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Mercredi 16 mai.La Belgique se réjouit du mandat "ambitieux" confié à la Monuc. Dans la résolution 1756 adoptée à l'unanimité de ses quinze membres, dont la Belgique, ancien colonisateur du Congo, le Conseil a prorogé jusqu'au 31 décembre le mandat des 17.000 soldats de la Monuc et l'a fait évoluer vers des tâches de consolidation de la démocratie. "Je suis très satisfait de ce nouveau mandat", a estimé M. De Gucht, qui le juge "ambitieux", "Je me réjouis que la Belgique, qui a longuement plaidé, presque seule pour un mécanisme de suivi" ait obtenu satisfaction au travers de cette résolution, a-t-il ajouté. Le texte adopté mardi à New York "prévoit la mise sur pied d'un cadre de consultation régulière entre le gouvernement et la communauté internationale". (AFP)
La Monuc rempile. Le conseil de sécurité de l'ONU a adopté hier une résolution renouvelant pour une période de 6 mois supplémentaires, c'est-a-dire jusqu'au 31 décembre 2007, le mandat de la Monuc en RDC. En incluant les civils, la Monuc compte près de 22 000 personnes ce qui en fait la plus grosse opération des Nations-Unies à l'heure actuelle. Le conseil qui se rendra en RDC en juin prochain demande aux troupes onusiennes sur place d'aider à mettre hors d'état de nuire tous les groupes armés locaux ou étrangers qui voudraient saboter le processus post-transition. A la faveur de la résolution adoptée hier à l'unanimité de ces membres le conseil de sécurité décide que les troupes onusiennes, dans la limite de leurs capacités et dans leurs zones de déploiement, doivent aider le gouvernement congolais à instaurer un environnement stable de sécurité surtout dans la perspective de la tenue des élections locales. Sans préciser les aspects logistiques du redéploiement des troupes, le conseil indique que les casques bleus doivent appuyer les opérations conduites par les brigades intégrées des Fardc en vue de désarmer les groupes locaux et étrangers récalcitrants et assurer leur participation au processus de désarmement, démobilisation et réinsertion. C'est donc un nouveau mandat adapté à la période post-transition née des élections qui vient d'être assigné à la Monuc. Ce mandat souligne par ailleurs l'urgence de l'élaboration d'une stratégie nationale pour la réforme du secteur de la sécurité. Le conseil n'occulte pas non plus la nécessité d'une reforme du secteur judiciaire pour mettre fin selon les termes de la résolution à l'impunité et promouvoir la bonne gouvernance. (BBC News)
Arbour (ONU) pour un inventaire des crimes graves commis de 1993 à 2003. "Il s'agit dans une première étape de cartographier, d'inventorier les violations graves des droits de l'Homme commises pendant cette décennie, avant la mise en place de la Cour pénale internationale (CPI, entrée en fonction le 1er juillet 2002)", a déclaré Mme Arbour, le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme. "Dans un deuxième chapitre, cet inventaire serait présenté au gouvernement et à la population de RDC, qui décideront des options à prendre (...), pour une réparation pour les victimes" et de mesures à l'encontre "des auteurs présumés de ces exactions", a-t-elle expliqué. "Le président de la République a très bien accueilli cette initiative" et a manifesté son intention de "lancer une attaque sérieuse contre l'impunité", a affirmé la Haut commissaire. En 1997, une mission de l'ONU, mandatée pour enquêter sur les crimes commis entre mars 1993 et avril 1998, avait été systématiquement entravée par le régime de Laurent-Désiré Kabila et n'avait pas pu achever son travail. Dans un rapport remis au Secrétaire général de l'ONU, la mission avait conclu à l'existence de nombreux massacres de civils hutus rwandais et zaïrois, émis l'hypothèse d'une "intention" génocidaire et recommandé la reprise, dès que possible, des investigations. Les victimes étaient majoritairement des réfugiés hutus rwandais qui avaient fui au Zaïre voisin après le génocide de 1994 au Rwanda, craignant des représailles des nouvelles autorités de Kigali, dominées par les Tutsis. Interrogée sur les chances d'aboutir d'une nouvelle enquête sur ces crimes alors qu'une partie des acteurs politiques congolais ayant bloqué le travail de l'ONU sont encore au pouvoir à Kinshasa, Mme Arbour s'est voulue optimiste, soulignant "la volonté politique" affichée par les autorités congolaises. "L'idée est de représenter de manière crédible un bilan (...)", mais il appartient aux autorités et à la population congolaise d'initier ensuite "un dialogue public, franc et progressiste sur ces questions", a-t-elle affirmé. (AFP)
Kisangani : nouveaux matériels pour l'Office des routes, don de l'UE. Ce don de l'UE entre dans le cadre du projet dénommé pro route, une initiative de la coopération britannique avec un financement de l'UE et de la Banque mondiale. Il est constitué notamment d'un bulldozer, trois camions, une jeep, dix motos, deux groupes électrogènes ainsi que de matériels de bureau. Ces différents engins ont été achetés par l'ONG Atlas Logistique. Cette ONG est arrivée à la fin de son projet de réhabilitation de certains axes routiers avec le financement de l'UE. A ce don, s'ajoutent d'autres anciens engins de l'Office des routes confiés à cette ONG. Selon l'ADG de cette entreprise publique, ces engins vont réhabiliter les axes routiers prioritaires de la province. Il s'agit notamment de la route Kisangani-Banalia-Buta et de l'axe Kisangani-Lubutu. "Nous sommes en train d'identifier les engins en bon état, des engins en panne pour lesquels nous avons des pièces de rechange fournies par L'UE. Cette dernière avait finance l'ONG Atlas Logistique pour certains travaux dans la ville de Kisangani. Le début du projet pro route est prévu au mois d'août prochain. En attendant, ces engins vont servir au réaménagement de la voirie urbaine. (Radio Okapi)
Jeudi 17 mai.
Arbour : l'impunité est un "fléau qui hypothèque l'avenir" de la RDC. "L'impunité qui règne dans une grande partie du pays (...) constitue le plus grand obstacle à l'instauration d'un véritable Etat de droit" dans un pays marqué par le long règne du dictateur zaïrois Mobutu Sese Seko et deux guerres successives, a déclaré Mme Arbour. Alors que plusieurs chefs de guerre congolais ont été récompensés par des grades élevés au sein de l'armée après leur reddition ces derniers mois, Mme Arbour a fermement rappelé que l'ONU était totalement opposée à des amnisties concernant les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité. "Même si il y a de temps en temps des amnisties provisoires pour amener certains acteurs à la table des négociations (...), la moindre des choses est de ne pas récompenser les responsables de crimes en leur donnant des postes dans l'administration publique et dans les services de sécurité", a-t-elle déclaré.Elle a estimé que la reconstruction de la RDC ne pourrait de faire que sur "des bases assainies et un rejet durable de l'impunité". "Je dois citer ici le délabrement presque total dans lequel se trouve le système judiciaire du pays" et la nécessité de réhabiliter "la notion même de justice", a affirmé Mme Arbour. "Il faut commencer à la base. Aller voir les prisons qui sont surpeuplées", où de nombreux détenus sont "depuis beaucoup trop longtemps en attente de jugement", a-t-elle poursuivi. Elle a notamment plaidé pour une réforme des conditions et modalités de la détention provisoire, au lendemain d'une visite à la prison centrale de Kinshasa qui abrite près de 3.900 détenus pour une capacité de 1.500. Mme Arbour a également relevé des "manquements gigantesques dans l'application de droits économiques et sociaux", plaidant pour des mesures urgentes en faveur de l'accès à l'éducation et à la santé des citoyens congolais. (AFP)
Walikale : 4 morts, bilan d'un éboulement dans un carré minier. L'accident s'est produit lundi dernier à Bisie, à 100 km de Walikale, dans un tunnel de 35 mètres de profondeur. Les victimes sont toutes mortes d'asphyxie, selon l'administrateur de ce territoire.
Uvira : les gîtes miniers de Lemera fermés aux exploitants artisanaux. Le gouverneur de la province du Sud-Kivu a instruit l'administrateur du territoire d'Uvira qui a annoncé cette mesure mardi. L'exploitation clandestine et les éboulements entraînant mort d'hommes dans les puits miniers ont motivé cette décision, selon l'autorité territoriale de la place.
Kinshasa : l'Assemblée provinciale bloquée depuis près trois mois. La discorde entre les députés provinciaux de l'opposition et ceux de l'AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle) au sujet de l'invalidation de mandats de deux leurs collègues et leur remplacement, est à la base du blocage.
Minembwe : l'enseignement en mal. Une quarantaine d'établissements scolaires de Minembwe sont dans un état lamentable. Infrastructures délabrées, il n'y a ni pupitres ni bancs dans les salles de classe. Certains élèves s'assoient à même le sol. C'est le constat de la délégation de l'Inspection provinciale de l'Enseignement en mission d'évaluation dans cette partie du Sud-Kivu.
