au Zaïre, il fonde en 1994 les Forces du futur, qu'il dirige encore aujourd'hui. Après l'arrivée de Kabila père au pouvoir, qui dissout le parlement, il participe à une marche de protestation et est incarcéré en 1997 au Katanga. Il s'évade, est repris, condamné à mort et sera gracié après de fortes pressions internationales. En août 1998, il coordonne le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), une nouvelle rébellion soutenue par le Rwanda et destinée à renverser Kabila. En décembre, il est évincée de sa direction et dénonce la mainmise rwandaise sur le mouvement. Depuis son exil bruxellois, il est élu en 2000 président du Regroupement de l'opposition congolaise (Roc), plate-forme regroupant une dizaine de partis. A ce titre, il participe au dialogue inter-congolais qui aboutira à la mise en place du gouvernement de transition.
Catherine Nzuzi, l'héritière du parti unique de Mobutu. Catherine Nzuzi wa Mbombo, une des quatre femmes candidates à la présidence de la RDC, est la "dame de fer" du Mouvement populaire de la révolution-Fait privé (MPR-FP), héritier du parti unique fondé par Mobutu en 1967. A 61 ans, cette femme imposante au regard perçant, le plus souvent dissimulé derrière de larges lunettes griffées, affirme fièrement avoir rénové et maintenu dans le paysage politique congolais un parti "que beaucoup croyaient condamné à la disparition". Cette autodidacte s'est taillée, en 32 ans de dictature mobutiste, la réputation d'une matriarche protectrice pour ses proches et d'une adversaire opiniâtre pour ses ennemis. Née le 19 décembre 1944 à Tshumbe, dans le Kasaï occidental, elle se lance très jeune dans le petit commerce, puis devient en 1967 bourgmestre de la commune de la Gombe, dans le centre de Kinshasa. Son dévouement au régime la propulse en 1972 gouverneur du Bas-Congo puis de Kinshasa en 1985, année où elle intègre le bureau politique du MPR. En 1998, peu après la chute de Mobutu, Catherine Nzuzi prend la tête du MPR, devenu "Fait privé" dans les années 1990 au moment de l'instauration du multipartisme. Sa fidélité au régime zaïrois lui vaut d'être incarcérée pendant près de deux ans pour "haute trahison" par le nouvel homme fort du Congo, Laurent-Désiré Kabila. Dès sa libération, elle participe activement au Dialogue inter-congolais qui aboutira à la mise en place en juin 2003 d'un gouvernement de transition où elle obtient le ministère de la Solidarité et des Affaires humanitaires. Pendant la pré-campagne présidentielle, elle se refuse à participer à une vaste alliance d'anciens mobutistes, estimant avoir gardé seule le flambeau alors que d'autres vivaient un exil confortable. Elle compte sur le vote des femmes, qu'elle a appelé à "investir massivement dans la vie politique", et sur son charisme pour rafler les voix des nostalgiques qui regrettent le régime mobutiste après des années de guerre.
Nzanga Mobutu, jeune politicien qui revendique le lourd héritage paternel. Nzanga Mobutu, fils du dictateur zaïrois et à l'élection présidentielle en RDC, revendique les "acquis" du régime du maréchal qui "a su maintenir l'unité du Congo" malgré un sombre bilan économique et social. "C'est vrai qu'il y a eu un pouvoir autocratique, une mégestion des entreprises publiques", reconnaît-il en évoquant le "règne" de 32 ans de son père, qui a laissé un pays exsangue tomber en mai 1997 comme un fruit mûr entre les mains d'un chef rebelle venu de l'est. A la tête de l'Union des mobutistes (Udemo), parti créé en 2005, Nzanga Mobutu veut défendre "l'unité nationale sauvegardée malgré les dernières guerres (1996-2003)", qu'il conçoit comme un héritage paternel. A 36 ans, il évoque sans nostalgie une "enfance heureuse et protégée" et a horreur des clichés persistants "du roi nègre dans sa jungle, du palais de marbre où coulait le champagne rosé". Plus grand et plus massif que son père, il a hérité de son pli de bouche, d'un regard perçant et ne dédaigne pas de porter à l'occasion une chemise en imprimé léopard, pâle reflet des toques de fourrure de papa. Après des études en sciences politiques et communication à Montréal et Paris, Nzanga Mobutu revient au pays à l'automne 1996, pour "voir les rats quitter le navire". Il garde de cette époque le souvenir de la paranoïa paternelle, du départ précipité de Kinshasa alors que les troupes de Laurent-Désiré Kabila entraient dans la ville et du soulagement d'un exil confortable au Maroc. Il revient pour la première fois en RDC en novembre 2002, alors que Joseph Kabila, qui a succédé à son père assassiné, s'apprête à prendre les rênes d'un gouvernement de coalition nationale. Avec les mobutistes, les retrouvailles ne sont pas faciles. Il raconte notamment l'entente impossible avec Catherine Nzuzi, qui dirige d'une main de fer le Mouvement populaire de la révolution (MPR-Fait privé) créé par son père. "Je n'ai pas les moyens de ceux qui sont aujourd'hui au pouvoir", affirme-t-il pour couper court aux spéculations sur les comptes suisses de son père. Dénonçant "la tentation du parti unique" qui guette selon lui le clan Kabila, ce jeune homme souriant, marié et père de trois enfants, se pose en démocrate "fermement attaché au principe de la limitation des mandats".
Pierre Pay Pay, le grand argentier de Mobutu veut "gouverner autrement". Pierre Pay Pay wa Syakassighe, ancien gouverneur de la banque centrale sous le régime de Mobutu, se prévaut de son expérience de grand argentier pour gérer l'ex-Zaïre, ruiné par des décennies de corruption, de mauvaise gestion et de guerres. Surnommé dans les années 80 "l'homme le plus liquide du pays", il cherche aujourd'hui à tirer avantage de cette distinction populaire en affirmant, selon ses proches, qu'il ne fait pas campagne par goût du pouvoir ou de l'argent, deux choses qu'il a déjà, mais parce qu'il est "porteur d'un véritable projet, un projet de société, axé sur la réconciliation". A la tête de la Coalition des démocrates congolais (Codeco), qui regroupe une vingtaine de partis et associations, l'ancien argentier du maréchal Mobutu met en avant expérience et réseaux pour promettre de bâtir "un Etat puissant et moderne". A 60 ans, Pierre Pay Pay, dit "P3", se donne comme priorités la bonne gouvernance et la consolidation de la paix dans l'ex-Zaïre. Et le discours de cet homme courtois, qui accuse les ex-belligérants au pouvoir d'avoir aggravé la crise économique et sociale, semble séduire diplomates et investisseurs étrangers. Ce diplômé en sciences économiques s'est lancé en 1969 dans les affaires et est devenu rapidement un personnage influent au sein du patronat zaïrois. En 1980, il est devenu commissaire d'Etat (ministre) à l'économie avant de prendre deux ans plus tard la tête de la Gécamines, la plus grosse société minière du pays. Ce collaborateur zélé du régime a été régulièrement récompensé par des primes et promotions, devenant en 1985 président de la banque centrale où il restera six ans. Originaire des provinces de l'est du pays, il se prévaut de l'appui de la communauté de son père - un Nande du Nord-Kivu - et de celle de sa mère - une Shi du Sud-Kivu -, deux groupes ethniques importants.
Antoine Gizenga, un fidèle de Lumumba et le plus vieil opposant congolais. Antoine Gizenga, ancien bras droit du premier chef de gouvernement du Congo indépendant Patrice Lumumba, est à 80 ans le plus vieil opposant politique à participer à la présidentielle du 30 juillet en République démocratique du Congo (RDC). Originaire de la province du Bandundu, cet homme trapu et énergique, ancien séminariste, fut en 1960 le vice-Premier ministre de Lumumba dont il continue à se réclamer l'héritier spirituel, à la tête du Parti lumumbiste unifié (Palu) créé en 1964. "Il y a un temps pour souffrir, un temps pour pleurer mais surtout un temps pour se relever et reprendre le chemin", a-t-il lancé en démarrant sa campagne, promettant d'instaurer "une politique de gestion qui mette fin à la corruption, au détournement des deniers publics, au viol". Outre la plate-forme présidentielle de Joseph Kabila, le Palu est considéré comme la seule formation politique disposant d'un électorat potentiel dans les 11 provinces du pays. En 1960, quand Lumumba est assigné à résidence par le chef de l'armée de l'époque, Joseph-Désiré Mobutu, Gizenga fuit la capitale pour installer le gouvernement à Stanleyville, s'estimant dépositaire de la seule autorité légitime du pays. Peu après l'assassinat de Lumumba, début 1961, il regagne la capitale où il est brièvement emprisonné. Il quitte le pays après le coup d'Etat de Mobutu en novembre 1965 et restera 25 ans en exil en Europe de l'Est. Après le lancement de la dernière guerre sur le sol congolais en août 1998, Gizenga participe au nom de "l'opposition politique non armée" aux négociations qui aboutiront à l'établissement en 2003 d'un gouvernement de transition. Ses détracteurs l'accusent de "jouer le jeu des ex-belligérants" au pouvoir, en participant aux institutions de la transition. Ses alliés jugent au contraire son attitude "responsable" dans un pays qui sort de la guerre et où il pourrait offrir une alternative aux électeurs souhaitant sanctionner mobutistes et guerriers.
