Lettre du Réseau Justice et Paix
Des instituts religieux au Burkina.
Février 2008Editorial
Frères et surs en Christ,
Deux fois par an, nous allons essayer de vous envoyer une lettre pour rendre plus vivant en nous notre désir de Justice et de Paix, pour nous-mêmes, nos communautés, notre pays, notre monde.
Notre réseau, né début 2002, continue sa route .
Il veut créer des liens entre nous sur cette question si importante.
Merci au travail de Sr Jeannette Tremblay qui est partie il y a trois ans,
Merci au travail du P. Jean Luc Masson qui vient de nous quitter
Merci au travail du P. Balemans qui a rejoint la Hollande.
Après le départ de ces ouvriers de la première heure, un nouveau bureau est en exercice depuis le 25 mai 2007. Il se compose des P. Jacques Lacour (M.Afr.), Sr Anselma Ehemba (St Joseph de Lyon), Fr Jerôme Komi (Fr de la Ste Famille), et Sr Evelyne Sylvie Somé (Sr Ste enfance) ..
Mais il faudra renforcer ce petit noyau, surtout depuis le décès du P. Jean Luc Masson, Jésuite, qui en faisait aussi partie et avec qui nous étions encore en réunion le 22 décembre...Et ce sont les responsables de ce bureau qui nous représentent au sein de la Commission Nationale Justice et Paix présidée par Mgr Thomas Kabore et animée par Mr François de Sales Bado. Les statuts de la Commission Nationale prévoient en effet cette représentation, aux côtés et avec chacune des représentations diocésaines. " L'assemblée Générale de la Commission " Justice et Paix " est composée des délégués diocésains de la commission, des délégués des instituts religieux et des sociétés de vie apostolique " (Statuts art. 11). " Le coordonnateur des instituts religieux et des délégués des sociétés de vie apostolique " est " membre associé " du Comité de direction. (Statuts art.14).
Nous savons combien dans nos instituts ces questions de Justice, Paix et Intégrité de la Création nous ont interpellés ces dernières années. Et combien ces questions nous interpellent à travers les lineamenta du prochain synode pour l'Afrique. Puisse ce document nourrir notre réflexion et notre prière. Et qu'il puisse porter beaucoup de fruits.
Nous ne sommes pas à part de l'Eglise locale, mais bien dedans, certains que nos engagements religieux (vux, promesses ou serment) rendent plus urgents encore en nous cette vocation baptismale qui a fait de nous des prophètes avec le Christ.
Nos ne pouvons pas ne pas parler.
Nous comptons aussi très fort sur chacune et chacun d'entre vous pour nous envoyer témoignages, textes et suggestions pour le prochain numéro de cette lettre Sans votre apport, il manquera toujours quelque chose ! Vos réactions nous aideront.Bonne continuation à toutes et à tous et bonne marche vers Pâques !
P. Jacques Lacour
Sommaire de ce numéro :
0 . Un peu d'histoire et quelques rappels
1 . Témoignage. Pierre Béné, Taab-yinga et les enfants dans la rue
2 . Srs de St Gildas et les filles de maison à Ouaga
3 . Pour un nouvel ordre mondial
4 . Corruption et racket à l'hôpital de Koudougou
5 . Un message de la commission nationale pour le 15 octobre
Un peu d'histoire et quelques rappelsSouci de l'Eglise Universelle qui a pris forme petit à petit.
Souci de Justice, de Paix et de respect de la création.
Ce souci se structure peu à peu dans toute l'Eglise, en particulier par la mise en place de commissions à tous les niveaux...
Un " mouvement " d'Eglise, un souci permanent de l'Eglise, qui traverse tout ce que nous entreprenons.
Le réseau Justice et Paix des religieux/ses au BF a été lancé sous l'impulsion des PP. Riffault et Balemans en janvier 2002, pour garder vive la flamme de cet engagement dans nos curs, dans nos vies et dans nos instituts, pour maintenir des contacts entre nous sur ces thèmes, pour établir des liens plus forts avec le réseau JP Europe/Afrique : nous ne sommes pas seuls sur ces chantiers parfois difficiles et il est bon de nous encourager les uns les autres en partageant ce que nous vivons.