Trois morts dans l'accident d'un avion petit porteur dans l'est de la RDC. "Il y avait trois personnes à bord. Toutes les trois sont mortes", a déclaré Selemani Lumoo, chef d'escale de la compagnie privée congolaise Safe Air Company à Goma, précisant que le pilote était de nationalité russe, et le co-pilote et le passager congolais. L'appareil - un Let-410, bi-turbopropulseur de construction tchèque - a décollé de la localité minière de Walikale en direction de Goma. "J'ai parlé à un de nos représentants à l'aéroport de Walikale, qui m'a dit qu'il avait vu l'avion prendre feu quand il décollait. Le pilote a essayé des manoeuvres pour faire demi-tour, mais l'appareil est tombé en pleine forêt", à quelques kilomètres de la piste, a précisé M. Lumoo. Une équipe de secouristes est immédiatement partie de l'aéroport et a rapidement retrouvé l'épave et les corps des victimes, a-t-il ajouté. (AFP)
L'examen des contrats miniers doit être fait dans la transparence. Le ministre congolais des mines, Martin Kabwelulu, a signé le 20 avril un arrêté portant sur la "revisitation des contrats miniers" passés entre l'Etat, les entreprises minières publiques ou d'économie mixtes et des partenaires privés. Une première liste de 60 contrats devrait être revue entre juin et fin août, avant que les accords soient validés, re-négociés, voire résiliés. Global Witness, ONG basée à Londres spécialisée dans les liens entre les conflits et l'exploitation des ressources naturelles, appelle le gouvernement à "rompre avec les anciens schémas reposant sur des décennies de corruption et d'impunité dans le secteur minier". Au cours des dix dernières années "une part considérable de la richesse minérale du pays a été cédée dans le cadre d'accords opaques qui ont grandement profité aux entreprises concernées", à "des personnalités politiques et militaires haut placées" et à d'anciens "dirigeants des forces rebelles" mais "peu, voire pas du tout, au pays", affirme l'ONG. Global Witness "relève avec satisfaction la décision de revisiter ces contrats", mais se dit "préoccupée par la réticence apparente du gouvernement à envisager de résilier des contrats". "L'argument selon lequel la résiliation de contrats pourrait dissuader de futurs investisseurs ne devrait pas être une excuse pour approuver sans discussion des contrats illégaux ou défavorables", a estimé Patrick Alley, directeur de l'ONG. "Cet examen représente une opportunité unique de mettre un terme au pillage systématique des ressources du Congo et de créer un précédent pour des pratiques d'investissement responsables et conformes aux réglementations et normes nationales et internationales", a-t-il souligné. Global Witness se dit préoccupée par la composition de la commission chargée de la revue, qui est limitée à des membres de ministères. L'ONG plaide pour la transparence totale de la revue et la mise en place d'un "organe de surveillance" indépendant composé d'experts internationaux et de représentants de la société civile. La RDC recèle d'immenses ressources naturelles, dont 34% des réserves mondiales connues de cobalt et 10% des réserves de cuivre. 75% de ses 60 millions d'habitants vivent avec moins de 1 dollar par jour. Les plus grandes compagnies internationales y sont présentes, dont le premier groupe minier mondial BHP Billiton, le géant de l'or sud-africain Anglogold Ashanti et l'américain Pheps Dodge, récemment racheté par son compatriote Freeport McMoRan Copper & Gold (FCX). Les experts du secteur minier estiment que plus de 90% des exportations sont illégales. (AFP)
Vendredi 18 mai.
Victimes de braconniers, des éléphants se vengent sur les cultures. Des éléphants, furieux après l'abattage de quatre de leurs congénères, ont ravagé les champs et huttes de villages proches du parc national de l'Upemba, dans le sud-est de la RDC. Plus de 2.000 champs ont été saccagés par les pachydermes gloutons et en colère, qui ont aussi détruit une partie des huttes de quatre villages, selon l'ONG Kanyungo.
Le président Kabila promet de mettre fin rapidement à l'insécurité dans l'est de la RDC. Dans son discours à l'occasion du 10ème anniversaire de la révolution du 17 mai, il a promis de faire de même du comportement des milices, des militaires fidèles au général déchu Laurent Nkunda au Nord et au Sud-Kivu qui se montrent réfractaires au processus de brassage et d'intégration de l'armée et de pacification du territoire. La reprise de l'activité des groupes armés, installant l'insécurité dans certaines parties du pays, a constaté le président Kabila, ne peut permettre au gouvernement de prendre de l'envol dans les tâches auxquelles il s'attèle pour la reconstruction et le développement. M. Kabila a saisi l'occasion pour féliciter l'armée nationale, la police nationale ainsi que les services de sécurité pour le courage et le sens d'abnégation dans l'accomplissement de leur mission, malgré les conditions de travail difficiles et souvent précaires. Il a souligné la préoccupation prioritaire de la nation de faire aboutir rapidement le processus de refondation d'une armée républicaine, apte à défendre le pays à tout moment. La date du 17 mai 1997 marque l'entrée à Kinshasa de feu Laurent-Désiré Kabila, mettant fin au régime du maréchal Mobutu, après 32 ans de règne sans partage. (Xinhua)
Bunia : le lieutenant colonel Ndjeka aux arrêts. Le commandant du 132e bataillon intégré est accusé d'extorsion de 47 vaches appartenant à un groupe d'éleveurs de Marabo et de Sota, villages situés à une quarantaine de km de Bunia. L'auditeur militaire d'Ituri est décidé de faire rentrer les victimes dans leur droit.
17 mai, un défilé pour fêter la libération. Une parade militaire a lieu ce jeudi 17 mai sur le boulevard Triomphal dans la commune de Kasa Vubu à Kinshasa, pour célébrer le 10e anniversaire de l'AFDL. Militaires, policiers avec des charrois automobiles des forces armées ont défilé devant le Chef de l'Etat, le premier ministre, ainsi que devant le corps diplomatique accrédité en RDC.
La Haut-commissaire aux Droits de l'Homme Louise Arbour de passage à Bunia. Louise Arbour s'est rendue aujourd'hui 17 mai 2007 à Bunia pour une brève visite de quelques heures. Elle a pu rencontrer entre autre les organisations locales des droits de l'Homme, les ONGs internationales qui appuient la réhabilitation de la Justice en Ituri ainsi que les autorités locales de la Justice civile et militaire. Elle a fait part de ses préoccupations pour ce qui concerne l'impact de l'action sur la justice. En effet elle voit le risque de se concentrer sur "un programme de réhabilitation du système judiciaire coûteux, très bureaucratique avec beaucoup exigences administratives car c'est une entreprise tellement à long terme que la population aurait raison de perdre l'espoir". Or, pour mieux servir la population il faudrait des mesures ayant un impact à court ou moyen terme. Dans cette perspective, elle suggère de prendre en considération et développer d'autres moyens de résolution pacifique des conflits, plus proches par exemple des réalités culturelles contingentes. Elle a également indiqué que "les besoins en matière de droit pénal ne doivent pas faire occulter les besoins liés au droit foncier et au droit de la famille", et cela toujours dans l'objectif de la prévention des conflits qui pourraient naître de ces lacunes du système. S'agissant du projet de grande envergure de cartographier en RDC les graves violations du droit humanitaire international dans la décennie qui va du 1993 au 2003 qui précède la compétence de la Cours pénale internationale, la Haute Commissaire aux droits de l'homme a expliqué "qu'il s'agit de faire la vérité pour définir un tableau crédible sur les événements de l'histoire récente du pays". Il servira entre autre selon ses mots " de document de référence pour empêcher tout révisionnisme ". Cette initiative devrait aussi permettre le dédommagement des victimes et la prise en charge des coupables par la justice. L'objectif est aussi d'envisager l'exclusion de toute charge publique ou administrative des éléments responsables. Ce projet de 6-8 mois devrait donc avoir un impact dans le court et moyen terme. A ce propos, elle a affirmé avoir déjà eu le soutien du Secrétaire général des Nations unies Ban-Ki Moon et du Président Joseph Kabila. Enfin, la Haute Commissaire aux droits de l'homme a réitéré sa ferme détermination à lutter contre la violence faite aux femmes. (Monuc)
Deux rebelles ougandais tués au Nord-Kivu. Les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées/Armée nationale pour la libération de l'Ouganda (ADF/Nalu) ont tenté jeudi de piller Kayinama, une localité du territoire de Beni proche de la frontière avec l'Ouganda. Des éléments du 133e bataillon des Fardc ont refoulé les rebelles ougandais, tuant deux d'entre eux, selon des sources locales. Les Nalu ont été rapidement dispersés et la situation est très calme aujourd'hui (vendredi)", a déclaré l'administrateur du territoire de Beni. Les incursions des ADF/Nalu sont fréquentes dans le Nord-Kivu, bien que ces rebelles ont été chassés de la région en décembre 2005 au cours d'une vaste offensive des Fardc, appuyées par la Monuc. "Ils n'ont plus de bases. Franchement, ils ne représentent pas vraiment une menace aujourd'hui", a affirmé l'administrateur de Beni. (AFP)
Samedi 19 mai.
Beni : assassinat du chef de poste principal de l'ANR. Ce responsable de l'agence nationale des renseignements a été tué la nuit de vendredi. Raymond Kibwamana a été abattu à son domicile. Les membres du comité de sécurité de la ville se sont réunis samedi matin. Ils étudient les voies et moyens en vue d'arrêter les auteurs de ce crime.
" La relance du tourisme dans le parc Virunga ne sera possible qu'une fois la sécurité rétablie ". Ces propos sont du ministre provincial de l'agriculture, développement rural, environnement, tourisme et petite et moyenne entreprise, Jacques Rumashana. Celui-ci espère l'appui des partenaires étrangers pour rétablir le domaine du tourisme dans le parc.
Buta : le HCR prépare un projet de réinsertion sociale des retournés du Soudan. Le Haut commissariat des Nations Unies aux Réfugiés a procédé au recensement de ces Congolais. Autrefois exilés au Sud Soudan, ils sont rentrés au pays en juin dernier. Selon l'administrateur de gestion des données de cet organisme onusien, cette opération permettra de les orienter pour leur survie.
Lubumbashi : cas Gédéon, une ONG stigmatise l'impunité du gouvernement. " Le gouvernement n'a pas la volonté de réprimer les auteurs des crimes internationaux : cas de l'ancien chef Maï Maï du Nord Katanga Gédéon ", c est le titre d'un communiqué publié le 15 mai par l'Action contre l'impunité et pour les droits humains, ACDH/section de Lubumbashi. Cette ONG s'étonne que Gédéon ne soit pas toujours jugé, une année après sa reddition.