Azarias Ruberwa, ex-rebelle soutenu par le Rwanda. Leader d'une ex-rébellion soutenue par le Rwanda, le vice-président congolais Azarias Ruberwa a la réputation d'un homme sérieux et compétent, mais risque de pâtir de ses origines tutsies auprès d'une partie de l'électorat. Banyamulenge, du nom de la communauté congolaise tutsie d'origine rwandaise au coeur de tensions récurrentes dans l'est de la RDC, Ruberwa est considéré comme un "étranger" par de nombreux Congolais. Né à Minembwe dans la province du Sud-Kivu, cet avocat a fait son entrée en politique en 1996 au sein de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), rébellion soutenue par le Rwanda qui a chassé le président Mobutu du pouvoir en mai 1997 au profit de Laurent-Désiré Kabila, le père de l'actuel président. Quand la guerre éclate à nouveau en 1998, il participe à la création de la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenue par le Rwanda. A ce titre, il prendra part aux négociations de paix qui feront de lui en 2003 un des quatre vice-présidents de RDC, en charge de la Commission Défense, politique et sécurité. En août 2004, il suspend sa participation au gouvernement après le massacre de 160 réfugiés banyamulenge dans un camp du Burundi, exigeant une enquête sérieuse. Plus récemment, il a plaidé en vain pour la transformation de Minembwe en circonscription électorale, estimant que l'actuel découpage privait sa communauté de chances d'avoir des élus aux législatives. Cette dernière revendication "l'a enfermé dans le rôle de défenseur d'une seule communauté, une image qui va le desservir pendant la campagne", estime un diplomate en poste à Kinshasa. M. Ruberwa, 41 ans, chrétien convaincu, a pourtant également mis l'accent, durant sa campagne, sur la "bonne gouvernance" et la "réconciliation". "Dans les cinq ans qui viennent, on parlera moins de l'insécurité, du chômage et de l'intolérance. Nous allons centrer notre politique sur la bonne gouvernance", avait-il déclaré début avril, en déposant sa candidature à la présidentielle.
Jean-Pierre Bemba: des affaires au gouvernement, en passant par le maquis. Riche homme d'affaires, ex-rebelle puis vice-président, Jean-Pierre Bemba entend couronner par une victoire à la présidentielle congolaise une ascension fulgurante entachée d'accusations de graves violations des droits de l'Homme. Personnage controversé, réputé autoritaire et audacieux, ce colosse de 43 ans a dirigé une rébellion soutenue par l'Ouganda, le Mouvement de libération du Congo (MLC) créée en septembre 1998 pour renverser le régime du président Laurent-Désiré Kabila, père. Né le 4 novembre 1962 à Bokada, dans la région forestière de l'Equateur de l'actuel chef de l'Etat. Jean-Pierre Bemba est le fils d'un richissime homme d'affaires proche du dictateur zaïrois Mobutu. Après ses études en Belgique, il dirigera les entreprises familiales. Touche à tout, il se lance à son propre compte dans la téléphonie mobile, le fret aérien, créé deux chaînes de télévision privées. Mais le "Mobutu miniature", tel que le surnomme la rue kinoise, quitte brusquement la capitale en 1997 après l'arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila. Il passera près de 5 ans dans la brousse équatoriale, où le MLC règnera en maître. A la fin de la guerre, en 2003, il obtient un des quatre postes de vice-président de RDC. Il table aujourd'hui sur son bilan à la tête de la Commission économique et financière du gouvernement, qui a permis de "stabiliser les prix", "maîtriser l'inflation" et "relancer la croissance". Il a rejoint en juin le Renaco (Rassemblement des nationalistes congolais), une plate-forme regroupant 23 partis qui veut barrer la route au président sortant, Joseph Kabila. Cet homme réputé pour ses coups de sang répète d'une voix douce qu'il ne veut que "justice, sécurité et développement" pour ses concitoyens et réfute toute intention belliqueuse en cas d'échec aux élections et de perte d'une précieuse immunité judiciaire. Condamné par contumace en mai 2003 à Bruxelles à un an de prison ferme pour "traite d'être humains", Bemba a été cité en 2002 dans un rapport d'experts des Nations unies comme une des personnalités impliquées dans le pillage des ressources naturelles en RDC. Son mouvement a été accusé d'actes de cannibalisme pendant la guerre à l'encontre de pygmées, qui ont finalement blanchi le MLC. Mais l'ex-chef rebelle est personnellement visé par une plainte pour "crimes de guerre" en Centrafrique entre octobre 2002 et mars 2003, déposée devant la Cour pénale internationale (CPI) par la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH).
Joseph Kabila, héritier-président d'un pays dévasté candidat à sa propre succession. Joseph Kabila, désigné président de la République démocratique du Congo après l'assassinat de son père en 2001, veut acquérir par les urnes une légitimité lui permettant de "poursuivre" la reconstruction du pays très timidement amorcée en trois ans de transition. A 35 ans, le plus jeune chef d'Etat d'Afrique fait figure de favori dans la course à la présidentielle. Il met en avant son bilan: la paix retrouvée, la réunification du pays et surtout, la "promesse tenue" de "conduire le peuple congolais" à ses premières élections libres en plus de 40 ans. Ne laissant rien au hasard, ce jeune homme discret mais déterminé a lancé fin juin l'Alliance de la majorité présidentielle (AMP), machine de guerre électorale regroupant 31 partis dont l'objectif affiché est d'assurer son élection dès le premier tour, le 30 juillet. Joseph Kabila est né à Lulenge, dans le territoire de Fizi fief du maquis dirigé par son père Laurent-Désiré, rebelle au régime du dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko. Second d'une famille de neuf enfants, il part à l'âge de 5 ans en exil en Tanzanie où il étudie dans une école française de Dar Es-Salaam. Après une formation militaire à Mbeya (sud tanzanien), il s'inscrit avec sa jumelle Jeannette en faculté de droit à Kampala en 1996. Dès le déclenchement de la guerre (septembre 1996) contre le régime zaïrois, il rejoint son père qui le présentera comme son conseiller militaire. Il évoluera dans l'ombre de James Kabarebe, officier rwandais détaché auprès des forces anti-Mobutu qui prendra la tête de l'armée après l'accession de Kabila père au pouvoir en mai 1997. Chef d'état-major adjoint, Joseph est bombardé général-major puis envoyé en Chine pour une formation militaire, précipitamment interrompue lors du déclenchement dans l'est congolais d'une nouvelle rébellion le 2 août 1998, prémisse d'une guerre régionale qui impliquera sept pays africains. L'assassinat de son père, le 16 janvier 2001, le propulse à 29 ans à la tête de l'Etat. Il signe en 2002 des accords de paix avec le Rwanda et l'Ouganda, pays agresseurs et soutiens des deux principales rébellions. Il est confirmé dans ses fonctions par l'Accord global signé le 17 décembre 2002 à Pretoria et gère la transition politique avec les ennemis d'hier issus des rébellions. Ses longues années d'exil et sa maîtrise fragile du lingala (langue de la capitale et de l'ouest du pays) servent à ses détracteurs pour mettre en doute ses origines congolaises. Accusé de vouloir confisquer un pouvoir obtenu "par hasard" et d'être impliqué directement dans l'attribution de juteux contrats miniers à des sociétés étrangères au détriment de l'Etat, le candidat Kabila se borne à répéter qu'il travaille pour le bien du pays et s'en remettra "au verdict des urnes", quel qu'en soit le résultat. Ce jeune homme austère, qui ne boit pas et ne fume pas, a pour seule fantaisie connue le goût des belles voitures et la moto, qu'il conduit parfois seul et sans casque au bord du fleuve Congo. Il s'est marié mi-juin avec Marie Olive Lembe di Sita, 27 ans, avec laquelle il a une fille de 5 ans, Sifa Kabila. (AFP)
Les médias sous pression à l'approche des élections. La campagne électorale a démarré dans le sang, avec le meurtre le 3 juillet de Louis Bapuwa Mwamba, un journaliste congolais travaillant pour le quotidien d'opposition kinois Le Phare. "Il s'agit du deuxième assassinat de journaliste en huit mois en RDC" après celui d'un autre journaliste congolais abattu avec son épouse en novembre 2005 par des militaires, dénonce Donat Mbaya, président de Journaliste en danger (Jed), la principale organisation de défense de la presse dans le pays. Ces meurtres ont suscité l'indignation et la colère des professionnels des médias à Kinshasa, qui ont exigé des autorités "la sécurisation de la presse", garante de la transparence des scrutins présidentiel et législatifs du 30 juillet. Jed dénonce quasi-quotidiennement des arrestations arbitraires de journalistes, sur ordre de potentats locaux ou de Kinshasa, des menaces ou intimidations et la destruction de matériel de radios ou télévisions par des militaires parfois à la solde de candidats. Plusieurs journalistes étrangers, venus couvrir des scrutins ont également été menacés ou refoulés. Le 3 juillet, une envoyée spéciale française de Radio France Internationale a été expulsée. Cette expulsion est "un très mauvais signal" pour la Monuc, qui dénonce par ailleurs un "racket" des services gouvernementaux qui réclament jusqu'à 500 dollars pour la délivrance d'une accréditation presse. "Non seulement les crimes se multiplient, mais ils restent impunis", s'insurge Tshivis Tshivuadi, secrétaire général de Jed, déplorant une impunité qui conforte les agresseurs dans "la certitude qu'ils ne risquent pas grand chose en s'en prenant à la presse". En revanche, les journalistes restent une cible facile du pouvoir, quasi-automatiquement incarcérés à la suite de plaintes pour diffamation, qu'elles soient ou non motivées. Si comme Jed, l'Union nationale de la presse au Congo (UNPC, premier syndicat de journalistes) reconnaît des "dérapages dans certains médias, qui relaient des discours haineux ou partisans", elle regrette qu'ils puissent ainsi servir de prétexte au pouvoir dans "sa politique de répression". "Il faut avant tout s'attaquer au manque de formation des professionnels et à leur insécurité économique, qui les rendent perméables à la corruption", estime Kabeya Pindipasi, président de l'UNPC. La régulation de la presse, confiée à la Haute autorité des médias, relève de la gageure dans un pays aux 223 radios, 70 chaînes de télévision, plus d'une centaine de journaux, et où les radios privées appartenant à des candidats ont multiplié leurs émetteurs dans les provinces. "A deux semaines des élections, on sent la peur monter. Les journalistes ne savent plus comment travailler dans cette atmosphère hostile entretenue par les autorités", affirme M. Tshivuadi. (AFP)
