Lettre N°2 du Réseau Justice et Paix
Des instituts religieux au Burkina.
Septembre 2008

Editorial

Frères et sœurs dans le Christ,

Voici la deuxième " lettre " de notre réseau. Elle nous propose quelques textes et documents susceptibles de nous aider à réfléchir, à prier, à construire en nous des convictions pour bâtir un monde selon Dieu, un monde fondé sur l'amour, un monde de justice et de paix.
Nombreux ont été ces derniers temps les événements qui nous interpellent, tant au niveau local qu'international.
La crise financière internationale qui s'ajoute aux crises alimentaires, climatiques et de l'énergie, les guerres en Géorgie et au Darfour, les nombreux migrants africains qui meurent dans le désert ou en Méditerranée, les injustices que nous côtoyons au quotidien, tout cela ne peut nous laisser indifférents.
Et chaque jour, des témoins se lèvent pour dénoncer les injustices, proposer des alternatives ou des éléments de solution, tendre la main à ceux qui souffrent le plus… Nous voudrions être de ceux là.
Que Dieu bénisse et rende fructueux tous vos engagements.

Jacques Lacour M.Afr

Le bureau de notre réseau compte maintenant six membres (il reste ouvert à ceux qui veulent mettre leurs compétences au service de tous) : P Jacques Lacour, Sr Anselma Ehemba, Fr Jérome Komi, Sr Evelyne Sylvie Some, Fr Norbert Zongo et Sr Odile Barra

Sommaire de ce numéro : éditorial p.1 // Semaine sociale p.1 // CARMEN-Kisito ou l'extrême détresse p.2 // Lancement du Fonds pour l'accès à la justice p.3-4 // déclaration finale du forum Social du Burkina (Ouahigouya 2008) p.5-6 // La pauvreté à l'heure de la mondialisation p.7 // Paroles du pape sur les migrations p.8 //

 

Troisième session des semaines sociales du Burkina.

La Commission épiscopale " Justice et Paix " a tenu une conférence de presse le 17 septembre 2008 à Ouagadougou pour annoncer cette manifestation très importante à laquelle vous êtes tous invités et pour dévoiler le thème et le programme :
" Corruption et lutte contre la pauvreté : quelle contribution de l'Eglise Catholique ? "

Elle aura lieu du 17 au 21 novembre à Ouagadougou, au Centre National Paul Zoungrana.
Frais d'inscription : 10.000 F par personne (ou plus, si vous pouvez)

Sont attendus : le Premier Ministre, Mr Michel Camdessus, Mgr Thomas Kabore, Paul Ouedraogo, Le Ministre de la fonction publique, Etienne Traore, député, tec, etc…
Thèmes prévus :Politique de développement et lutte contre la corruption ; lutte contre la pauvreté ; contributions de l'Eglise catholique ; la corruption au Burkina ; les organisations de lutte contre la pauvreté ; le croyant face à la corruption dans le monde des affaires ; l'Eglise et la corruption ; etc, etc… sous forme de panels, de conférences et d'ateliers.

 

Carmen-Kisito, ou l'extrême détresse

Nous avons demandé à Sœur Marie Ouedraogo, directrice de CARMEN-Kisito (Centre d'Accueil et de Réinsertion de la Mère et de l'Enfant), de partager avec nous deux cas récents qu'elles ont rencontrés. Simplement, pour, avec les sœurs, nous mettre à l'écoute de deux jeunes femmes dans la détresse, prier pour elles, nous rendre attentifs à de telles situation autour de nous et…agir.

Résumé de cas : Nom de l'intéressée : S.A.