Situation humanitaire en Ituri - Rapport hebdomadaire du 7 au 13 mai 2007. L'évolution du processus du DDR. 30 miliciens FNI, dont 7 enfants, ont rendu 10 armes et autant de chargeurs à Doi, le 8 mai. La veille, 193 ex-combattants, parmi lesquels 15 enfants, avaient été désarmés en ne déposant que 28 armes. Au total, ce sont 801 miliciens FNI qui ont déposé 180 armes et 134 chargeurs entre le 28 février et le 8 mai : 464 sont au centre de brassage de Kisangani; 223 au centre de transit de Kpandroma; 114 ont soit déserté ou opté pour le retour à la vie civile. Seuls 3 miliciens du FRPI se sont rendus le 10 mai à Aveba et ont déposé un AK 47. Selon des sources, 15 miliciens voulaient se rendre à Aveba le 10 mai pour entrer dans le processus DDR mais sans avoir le consentement de Cobra Matata. Par ailleurs, ce dernier aurait accepté de rencontrer le 12 mai à Marabo le général Mayala pour discuter de la reprise du désarmement. Pendant que des discussions sont en cours avec Cobra Matata au sujet du processus du DDR, des sources ont rapporté une concentration de miliciens au niveau de Aveba, Kagaba et au sud de Komanda : on ignore si cette concentration préfigure l'adhésion de miliciens au programme du DDR ou pour contrer une offensive des Fardc. Selon l'officier CIMIC entre juin 2006 et 10 mai 2007, un total de 6107 miliciens se sont rendus et déposé 2734 armes avec 1580 chargeurs. Les bailleurs de fonds de la Conader sont arrivés à Bunia le 9 mai pour évaluer le processus du DDR. Au cours de la réunion sur le DDR tenue le 7 mai au bureau de la Conader, plusieurs problèmes ont été relevés, notamment : les difficultés administratives : les données concernant la réinsertion des démobilisés ne sont pas disponibles et mises à jour. La Conader à Kinshasa ne va autoriser le référencement de 5500 combattants qu'après que la totalité des 15 000 combattants de 2004 et 2005 aient été effectivement réinsérés: or, on estime à environ 3000 ex-combattants qui n'ont pas bénéficié du processus DDR car ces derniers se trouveraient dans des zones difficiles d'accès pour les activités DDR; les activités de Peter Karim sont dangereuses, voire subversives : au lieu d'aller sensibiliser dans sa région, il s'est rendu à Aru et Ariwara où il aurait procédé au recrutement d'anciens démobilisés. Par ailleurs, parmi les ex-combattants envoyés à Kisangani, on a vu de nombreux démobilisés qui étaient passés par les sites de transit; des démobilisés ont crée une association appelée, ASAP, dont ils se servent pour perturber des activités de réinsertion comme la distribution des kits. (Ocha)
Dimanche 20 mai.
Assassinats et attaques sur les routes se multiplient au Nord-Kivu. Samedi, au moins trois civils ont été tués et une vingtaine blessés dans l'attaque d'un convoi près de Kiseguru, à une centaine de km de Goma, a déclaré Dominique Bofondo, administrateur du territoire de Rutshuru, où se trouve Kiseguru. Cette attaque a été "attribuée par des témoins à des rebelles hutus rwandais des FDLR" selon la même source. Dans la matinée, sur le même axe, des tirs nourris ont contraint des convoyeurs à abandonner des camions de vivres. La veille au soir, au moins un policier a été tué près de Kiberizi, à l'ouest de Rutshuru, lors d'accrochages avec des miliciens. Au même moment à Beni, ville située à plus de 250 km de Goma, le responsable local de l'Agence nationale de renseignement (ANR) a été abattu devant chez lui, de deux balles dans la tête, par des inconnus armés. "C'est le sixième assassinat ciblé à Beni depuis le début de l'année. Cela doit cesser, les autorités doivent réagir", a déclaré le vice-président de la société civile de Beni, Guy Boyoma, précisant que les commerces de la ville étaient restés fermés samedi, "en signe de deuil et de protestation". La situation est très tendue au Nord-Kivu depuis le déploiement entre janvier et mars de nouvelles brigades dites "mixées", constituées pour moitié d'ex-soldats insurgés fidèles au général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda. Dans son rapport du mois d'avril, la section Droits de l'Homme de la Monuc a relevé une série d'exactions contre des civils au Nord-Kivu, allant du pillage aux exécutions sommaires, le plus souvent perpétrées par des militaires. Des éléments de la brigade mixée Charlie sont notamment accusés d'avoir "fusillé quatre civils hutus dans le village de Rubaya" (nord de Goma) le 29 avril. Le 2 mars, un employé civil de l'hôpital de Nyamilima "aurait été torturé par deux soldats" de la brigade mixée Bravo qui "l'accusaient d'être un collaborateur des Maï Maï". Selon le rapport, "ce cas de torture n'est qu'un parmi tant d'autres", qui seraient "conçus et planifiés" par des officiers proches de Nkunda. Face à une fronde de plus en plus visible dans son bastion électoral du Nord-Kivu, le président Joseph Kabila est récemment sorti de sa réserve pour déplorer, dans une déclaration à la télévision, le blocage de la reconstruction du pays du fait de "foyers de tension et d'agitation permanentes", notamment "au Nord et au Sud-Kivu où des groupes armés ont repris de l'activité". "Les dispositions que requiert la complexité de la situation sont en train d'être prises pour y mettre rapidement fin", a-t-il assuré, promettant également des mesures contre "des individus" réfractaires au processus national de réforme de l'armée, visant implicitement Nkunda. Samedi, une délégation de 9 ministres, conduite par les ministres de l'Intérieur et de la Défense, a quitté Kinshasa pour Goma. (AFP)
Lutte contre le Sida : les confessions religieuses appelées à s'impliquer. L'Ong Cordaid a organisé samedi une rencontre interconfessionnelle d'échange sur le rôle des leaders religieux dans la lutte contre le VIH/Sida en RDC. Pour l'organisateur, les animateurs des églises sont des hommes écoutés. Leur implication effective dans lutte aurait un impact positif.41è journée mondiale des communications sociales : pas de contenus télévisuels pour les enfants. Les Facultés Catholiques de Kinshasa ont organisé plusieurs conférences pour commémorer cette journée. Le thème principal en était : " les enfants et les médias : un défi pour l'éducation ". Les conférenciers ont critiqué les programmes télévisuels. Ils ont évoqué la nécessité de les revisiter.
Lundi 21 mai.
Arbour (ONU) lance un projet de lutte contre les violences sexuelles. "Nous sommes venus lancer officiellement le projet conjoint (entre l'ONU et des ONG locales et internationales) de lutte contre les violences sexuelles au Nord et au Sud-Kivu", a déclaré Mme Arbour à la presse. Ce projet de plus de 10 millions d'euros financé par le Canada couvre la période 2006-2009 et prévoit de développer avec le soutien de différentes agences de l'ONU une assistance médicale, juridique et à la réinsertion pour les victimes. Au Nord et au Sud-Kivu, les violences sexuelles n'ont pratiquement pas diminué depuis la fin de la dernière guerre en RDC. L'association Dynamique des femmes juristes de Goma estime à environ 10.000 par an le nombre de viols dans la province du Nord-Kivu. Des groupes armés locaux et étrangers sévissent encore dans les deux Kivu, les militaires de l'armée congolaise sont régulièrement accusés de crimes sexuels par des victimes et des ONG dans les zones rurales notamment, et dans les villes, les violences commises par les civils sont en augmentation, selon l'association. Le viol est passible de 5 à 20 ans de prison en RDC, mais la loi est peu ou mal appliquée, faute de moyens et du fait de la corruption au sein de la magistrature, du fait de l'impunité dont jouissent les criminels et de la réticence des victimes à témoigner ou à porter plainte dans ce contexte. Mme Arbour a souligné à plusieurs reprises au cours de sa visite de cinq jours en RDC l'importance de "la lutte contre l'impunité pour bâtir un Etat de droit" après les élections de 2006. (AFP)
Rutshuru : 1ère assistance du gouvernement aux déplacés de Binza. Selon les déplacés sur place, l'assistance gouvernementale est arrivée dans un véhicule de marque Fuso. Elle sera distribuée à environs 4000 déplacés installés au camp de Nyongera, à près de 3 km de la cité de Kiwanja. Un échantillon de quelques cartons de médicaments et d'habits a été présenté aux déplacés en attendant la distribution. Le chef de cité de Kiwanja, Nzaba Matabaro, ajoute que d'autres déplacés se trouvent dans de petits sites dans les villages de Kinyandonyi et Ngwenda. D'autres encore sont dans des familles d'accueil. Nzaba Matabaro a salué ce geste du gouvernement. Il estime néanmoins que l'assistance est insuffisante vue le nombre des déplacés et l'ampleur de leur misère. Le Baraza la Wazee du Nord Kivu demande au gouvernement de s'impliquer réellement dans la recherche de la paix dans cette province. Selon son président, Alphonse Kubuya, les missions gouvernementales se succèdent mais il n'y a pas de décisions concrètes pour le retour de la paix au Nord Kivu. (Radio Okapi)
Goma : insécurité à l'Est, bientôt une table ronde à Kinshasa. Le ministre d'Etat en charge de l'Intérieur, Denis Kalume estime que la population doit être associée à cette démarche. Le ministre, était à la tête une mission gouvernementale au Nord-Kivu. "La solution, nous allons la trouver avec la population. Le Conseil des ministres a demandé que nous puissions organiser une table ronde. Cette table ronde suppose le regroupement des personnes intéressées ", a déclaré le ministre Kalume. Participeront à ce forum l'élite politique au niveau de Kinshasa et au niveau de l'Est, la société civile, les communautés de base et les confessions religieuses. Pour le ministre, tous ces groupes devront venir avec un agenda précis. Ils viendront non pas pour revendiquer mais pour proposer des solutions. Le ministre pense que ce forum durera 10 jours afin de permettre aux uns et aux autres d'arriver à une solution durable sur la question de l'insécurité à l'Est de la RDC.