Après le "1 + 4 = 0", les élections vont installer un régime classique. Selon la Constitution de transition, adoptée le 2 avril 2003 à l'issue de 19 mois d'un dialogue inter-congolais, l'exécutif est partagé entre un président et quatre vice-présidents. Cet attelage impossible a fait dire à la rue kinoise que son pays ne dispose pas "d'un fauteuil, mais d'une banquette présidentielle", à l'origine de nombreuses crises de gouvernement. Joseph Kabila, porté au pouvoir après l'assassinat en janvier 2001 de son père, Laurent-Désiré, a été reconduit dans ses fonctions, "pour toute la durée de la transition". Les vice-présidents, également inamovibles, sont Abdoulaye Yerodia Ndombasi (issu de la composante ex-gouvernementale), d'Azarias Ruberwa (issu d'une ex-rébellion soutenue par le Rwanda), Jean-Pierre Bemba (issu d'une ex-rébellion soutenue par l'Ouganda) et Arthur Zahidi Ngoma (issu de l'opposition politique non armée). Tous les postes sont répartis suivant ce même principe, au sein du gouvernement (36 ministres et 25 vice-ministres), du Parlement (500 députés et 120 sénateurs), entre les 11 gouverneurs de province, au sein de l'état-major général de l'armée et parmi les mandataires des entreprises publiques. Les élections vont permettre de balayer ce système de "blocage de gouvernement" selon l'expression d'un député congolais, et mettre fin à la crise de légitimité politique. Plébiscitée à 84,3% par référendum en décembre 2005, puis promulguée en février 2006, la nouvelle Constitution congolaise instaure une IIIe République, dotée d'un régime semi-présidentiel dans un Etat unitaire fortement décentralisé. Elle établit les bases d'un régime démocratique avec des représentants librement élus. Elle prévoit notamment l'élection du président au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans renouvelable une seule fois. Le président nomme le Premier ministre, issu de la majorité parlementaire. Gage de l'équilibre des pouvoirs, l'Assemblée nationale peut voter une motion de censure contre le gouvernement et le président peut prononcer la dissolution de l'Assemblée en cas de crise persistante avec le gouvernement. Le pouvoir judiciaire est indépendant et le principe de la parité homme/femme inscrit dans les institutions. Enfin, les provinces, qui passent de 11 à 26 (dans un délai de 36 mois), ont une large autonomie et perçoivent directement à la source 40% des recettes qui leur sont allouées. Ce dernier point est un de ceux qui suscitent le plus d'inquiétudes parmi les observateurs internationaux, car il suppose une responsabilisation des élites locales et une lutte en profondeur contre la corruption qui ronge l'appareil d'Etat. Mais, comme disent les électeurs congolais, "cela ne peut pas être pire que le 1+4". (AFP)
Journée sans infos dans les médias. Mardi 18 juillet, les journalistes de la RDC ont décrété une journée sans information dans leurs journaux, périodiques et chaînes de radio et de télévision à travers tout le pays. Ils ont réagi ainsi contre l'assassinat de Bapuwa Muamba, journaliste tué le 7 juillet dernier à Kinshasa. Son corps a été mis en terre cet après-midi au cimetière de la Gombe. Triste et consternation, c'est l'ambiance qui régnait cet après-midi à la place du 4 janvier, dans la commune de Kalamu. Des amis, des membres de famille, des journalistes de la presse tant locale qu'étrangère étaient présents. Parmi les associations des professionnels des médias, on pouvait distinguer Journaliste en danger, l'Observatoire congolais des médias, l'Union nationale de la presse du Congo à la tête desquelles se trouvaient leurs présidents respectifs. Le mot d'ordre respecté à Lubumbashi, à Bukavu, à Goma, Réaction de la Monuc "Les autorités congolaises et la Haute autorité des médias doivent assumer leurs responsabilités pour que les journalistes exercent leur métier sans entrave et sans menace", a déclaré Kemal Saiki, porte-parole de la Monuc à la réception du mémo. M. Saiki a rassuré que ce document sera transmis à son destinateur, à savoir le secrétaire général des Nations Unies. Enfin, le porte-parole de la Monuc a dit que son institution (la Monuc) partageait la préoccupation des journalistes congolais et qu'elle ne manquerait pas de souligner ce problème en cas de nécessité.
Radio Okapi solidaire avec la presse congolaise. En cette journée décrétée sans information, Radio Okapi n'a pas pu interrompre ses programmes en raison de son statut. Toutefois, la Fréquence de la paix est de cur avec les professionnels des médias et s'associe à leur démarche. Ainsi, elle soutient l'action entreprise par l'Union nationale de la presse du Congo en diffusant pendant toute la journée des émissions spéciales qui permettront aux professionnels de médias d'exprimer leur mécontentement face aux assassinats des journalistes et autres abus dont ils sont victimes.
L'Ong ACIDH déplore la non prise en compte des problèmes réels de la population. Hubert Tshiswaka, directeur exécutif de l'ACIDH, estime que les candidats ne peuvent plus revenir sur les problèmes que la population connaît déjà, tel que le manque d'eau et d'électricité. Il faudra, selon lui, que ces candidats abordent les problèmes réels : la bonne gouvernance sur par exemple la renégociation de tous les contrats miniers qui ont été bradés pendant la transition. Que ces candidats disent la destination de l'argent donné par la communauté internationale et pour lequel il n'y a aucun impact social sur le terrain. Enfin, les différents candidats doivent s'expliquer sur les stratégies de lutte contre l'impunité. A ce sujet, M. Tshiswaka précise que les candidats doivent expliquer le sort réservé aux auteurs de la mort de près de 5 millions des Congolais ainsi que les moyens pouvant mettre fin à l'impunité.
Campagne électorale : des tracts dans les rues de Mbandaka. Des tracts insultant certains candidats aux scrutins ont été largués dans la nuit de samedi à dimanche au chef-lieu de la province de l'Equateur. L'inspecteur provincial de la police nationale a de nouveau tapé du poing sur la table et invité les responsables des partis politiques à éduquer leurs militants pour une campagne électorale apaisée.
Le CIAT appelle au cantonnement des FARDC et de la GSSP. Le CIAT invite les Congolais et les Congolaises à participer massivement aux scrutins parlementaire et présidentiel ce 30 juillet 2006 et à faire leurs choix en toute sérénité. Le décret présidentiel du 6 mai 2006 confie à la Police Nationale Congolaise la sécurisation des opérations électorales. Aussi, le CIAT estime qu'il est nécessaire de procéder au cantonnement des Fardc avant, pendant et immédiatement après les scrutins afin, d'une part, de promouvoir un climat de sérénité et de quiétude pendant le vote, et, d'autre part, d'affirmer le caractère apolitique de l'armée. Cette mesure de strict cantonnement devrait concerner toutes les unités des Fardc, brassées et non brassées, sur l'ensemble du territoire national, y compris celles de la Garde Spéciale de la Sécurité Présidentielle (GSSP). Elle ne concernerait pas, cependant, les unités engagées conjointement avec la MONUC dans des opérations de désarmement de groupes armés congolais et étrangers en Ituri et dans les Kivus. Par ailleurs, le CIAT insiste sur sa demande, qu'il réitère d'ailleurs régulièrement depuis le 23 janvier 2006, pour la tenue d'une réunion entre l'Espace présidentiel et le CIAT dans les meilleurs délais, mais en tout cas avant le 30 juillet 2006. Le CIAT souhaite aborder avec les membres de l'Espace notamment la question essentielle du fonctionnement du Gouvernement de la transition, conformément à l'article 222 de la Constitution, pendant la période du 1e août 2006 jusqu'à l'installation, la plus rapide possible, du nouveau gouvernement issu des élections. En effet, cette période ne doit pas devenir synonyme de blocage politique, de chaos institutionnel ou de vacance ni d'abus de pouvoir. (AFP)
Violences à l'approche des élections. Sept personnes ont été tuées dans l'attaque d'une réunion électorale dans l'est de la RDC. Des assaillants non identifiés ont ouvert le feu lundi sur la foule rassemblée à Mugogo, un village situé à une quinzaine de kilomètres de Rutshuru, dans la province du Nord-Kivu, pour écouter Jean-Luc Mutokambale, candidat indépendant aux élections législatives. Ce dernier, craignant pour sa vie, a fui en Ouganda, a dit un autre candidat. "De nombreux candidats ne peuvent tout simplement pas faire campagne librement dans cette région. La situation est précaire à seulement deux semaines des élections", a commenté Jacqueline Chenard, porte-parole de l'Onu dans le Nord-Kivu. "Il est nécessaire de procéder au cantonnement des Fardc avant, pendant et immédiatement après les scrutins afin, d'une part, de promouvoir un climat de sérénité et de quiétude pendant le vote, et, d'autre part, d'affirmer le caractère apolitique de l'armée", affirment ces bailleurs de fonds, parmi lesquels l'Onu. Cette recommandation vise également la garde présidentielle de Joseph Kabila. Certains candidats à la présidentielle et aux législatives ont réclamé une suspension de la campagne électorale par crainte de fraudes de la part du pouvoir en place. (Reuters)
Kinshasa : marche hostile aux étrangers, affiches électorales détruites. Quelque 300 manifestants ont détruit mardi à Kinshasa des affiches électorales et dénoncé des élections "truquées", au cours d'une manifestation très hostile à la communauté internationale. Un policier a été blessé par un jet de cocktail Molotov en début de manifestation, et a été évacué vers un hôpital, a-t-on appris de source policière. La gravité de ses brûlures n'a pas été précisée. Réunis sur le grand boulevard de Kinshasa près de la gare centrale, les manifestants brandissaient un portrait de l'opposant Etienne Tshisekedi, leader de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui boycotte les scrutins, et lançaient des slogans très hostiles aux étrangers. Aux cris de "Pas d'élections sans Tshisekedi", "le Congo aux Congolais", ou "la communauté internationale nous a imposé des élections truquées", ils ont systématiquement arraché les banderoles, affiches et posters électoraux des candidats à la présidentielle et aux législatives. L'autodafé d'un poster géant du candidat président Joseph Kabila, copieusement traité d'"étranger", a suscité la joie des manifestants, dont certains marchaient totalement nus dans la rue, en signe de colère. Les policiers, déployés le long du grand boulevard, ne sont pas intervenus, se contentant d'encadrer la marche. (AFP)
Mercredi 19 juillet.