Actuellement, ce réseau veut être simplement un lien entre nous pour de la formation (deux sessions de deux jours par an, de préférence en week end) et de l'information (deux " lettres " par an) ; une structure souple pour nous aider et nous soutenir, pour partager le meilleur de ce que nous vivons dans ce domaine.
Ce réseau vit sous la responsabilité de l'Union des Supérieurs/es Majeurs/es du Burkina et ne travaille pas en dehors de cette instance.
Ce réseau est en communion profonde avec les choix de l'Eglise au Burkina et ses responsables participent activement à la Commission nationale et s'approprient ses orientations.
Ne craignez pas une " double appartenance ". Comme réseau, nous vous invitons à vivre vos engagements là où vous êtes, avec les paroisses, les diocèses, les lieux où vous travaillez.
Que ce réseau soit un lien pour nous rappeler toujours que nous ne travaillons pas seuls, d'autres aussi partagent les mêmes soucis que nous un réseau pour vous proposer - autant que vous en manifesterez le besoin - de l'information et de la formation.
TEMOIGNAGE 1
Projet " Enfants de la rue " Ouagadougou, Burkina Faso
Taab yinga : Ce qui veut dire : " Nous sommes faits les uns pour les autres "
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Voir plus (explications et photos) sur le site Pères Blancs France
Objectif : aider les jeunes, garçons et filles, qui sont dans les rues de Ouagadougou à retourner dans leur famille et à trouver leur place dans la société d'aujourd'hui.
Un peu d'histoire : L'Association a été fondée en 1998.L'association s'est créée autour de Lucien Sow, qui était à l'époque à l'université, et ses amis ont décidé de créer l'association pour lui faciliter les choses dans l'avenir.
C'est un père blanc qui a trouvé la bourse pour qu'il aille faire ses études d'éducateur à l'école nationale de Gawa. A son retour, après trois ans, et l'obtention de son diplôme, le père Toni l'a aidé à trouver déjà un lieu pour commencer un foyer, et c'est avec l' arrivée de Pierre Béné, Missionnaire d'Afrique que le recrutement a commencé à se mettre en place, et à travailler sur le terrain en 2002. Depuis septembre 2005, nous avons un foyer pour accueillir 25 jeunes garçons, de même que des ateliers proches de ce foyer pour accueillir ceux qui viennent chaque matin directement de la rue, ou de leur famille. En ce qui concerne les ateliers leur nombre varie de 30 à 45 ils reçoivent une petite allocation pour manger. Ils choisissent en fonction de la disponibilité un atelier où travailler, et nous apprenons peu à peu à nous connaître, jusqu'à ce qu'ils acceptent éventuellement de retourner en famille. Notre équipe : trois éducateurs spécialisés (dont deux burkinabè), 2 stagiaires, 4 techniciens pour les ateliers, 3 bénévoles, une cuisinière et 2 gardiens.
Notre travail : Ces jeunes viennent des villages ou de la banlieue de Ouagadougou. Ils ont entre six et 20 ans (ou même plus) Ils sont partis pour diverses raisons de leur famille.
Certains enfants sont dans la rue le jour mais dorment, ont toujours une famille où ils dorment. Les vrais enfants " de la rue " sont ceux qui dorment aussi dans la rue.
Comment les contacter ? Nous allons sur un "site" de rencontre et proposons de les retrouver, de préférence dans la journée. Nous nous retrouvons avec une trentaine de jeunes et nous parlons simplement de ce qui fait leur vie, joies et difficultés. Au fond, le but est de leur faire exprimer la raison de leur départ. Mais il y faut du temps. Nous expliquons qui nous sommes, et nous leurs proposons un sandwich !
S'apprivoiser mutuellement : Le temps de l'observation Nous invitons les jeunes au centre que nous avons pu construire récemment, et nous leur proposons d'avoir quelques activités en son sein : couture, soudure, peinture (sur mur ou sur tissu) Nous fabriquons ainsi des cartes que nous vendons aux visiteurs ou à des amis à l'étranger.
Gagner sa vie : Après quelque temps dans le centre, puis en formation pré-professionnelle chez un artisan en ville, il est temps de faire un grand pas en avant, et de se lancer dans le monde pour y gagner sa vie Difficile en particulier pour ceux du foyer de quitter la sécurité
L'association travaille en lien avec d'autres ONG et les services publics.