S.A. est une fille de dix sept (17) ans. Ses parents habitent dans un village situé à la périphérie de Ouagadougou. Elle travaillait chez une dame comme aide-ménagère et était déjà enceinte.
Avec l'évolution de sa grossesse, elle se trouvait dans l'impossibilité d'accomplir certains travaux.
Elle prit alors la décision d'arrêter ce travail et de repartir chez son oncle maternel puisqu'elle ne doit pas aller chez ses parents à cause de sa grossesse.
Deux (2) mois après le départ de la fille, la dame alla se plaindre à la gendarmerie qui dépêcha deux (2) agents pour arrêter S.A. pour vol d'une somme de trois cent mille (300.000) francs CFA. Il se trouvait que S.A. s'apprêtait à rejoindre l'auteur de la grossesse.
Pour éviter que sa tante chez qui elle est, n'ait de problèmes pendant son absence, elle décida d'aller répondre à la convocation. Arrivée à la gendarmerie, sans être interrogée, elle fut enfermée. La dame qui est partie déposer la plainte revient deux (2) semaines plus tard pour confirmer que c'est S.A. qui a volé son argent quand elle travaillait chez elle. A peine les gendarmes ont écouté la fille qui voulait se défendre.
C'est ainsi qu'elle fut transférée à la Maison d'Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO) où elle séjourna pendant trois (3) mois. Sur l'intervention du Service Social de la MACO, elle fut libérée provisoirement pour raison de santé et surtout parce qu'elle était à terme. Après sa sortie, elle ne savait pas où aller parce que sa famille même ne voulait plus entendre parler d'elle. Il faut souligner aussi que pendant son séjour à la MACO, elle n'a reçu aucune visite d'un membre de sa famille.
Elle s'est retrouvée finalement dans la rue, avec une grossesse à terme. C'est grâce aux religieuses SIC de la Paroisse Cathédrale qu'ele fut accueillie au CARMEN Kisito (Centre d'Accueil et de Réinsertion de la Mère et de l'Enfant).
Elle a accouché deux (2) jours après son arrivée.
Depuis sa sortie de la MACO, au début de chaque mois, elle devait retourner à la MACO pour avoir l'autorisation de prolonger son temps de liberté
A la fin du mois de février 2008, quand elle est repartie à la MACO pour la demande, on lui a dit d'aller au Palais de Justice. Quand elle y alla, elle reçut l'ordre de retourner à la MACO pour un autre séjour parce qu'elle n'a pas encore été jugée.
Ce qui est vraiment flagrant, c'est que la dame qui a déposé la plainte depuis le mois d'août 2007 ne s'est plus présentée ni à la gendarmerie, ni à la justice. C'est la pauvre fille qui n'a paersonne pour la défendre qui est en train de subir l'injustice.
La Directrice du centre a essayé de toucher certaines personnes qui peuvent faire avancer les dossiers de S.A. en vue d'un éventuel jugement et pour qu'elle puisse acquérie une liberté définitive, parce que rien ne prouve que S.A. est fautive ; et même si c'était le cas, le bébé qui n'a même pas deux mois n'a rien fait pour mériter la prison.

Résumé de cas : Nom de l'intéressée : K.A.

C'est une fille de vingt (20) ans. Elle a une grossesse de cinq (5) mois. Sa mère ne vit plus avec son père.
Elle vivait avec son cousin dans un village situé dans la province du Kouritenga.
Son oncle paternel qui est le doyen de la famille l'a donnée en mariage à un vieux âgé de plus de soixante (60) ans et qui a déjà quatre (4) épouses.
K.A. s'enfuit chez son cousin quand elle apprit la nouvelle. Son oncle alla la chercher là où elle avait trouvé refuge. Elle réussit pour la seconde fois à s'évader et alla solliciter la protection et l'aide du service social de la localité.
Les agents sociaux de cette localité l'ont référé au service social de sa localité d'origine où elle fut placée dans une famille d'accueil.
Malgré l'intervention de l'action sociale et de la gendarmerie, K.A. fut emmenée chez son mari, attachée comme un animal.
Elle réussit quelques jours plus tard à s'enfuir.
Cette fois ci, elle prit la direction de Ouagadougou où des passants lui indiquèrent une communauté de religieuses.
Arrivée là bas, ayant constaté qu'elle était enceinte, les Sœurs l'ont référé au CARMEN Kisito (Centre d'Accueil et de Réinsertion de la Mère et de l'Enfant)
Pour que son mari puisse abuser d'elle, elle fut attachée pieds et mains liés. Elle est arrivée au centre dans un état psychologique déplorable. Elle était traumatisée, triste et déprimée. Elle était blessée non seulement dans sa chair, mais aussi et surtout dans son être le plus profond.
Quelle injustice de voir sa liberté et sa dignité bafouées et d'être traitée comme un animal.

(Ces deux cas ont été confiés à la rédaction de la Lettre en mai 2008)

Lancement du Fonds pour la Promotion de l'Accès à la Justice (Commission Justice et Paix)

A l'occasion de la cérémonie du lancement de ce fonds, j'ai été très touché par l'intervention de Monsieur Benoît Ouédraogo ; la voici intégralement (je souligne les passages " forts ")

(…) Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d'abord, avec votre bienveillante permission, exprimer ma gratitude aux organisateurs de la présente cérémonie pour l'honneur qui m'a été fait d'avoir été retenu pour livrer mon sentiment au sujet du Fonds pour la Promotion de l'Accès à la Justice dont c'est aujourd'hui le lancement officiel.

Lorsque la proposition m'a été faite d'apporter un témoignage, je suis resté quelque peu décontenancé : que puis je bien apporter qui n'ait déjà été pensé et bien pensé par les initiateurs de ce projet qui n'ont vraiment pas besoin de ma contribution pour trouver les justifications pertinentes à la création du Fonds ?
Mais puisqu'en tant que laïc je dois assumer ma part de responsabilité dans l'édification de notre Eglise Famille au Burkina, je vais essayer.