Incident entre militaires et partisans de Pay Pay à Bukavu : Jean-Pierre Bemba réagit. Un incident a eu lieu entre les éléments de la garde du vice-président de la République Jean-Pierre Bemba et les partisans de Pierre Pay Pay à Bukavu lundi,lors des meetings de ces deux candidats. Le président national du MLC soutient que ses militaires n'ont pas intimidé les hommes de Pay Pay. Il déclare s'être mis d'accord avec ce dernier sur le décalage de leurs meetings.Kits électoraux arrivés dans tous les chefs-lieux des territoires de la RDC. La confirmation a été faite mardi par l'abbé Malu Malu. Toujours d'après le président de la CEI, ces matériels n'attendraient plus que la fin de la formation de tous les responsables des centres de vote pour être déployés dans les bureaux de vote.
Sécurité des journalistes : Jed recommande prudence et professionnalisme. Mardi 18 juillet, les professionnels des médias ont observé une journée sans information, exprimant ainsi leur mécontentement face à l'assassinat du journaliste Bapuwa Muamba. Ce meurtre remet sur la table, une fois de plus, la question de la sécurité des journalistes. A ce sujet, le ministre de l'Information et Presse a déclaré que le gouvernement n'avait pas de mesures particulières pour la sécurité des journalistes et qu'il s'efforçait à améliorer les conditions de sécurité pour tous. A défaut de ces mesures particulières, l'ONG Journaliste en danger, Jed, recommande prudence et professionnalisme aux hommes et femmes des médias.
Près de 4.000 miliciens ont désarmé depuis fin juin en Ituri (Onu). Ces combattants, issus de différents groupes armés d'Ituri, "ont rejoint le processus national de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) en Ituri et ont rendu 2.141 armes", a déclaré le porte-parole militaire de la Monuc, le lieutenant-colonel Stéphane Lescoffit. La Commission nationale de désarmement et de réinsertion (Conader), qui a fermé en juin ses centres de démobilisation au niveau national, a maintenu son dispositif en Ituri où plusieurs milliers de combattants réfractaires au désarmement sévissent encore, empêchant quelque 200.000 déplacés internes de regagner leurs villages. En 2005, plus de 15.000 miliciens avaient rendu les armes dans le cadre du DDR. Les autorités militaires congolaises ont appelé les réfractaires à regagner le processus DDR et engagé des pourparlers avec plusieurs chefs miliciens locaux. Peter Karim, chef milicien qui disposerait d'un millier d'hommes majoritairement issus de la milice du Front nationaliste et intégrationniste (FNI) dans la région de Nioka à plus de 60 km de Bunia a récemment annoncé sa décision de regagner le processus DDR. Selon des sources militaires congolaises et de l'Onu, il aurait négocié sa reddition contre l'assurance qu'il ne serait pas poursuivi par la justice et de l'obtention d'un grade d'officier au sein de l'armée régulière. Par ailleurs, l'armée congolaise a repris au cours des derniers jours plusieurs localités situées à environ 80 km à un groupe de miliciens issus des Forces de résistance patriotique en Ituri (FRPI, allié au FNI). Ces miliciens tiennent toujours la localité de Tchei, un de leurs anciens bastions, repris fin juin à l'armée congolaise. La Monuc, dont la priorité est de prévenir de nouvelles violences et déplacements de populations avant les élections présidentielle et législatives du 30 juillet, "ne prévoit pas pour le moment d'opération" dans cette zone, a précisé le lieutenant-colonel Lescoffit. L'attaque de Tchei avait entraîné le déplacement de milliers de civils, dont 8.900, réfugiés dans un camp près de Bunia, ont commencé à recevoir une aide alimentaire du Programme alimentaire mondial (Pam). "Plus de 37 tonnes de farine de maïs, haricots, huile et sel ont été distribuées grâce aux ONG locales" dans le camp de Dele, à 6 km de Bunia, a indiqué mercredi le Pam dans un communiqué. (AFP)
L'Onu dénonce des "dérapages" pendant la campagne électorale. La Monuc "reste globalement satisfaite" du déroulement de la campagne, qui est entrée dans sa troisième semaine, mais "déplore en revanche les dérapages et incidents que l'on observe à travers le pays", a déclaré Jean-Tobie Okala, porte-parole adjoint de la Monuc. Il a notamment déploré des heurts survenus samedi dans un stade de Kinshasa entre des partisans d'Oscar Kashala, un des 33 candidats à la présidentielle, et des jeunes de la rue dont plusieurs ont été tabassés après avoir lancé des pierres, et l'interdiction d'une marche de l'opposition à Goma. Plusieurs cas d'agression physiques de militants politiques ont été signalés dans les Kasaï, les Kivu, l'Equateur et dans la capitale, où des manifestants ont systématiquement arraché des banderoles et posters de candidats. A Kananga (Kasaï occidental), le MLC du vice-président Jean-Pierre Bemba et le PPRD, qui appuie la candidature du président Joseph Kabila "sont accusés de procéder à leurs meetings au relevé des numéros de cartes d'électeurs, avant d'offrir aux participants des T-shirts et de leur montrer les logos de leurs partis pour lesquels ils les invitent à voter". Le relevé de numéros de cartes d'électeur servirait dans certains cas à des "tombolas électorales", où les électeurs recevraient des lots de cadeaux de candidats de valeurs variées, selon des observateurs de l'Onu. En Equateur, "de nombreux incidents vraisemblablement provoqués par le PPRD sont signalés". "Certains ont même tourné en bagarres rangées entre militants de ce parti et ceux du MLC", dont cette région était le fief pendant la dernière guerre, a déploré la Monuc. Par ailleurs, la division Droits de l'Homme (DDH) de la Monuc a dénoncé des "tracasseries" et "menaces" dont les journalistes et défenseurs des droits de l'Homme sont de plus en plus souvent l'objet de la part de partis politiques ou de dépositaires de l'autorité gouvernementale à mesure que les élections approchent. Un journaliste de la Radio Okapi, parrainée par l'Onu, a été "menacé par un membre du MLC à Gemena", fief de l'ex-rebelle Jean-Pierre Bemba en Equateur, et un autre a été "attaqué par des agents de sécurité sur ordre du chef de la Conader (Commission nationale de désarmement et réinsertion)" à Lubumbashi alors qu'il interrogeait des soldats démobilisés, a rapporté Fernando Castanon, chef de la DDH. (AFP)
Jeudi 20 juillet.
Bunia : la CEI, le duplicata et les demandeurs. Au chef-lieu du district de l'Ituri, près de 200 personnes envahissent quotidiennement le bureau de la Commission électorale indépendante (CEI). Elles recherchent désespérément un duplicata pour avoir perdu leur carte d'électeur. Certains attendent depuis deux semaines, voire plus avant d'être servis. Débordée, la CEI n'accepte plus les nouveaux cas.Fin de l'examen d'Etat édition 2006 ce jeudi. C'est fait. L'épreuve de l'examen d'Etat a pris fin jeudi 20 juillet 2006 sur toute l'étendue de la RDC. Elle aura duré quatre jours. A Kinshasa, au sortir de la
salle d'examen, certains élèves finalistes interrogés pensent "noyer leurs stress dans un verre " après cette composition.L'insécurité empêche de battre campagne à Fizi Baraka. Certains candidats à la députation nationale ne peuvent pas sillonner la région pour battre campagne. Ils craignent la présence des groupes armés dans cette partie du Sud-Kivu, notamment à Baraka. Cet empêchement a lieu à 10 jours de la tenue des élections présidentielles et législatives.