Pour d'autres renseignements, contacter :
Père Pierre Béné : Tel 50 30 64 89 / 70 26 23 04
(Missionnaire d'Afrique, Pères Blancs)
gestionnaire et conseiller spirituel de l'association
Email : secrmafr@fasonet.bf - taabyinga@yahoo.fr
TEMOIGNAGE 2 :
Les Surs de St Gildas avec les filles de maison à Ouagadougou
(Un article paru dans le Pays du 31 juillet 2007, rubrique " Ombres et lumières ")Filles Domestiques : Un code de bonne conduite pour les employeurs
La congrégation des surs de St Gildas des Bois et les " Mamans à l'écoute " ont organisé le 27 juillet dernier à Ouagadougou, en collaboration avec leurs partenaires, une cérémonie de clôture de leurs activités en faveur des filles domestiques de Ouagadougou. Ce fut également une occasion de lancer le code de bonne conduite en faveur de ces jeunes filles vulnérables confrontées à de nombreuses difficultés.
Les employeurs de filles domestiques au Burkina ont désormais un code de bonne conduite qui est censé les guider dans les rapports avec ces jeunes filles confrontées bien souvent à de nombreux problèmes : violences verbales, physiques, violences sexuelles, etc.
Le code a été lancé le 27 juillet dernier à Ouagadougou. C'était à l'occasion de la clôture des activités de la Congrégation des Surs de St Gildas des Bois et des " Mamans à l'écoute " (ce sont les femmes qi se sont engagées à encadrer les jeunes filles dans les différents centres de formation). En faveur des filles domestiques de Ouagadougou. Cette clôture de l'année a été marquée par de nombreuses activités : discours, ballets, théâtre forum qui a permis de sensibiliser l'assistance sur les différentes difficultés que vivent les filles domestiques, exposition d'articles produits par les jeunes filles.
Au titre des interventions, on retiendra celles du Dr Marie-Berthe Ouédraogo, chef de la section Protection à l'Enfance du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF), des surs Monique Clouet et Edith Kabore, de Monique Ouedraogo, représentante des " Mamans à l'écoute ", etc. Les différentes oratrices ont tour à tour salué l'action de toutes celles et tous ceux qui uvrent au bien être des filles domestiques.
Dr Marie Berthe Ouédraogo qui a invité tout le monde à faire de la question du bien-être des jeunes filles employées dans les maisons sa préoccupation, a insisté sur le fait que ce code qui vient d'être lancé n'est pas une loi juridique. Il n'a, dit elle, que des contraintes morales pour chacun. Le code qui a été validé en décembre 2006, compte une vingtaine d'articles. A l'article premier, il est écrit que l'âge minimum de l'emploi dans le secteur des travaux domestiques est fixé à 15 ans. L'on peut lire à l'article suivant : " Le montant minimum de la rémunération est de 10.000 F par mois ". L'article 6 du même code dispose que " Le travail des mineurs employés domestiques est circonscrit aux tâches qui ne puissent pas porter atteinte à l'intégrité physique et morale de l'enfant. A cet effet, les tâches répertoriées sont entre autres : la vaisselle, la lessive, le ménage, la cuisine, les courses, le repassage, la garde et le soin des enfants "
Par Grégoire B. BAZIE
Un long chemin à parcourir encore pour que ce code soit pris en compte par les employeurs de ces jeunes filles .
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Le pape souhaite un nouvel ordre mondial pour éliminer la pauvreté
Congrès autour de Populorum progressio
(information recueillie dans la lettre quotidienne de ZENIT)ROME, Jeudi 22 novembre 2007 (ZENIT.org) - Le pape Benoît XVI souhaite un " nouvel ordre mondial " pour éliminer la pauvreté, dans un message au congrès promu par le Conseil pontifical justice et paix autour de l'encyclique de Paul VI, Populorum progressio, dont c'est le 40e anniversaire.