Dans la société moaaga d'aujourd'hui, qui est celle que je connais un peu, il n'est pas rare de voir des veuves, dépouillées par la famille du mari défunt qui s'approprie les biens meubles et immeubles laissés par leur fils ou frère au détriment de la veuve et des orphelins qui sont ainsi condamnés sans recours, à vivre dans la précarité, il nous est également donné de voir dans ce milieu, de jeunes, mais surtout de vieilles femmes accusées sans preuve de sorcellerie. Elles sont alors battues, humiliées et bannies de la société. Nous ne saurions taire non plus le cas du mariage forcé qui est une pratique encore courante dans nos villages. S'il est souvent vécu par la femme dans un silence douloureux, il débouche parfois sur des situations tragiques.
Comment comprendre que de telles pratiques soient encore observables aujourd'hui, à l'orée du troisième millénaire ? Il me semble qu'il faut en rechercher les causes fondamentales dans le droit coutumier et les normes éducatives de la société moaaga.

Les règles qui président au fonctionnement de la société, de même que les canons éducatifs en usage portent en eux des germes de discrimination, d'iniquité, d'injustices sociales graves. Ainsi par exemple :

= L'homme est, par essence, supérieur à la femme. De ce fait, elle est dévolue, tel un bien meuble, en héritage au petit frère de son mari défunt.
= La femme est " une étrangère " dans la famille de son mari. De ce fait, elle ne saurait hériter des biens laissés par celui-ci et elle ne saurait avoir un droit de propriété sur la terre ;
= Les enfants sont la propriété exclusive du mari. C'est pourquoi les orphelins sont arrachés à leur mère et placés sous la tutelle des oncles ou frères du père défunt.

Au regard d'une telle vision des choses, la veuve et l'orphelin, tout comme la femme accusée de sorcellerie sont sans défense dans le contexte de la société traditionnelle moaaga. Car il y a primauté, dans les faits, de la norme juridique traditionnelle (connue et intériorisée parce que inscrite dans la culture) sur la norme juridique moderne en vigueur.

Or, notre pays adhère à la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui proclame que :
" Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils…doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. " Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. " Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi. "

Au demeurant, comment pourrions nous, en tant que chrétiens, perdre de vue que la personne humaine est créée à la ressemblance de Dieu et est de ce fait sacrée et donc inviolable ?
C'est pourquoi la création du Fonds pour la Promotion de l'Accès à la Justice au bénéfice des " sans voix " et des " sans droits " est une initiative heureuse qu'il convient de saluer, (…..)

Ouagadougou, le 28 juin 2008
Benoît OUEDRAOGO.
(Président du FONADES)

Formation sur la gestion des conflits:

Le P.Andreas Göpfert offre différents modules de formation
sur l'éducation à la paix et sur la gestion constructive des conflits interpersonnels et intra-groupes. Le contenu des modules varie selon les intérêts et les besoins des participants: enseignants, élèves, religieux et religieuses, couple, etc.

P.Andreas Göpfert/ Missionnaire d'Afrique - B.P.332 Koudougou - Tél. 75227308 - andreasgopfert@utvinternet.com


Déclaration finale du Forum Social du Burkina, édition 2008, à Ouahigouya

Nous avons réussi notre pari : 600 personnes se sont retrouvées au rendez-vous de Ouahigouya, en grande partie des producteurs venus de la région du Yatenga.
Il est remarquable de constater comment les paysans peuvent prendre la parole (quand on la leur donne).
Il est émouvant de voir les femmes se lever et dire leurs préoccupations.
Il est réjouissant de voir tant d'organisations travailler dans un esprit altermondialiste
Après 3 jours de travaux, 2 panels et 30 ateliers, et plusieurs groupes de libre expression, voici les idées fortes qui ont été retenues à la fin de cette rencontre exceptionnelle.

Déclaration Finale de la Deuxième édition du Forum Social du Burkina

A la suite du premier Forum Social, tenu en mars 2007 à Loumbila (province de l'Oubritenga), les représentants de différentes organisations de la société civile du Mali, du Togo, du Nigeria, du Bénin, du Burkina Faso et d'Europe ont œuvré à concrétiser le vœu de la tenue d'une deuxième édition à Ouahigouya (Province du Yatenga) les 27, 28 et 29 mars 2008 autour du thème "Intégration régionale et souveraineté alimentaire".