Kinshasa : plus de 7 000 policiers formés pour sécuriser les élections. Ces hommes venus de Kinshasa et du Bas-Congo ont reçu les brevets sanctionnant la fin de leur formation mercredi au cours d'une cérémonie organisée à l'Inspection provinciale de la police de Kinshasa. Cette formation de deux semaines était assurée par la police civile de la Monuc. Les lauréats se sont dits satisfaits et capables de maintenir l'ordre public pendant et après le processus électoral.
Sud-Kivu : les déplacés de Bunyakiri sans assistance. Des milliers des déplacés sont enregistrés dans les environs de Bunyakiri, à 95 kilomètres de Bukavu. Ces personnes ont fui les invasions répétées des combattants hutus rwandais et les affrontements entre ceux-ci et les Fardc dans cette région. Les déplacés ne bénéficieraient d'aucune assistance, selon l'administrateur résident. Mais les agences humanitaires réfutent cette allégation.
Pénurie du kérosène à Kisangani. Les compagnies aériennes se plaignent. Elles éprouvent d'énormes difficultés pour s'approvisionner en carburant. La rupture du stock local du kérosène observée depuis une semaine justifierait cette carence. Par conséquent, de nombreuses perturbations sont enregistrées dans le trafic aérien.
Après les élections, l'effort doit porter sur la corruption (ICG). La paix et la démocratie ne s'installeront durablement en RDC que si les bailleurs internationaux et le gouvernement oeuvrent à restaurer l'autorité de l'Etat, en luttant contre la corruption, selon International Crisis Group (ICG). Dans le cas contraire, il risque d'émerger, après les élections présidentielle et législatives du 30 juillet, toute "une classe de politiciens et d'anciens chefs de guerre" qui pourraient être tentés de "tirer avantage de la faiblesse de l'Etat et de lancer de nouvelles insurrections", avertit l'Ong pour la prévention des conflits, dans un rapport publié jeudi. L'Ong, qui relève que la corruption est un mal endémique depuis l'indépendance du pays en 1960, avance qu'une partie des ressources actuelles de l'Etat sont prélevées à des fins privées ou pour financer la campagne électorale. Entre 60 et 80% des taxes douanières sont détournées et dans le secteur minier - "particulièrement propice à la corruption" - des contrats sont signés sans que l'Etat n'en profite, poursuit ICG. Les différents postes au gouvernement, au parlement, dans l'administration et les entreprises publiques ont été partagés entre les ex-belligérants, conformément aux accords de transition signés en 2003 pour mettre fin à une guerre déclenchée en 1998. ICG juge également qu'il faut renforcer les institutions pour qu'elles ne "restent pas des coquilles vides", principalement le parlement et les tribunaux, qui n'ont pas assez de ressources pour "fonctionner efficacement". Le pouvoir judiciaire est "très politisé", souligne l'Ong qui en veut pour preuve que "pas un responsable n'a été jugé durant la transition pour corruption". Les bailleurs, qui financent la moitié du budget national, devraient également trouver un successeur au Comité international d'accompagnement de la transition (Ciat), afin qu'il "fasse pression sur le prochain gouvernement pour la mise en oeuvre des réformes promises". (AFP)
En RDC, la presse pour cible à dix jours d'élections "libres". A mesure que l'échéance du 30 juillet approche, la fièvre monte à Kinshasa. A défaut de mobiliser les foules, la campagne électorale déborde dans les médias. La HAM (Haute Autorité des médias) vient de frapper un grand coup en décrétant, mardi soir, la suspension pour 72 heures de six chaînes de télévision accusées de faire outrageusement campagne : la première chaîne nationale et Digital Congo roulent pour le président sortant et favori du scrutin, Joseph Kabila ; CCTV et Canal Kin TV sont à la solde du vice-président, Jean-Pierre Bemba ; il y a aussi Global TV et Africa TV, proches de deux autres des 33 candidats. Hier, ces chaînes émettaient encore, en totale violation de la décision de la HAM. Dans un pays grand comme l'Europe des 25 et sans moyen de communication autre que l'avion, radios et télévisions sont le seul moyen de toucher la population. Le Congo-Kinshasa compte 250 radios, 70 chaînes de télévision 40 pour la seule capitale et 200 publications, dont seules 60 sont régulières. Une jungle où se côtoient le pire et le meilleur. La journée de mardi l'a illustré jusqu'à la caricature. Alors que la HAM sanctionnait la dérive électoraliste, quand elle n'est pas haineuse, des médias, plusieurs centaines de journalistes de la capitale assistaient à l'enterrement de leur collègue Bapuwa Mwamba, abattu à son domicile de Kinshasa par des inconnus, dix jours auparavant. Le même jour, la profession a décrété une "journée sans presse" pour protester contre les intimidations de plus en plus violentes dont ses représentants font l'objet depuis que le pays est entré en pré-campagne, il y a un an. Même la radio-télé nationale est restée muette, se contentant de retransmettre en direct les obsèques, pour la première fois de l'histoire du pays. Le pouvoir, gêné, a promis une enquête. En novembre déjà, Franck Kangundu, alias Ngyke, journaliste au quotidien Référence Plus, avait été assassiné avec son épouse par un commando, reparti sans rien voler. Quant à Mwamba, journaliste au Phare, il était proche de l'opposition radicale qui appelle au boycott des élections : deux jours avant sa mort, il avait signé un article dénonçant un processus électoral mené à marche forcée et inéquitable. Benoît Kambera, militant de Journalistes en danger et journaliste à Renaître, un bimensuel catholique, y voit la preuve de l'implication du pouvoir : "Les commanditaires de l'assassinat de Ngyke sont aujourd'hui candidats à la députation." De guerre lasse, une partie de la profession a demandé lundi la protection des Casques bleus de la Monuc. Mais la profession est divisée, tout comme la population, dont une bonne partie accuse la communauté internationale de soutenir le président Kabila en fermant les yeux sur ses abus. Il a fallu attendre cette semaine pour que le Ciat, le Comité international de suivi de la transition congolaise, demande à l'armée de cesser d'interférer dans la campagne électorale. Les exemples d'abus de la "garde présidentielle" (plus de 10 000 hommes dévoués à Kabila) abondent : tout récemment, elle a empêché l'atterrissage de Jean-Pierre Pay-Pay à l'aéroport de Beni, où il venait tenir un meeting. Les ex-rebelles devenus ministres ne sont pas en reste : Jean-Pierre Bemba dispose d'un millier d'hommes aux portes de Kinshasa, en plus de ses 400 gardes du corps. Même Okapi, une radio mise en place avec le parrainage de l'Onu, doit subir les exactions des hommes en armes. L'un de ses journalistes s'est fait tiré dessus à Lubumbashi, un autre emprisonné deux semaines à Gbadolite par Bemba, un troisième "chicoté" par des soldats à Kindu, un quatrième tabassé par la garde présidentielle à Kisangani, etc. Depuis le début de la campagne, son directeur, Yves Renard, ne cesse de recevoir des lettres menaçantes de candidats en colère et de rassurer son équipe, entièrement congolaise. "L'absence de RFI, qui a une stature internationale, nous met en première ligne", constate-t-il. La radio française, très écoutée au Congo, a décidé de ne pas couvrir les élections depuis que son envoyée spéciale, Ghislaine Dupont, a été expulsée au début du mois sur ordre du ministre de l'Information, Henri Mova Sakanyi. (Libération)
Vendredi 21 juillet.
La fin de la transition dans la concorde nationale. Déclaration spéciale de la Conférence Episcopale
Nationale du Congo (CENCO)
1. Dans la logique et le suivi du message des évêques de la CENCO " Pour une fin de transition apaisée (24 juin 2006) ", nous voulons une fois de plus inviter notre peuple, les acteurs politiques et la communauté internationale à faire des prochaines élections une réelle chance pour la RDC.
2. En effet, après seize années d'une transition politique caractérisée notamment par deux guerres et divers conflits armés ayant causé des morts innombrables et une paupérisation sans cesse croissante, le peuple congolais aspire ardemment à la tenue des élections, voie normale pour la légitimité du pouvoir et l'instauration d'un Etat de droit, promoteur de paix, de justice, de développement intégral et durable.
3. Ces élections, dont les enjeux constituent une question de vie ou de mort pour la nation, le peuple congolais les veut véritablement libres, démocratiques et transparentes, organisées dans un climat général de paix, de joie et de sérénité, de vérité et de pleine responsabilité, dans l'unité et la concorde nationale. Aussi est-ce avec enthousiasme que l'Eglise Catholique et les autres confessions religieuses se sont attelées à l'éducation civique et électorale de la population, afin que celle-ci s'approprie le processus électoral et en maîtrise les notions et les mécanismes.
4. Pour promouvoir le climat général de paix dans le pays, les évêques de la CENCO ont à plusieurs reprises, en 2005 et 2006, encouragé instamment les fidèles catholiques et les hommes et les femmes de bonne volonté à considérer attentivement le bien-fondé d'une concertation des forces vives de la nation. Une telle concertation, toujours actuelle et tant souhaitée par la majorité des Congolais, a pour finalité, à travers un dialogue positif et consensuel, de sécuriser le processus électoral, pour une fin de transition pacifique et rassurante pour tous. Par ailleurs elle viserait à prendre les dispositions nécessaires sur les modalités du gouvernement du pays pendant la campagne électorale et avant la mise en place de nouvelles institutions issues des élections.