Il s'agit du deuxième congrès mondial rassemblant des organismes ecclésiaux travaillant pour la justice et pour la paix dans le monde. Les participants se pencheront sur les défis actuels du monde à la lumière de l'enseignement social de l'Eglise. Le congrès rassemble à Rome plus de 300 délégués de plus de 80 pays des 5 continents, dont des cardinaux et des évêques du monde entier.Le message du pape a été transmis aux congressistes par le cardinal secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone. Celui-ci a souligné l'actualité de Populorum Progressio, aussi bien par sa " dénonciation dramatique des scandaleux déséquilibres entre les peuples de la faim et ceux de l'opulence " que par sa façon d'indiquer avec précision " les orientations à suivre pour arriver au développement de tout l'homme et de tous les hommes ", ce qui constitue une " condition indispensable " à la paix, et même, dit Paul VI " le nouveau nom de la paix ".
Pour sa part, le président du dicastère organisateur, le cardinal Renato Raffaele Martino a appelé à un " sérieux examen de conscience " face aux appels prophétiques et pourtant souvent ignorés de Populorum Progressio, en particulier l'appel à la solidarité.Un tableau très ample des événements historiques qui ont marqué ces 40 années a ensuite été établi par l'historien italien Andrea Riccardi.
Le cardinal indien Telesphore Toppo, archevêque de Ranchi, a offert son témoignage, insistant sur la " floraison chrétienne " dans le peuple du Chotanagpur, peu à peu saisi par la foi chrétienne, étant donné l'expérience de promotion humaine qui accompagne l'évangélisation, et grâce à la mise en uvre de l'enseignement social de l'Eglise.Pour ce qui est des défis actuels du développement authentique, il a cependant rappelé ce scandale chiffré : 17 % de la population mondiale consomme 80 % des ressources de la planète, laissant 5 milliards d'êtres humains vivre du reste, c'est-à-dire de 20 % de ces ressources.
Il faisait observer que si, en 1997, on avait annulé la dette des 20 pays les plus pauvres, comme promis, on aurait pu sauver la vie de 21 millions d'enfants jusqu'en l'an 2000, c'est-à-dire, 19.000 enfants par jour.Le cardinal Toppo a renouvelé la condamnation du néo-libéralisme et de sa conception " purement économique " de l'homme et de ses paramètres " du profit et des lois du marché ". Il proposait au contraire la " mondialisation de la solidarité " telle que la promeut l'enseignement social de l'Eglise.
Corruption et racket : L'hôpital de Koudougou mis à l'index
mercredi 21 novembre 2007.
..C'est justement sur ce volet de racket dans les hôpitaux que je vais beaucoup m'appesantir. Nos hôpitaux, de nos jours, ne sont plus fréquentables pour les pauvres, car ils ont perdu leur notion d'hospitalité. De l'hôpital Yalgado en passant par les autres structures de santé, il faut désormais glisser des sous pour pouvoir bénéficier d'une consultation, sans tenir compte des soins, des ordonnances et autres frais d'hospitalisation. L'hôpital de Koudougou n'est pas en marge de cette réalité. Le racket des malades semble devenir le sport favori de certains agents de santé dans beaucoup de services. Il y a lieu, Monsieur le Premier ministre, de prendre des mesures coercitives et donner un tour de vis contre ces pratiques dans nos hôpitaux qui ne font que prendre de l'ampleur. Des personnels de santé, tellement avides d'argent, ne tiennent même plus compte de la position sociale de certains malades ou accompagnants. Profitant de l'analphabétisme ou de l'ignorance des malades, ces agents de santé sont prêts, sans honte ni pitié aucune, et piétinant les règles déontologiques, à monter souvent les enchères et retirer l'argent de ces pauvres qui se trouvent souvent à l'article de la mort. Ces derniers, victimes de racket, se trouvent confrontés, après l'acte fait, à un autre problème à savoir, comment payer les ordonnances ou les frais d'hospitalisation. Et pour y remédier, ces mêmes agents de santé, sans vergogne après les avoir dépouillés, réfèrent ces malades au service social du CHR pour y trouver une solution.