La Chine est l'un des modèles de développement profitable à l'Afrique et à la RDC. La Chine est désormais l'un des modèles de développement profitable à l'Afrique et à la RDC a déclaré le ministre des Finances de la RDCongo, Athanase Matenda Kyelu. La RDC peut voir dans les éléments qui constituent le modèle chinois, ceux qui peuvent être tirés dans le choix du partenariat afin de nous aider à répondre à nos préoccupations, c'est-à-dire à améliorer notre taux de croissance et à réduire la pauvreté, a-t-souligné. Il a ajouté que la Chine, comme tous les pays asiatiques, a connu une constance dans l'accroissement du taux de croissance. (Xinhua)
Mardi 22 mai.
Au moins 17 morts dans un naufrage sur une rivière. Deux pirogues ont été prises dans une tempête et se sont retournées. Dix-sept personnes ont péri noyées, un passager est porté disparu et cinq autres sont parvenus à gagner les berges, selon la radio. L'accident s'est produit sur la rivière Uelé, près de Yakoma, une localité proche de la frontière avec la Centrafrique située à quelque 650 km de Mbandaka. Les passagers étaient majoritairement des jeunes gens membres de la Communauté évangélique de l'Ubangi et de la Mongala (CEUM), une secte protestante, qui revenaient d'une journée d'études et de prières dans une localité voisine. Les corps de 17 victimes ont été repêchés et rapatriés dans leurs villages d'origine, non loin de Yakoma. Un passager était toujours porté disparu lundi. Cet accident survient trois jours après le naufrage d'une pirogue motorisée sur le lac Kivu, qui a fait au moins cinq morts et de nombreux disparus, selon des sources locales. Cette pirogue, qui venait du Rwanda, s'est renversée dans le lac, non loin de l'île congolaise d'Idjwi. "Il y avait 46 personnes à bord. On a retrouvé les corps de cinq personnes", a déclaré lundi un notable d'Idjwi, Freddy Kahimano, précisant qu'il ignorait le nombre de rescapés. On estimait lundi soir qu'une trentaine de personnes avaient sans doute péri dans cet accident. (AFP)
Sept morts et une trentaine de blessés dans un accident de la route. Sept personnes ont été tuées et une trentaine blessées lors de la collision lundi soir entre un camion et deux mini-bus bondés à Lubumbashi, a-t-on appris mardi auprès de sources hospitalières et policières. "Il y a beaucoup de blessés graves", a déclaré le Dr Nyama, estimant que le bilan pourrait s'alourdir.
Enquête de la CPI en Centrafrique: Bemba nie toute responsabilité. La Cour pénale internationale (CPI) a annoncé mardi avoir ouvert pour la première fois une enquête sur des crimes sexuels, des viols en Centrafrique en 2002 et 2003, mais elle n'a pas nommé de suspect. L'enquête porte sur la période de la répression de la tentative de coup d'Etat du général François Bozizé en 2002 contre le président centrafricain, à l'époque Ange-Félix Patassé. Pour mater la rébellion, M. Patassé avait notamment fait appel au Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, dont un millier d'hommes avaient participé aux combats contre les troupes du général Bozizé. "Je suis le premier à avoir demandé une enquête sur des allégations de viols et d'exactions qu'auraient pu commettre certains de mes hommes", a déclaré M. Bemba, joint par téléphone au Portugal, où il est actuellement en soins. "J'avais dès octobre 2002 écrit au représentant spécial de l'ONU en Centrafrique, le général (Lamine) Cissé. Il m'a répondu dans une lettre en janvier 2003 qu'il avait diligenté une enquête et que dès qu'il aurait de nouveaux éléments, il m'en ferait part", a-t-il poursuivi. "Je n'ai jusqu'à aujourd'hui reçu aucune nouvelle des Nations unies, ni aucune preuve impliquant les troupes envoyées en Centrafrique en 2002", a-t-il précisé. "Nous n'avons fait qu'une chose, c'est intervenir à la demande d'un président démocratiquement élu qui était victime d'une tentative de coup d'Etat", a-t-il affirmé. Les troupes du MLC de M. Bemba, alors engagé dans une guerre contre le régime de Kinshasa (1998-2003), contrôlaient la province congolaise de l'Equateur, limitrophe de la Centrafrique. Un millier d'hommes avaient traversé le fleuve Oubangui, frontière naturelle entre les deux Etats, pour contrer les troupes de Bozizé. Une fois la tentative de coup d'Etat matée, les "Congolais" sont accusés d'avoir fait régner la terreur, tuant, pillant et surtout violant. "Ma responsabilité est totalement dégagée dans cette affaire, a estimé M. Bemba, qui dirigeait à l'époque le MLC depuis Gbadolite (nord de l'Equateur). Je n'étais pas en Centrafrique et si demain une enquête conclut à la responsabilité d'éléments du MLC, ils devront être poursuivis et condamnés comme le prévoit la loi". (AFP)
Bunia : 22000 démobilisés, 11000 armes récupérées. Le PNUD a organisé hier lundi 21 mai une journée de sensibilisation sur la destruction des armes à Bunia. A cette occasion, plus d'un millier de personnes ont assisté à la destruction de certains engins de guerre ainsi qu'à une grande exposition de photos sur des armes récupérées.
Bukavu : table ronde intercommunautaire à l'Est, première étape, des cahiers des charges. Les couches sociales du Sud Kivu sont appelées à élaborer des cahiers des charges dans le cadre de la table ronde intercommunautaire. C'est ce qui ressort de différents entretiens qu'elles ont eus avec le ministre Denis Kalume de l'Intérieur. Ce dernier conduit une délégation gouvernementale à l'Est du pays.
Lubumbashi : le jardin zoologique s'enrichit d'une jeune lionne. La " nouvelle pensionnaire " est arrivée dimanche de Kinshasa, à la grande satisfaction des visiteurs. Depuis ce lundi matin, de nombreux curieux, affluent pour l'observer. Cette jeune lionne vient ainsi allonger la liste de bêtes de ce jardin zoologique. Mais l'administration de ce site se dit préoccupée par la nourriture du fauve qui doit manger plusieurs kilos de viande par jour.
Une ONG dénonce la suspension et l'occupation d'une chaîne de TV. JED exprime, dans un communiqué, "sa profonde indignation à la suite de la décision prise dimanche (...) par la Haute autorité des médias (HAM, organe de régulation) à Mbuji-Mayi, de suspendre pour une durée de 7 jours toutes les émissions de la chaîne privée Radiotélévision Debout Kasaï (RTDK)". La Ham reproche à la RTDK d'avoir diffusé les 15 et 16 mai deux émissions au cours desquelles des propos "diffamatoires" et des "menaces" auraient été proférés à l'encontre du gouverneur de la province du Kasaï oriental, Alphonse Ngoyi Kasanji. Toutefois, interrogé par JED, le responsable local de la HAM a reconnu n'être pas en mesure de préciser la nature de ces menaces, n'ayant pas suivi les émissions incriminées. La HAM a justifié sa mesure de suspension du fait du refus de la direction de la RTDK de fournir les cassettes des émissions, selon JED. Dès dimanche, la chaîne a été investie par des policiers, chargés de faire respecter la mesure de suspension. JED demande à la HAM de lever immédiatement cette mesure, "non seulement disproportionnée, mais aussi manifestement dictée par les autorités provinciales". (AFP)
Mercredi 23 mai.