5. Nous stigmatisons les lenteurs et les hésitations incompréhensibles, les doubles jeux regrettables et les faux-fuyants inadmissibles qui, jusqu'à présent, ont empêché la nation de baliser le chemin des élections dans la paix, l'entente et la concorde nationale. Au stade actuel, en effet, toutes les conditions ne sont pas encore
réunies pour la tenue des scrutins réellement transparents, libres et démocratiques. Bien au contraire, un ensemble de données confirment les craintes de manipulation, de tricherie sinon de fraude : notamment les déclarations contradictoires sur les listes électorales et le nombre exact des électeurs, les explications embarrassées sur celui des bulletins de vote excédentaires, les suspicions sur la localisation du serveur central et sur les programmes informatiques, l'absence du calendrier électoral complet et les doutes sur la volonté réelle d'organiser toutes les échéances électorales : nationales, provinciales et locales. Le peuple a besoin d'être rassuré sur toutes ces questions.
5. Voilà pourquoi la CENCO, sous peine de ne pas reconnaître la validité des élections, demande à tous les acteurs concernés dans l'organisation de celles-ci de s'employer à corriger les irrégularités constatées et à créer, à tous les niveaux, les conditions requises de vérité, de transparence, de liberté et de pleine responsabilité qui doivent entourer la tenue des prochains scrutins.
6. Il y a lieu d'insister spécialement sur la neutralité et le professionnalisme des forces de l'ordre. A ce propos, il est impérieux que les milices non brassées ni intégrées dans les Fardc soient neutralisées. Dans cet ordre
d'idées, nous condamnons une fois de plus toute forme de violence d'où qu'elle vienne, en particulier la répression sanglante des manifestations pacifiques des citoyens. Dans l'Etat de droit, la violence et la loi de la force ne peuvent se substituer à la force de la loi.
7. En outre, la CENCO tient à un déploiement conséquent des observateurs tant nationaux qu'internationaux, aux fins de garantir la totale transparence et la crédibilité du processus électoral du début à la fin jusqu'à la proclamation finale des résultats des scrutins. La CENCO s'engage à faciliter au mieux aux observateurs les conditions favorables à l'accomplissement efficace de leur mission.
8. Pour conclure, nous demandons à tous les fils et filles de notre peuple de bien considérer l'importance des enjeux du processus électoral. Aussi les invitons-nous à faire, devant Dieu, un usage responsable de leur liberté, et de voter en âme et conscience comme mandataires publics des hommes et des femmes honnêtes et intègres, capables de gouverner notre pays dans le concert d'un monde globalisé et complexe. L'Eglise Catholique, qui a étroitement accompagné et soutenu les fidèles chrétiens et tous les hommes de bonne foi et de bonne volonté, pendant la longue période de la transition politique qu'a connue notre pays, particulièrement au cours de ces dix dernières années, prie le Seigneur Dieu, Maître du monde et de l'histoire, pour qu'il accorde au peuple congolais la grande grâce d'un aboutissement vraiment heureux et pacifique de la transition. Qu'il nous assure et bénisse une entrée dans la IIIe République bien pleine de promesses solides et fondées pour l'avenir d'un Congo profondément renouvelé, qui contribuera au bonheur et à la prospérité de son peuple, ainsi qu'au bénéfice du développement général de l'Afrique et du monde dans son ensemble.
Que Dieu bénisse la RDC et lui accorde la paix.
Fait à Kinshasa, le 20 juillet 2006.
+ Th. TSHIBANGU TSHISHIKU + L. MONSENGWO PASINYACommission Electorale Indépendante : "La transparence sera totale". Une conférence de presse spéciale élection s'est déroulée ce 21 juillet 2006, au quartier général de la Monuc à Kinshasa en présence de l'abbé Malu-Malu, président de la CEI, et du général Philippe Morillon, Chef de la mission d'observation électorale de l'UE en RDC ainsi que des représentants des missions d'observations de l'UNOPS et du PNUD. A neuf jours des élections, le président de la CEI a assuré les journalistes du bon déroulement des préparatifs pour les élections: "tout le matériel électoral est arrivé dans les chef lieux de territoires et est, depuis deux jours, déployés vers les centres de vote". L'abbé Malu Malu, qui a reconnu que la CEI "a connu des retards sur le terrain", s'est dit serein: "je confirme que le premier tour des deux scrutins aura lieu le 30 juillet". M. Malu Malu a part ailleurs insisté sur la transparence du processus électoral. "La liste que nous avons publié est fiable" a-t-il dit, donnant faisant référence aux 25.712.552 électeurs inscrits sur les listes, y compris les 877.673 "omis". Ces personnes, dont la CEI avait reconnu avoir perdu les noms en raison de problèmes techniques, pourront ainsi se rendre dans leur bureau de vote avec leur carte d'électeur. "Nous connaissons le nombre d'électeurs et le nombre de bulletins pour chaque centre de vote, nous avons les numéros des cartes d'électeurs: la transparence sera totale". Le général Morillon a pour sa part assuré que la présence des observateurs européens et internationaux "garantira la régularité des opérations de dépouillement". "Je ne peux pas vous garantir que tout se passera pour le mieux dans le meilleur des mondes, compte tenu des défis que rencontre ce pays, mais nous serons en mesure de dénoncer les fraudes constatées." Le député européen de poursuivre: "l'engagement que je prend devant le peuple congolais est qu'il ne peut y avoir de fraude massive dans le dépouillement sans que nous en soyons témoins et que nous les dénoncions." Faisant le détail des mesures prévues par la loi électorale pour assurer la transparence du scrutin -urne transparente, encre indélébile, présence de témoins des partis et regroupements politiques ainsi que d'observateurs internationaux et nationaux, dépouillement séance tenante des urnes, affichage immédiat des résultats, etc. - Ali Diabacté, Directeur de la Division électorale de la Monuc, a avoué qu'une telle "somme de mesures a rarement été vue en Afrique". (Monuc)
L'Onu déplore des "entraves" à la campagne de candidats à la présidence. Le porte-parole de la Monuc, Kemal Saïki, a dénoncé des "entraves" à l'encontre du candidat Oscar Kashala, évoquant des "pressions procédurières et administratives en ce qui concerne ses déplacements par avion" à travers la RDC. M. Kashala, un des 33 candidats à la présidentielle, "est dans l'impossibilité, apparemment, de trouver les moyens de transport après la résiliation de contrats avec les sociétés aériennes", a indiqué M. Saïki, sans donner plus de détails. Plusieurs candidats à ce scrutin ont exprimé des "appréhensions quant aux conditions de sécurité dans lesquelles se déroule la campagne" lancée le 29 juin et qui doit s'achever le 28 juillet à minuit, a-t-il indiqué. Lors d'un meeting à Kinshasa, M. Kashala avait dénoncé le 15 juillet des "manoeuvres et entraves en tout genre" imposées selon lui par les autorités gouvernementales. Il avait notamment évoqué le blocage de 80 tonnes de son matériel électoral à la douane, qui lui réclamait plus de 100.000 dollars de taxes, alors que d'autres candidats "parviennent à dédouaner leur matériel sur le tarmac même". Médecin spécialisé en cancérologie, Oscar Kashala est récemment rentré des Etats-Unis, où il a passé plus de 20 ans. (AFP)
Nord-Kivu : Rugarama, village fantôme. Quatre jours après l'attaque d'un candidat à la députation, les quelque 2 000 habitants de Rugarama ont déserté leur village. Ils ont fui l'insécurité qui règne dans la région. Presque toutes les maisons sont fermées. Il n'y reste plus qu'une poignée de personnes. Une mission de la Monuc a visité ce village jeudi pour se rendre compte de la situation.
Viols massifs à Malemba Nkulu : soldats et policiers pointés du doigt. Plusieurs cas de viols de femmes sont enregistrés dans les villages de Malemba Nkulu, territoire situé à 600 kms de Lubumbashi. Des éléments de la 3e compagnie militaire Fardc et ceux de la police nationale congolaise déployés dans cette localité sont accusés d'être les auteurs de ces abus.
Cantonnement des Fardc : Mova s'oppose, Ruberwa d'accord. Le vice-président Azarias Ruberwa, le ministre de la Presse et Information Henri Mova Sakanyi ainsi que le président de la CEI l'abbé Apollinaire Malu Malu ont réagi à la proposition du Ciat appelant le gouvernement congolais au strict cantonnement des forces armées avant et pendant les élections. L'objectif, dans l'esprit du Comité international d'accompagnement de la transition, est de promouvoir un climat de sérénité pendant le vote et aussi d'assurer le caractère apolitique de l'armée. Le porte-parole du gouvernement évoque le principe de la souveraineté du pays.
Maniema : difficulté de déploiement des kits électoraux dans la périphérie de Kindu. L'opération de déploiement des kits électoraux dans les centres de vote environnant la ville de Kindu, au Maniema, bute à quelques difficultés dues essentiellement à une question d'ordre sécuritaire. L'insuffisance des éléments de la police dans la ville en vue de sécuriser ces matériels de vote est à la base de la situation. La police de la Monuc envisage une solution intermédiaire.