Un cas pratique parmi d'autres
Et pour vous prouver cela, je m'en vais vous citer un cas pratique parmi tant d'autres. Un jour du mois d'octobre 2007, un père amena son enfant Y. A. au CHR de Koudougou pour un problème d'appendicite. Ce malade devrait, en temps normal, être opéré en chirurgie, l'appendicite étant l'apanage de cette dernière. Un attaché de santé en service en gynéco le reçut et lui proposa de l'opérer mais à condition qu'on lui verse 40 000 F (le prix normal est de 10 000 F). Le père, soucieux de la santé de son enfant accepta. L'opération fut faite en catimini, sans passer par la voie normale (payement à la caisse). Après l'opération, le père retourna avec son enfant chez lui trois jours après, et le règlement de ladite somme eut lieu un peu plus tard. Une dizaine de jours après l'intervention, le père revint avec son enfant pour cause de complications. Cet agent de santé trouva ce cas assez sérieux et les renvoya en chirurgie. La chirurgie à son tour, après avoir fait faire la radio (qui lui coûta 9000 F), détecta une occlusion et refusa dans un premier temps, car jugeant que la complication provient de l'opération initialement faite en gynéco. Une façon de dire à ceux qui ont fait cette opération de terminer le boulot qu'ils ont commencé. Voyant le mauvais état de son enfant, le père entreprit des négociations pour qu'on accepte de reprendre l'intervention chirurgicale. La chirurgie accepta en fin de compte, mais lui réclama sur place la somme de 40 000 F. Et au père de dire qu'il n'a plus rien car on lui a déjà pris lors de la dernière opération la somme de 40 000 F. Niet catégorique. C'est devant ce refus qu'il se rendit au service social où il obtint une exonération de 50% qu'on accorde aux cas sociaux pour avoir le kit opératoire qui fait 40 000 F au total. Reparti en chirurgie, on lui réclama, non le kit, mais les 40 000 qu'on lui avait au départ demandés. Complètement désespérés et éberlués, ce père et son pauvre malade ne comprirent plus rien. Devant l'intransigeance de la chirurgie sur les 40 000 F sans lesquels aucun soin ne sera donné au malade, le père fut obligé de rentrer en ville implorer d'autres personnes afin que son souffrant obtienne gain de cause. Il parvint contre vents et marrées et des ronces d'enfer, à avoir cette somme et revint des heures plus tard le visage complètement effaré et désorienté. Et c'est alors que son malade fut réopéré. En fin de compte ce père, pauvre cultivateur et sans autres ressources, dépensa plus de 200 000 F au total, y compris les coûts des produits. Son enfant Y. A. allait mourir sans soins, n'eut été l'intervention de certaines bonnes volontés. Appauvris jusqu'aux ongles par ces temps de vaches maigres, ils retournèrent piteusement chez eux comme s'ils étaient les artisans de leur malheur. Voilà
Bouabani Jonathan TOMPOUDI
A Koudougou
Email : tobojo1@yahoo.fr
(Extrait d'une longue lettre au Premier ministre parue dans le Journal " Le Pays ".
Quelle est votre expérience dans ce domaine de l'hôpital ?)
Message de la Commission Justice et Paix du Burkina
à l'occasion du 15 octobre
15 octobre 2007 : la Réconciliation Nationale était à portée de main.
1. Le 15 octobre 2007, le peuple burkinabé a été amené à vivre dans la division deux évènements qu'on aurait pu commémorer séparément au nom de la recherche de la réconciliation nationale et de l'unité du Burkina Faso conformément aux attentes de la journée nationale du pardon qui a été célébrée le 30 mars 2001.
2. Pendant que certains commémoraient le 20ème anniversaire de la disparition du président Thomas SANKARA, d'autres commémoraient les 20 ans de renaissance démocratique avec le président Blaise COMPAORE. Pour un peuple qui a vu en Blaise et Thomas, l'image d'un couple d'amis et de frères, il est tout simplement insupportable et à la limite cruel de lui demander de s'aligner derrière l'un ou l'autre en cette date douloureuse du 15 octobre.
3. Depuis 20 ans, le peuple Burkinabé a coutume de vivre le 15 octobre dans le recueillement, la méditation et la prière, pour qu'à jamais ce qui s'est passé ce jour là ne se répète plus jamais. Cette année, plus d'un burkinabé a été surpris d'apprendre que le parti au pouvoir et ceux de la mouvance présidentielle ont décidé de commémorer en ce 15 0ctobre 2007, la renaissance démocratique. S'il est vrai que chacun en fonction de ses intérêts particuliers et politiques peut interpréter la date historique du 15 octobre à sa façon, au stade actuel de la marche du Burkina Faso, c'est l'intérêt général, la recherche de la réconciliation et de l'unité nationales qui devraient guider le parti au pouvoir et plus particulièrement le Président Blaise COMPAORE. En effet, après tous les événements douloureux (les crimes de sang) dont le peuple Burkinabé a souffert pendant la période d'exception et même sous le régime démocratique, il serait trop facile en ces moments où toutes les parties ne sont pas présentes, de culpabiliser certains responsables et de disculper d'autres.