Lancement d'un projet de coopération syndicale entre la RDC et la Belgique. L'Institut de formation syndicale internationale (IFSI) belge et le Conseil syndical des services publics et privés (COSSEP) de la RDC ont lancé mardi à Kinshasa un projet de coopération syndicale internationale visant l'amélioration des conditions de vie et de travail des salariés du secteur public. Il s'agit d'un projet pour la période 2007-2011, cofinancé par la coopération belge au développement pour un montant d'environ 2,8 millions de dollars qui représentent un véritable appui au projet syndical du COSSEP avec un effet multiplicateur au travers d'une implantation sur l'ensemble du territoire de la RDC et d'une implication de jeunes et de femmes. Les résultats attendus sont le renforcement des capacités, des compétences et de la représentativité du COSSEP, la maîtrise du cadre actuel du dialogue social et l'augmentation du nombre des members affiliés et de femmes membres. Au terme du projet, le COSSEP devient un interlocuteur incontournable du dialogue social en RDC et les conditions de vie et de travail des travailleurs du secteur public du pays, s'en trouvent améliorées. (Xinhua)
L'ONU enquête sur des trafics présumés impliquant Casques bleus. "Dès que des allégations sérieuses ont été portées à son attention en 2006, la Monuc (...) a immédiatement demandé que soit menée une enquête par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) des Nations unies", basé à Nairobi. "Une enquête a été lancée, indépendamment de la Monuc, par le BSCI-Nairobi, conformément au mandat" de ce bureau, en charge des investigations sur des écarts graves de conduite des personnels employés par les Nations unies. Cette enquête, lancée en 2006, était toujours en cours en mai 2007, a-t-on précisé à la Monuc. L'annonce officielle de cette enquête intervient après la publication par la BBC d'un reportage faisant état de l'implication présumée de Casques bleus du contingent pakistanais, déployés en 2005 en Ituri, dans un trafic d'or et d'armes avec des miliciens du Front nationaliste et intégrationniste (FNI), un des cinq groupes armés alors actifs dans ce district. (AFP)
L'Angola n'a "jamais traversé" la frontière de la RDC. Depuis le mois de février, une polémique a court à Kinshasa sur le tracé de frontière entre la RDC et l'Angola, l'opposition ayant affirmé qu'une portion du territoire national avait été "vendue". Une équipe mixte a été envoyée sur le terrain pour identifier la borne pour savoir si la population congolaise avait traversé la frontière ou si c'est la population angolaise qui l'avait fait. "Le rapport que nous avons reçu indique que l'Angola n'a jamais traversé la frontière congolaise. C'est plutôt deux villages congolais qui se trouvent en Angola", a déclaré M. Mbusa Nyamwisi, chef de la diplomatie de la RDC à l'issue d'une rencontre avec le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht. Soulignant que les habitants de cette région "ne s'occupent pas beaucoup de la questions des frontières, parce qu'il s'agit de leurs terres traditionnelles", le ministre a promis qu'une solution serrait trouvée avec l'Angola pour assurer à ces populations de pouvoir traverser la frontière sur quelques kilomètres "sans devoir se soumettre aux mécanismes de l'immigration moderne". La frontière contestée, héritée de l'époque coloniale, concerne le territoire congolais de Kahemba, une région riche en diamants. Deux villages sont côté angolais, à 2.370 et 600 mètres de la frontières et les autres sont en RDC, a précisé mercredi M. Mbusa Nyamwisi. Par ailleurs, Karel De Gucht a dit avoir plaidé auprès de son hôte pour la mise en place rapide d'un "mécanisme de suivi" au sein duquel la communauté internationale pourrait accompagner la relance de la RDC. Pour M. De Gucht, cette instance devrait comprendre trois membres permanents du Conseil de sécurité (France, Etats-Unis, Grande-Bretagne), la Belgique (ancienne puissance coloniale), l'Afrique du Sud et l'Angola, puissances régionales, ainsi que l'UE. (AFP)
Jeudi 24 mai.
Une centaine de Rwandais recrutés par Nkunda rapatriés depuis janvier-ONU. Depuis début janvier, la section Désarmement, démobilisation, rapatriement, réinstallation et réinsertion (DDRRR) de la Monuc au Nord-Kivu a rapatrié 238 combattants étrangers, dont environ 200 Rwandais, a déclaré Sylvie van den Wildenberg, porte-parole de la Monuc dans la région. Parmi ces combattants rapatriés volontairement figurent une 116 rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), une centaine de combattants rwandais, majoritairement tutsis, ayant déserté les rangs de l'ex-général Nkunda, et une vingtaine d'autres combattants étrangers membres de différents groupes armés, a-t-elle détaillé. "Depuis le mois d'avril, on observe une augmentation considérable du nombre d'hommes issus des troupes loyales à Nkunda parmi les combattants rapatriés par le DDRRR", a-t-elle souligné. Ces hommes sont soit issus de la "garde personnelle" de Nkunda, soit des nouvelles "brigades mixées" déployées au Nord-Kivu, constituées pour moitié d'ex-soldats insurgés alliés à Nkunda et d'éléments des Fardc. Le processus de "mixage" avait débuté en janvier à la suite d'un accord entre Kinshasa et Nkunda, pourtant visé par un mandat d'arrêt international pour crimes de guerre. Les Rwandais issus des rangs de Nkunda rapatriés par la Monuc "ont expliqué qu'ils avaient été recrutés dans différentes préfectures du Rwanda depuis début 2007, avec la promesse d'avoir un emploi civil au Congo", a indiqué Mme van den Wildenberg. "Une fois acheminés clandestinement en RDC, ils affirment avoir été conduits dans des camps d'entraînement de Laurent Nkunda", d'où ils se sont échappés, a-t-elle poursuivi. "D'après leurs témoignages, Nkunda continuerait à recruter parmi des démobilisés et/ou des civils rwandais et congolais", a-t-elle précisé. Selon des sources militaires occidentales, Nkunda disposait avant le mixage d'un maximum de 3.500 hommes. Or il en a fourni 7.000 pour constituer les brigades mixées et affirme avoir encore 2.000 hommes. Pour un observateur de l'ONU, "il est évident que Nkunda a massivement recruté au Rwanda. Mais, il est aussi évident que toutes ces recrues n'ont pas pu être engagées à l'insu des autorités rwandaises, ce qui pose sérieusement la question de la position de Kigali par rapport aux risques de déstabilisation dans l'est de la RDC". (AFP)
Des casques bleus trafiquants ? L'affaire remonte à 2005, l'année où les casques bleus pakistanais sont arrivés au Congo. Un contingent est déployé dans l'est du pays, et notamment près de Mongbwalu en Ituri - une ville dont plusieurs milices se disputent le contrôle. C'est là que se situent les plus importantes mines d'or de RDC. Selon plusieurs témoignages, recueillis sur place par l'envoyé spécial de la BBC, Martin Plaut, plusieurs casques bleus pakistanais ont commencé à acheter de l'or très peu de temps après leur arrivée. Mais les accusations portées contre le contingent pakistanais vont plus loin encore. A Mongbwalu, on affirme que des officiers achetaient l'or directement aux FNI, la milice qui, à l'époque, contrôlait les mines et s'en servait pour financer ses activités. Au début de l'année 2006, l'ONU ouvre une enquête interne, et ses conclusions sont alarmantes. La BBC a pu se procurer une copie du document, qui comprend plusieurs témoignages dont celui d'un major pakistanais. Il y est mentionné qu'en 2005, certains officiers ont remis des armes aux chefs rebelles en échange de pépites d'or. Ils ont donc aidé des hommes fréquemment accusés de violations des droits de l'homme à se réarmer. A ce jour, aucune mesure disciplinaire n'a été décidée à l'égard des fautifs. Une source proche du dossier, à l'ONU, affirme même que les Nations Unies ont tenté d'étouffer l'affaire. Ces révélations sont très embarrassantes pour la MONUC car dans le passé, certains de ses casques bleus ont été accusés de viols. De plus, les Nations Unies craignent de se mettre à dos le Pakistan, le plus grand pourvoyeur de casques bleus. (BBC News)
Bukavu : plus de 3000 mètres de câbles de la SNEL volés dans la commune de Bagira. Le vol de ces câbles a été enregistré à sept endroits différents de la municipalité. La pratique prend de plus en plus d'ampleur dans cette partie de la ville depuis avril dernier. La population s'en plaint, autant que le directeur provincial de la SNEL (Société Nationale d'Electricité) qui se dit inquiet de la multiplicité des cas de vols de câbles électriques au chef-lieu de la province du Sud-Kivu.
Butembo : bipartite Ouganda-RDC pour la relance du programme DDRRR. Les autorités congolaises du territoire de Beni et leurs homologues des districts de Bundibudjo et Kasese se sont rencontrés ce mercredi à Kasese en Ouganda. A l'ordre du jour : la sécurité sur la frontière commune et la relance du programme de désarmement, démobilisation, rapatriement, réinstallation et réinsertion (DDRRR) des rebelles ougandais Adf-Nalu.
Vendredi 25 mai.
Trafics présumés d'armes par des Casques bleus en RDC: le Pakistan dément. La Monuc a annoncé mercredi que l'ONU enquêtait depuis 2006 sur ces accusations de trafics et que les investigations étaient "toujours en cours". La télévision britannique BBC a diffusé cette semaine un reportage sur le rôle présumé de Casques bleus pakistanais dans un trafic d'or et d'armes avec des miliciens du Front nationaliste et intégrationniste (FNI), un des cinq groupes armés alors actifs en Ituri. La BBC affirme que le trafic a débuté en 2005 et cite des témoins de tractations entre d'une part des Casques bleus pakistanais et d'autre part des négociants locaux et des miliciens du FNI, en particulier les commandants "Kung-fu" et "Dragon", à Mongwalu, un site aurifère de l'Ituri. Ces allégations sont "grotesques, malveillantes et sans fondement", a protesté le porte-parole de l'armée pakistanaise, le général Waheed Arshad. "On nous dénigre sans preuve pour ternir notre image et dévaloriser nos très importantes contributions, dans le monde entier, aux forces de maintien de la paix de l'ONU", a-t-il déclaré. "En dépit du fait que l'enquête de l'ONU ne pointe du doigt aucun pays en particulier, les médias se sont empressés d'accuser le Pakistan", a poursuivi l'officier. Mercredi, le ministère pakistanais des Affaires étrangères avait déjà dit "qu'à ce qu'à ce stade, il s'agissait de vulgaires allégations". (AFP)
Les combats dans l'est pourraient faire fuir 500.000 personnes (ONU). Environ 260.000 personnes ont fui leurs domiciles dans la province du Nord-Kivu à cause des combats entre un groupe de rebelles rwandais (FDLR) et les Fardc depuis novembre, a indiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha). "Le mouvement continue et on estime que d'ici à la fin de l'année il y aura 330.000 déplacés de plus", a déclaré la porte-parole d'Ocha Elisabeth Byrs. "La situation humanitaire empire. Ocha est très préoccupé par la question de protection des populations civiles et de ces déplacés. Il y a eu des meurtres, des détentions arbitraires, des pillages qui ont causé ces déplacements qui se poursuivent", a-t-elle ajouté. Ce mouvement de population est le plus important constaté depuis trois ans, selon l'ONU. Environ un quart des personnes actuellement déplacées sont hors d'atteinte à cause de l'insécurité et des conditions géographiques locales. (Ocha)
Remise officielle de la prison centrale de Mahagi aux autorités locales. Financée par le PNUD à travers un projet chiffré autour de 37.000 dollars, la réhabilitation de la prison centrale de Mahagi a été achevée après six mois des travaux réalisés par l'entreprise BAGEC (Bâtiment et Génie Civil), une entreprise de construction basée à Bunia. Construite en 1957, la prison de Mahagi a subi une forte détérioration, surtout pendant la guerre. Plusieurs cas d'évasion ont été enregistrés, surtout à cause de la mauvaise condition de cette structure pénitentiaire. Avec l'arrivée de la Monuc à Mahagi, en janvier 2004, la situation sécuritaire s'est nettement améliorée du fait que la prison soit notamment située à l'intérieur même du camp du contingent népalais. Pendant la durée des travaux, tous les prisonniers ont été déplacés temporairement dans le cachot de la Police nationale congolaise (PNC) de Mahagi. Aujourd'hui, la prison de Mahagi, qui héberge 104 pensionnaires dont six femmes, possède une capacité de 250 personnes et est dotée de sept cellules réhabilitées, six pour les hommes et une pour les femmes. Sept cachots individuels sont, en outre, destinés aux criminels et aux condamnés. Chaque cellule est équipée de toilettes, de douches, de lits et d'un dépôt de vivres. Toutes les portes et fenêtres sont métalliques et doublées de grilles antivol. Le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Bunia, Chris Aberi, s'est félicité de la conclusion des travaux en insistant sur le fait que "la réhabilitation de cette prison permettra de soulager les problèmes de surpopulation que connaît actuellement la prison centrale de Bunia". (Monuc)
Samedi 26 mai.