125 observateurs ONG européennes aux élections. Rigobert Minami,sj, responsable du CDCE (Cadre de concertation de la société civile pour l'observation des élections) a annoncé jeudi que la mission de l'Eurac réunirait 125 observateurs internationaux de 11 pays différents, Belgique, Burundi, Danemark, Espagne, France, Pays-Bas, Royaume Uni, Suède, Suisse, Canada et Pologne. Les observateurs arriveront en RDC à partir de samedi prochain, pour une période deux semaines, et seront déployés sur la majorité du territoire congolais, notamment dans les 64 bureaux de liaison. Les objectifs de la mission de l'Eurac sont de prévenir toute tentative de fraude ou de perturbation du processus électoral, d'observer différents scrutins en collaboration avec la société civile, d'évaluer indépendamment le processus et de renforcer la confiance du public dans le processus électoral. Selon M. Minami, "la variété d'origine des observateurs concourt au crédit et à la confiance accordés par la population à la mission d'observation qui, grâce à sa nature mixte, prendra en compte les perceptions locales et aura une légitimité particulière auprès de la population congolaise". (Xinhuanet)
Les élections approchent, l'impunité perdure au Katanga. L'armée Congolaise et les commandants Maï Maï doivent êtres inculpés de crimes de guerre. Tandis que la RDC se prépare aux élections, l'incapacité du gouvernement à agir rapidement et efficacement contre les soldats et autres responsables de meurtres, viols et tortures opérés contre des civils au Katanga pourrait aggraver le climat actuel de violence et d'insécurité qui règne dans la province, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Riche en témoignages, analyses, photographies et vidéos, cette rubrique multimédia spéciale intitulée " Le triangle de la mort: Géographie de l'horreur au Katanga " rapporte les nombreuses violations des droits de l'homme commises par les soldats du gouvernement et les membres d'une force de défense locale connue sous le nom de Maï Maï au cours des trois dernières années au centre du Katanga. Il y a eu des centaines de morts et plus de 150 000 personnes ont abandonné leurs domiciles localisés dans la zone d'opérations militaires, zone que les résidents locaux ont surnommé " le triangle de la mort ". Le président au pouvoir, Joseph Kabila, lui même originaire du Katanga, est le favori actuel dans la course présidentielle. Mais, avec trente autres concurrents à la présidence, il pourrait bien faire face à un second tour électoral des semaines, ou même des mois après le premier tour qui doit avoir lieu le 30 juillet. En outre, les élections parlementaires requièrent un procédé en deux temps, prolongeant encore la période menant finalement à l'investiture d'un nouveau gouvernement. " Etalée dans le temps, la période électorale sera caractérisée par un climat d'incertitude avant qu'un nouveau gouvernement n'entre en fonction, " fait remarquer Alison Des Forges, conseillère à la Division Afrique de Human Rights Watch. " Durant cette période, faire justice ne peut attendre. Les autorités doivent faire répondre de leurs actes les responsables des abus s'ils tiennent à empêcher que de tels abus aient à nouveau lieu dans le futur ". En novembre 2005, l'armée congolaise lança une offensive militaire afin de briser une rébellion menée par les Maï Maï au Katanga. Des soldats du gouvernement ont systématiquement regroupé des centaines de civils soupçonnés d'être Maï Maï et en ont délibérément tué et torturé à mort des centaines. Ils ont aussi violé collectivement plusieurs femmes accusées d'avoir soutenu les Maï Maï. Des combattants Maï Maï, sous le commandement de Kyungu Mutanga, plus connu sous le pseudonyme de Gédéon, et d'un autre dirigeant Maï Maï, Makabe Kalenga Ngwele, ont eux aussi tué, violé et agressé de manières diverses nombres de civils depuis 2002. Dans certains cas, les Maï Maï ont publiquement torturé leurs victimes avant de les tuer et les manger au cours de cérémonies publiques visant à terroriser la population locale. Le groupe Maï Maï du Katanga a été crée pour jouer le rôle de force de résistance populaire contre l'envahissement des armées étrangères en provenance de l'Ouganda et du Rwanda. Mais il s'est, un peu plus tard, retourné contre le gouvernement central et les communautés locales. Dans cette rubrique multimédia spéciale mis en ligne aujourd'hui, Human Rights Watch rapporte les crimes de guerres commis par les combattants des deux côtés du conflit et exhorte le gouvernement congolais à enquêter et poursuivre en justice les auteurs de ces crimes. A ce jour, les autorités congolaises n'ont pas réussi à agir effectivement contre ces auteurs d'abus. Le 12 mai, Gédéon s'est rendu aux casques bleus des Nations Unis, à Mitwaba, dans le centre du Katanga. Plusieurs jours après, il a été remis aux officiers juridiques congolais qui l'ont gardé en détention, mais ne l'on inculpé d'aucun crime. Le gouvernement actuel a nommé des anciens chefs militaires originaires de différentes provinces du Congo, tel que l'Ituri et les provinces du Kivu comme généraux dans l'armée nationale, négligeant ainsi des informations digne de crédit les impliquant dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité. La nomination la plus récente date du 17 juillet, le gouvernement a alors nommé au poste de colonel dans l'armée nationale, Peter Karim, un commandant du Front Nationaliste et Intégrationniste (FNI), un groupe armé meurtrier de l'Ituri. Des responsables des Nations Unies ont fourni au gouvernement Congolais de nombreuses informations sur les violations des droits de l'homme commises par les membres de groupes armés et les soldats de l'armée nationale, y compris un dossier d'abus militaires soumis au gouvernement en janvier. " Si le président Kabila et les autres ministres du gouvernement participants à la course électorale sont sérieux quant à leur promesse d'engagement en faveur de la justice, ils ne devraient pas nommer des criminels de guerres présumés aux plus hautes fonctions de l'armée et devraient traduire en justice leurs propres soldats accusés de tels crimes " remarque Des Forges. " Une armée nationale entièrement composée de criminels de guerre est incapable de mettre en uvre une atmosphère de sécurité à ses citoyens durant, et même après les élections. " (Human Rights Watch)
Samedi 22 juillet.
Elections : début du déploiement des kits électoraux à Beni. Le déploiement des kits électoraux a démarré vendredi de Beni à l'intérieur de ce territoire, au nord de la province du Nord-Kivu. Des camions de particuliers ont été loués par la CEI pour cette opération. Ce déploiement s'est poursuivi ce samedi matin et se fait sous escorte des éléments de la police mobile d'intervention.Campagne électorale: un meeting de Nzanga Mobutu à Kinshasa. Le président national de l'Union des Mobutistes (UDEMO), Nzanga Mobutu a tenu vendredi un meeting populaire à Makala, l'une des communes pauvres de Kinshasa. Fils de feu le maréchal Mobutu et candidat à l'élection présidentielle, il a centré son discours autour des priorités du projet de société de son parti.
L'impunité perdure au Katanga, selon Human Rights Watch. Human Rights Watch dénonce la persistance de l'impunité dans la province du Katanga. Cette Ong internationale de défense des droits de l'homme veut voir les chefs miliciens et autres officiers militaires des Fardc, accusés de nombreux crimes contre des civils, traduits en justice par le gouvernement.80 000 policiers pour sécuriser les élections. Selon le Général Daniel Katsuva, Inspecteur Général de la Police Environ 80.000 policiers sont affectés à la sécurisation des élections présidentielle et législatives du 30 juillet.
Katanga: décès de Sampasa, ancien ministre des Sports sous Mobutu. Sampasa Kaweta Milombe, ancien ministre des Sports et de la Jeunesse au début des années 70, est décédé jeudi après-midi à Dilolo, dans un accident de circulation. Le drame s'est produit alors qu'il se rendait de Kasaji à Dilolo, sa circonscription électorale pour le compte du PPRD, le parti présidentiel.
Sud-Kivu: Kahama se vide de ses habitants. La localité de Kahama, dans le territoire de Kabare se vide de ses habitants après une attaque mardi. Celle-ci a fait 4 morts. Selon les animateurs d'une ONG locale, Volontaires d'autopromotion solidaire, la population craint que les assaillants reviennent à la charge.
Elections en RDC: une "pierre angulaire" pour la reconstruction. "Ce scrutin ouvrira la RDC à la démocratie (...). Les attentes du peuple congolais sont légitimes. Durant des décennies, il a été dépouillé, assassiné, violé, humilié. Il n'est pas permis que ces espoirs soient déçus", a affirmé M. Swinnen, l'ambassadeur de Belgique en RDC à l'occasion de la célébration de la fête nationale du Royaume de Belgique. "S'il y a une constatation à la fois rassurante et déprimante que l'on peut faire, c'est que si le Congo est tombé à ce niveau de pauvreté incompréhensible dans lequel il se trouve actuellement, et ce en dépit de ses potentialités immenses, c'est par le fait de l'homme et de lui seul", a-t-il poursuivi. "Si on décide de rompre avec une certaine tradition de mauvaise gouvernance et d'une justice défaillante, et si on relâche les freins qui entravent ce pays, cette grande nation se relèvera avec une rapidité (...) qui forcera l'admiration de l'Afrique et du monde entier", a-t-il ajouté. M. Swinnen a souligné que "la responsabilité de l'échec ou de la réussite" de cette reconstruction serait portée par les futurs dirigeants du pays, "et eux seuls", même "s'ils peuvent compter sur l'appui de la communauté internationale". Dans cette perspective, il a annoncé le lancement d'un "programme d'urgence" pour la RDC d'un montant de 25 millions d'euros, qui sera lancé "dès le lendemain du premier scrutin du 30 juillet". (AFP)
Dimanche 23 juillet.