4. Lorsque l'on sait qu'après le 15 octobre 1987, c'est par la volonté et sous la conduite du président Blaise COMPAORE que le Burkina Faso a renoué avec la démocratie par l'organisation du référendum le 2 juin 1991, il était tout a fait indiqué de commémorer à cette date ou à celle du 11 juin, les 20 ans de renaissance démocratique avec le Président Blaise COMPAORE. Car, cette date a l'avantage de capitaliser en elle :
- la volonté politique et démocratique d'un homme : Blaise COMPAORE ;
- la volonté du peuple Burkinabé tout entier pour avoir voté " oui " à la constitution ;
- la valeur historique de la date qui est celle du referendum constitutionnel après une longue période de régimes d'exception ;
- la valeur juridique et constitutionnelle et enfin ;
- la valeur d'un homme avec ses forces et ses faiblesses : Blaise COMPAORE.
Cette date du 2 juin aurait été retenue pour la commémoration de la renaissance démocratique, c'est à l'unisson que le peuple Burkinabé tout entier, comme un seul homme, se serait mobilisé derrière Blaise COMPAORE pour célébrer le retour à la démocratie comme une fête nationale qui réunit et réconcilie tous les burkinabé quels que soient leur bord politique.
5. Commémorer la renaissance démocratique le 15 octobre pourrait s'analyser comme une légitimation des coups d'états comme des moyens acceptables pour accéder au pouvoir. En outre, dans le cas particulier du Burkina et au regard des pertes en vies humaines qui ont été enregistrées ce jour, il est sage et souhaitable qu'à l'avenir on respecte la mémoire des victimes et la douleur de leurs familles. Par ailleurs, cela pourrait s'analyser également comme une banalisation de la vie humaine, un comportement qui commence à devenir très inquiétant au Burkina Faso.
6. Indescriptible et immense aurait été la joie du peuple Burkinabé, si le président Blaise COMPAORE et son gouvernement avaient été accueillir Mariam SANKARA, la veuve du Président Thomas SANKARA son ami et frère, à l'aéroport international de Ouagadougou le jour de son arrivée. Dans le silence de leur cur, la majorité du peuple burkinabé espère et attend ce jour. Il viendra. Tôt ou tard, il viendra. Il viendra ce jour où la réconciliation entre les familles COMPAORE et SANKARA scellera la réconciliation et l'unité du peuple burkinabé. Toutefois, cela nécessite de part et d'autre un temps de préparation, de dialogue et la réunion de plusieurs conditions dont : l'humilité et la vérité. Dans cette perspective on attend beaucoup du président du Faso, le président de tous les burkinabé, le garant de l'intérêt général et du Bien commun.
7. La paix au Burkina a besoin d'être traduite à travers les actes quotidiens de chaque burkinabé et non à travers des discours et des forums. Beaucoup de gens au Burkina Faso parlent tout le temps de paix alors que les actes qu'ils posent quotidiennement sont contraires à la paix. La paix n'est rien d'autre que le fruit de la justice et du respect des droits humains. Il est donc important et urgent que tous les burkinabé, à quelques postes de responsabilités où ils se trouvent développent en eux les vertus de la vérité, de la justice et de l'honnêteté en vue de bâtir notre paix sur du roc et non sur du sable. Car la paix collective et sociale est la somme des paix individuelles. Le Burkina Faso a besoin de tous ses fils et filles pour son développement harmonieux. Et personne ne saurait en être exclu.
Dieu sauve le Burkina.
Le Secrétaire National.
(Déclaration parue dans le journal " Le Pays ")Pour nous contacter :
Réseau Justice et Paix des instituts religieux au Burkina.
s/c Père Jacques Lacour // BP 332 Koudougou // Burkina Faso
jacqueslacourbf@yahoo.fr
tél (226) 50 44 03 56
La version papier de cette lettre a été duplicopiée au SEDELAN (Koudougou)