Uvira : l'ambassadeur de France réitère l'appui de son pays aux Fardc. L'ambassadeur de France en RDC a clôturé vendredi sa visite dans les territoires d'Uvira et de Fizi dans la province du Sud-Kivu. Bernard Prévost a réitéré l'appui de la France et de l'Union européenne à la formation d'une armée bien organisée et efficace en RDC,
Bukavu : nouvelles taxes, suspension de 6 comptoirs d'achat des minerais. Six comptoirs d'achat des produits miniers de Bukavu ont suspendu leurs activités d'achat et d'exportation des minerais depuis vendredi. La taxe sur l'exportation des minerais est passée de 2,8$ à 5$ le kilo depuis une semaine. Pour les exportateurs des minerais, il revient au gouvernement central de se prononcer sur le taux des taxes. C'est l'avis de Mudekereza Namegabe, président de la Fédération des Entreprises du Congo, FEC/Sud-Kivu : " Etant donné que l'autorité provinciale et les services intervenants n'ont pas encore déterminé la base sur laquelle on doit travailler, cela pose problème. Mais le grand problème c'est l'image des opérateurs économiques qui est ternie, lorsqu'on les accuse d'entretenir la fraude " M. Mudekereza a annoncé la suspension des activités du secteur minier, en attendant qu'un accord entre le pouvoir central et l'autorité provinciale se dégage sur la fixation des taxes. " S'il n'y a pas de confiance réciproque entre le pouvoir public et les secteurs privés, il sera difficile de faire décoller l'économie de ce pays, et surtout une province comme le Sud Kivu qui a besoin de l'appui des autorités ", a-t-il conclu. (Radio Okapi)
Ituri : Rukwanza, les habitants dénoncent des incursions de l'armée. Rukwanza est situé sur le lac Albert. Selon des témoignages recueillis auprès de cette population, les soldats de l'armée ougandaise étendent leurs patrouilles à ce village et ravissent même des filets des pêcheurs. Ces faits ont été communiqués à la mission des sections des Affaires politiques et Affaires civiles dont l'objectif était de vérifier les allégations sur ces incursions de l'armée ougandaise dans cette région. Des responsables locaux des Fardc, de l'ANR et de la société civile ont confirmé ces allégations. D'après eux, les soldats ougandais proviennent souvent de Mulango, un village de leur pays proche de Rukwanzi. Selon Jean Sefu, président de la société civile de ce village congolais, les assaillants ne se limitent pas seulement à étendre leurs patrouilles jusqu'en RDC. Ils s'emparent aussi des filets des pêcheurs de Rukwanzi. Jean Sefu témoigne : " Les officiers de l'UPDF passent ici avec leurs vedettes. C'est fréquent vraiment. Ils passent tout juste devant nous ici. Ils viennent et nous menacent, et disent que la partie que nous occupons leur appartient. Et en plus, ils ravissent les filets de nos pêcheurs ". De leur coté, les éléments Fardc déployés à Rukwanzi reconnaissent ces faits, mais déplorent l'insuffisance des moyens logistiques mis à leur disposition. Contactée, Pétronille Vaweka, commissaire de district de l'ituri, n'a pas voulu s'exprimer sur la question. (Radio Okapi)
L'examen de la loi budgétaire repoussé à mardi. "Le gouvernement, qui a tenu des réunions marathon ces derniers jours et était encore hier soir en Conseil des ministres, a demandé à l'Assemblée un report à mardi de la plénière consacrée à l'examen de la loi budgétaire", a expliqué Grégoire Katende, le rapporteur de l'Assemblée. La loi budgétaire, habituellement votée en début d'année, n'a été déposée qu'en début de semaine à l'Assemblée, alors que l'actuelle session s'achève le 15 juin. Ce retard est notamment imputable à la mise en place tardive des institutions issues des élections de 2006 en RDC, où le gouvernement n'a été investi que le 24 février par l'Assemblée et alors que le Sénat n'a pas encore achevé la constitution de ses commissions permanentes. Le projet de budget 2007 est d'un montant de 1.197 milliards de francs congolais (soit près de 2,15 milliards de dollars), en hausse de 15% par rapport à 2006. Il a été établi suivant des prévisions d'un taux de croissance de 6,5% en 2007 et un taux d'inflation de 12%. Le gouvernement compte pour augmenter ses ressources internes sur une forte augmentation des recettes des régies financières (douanes, impôts). Il prévoit d'être financé à 44% par la communauté internationale (contre 56% en 2006), alors que la RDC est sortie depuis mars 2006 d'un programme économique lui permettant de recevoir des appuis budgétaires. Par ailleurs, le budget 2007 ne prend pas en compte le déficit de 26,5 millions de dollars de l'exercice 2006. La session de mardi promet d'être assez tendue à l'Assemblée, où les députés sont très critiques vis-à-vis du gouvernement d'Antoine Gizenga, qui n'a engagé aucune réforme de fond depuis son investiture. Une réunion, mercredi, de chefs de groupes parlementaires au cabinet du Premier ministre a en outre était très mal perçue par plusieurs d'entre eux, qui ont estimé que M. Gizenga cherchait à faire pression sur eux avant l'examen du budget. (AFP)
Deux morts dans des combats entre miliciens locaux au Nord-Kivu. "Nous avons eu des informations sur des combats entre deux groupes Maï Maï dans le sud du territoire de Lubero, à environ 80 km de Goma", a déclaré le général Vainqueur Mayala, commandant de l'armée au Nord-Kivu. Le général a confirmé le bilan de deux morts et deux blessés. Les accrochages ont opposé les hommes de colonel Jackson Muhuka Mtubo à ceux de colonel Kasereka, dit Mandela, dans plusieurs localités proches de Kayna, dans le sud du Lubero. Jackson, qui affirme que ses troupes sont prêtes à démobiliser, accuse les hommes de Kasereka de pillages et violences contre les populations civiles. De son côté, Kasereka refuse de rendre les armes et a promis la reprise des combats contre les hommes de Jackson, qui l'ont acculé à une retraite provisoire après les accrochages de vendredi. Ces violences ont immédiatement entraîné des déplacements de population et une cinquantaine de familles est arrivée à Kayna. (AFP)
Lundi 28 mai.
Massacre de civils : les rebelles des FLDR nient toute responsabilité. Au moins 17 villageois ont été tués samedi soir à l'arme blanche à Kaniola, Sud-Kivu, lors d'une attaque attribuée par les populations aux FDLR. Mais 29 personnes auraient pu être tuées au total selon l'ONU. "Les FDLR (...) ne se sont jamais attaquées (...) à des populations civiles", a affirmé le président du mouvement, Ignace Murwanashyaka, joint au téléphone à Berlin: "nous condamnons les tueries ignobles et abominables en cours dans le Sud-Kivu et demandons (...) une enquête sur l'identité de leurs auteurs". "C'est le régime de Kigali qui est derrière les tueries (...) de civils en cours aussi bien dans le Nord-Kivu que dans le Sud-Kivu", a-t-il accusé, en dénonçant "les actes barbares du groupe +Rasta+ entretenu par le régime de Kigali en RDC". Les "Rasta" forment un groupe composite constitué de miliciens locaux et étrangers, dont des dissidents des FDLR. La Monuc a annoncé lundi l'envoi d'une mission d'évaluation dans le groupement de Kaniola. (AFP)
Mardi 29 mai.