Ruberwa dénonce les irrégularités du processus mais reste dans la course. En effet, pour le leader du RCD, ce processus électoral pèche notamment par la persistance de la question liée à la sécurité des candidats, le manque de transparence et de la garantie de l'impartialité de la Commission électorale indépendante et de la Cour suprême de justice ainsi que de l'apolitisme de l'armée, de la police nationale et des services de sécurité. "Je pense qu'on a suffisamment décrié cette affaire. Dans quel pays du monde vous avez déjà vu 5 millions de bulletins de vote imprimés de trop. Ca n'existe pas", a souligné Ruberwa. Cependant, en dépit de toutes ces embûches, il a dit être prêt à aller aux élections pour ne pas donner libre cours à des interprétations. "Si nous disions qu'on n'y va pas, on dira que Ruberwa et le RCD ont un agenda caché, ils veulent faire la guerre. Voilà pourquoi nous jouons le jeu des élections ", a-t-il justifié. Mais si jamais, en dernière minute il s'avérait nécessaire pour régler toutes ces questions, ce serait une bonne chose, a souligné le vice-président. Autrement, a-t-il enchaîné, on devra dire, au lendemain des scrutins et comptabilité à l'appui, où sont les 5 millions de bulletins de trop. "Si ce n'est pas le cas, la personne qui va passer aura triché. Et on ne lui permettra pas de régner, non pas par la guerre, mais démocratiquement", a prévenu le président du RCD. (Radio Okapi)
Nord-Kivu : difficile cohabitation entre la population et les militaires à Ngora. Cette localité est à 10 Km de Walikale. Vendredi dans la soirée, des affrontements ont opposé les habitants de la place aux éléments Fardc de la 85e brigade. Quatre personnes, toutes des civils, ont été blessées. Craignant des représailles, quelques villageois ont quitté la localité.
Le CIAT, la CEI et la Police nationale congolaise se concertent. Les questions pratiques et sécuritaires liées à la tenue des élections ont été au centre d'une rencontre entre le Comité international d'accompagnement de la transition, la Commission électorale indépendante et la Police nationale samedi au quartier général de la Monuc, à Kinshasa. Au sujet du cantonnement des troupes tel que recommandé par le CIAT, le chef de la Monuc a indiqué qu'il appartient au gouvernement congolais de prendre des mesures appropriées. William Swing a donné le sens de la recommandation faite au gouvernement pour le cantonnement de tous les militaires pendant la période électorale. "Le sens de notre communiqué, c'était tout simplement de rappeler à tout le monde l'existence d'un décret du 5 mai 2005 qui confie à la police nationale congolaise la responsabilité de sécuriser les élections, parce dans la pratique, pendant les élections les troupes restent chez elles ", a souligné le chef de la Monuc.
Campagne électorale à Gbadolite : des policiers en T-shirts à l'effigie du candidat Joseph Kabila. L'Ong Action pour la Sauvegarde de la Dignité Humaine dénonce l'utilisation des policiers de la ville de Gbadolite dans la campagne électorale du candidat Joseph Kabila par le port des T-Shirts à l'effigie de ce dernier. En réaction à cette dénonciation, l'inspecteur urbain de la police de cette ville a soutenu pour sa part que ces T-shirts appartiennent plutôt aux épouses des policiers.
Loin de sa splendeur passée, la Gécamines aiguise les appétits. Née de la nationalisation, en 1967, du secteur minier par Mobutu, la Générale de carrières et des mines, qui s'appuie sur les gigantesques ressources de cuivre et cobalt de la province du Katanga, a été le poumon économique du pays. Au plus fort, elle assurait les deux tiers des revenus de l'Etat, employait quelque 33.0O0 personnes, entraînant dans son sillage une série d'activités économiques. A Lubumbashi, usines à l'abandon et bâtiments décrépis rappellent, à tout instant, cette splendeur passée, cette époque de la "Gécamines providence". Mais l'absence d'investissements, une mauvaise gestion et une corruption endémique ont eu raison de cette institution qui fut longtemps "la tirelire de tout un régime", selon les termes d'un diplomate, et qui est aujourd'hui écrasée par une dette de 1,1 milliard de dollars. A son apogée, au milieu des années 80, le groupe public produisait près de 400.000 tonnes de cuivre par an. En 2006, il table sur une production de 20.000 tonnes. En 2003, plus de 10.000 employés ont été licenciés. Sur les 12.000 salariés restants, moins de la moitié devraient conserver leur emploi. "La Gécamines aujourd'hui ce sont les concessions minières et, un peu, l'expertise du personnel", tranche Kaumba Lufunda, recteur de l'Université de Lubumbashi, soulignant qu'aucun investisseur ne s'intéressera à de "vieilles usines dépassées". En 2001, une restructuration a été lancée, sous l'égide de la Banque mondiale. Des participations, le plus souvent majoritaires, ont été cédées, "bradées" selon nombre d'Ong et d'observateurs, à des groupes étrangers, dans un incroyable flou juridique. Parmi les nouveaux investisseurs, figurent notamment l'américain Phelps Dodge, le canadien First Quantum et le Chinois Covec. Dans un rapport publié en mars, l'Ong néerlandaise Niza dénonce un "processus de privatisation anarchique et opaque qui a dépouillé la Gécamines de tous ses actifs". Selon elle, le groupe est désormais lié "par d'innombrables contrats, avec des partenaires privés, souvent douteux, qui ne contribuent pas, ou guère, à la Gécamines ou au Trésor national". Pour Urbain Kisula Ngoy, gouverneur du Katanga, la restructuration de l'entreprise publique et l'appel à des partenaires privés était indispensable à la reprise de l'activité minière du Katanga car la Gécamines "s'enlisait, disparaissait". Cependant, reconnaît-il, ce processus ne s'est pas déroulé dans les meilleures conditions. "Nous n'attirions pas les investisseurs, ceux qui se sont présentés sont allés très loin dans leurs exigences", explique-t-il, estimant que certains accords pourraient être revus à l'issue des élections du 30 juillet. "Un gouvernement fort, bien soutenu par le Parlement, peut renégocier". La question du devenir de la Gécamines n'est d'ailleurs pas absente de la campagne. Dénonçant le "démantèlement" et le "bradage" de la société publique, un tract électoral distribué dans les rues de Lubumbashi joue sans détours de cette corde sensible au Katanga: "N'oubliez pas les moments heureux que vous avez passés à l'ombre de la splendeur de la Gécamines". (AFP)
Le Katanga va connaître "un renouveau minier considérable", estime Paul Fortin, qui a pris la tête en janvier 2006 du groupe minier public Gécamines, dans le cadre d'un programme de restructuration mené sous l'égide de la Banque mondiale.
Q - Avec l'arrivée massive de groupes étrangers, comment voyez-vous l'évolution du secteur minier dans la province du Katanga à moyen terme ?
R - Cela va être un renouveau minier considérable. Il va y avoir une production au Katanga qui sera parmi les premières au monde. La production va atteindre des niveaux jamais atteints, d'ici trois ans. On va dépasser la période de l'Union minière (nom de la Gécamines avant sa nationalisation en 1967).
Cela va entraîner une amélioration des infrastructures: routes, hôpitaux, chemins de fer. C'est le redémarrage de l'économie du Katanga et du Congo.
Q - L'opacité des accords de partenariats signés par la Gécamines avec des partenaires privés au cours des trois dernières années a suscité de vives critiques. Des renégociations sont-elles envisageables ?
R - Il est certain que les partenariats ne sont pas aussi bien ficelés que je le voudrais. Je vais m'appliquer à les revoir tous, peut-être à suggérer des modifications. Mais c'est une renégociation qui ne sera conclue que sur une base consensuelle. Je ne compte pas déchirer les partenariats parce que si je fais cela, je vais détruire la crédibilité du Congo. On va dire, au Congo, on signe un contrat et deux ans après on le déchire. Les sociétés minières qui se mettent actuellement en action pour lever des capitaux ont besoin de lever des capitaux. Comment peut-on lever des capitaux dans une incertitude au niveau des titres miniers ou des partenariats ? Il y a eu des guerres au Congo. Ces guerres ont été financées. Le secteur minier a été utilisé pour lever des fonds. Il est possible qu'il y ait des résidus de cette période. Je vais faire avec.
Q - La Gécamines a-t-elle encore en avenir ?
R - Elle est en mauvais état mais elle peut être sauvée. Ce sera une Gécamines différente, qui aura des activités minières et de la gestion de partenariats, une Gécamines à deux vitesses si l'on veut. La Gécamines sera un groupe minier de taille moyenne qui devrait être prospère car les partenariats vont générer des revenus importants. Après l'élection, je pense qu'il va y avoir une requête au gouvernement pour nous aider à résoudre le problème de la dette. (AFP)Mobutu de retour à Kinshasa, le temps d'une campagne...Le Maréchal Mobutu prend la pose. Appuyé sur sa canne, coiffé de sa toque léopard, il redresse ses lunettes cerclées de noir. "Mobutu n'est pas mort... Papa Mobutu vit pour toujours", chantent une dizaine de badauds surexcités qui suivent le sosie de l'ex-dictateur. Dans la commune de Bandalungwa, dans le centre de Kinshasa, la campagne électorale a pris des allures de kermesse à une semaine des scrutins présidentiel et législatifs du 30 juillet. "Vous croyez que Mobutu était mort, eh bien non!", hurle un jeune manifestant. "Mais non, ce n'est pas lui, c'est son fils Nzanga", candidat à la présidence, assure une adolescente. Ni l'un, ni l'autre. Le faux Mobutu s'appelle Wizana