L'ONU "condamne le massacre" d'au moins 18 civils au Sud-Kivu. Selon un bilan établi lundi soir par la Monuc, 18 civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués à l'arme blanche, 27 blessés, et 18 personnes enlevées dans deux villages proches de Kanyola, à environ 50 km Bukavu. "Il semblerait, selon des informations qui restent à confirmer, que les cadavres de 12 otages (aient) été retrouvés dans la forêt (voisine des villages) où les assaillants ont pris la fuite", a précisé la Monuc dans un communiqué. Cette tuerie est, selon la Mission, le fait d'un "groupe de 10 à 12 miliciens, que l'on suppose être des FDLR, des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda et des Rasta", un groupe composite notamment constitué de miliciens locaux et de déserteurs des FDLR. "Toutes les victimes ont été tuées ou blessées dans leur sommeil (...), les assaillants ayant commis leur forfait à l'aide de machettes, de baïonnettes, de couteaux et de gourdins afin d'éviter des coups de feu qui auraient pu révéler leur présence", explique la Mission dans un communiqué. Les assaillants "ont néanmoins été surpris, vers 03h00 du matin, par une patrouille de la Monuc sur véhicule blindé, alors qu'ils s'étaient introduits dans un troisième village". La patrouille "est intervenue, ouvrant le feu sur ces criminels et les empêchant ainsi de commettre un autre massacre". Avant de s'enfuir dans la forêt voisine, les assaillants "ont laissé des notes sur les cadavres, déclarant que ces violences étaient (commises) en représailles d'opérations menées contre eux par les Fardc". Lundi matin, une équipe d'évaluation des Nations Unies a été envoyée dans les villages attaqués. A Kanyola, les habitants en deuil se sentaient "abandonnés" par les autorités congolaises et par l'ONU "qui fait défiler ses blindés ici mais est incapable de mettre fin aux exactions et de désarmer les groupes qui sèment la terreur dans la région", a déclaré Constantin Charundagwa, responsable de la société civile. "Les assaillants ont opéré tranquillement pendant plus de trois heures", a relevé Oscar Zihaliwa, un notable de Kaniola, appelant les autorités du pays "à prendre les mesures sécuritaires nécessaires pour mettre fin à ces attaques". (AFP)
Début de l'examen de la loi budgétaire à l'Assemblée. Le Premier ministre Antoine Gizenga a d'abord demandé aux députés de voter un projet de loi portant sur des crédits provisoires (sur lesquels fonctionne le gouvernement depuis le début de l'année), avant de présenter un projet de budget 2007 d'un montant de 1.197 milliards de francs congolais (2,15 milliards de dollars). La présentation tardive du budget est notamment due au fait que le gouvernement n'a été investi que le 24 février par l'Assemblée nationale. Le budget prévoit d'être financé à 56% par des ressources propres, à 40% par la communauté internationale (contre 56% en 2006), et 4% (soit 87 millions de dollars) qui restent "à rechercher", a prévenu le Premier ministre. M. Gizenga a présenté des "points forts" de son budget, qui prévoit une forte augmentation des ressources propres, notamment par une hausse des recettes générées par les régies financières (douanes, impôts) et par la stabilité des recettes pétrolières. Mais le Premier ministre a aussi pointé ses "faiblesses", qu'il a principalement imputées au poids de la dette publique (14 mds USD) largement héritée du régime de Mobutu (1965-1997) et au déficit cumulé légué par le précédent gouvernement (320 M USD en février). M. Gizenga a expliqué l'étroitesse de la marge de manoeuvre de son équipe, alors que la RDC est sortie fin mars 2006 d'un Programme économique de gouvernement (PEG) avec le FMI, ce qui a gelé toute possibilité de recevoir des appuis budgétaires. En outre, "l'échec du PEG n'a pas permis au pays d'atteindre le point d'achèvement de l'initiative pour les Pays pauvres très endettés (PPTE)", ce qui aurait permis de voir rapidement un allègement de la dette. "Le gouvernement devra négocier avec le FMI - dont une délégation vient d'arriver à Kinshasa - un report du remboursement du service de la dette (...) et engager des discussions pour un nouveau programme économique". Pour prouver la volonté de la RDC à satisfaire aux critères de l'initiative PPTE, le budget 2007 alloue 671 M USD au remboursement du service de la dette, soit une augmentation de 67% par rapport à 2006. "Il s'agit d'un budget de démarrage. Il est encore loin de satisfaire nos attentes à tous", a reconnu Antoine Gizenga, qui en a appelé à "la conscience de chacun" dans un hémicycle où souffle un vent de fronde. Plusieurs élus, y compris au sein de la majorité présidentielle, jugent le budget trop modeste au regard des immenses besoins d'un pays sortant de plusieurs années de guerre où la quasi-totalité des infrastructures est à reconstruire. (AFP)
Des députés des Kivu (est) suspendent leur participation à l'Assemblée. "Nous, députés du Nord et du Sud-Kivu, (...) décidons de suspendre notre participation aux travaux de l'Assemblée nationale. Ceci jusqu'à ce que des signaux clairs et forts dans le sens du rétablissement de la paix soient donnés à l'endroit de nos populations martyrisées", a déclaré Emmanuel Bahati, député du Nord-Kivu et élu de la majorité présidentielle. Toutefois, cette motion n'a pas été suivie par l'ensemble des députés des Kivu, dont plusieurs ont estimé dangereux de boycotter la plénière alors que l'Assemblée venait de débuter l'examen de la loi budgétaire. La situation sécuritaire et humanitaire n'a cessé de se dégrader dans les deux Kivu depuis le début de l'année. Au Nord-Kivu, des combats contre des rebelles rwandais et le déploiement de nouvelles brigades intégrant d'ex-soldats insurgés ont contribué au déplacement de plus de 113.000 personnes depuis la mi-janvier. Au Sud-Kivu, un massacre d'une ampleur sans égale depuis deux ans a secoué ce week-end la collectivité de Kanyola, où au moins 18 villageois ont été tués à l'arme blanche dans leur sommeil par de présumés rebelles hutus rwandais. En dépit d'interpellations à l'assemblée, le gouvernement "n'a rien fait pour apporter un début de solution aux souffrances de nos populations", a déclaré M. Bahati. "Bien au contraire, ce gouvernement ne fait que nous distraire par des solutions biaisées, du genre +table ronde intercommunautaire+", a-t-il poursuivi, en référence à une proposition du ministre de l'Intérieur, massivement rejetée par les élus locaux qui estiment que les problèmes de sécurité ne sont pas uniquement d'ordre ethnique et communautaires. A la suite de cette intervention, le président de l'Assemblée, Vital Kamerhe, a annoncé une suspension de séance d'une demi-heure. A la reprise des débats, de nombreux députés des Kivu étaient présents et ont salué les efforts prévus en matière de sécurité dans le budget 2007, a constaté l'AFP. En ouverture de la séance, le Premier ministre Antoine Gizenga avait appelé à une minute de silence pour les victimes de Kanyola. (AFP)
Mercredi 30 mai.
Adoption de la loi portant sur ouverture des crédits provisoires du gouvernement. L'Assemblée nationale, réunie mardi en séance plénière au Palais du peuple, a adopté à la grande majorité, soit 315 voix pour, 49 contre et sept abstentions, la loi portant ouverture des crédits provisoires du gouvernement. Cette loi a été déposée sur la table de l'Assemblée par le Premier ministre Antoine Gizenga, en même temps que le projet de loi portant budget de l'Etat pour l'exercice 2007. Si la loi portant crédit provisoire concerne les fonds autrefois alloués aux quatre vice-présidents sous la transition, le projet budgétaire pour l'exercice 2007 se chiffre quant à lui à 2,19 milliards de dollars. L'examen et la discussion sur ce projet budgétaire seront engagés dans 10 jours. (Xinhua)
Appel des pays d'Afrique centrale à renforcer le statut des aires protégées. Cet "appel de Kinshasa" a clôturé les premières Journées des aires protégées en Afrique centrale, ouvertes lundi dans la capitale de la RDC à l'initiative du Réseau des aires protégées de la sous-région (Rapac) et avec l'appui de la Comifac. Les représentants du Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République Centrafricaine, RDC, Sao Tomé et Principe et Tchad, des partenaires techniques et financiers, des organisations impliquées dans la gestion des aires protégées ont rappelé le rôle fondamental de ces espaces "comme réservoirs de la biodiversité et de carbone pour la régulation du climat et le maintien des équilibres écologiques". Il ont appelé les gouvernements et parlements des pays membres de la Comifac à "harmoniser et réviser les cadres légaux des zones affectées à la conservation" et à "accroître significativement les ressources humaines et financières affectées à la gestion des aires protégées". Ces Etats sont notamment appelés à "institutionnaliser les mécanismes de financement autonomes" des organes chargés de la mise en oeuvre du plan de convergence de la Comifac. Le budget de ce plan d'action commun, approuvé en 2005 à Brazzaville pour une meilleure gestion et conservation des 200 millions d'hectares de forêts dense et humide d'Afrique centrale, est évalué à environ 1,3 milliard d'euros sur la période 2004-2013. (AFP)
Pénurie d'énergie: les pays membres de la SADC appelés à conjuguer leurs efforts. Les pays membres de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) sont appelés à travailler ensemble pour trouver les moyens de réduire les impacts d'une future pénurie d'énergie dans la région. La future pénurie énergétique entraînera des menaces pour la plupart des industries dans la région, ce qui exige que les pays membres de la SADC travaillent dessus de manière collective, a indiqué Benny Chundu du ministère zambien des Finances. La Zambie est l'un des pays qui devrait être confronté à une pénurie énergétique dans la région à partir de l'année prochaine, en raison de son développement économique en plein boom. La SADC est une organisation régionale, regroupant actuellement 14 pays d'Afrique australe que sont l'Angola, le Botswana, la RDC, le Lesotho, Madagascar, le Malawi, l'île Maurice, le Mozambique, la Namibie, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, la Zambie et le Zimbabwe. (Xinhua)
Massacre au Sud-Kivu : l'ONU empêchée d'atteindre les lieux du drame. "Mardi, la Monuc a envoyé une mission d'évaluation mais celle-ci n'a pu atteindre les villages affectés car empêchée de le faire par la population qui voulait exprimer son mécontentement", a déclaré Kemal Saïki au cours d'un point de presse. Selon des témoignages d'habitants recueillis par l'AFP, des barrières avaient été érigées sur les routes et les véhicules de la mission ont essuyé des jets de pierres de villageois, qui ne comprennent pas que de telles tueries puissent être perpétrées dans une zone théoriquement sous contrôle de l'armée congolaise et où patrouillent des Casques bleus. "Bien que cette réaction soit compréhensible, il est regrettable que cette mission n'ait pu accomplir son travail", a ajouté M. Saïki. Le Bureau des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) au Sud-Kivu a par ailleurs fait état d'un mouvement de populations vers Walungu, à 7 km de Kanyola, sans être en mesure d'indiquer le nombre de déplacés. Pour sécuriser l'axe Kanyola-Walungu, la Monuc a installé lundi deux "bases mobiles" de Casques bleus. Mais, selon la Mission, les déplacements vont probablement se poursuivre en raison de "l'insuffisance du dispositif militaire des Fardc" chargé "d'assurer la sécurité des populations civiles". (AFP)
Aru : lancement de la campagne de vente de tabac. Le lancement officiel de la campagne a eu lieu mardi à Nyakuma, à 60 km de Aru-centre. Elle va durer 3 mois et s'effectuer à travers 6 collectivités du territoire de Aru. Selon les autorités locales, elle permettra de relancer les activités économiques dans la région.
Kanyiola : environ 500 ménages déplacés de leurs villages. C'est depuis les tueries dans la nuit de samedi à dimanche derniers que ces déplacements ont lieu dans le groupement de Kaniola, selon la société civile, noyau de Kaniola. Aucun de ces déplacés ne reçoit assistance humanitaire jusqu'à présent.
Bukavu : La commission socio-économique de l'assemblée provinciale réprimande le directeur de la DGM. La commission socio-économique de l'assemblée provinciale a fustigé le comportement du directeur de la DGM au cours de la plénière du lundi. Selon elle, son enquête s'inscrit dans le cadre des activités d'adoption prochaine du budget de la province. Selon Anicet Teganyi, membre de la commission Ecofin, tous les postes de la DGM ont été contrôlés. Seuls restent le poste frontalier de Ruzizi 2 et le bureau provinciale. " Puisqu'on nous a déclaré que les versements se font à la direction provinciale. Après avoir sillonné tous les postes, alors nous devons nous rendre compte des preuves de versement, dans les banques aussi, par la direction provinciale. C'est alors que le directeur n'a pas voulu que nous voyions son comptable. Il a dit qu'il faudra qu'il ait l'autorisation de la hiérarchie, c à d son directeur général M. Ondekane, qu'aussitôt qu'il aura l'autorisation, il va nous rappeler, c'est ainsi qu'on a attendu, il n'a plus appeler. C'est alors qu'on a été obligé de faire le rapport à la plénière ". Le directeur provincial de la DGM nie ces allégations. Jean Kyanga affirme avoir autorisé le contrôle dans tous les postes frontaliers de la ville de Bukavu. Selon, lui, toutes ces allégations sont purement politiques. (Radio Okapi)
Jeudi 31 mai.
La CAE, la SADC et le COMESA prêts à coordonner la coopération et le commerce inter-régional. Lors de la réunion de Zanzibar, les chefs des trois communautés économiques régionales (CER) se sont entendus pour dire que la coordination était nécessaire dans le système de mondialisation actuel, selon un communiqué du secrétariat de la CAE publié mercredi. Etaient présents à cette réunion Beatrice Kiraso, vice-secrétaire général de la Commuinauté d'Afrique de l'Est (CAE) pour la fédération politique, le secrétaire exécutif de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) Tomaz Salomao, et le secrétaire général du Marché commun pour l'Afrique orientale et australe (COMESA) Erastus Mwencha. Dans le communiqué, Ibrahim Msabaha, ministre tanzanien de la coopération, a déclaré qu'il était impératif que les CER coopèrent dans leurs projets et programmes, qui dépassent les frontières. Il a ajouté que l'urgence du besoin de coopérer dans les projets et programmes des CER était soulignée par les demandes du système économique mondial changeant à grande vitesse. La coopération inter-régionale entre les CER conduira à la rationalisation de la mobilisation des ressources et à leur utilisation par les CER, renforçant leur efficacité et focalisant davantage sur le rôle des CER dans la construction des blocs dans le but de créer une Communauté économique africaine, a déclaré Beatrice Kiraso. La CAE, la SADC et le COMESA sont des blocs africains d'intégration économique régionaux, la CAE étant devenue une union douanière en 2005. Le COMESA devrait lancer son union douanière l'année prochaine alors que la SADC formera une zone de libre-échange en 2008 et une union douanière en 2010. (AFP)
La CNR saisit le comité exécutif du HCR pour les réfugiés angolais en RDC. La Commission nationale pour les réfugiés (CNR) a décidé mercredi de saisir le comité exécutif du HCR à Genève, pour trouver une solution à l'évacuation des milliers de réfugiés angolais se trouvant sur le sol congolais. Le HCR devra également poursuivre l'opération d'enregistrement des autres réfugiés angolais habitant dans les deux provinces du Kasaï et du Katanga en vue d'être fixé sur leur nombre sur l'ensemble du pays et de permettre au gouvernement de la RDC d'arrêter une politique d'intégration de ceux qui auront opté de rester sur le sol congolais. Environ 100 mille réfugiés angolais identifiés sont localisés dans la province du Bas-Congo et à Kinshasa. Au cours de la même rencontre, les membres de la CNR ont relevé d'autres difficultés concernant le recensement des réfugiés rwandais selon qu'ils habitent les zones accessibles ou inaccessibles, invitant le HCR à prendre contact avec le gouvernement congolais pour arrêter une stratégie devant permettre d'identifier tous les Rwandais ayant choisi la RDC comme terre d'asile en vue d'assurer leur protection. (Xinhua)
Nouvelle attaque au Sud-Kivu, sept personnes enlevées et une blessée. "Huit personnes habillées en militaire et une neuvième en tenue civile ont attaqué le village de Cibaho, dans la chefferie de Kabare. Ils ont enlevé sept personnes dont six femmes", a déclaré l'administrateur de Kabare, Jean-Marie Limange. Au cours de l'attaque, une femme a été "grièvement blessée" à coups de couteau, a-t-il ajouté. Le village de Cibaho est situé à une vingtaine de km de Bukavu. Les habitants ont attribué cette attaque à des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), expliquant que les assaillants parlaient kinyarwanda, a précisé l'administrateur. A Cibaho, les assaillants ont pillé des habitations et emporté du bétail, avant de s'enfuir en direction du parc voisin de la Kahuzi-Biega, a précisé M. Limange. "Ces rebelles ont été empêchés de continuer leur action par un militaire des Fardc qui tiré plusieurs coups de feu en l'air vers minuit avant l'arrivée sur les lieux des renforts militaires", a-t-il poursuivi. Ce soldat était le seul membre de l'armée détaché dans ce village lors de l'attaque. Jeudi matin, les Fardc ont lancé des opérations dans la zone pour retrouver les sept villageois pris en otage. Par ailleurs, les 18 habitants de Kanyola, enlevés lors de l'attaque du week-end dernier, n'avaient toujours pas été retrouvés jeudi, selon les autorités locales. (AFP)
L'archevêque de Bukavu met en garde contre les risques de "guerre". "Les éléments sont apparemment réunis pour une nouvelle guerre au Sud-Kivu", affirme Mgr François-Xavier Maroy dans une lettre remise en début de semaine à l'ambassadeur de France en RDC, Bernard Prévost, en déplacement à Bukavu. L'archevêque explique vouloir "prendre à témoin" la communauté internationale dans un courrier au ton alarmiste et agressif. Il dénonce notamment "un mouvement d'infiltration massif en provenance du Rwanda" voisin, l'inefficacité de l'armée congolaise et s'interroge sur les motivations d'officiers issus d'une ex-rébellion soutenue par le Rwanda pendant la dernière guerre sur le sol congolais (1998-2003). Il affirme que les "banyamulenge (tutsis congolais du Sud-Kivu) sont instrumentalisés pour provoquer la guerre" et que certains quittent déjà les hauts plateaux du Sud-Kivu pour trouver refuge dans les pays voisins (Rwanda et Burundi). Contactés, plusieurs officiers congolais du Sud-Kivu ont démenti tout mouvement "massif" d'infiltration, tout en reconnaissant la porosité de la frontière. "Les rumeurs d'infiltration ne datent pas d'aujourd'hui. On veut fait croire à la population que l'armée ne fait absolument rien. (...) Le problème du Kivu est réel, l'insécurité a atteint des proportions inquiétantes, mais ce genre de message (celui de Mgr Maroy) renforce la haine", a indiqué un officier basé près d'un poste-frontière. De son côté, le président de la communauté banyamulenge, Enock Sebineza, a confirmé des déplacements de familles vers les pays voisins, du fait de l'insécurité dans leurs villages et d'une mauvaise saison agricole, s'insurgeant contre la stigmatisation de sa communauté. Par ailleurs, Mgr Maroy s'indigne du "silence des institutions de la République" et de la passivité de la communauté internationale après le massacre le week-end dernier de 18 civils par de présumés rebelles hutus rwandais à Kanyola, à 50 km de Bukavu. Traditionnel allié du chef de l'Etat, Mgr Maroy appelle Joseph Kabila à prendre "ses responsabilités" et à envoyer "des troupes d'élite qui doivent contrer la guerre imminente au Nord et au Sud-Kivu". Il met violemment en cause la gestion des forces armées, envoyées au front "sans logistique ni ravitaillement suffisant" et appelle enfin le gouvernement à considérer le problème de la sécurité dans l'est "comme une priorité" et à cesser "de distraire l'opinion avec des plans de négociation, de dialogue, de table ronde qui n'aboutiront à rien". (AFP)