Cette rencontre nous a plus que convaincu de la nécessité de nous mobiliser pour construire un monde plus digne et plus juste sur le socle d'une économie plus humaine qui épargnerait notre monde d'une autodestruction programmée.
En effet, la sous région Ouest africaine, victime multiséculaire du pillage orchestré et entretenu par les puissants de ce monde, a aujourd'hui le devoir de se battre pour son mieux-être et celui de ses enfants.
Le Forum Social Ouahigouya 2008 est de ce fait un signe de la nécessaire solidarité que nos peuples doivent mettre en œuvre pour faire mieux entendre leur refus de continuer à subir les politiques dictées par l'ordre néo libéral, dont le système de valeurs n'est fondé que sur la marchandisation.

A l'issue de ces trois jours de travaux, les participants à ce forum ont retenu les recommandations suivantes pour interpeller tous nos dirigeants et toutes les consciences sensibles aux périls dans lesquels s'enfonce l'humanité. Il est urgent d'agir autrement et c'est pourquoi Nous, participants au Forum Social Ouahigouya 2008,

* réaffirmons notre rejet de toutes les politiques néolibérales imposées à nos peuples et leurs dérivées mêmes déguisées;
* rejetons avec force les Accords de Partenariat Economique (APE) dans leur forme actuelle;
* condamnons toute violation des droits humains dans nos pays et demandons aux dirigeants de la sous-région d'œuvrer à une rapide et réelle concrétisation de l'intégration entre nos peuples;
* réitérons notre refus de la corruption et de la mal-gouvernance dans toutes les sphères de la vie nationale. Elles constituent des sources d'injustice, de violence et de liquidation des droits fondamentaux de l'Homme;
* réaffirmons également notre engagement à produire ce que nous consommons, et à consommer ce que nous produisons pour soutenir nos producteurs et pour vivre plus sainement;
* exigeons l'adoption d'une réelle politique agricole plus cohérente

o Qui intègre la souveraineté alimentaire,
o Qui prenne en compte les revendications légitimes des producteurs,
o Qui protège nos produits par les tarifs douaniers jusqu'à 50%,
o Qui favorise les semences locales sélectionnées et améliorées,
o Qui rejette les OGM qui menacent notre agriculture et notre environnement et nous enfoncent dans la dépendance,
o Qui revalorise le prix du coton, refuse le coton Bt de Monsanto et fait la promotion du coton bio,
o Qui favorise les productions locales rémunératrices pour les producteurs, et en particulier les filières biologiques,
o Qui crée des réseaux efficaces de distribution et de commercialisation des produits agricoles.
o Qui prenne mieux en compte l'élevage et la production du lait local en améliorant l'alimentation des bœufs, en valorisant la production du lait local et la marque "Burkina Lait".

Le combat contre la vie chère ne sera effectif que dans une réelle politique agricole.
Rappelons qu'il n'y a pas de souveraineté alimentaire sans sécurisation foncière, et que nul n'a le droit de s'approprier des terres au détriment des habitants et de la production alimentaire.

¢ Exigeons que soit développée une politique réelle d'intégration pour notre sous-région.
¢ Exigeons la levée des barrières frontalières pour la libre circulation des personnes qui est un droit fondamental
¢ Exigeons une réelle promotion de toutes nos richesses culturelles
¢ Exigeons que tous les droits des migrants soient les mêmes que ceux des pays d'accueil
¢ Exigeons une meilleure gestion de l'eau dans la sous région, qui est un patrimoine commun
¢ Exigeons une harmonisation et une coordination des systèmes d'éducation et de santé, l'interconnexion des infrastructures routières et ferroviaires, électriques, et tous les moyens de communication qui accompliraient rapidement l'intégration sous-régionale
¢ Exigeons le respect des femmes dans toute la sous-région, en améliorant la communication entre hommes et femmes, en éduquant les garçons, en cultivant la solidarité entre les femmes et en promouvant une culture de la paix

Oui, un autre monde est possible, où chaque homme et chaque femme pourra trouver sa place et sa dignité, travailler et vivre en paix parce que l'homme sera remis au centre des préoccupations politiques et économiques. Oui, un autre monde est possible, si nous sommes tous unis et solidaires pour construire par nos luttes ce monde que nous voulons. Un autre monde est possible, une autre Afrique est possible, une autre Afrique de l'ouest est possible, un autre Burkina Faso est possible.

Les participants au Forum.
samedi, 29 mars 2008


La pauvreté à l'heure de la mondialisation, nouveau document du Vatican

Une " question sociale mondiale ", pour le cardinal Martino
ROME, Mardi 2 septembre 2008 (ZENIT.org) -

La pauvreté à l'heure de la mondialisation, c'est le thème d'un nouveau document en préparation au Vatican, annoncé par le cardinal Martino lors de sa présentation du Compendium de l'enseignement social de l'Eglise en Tanzanie, à Dar-es-Salaam Radio Vatican relaie l'information. Le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical justice et paix, a en effet présenté le Compendium lors de ce congrès continental pour l'Afrique.

" Conscient du caractère dramatique de la situation, le Conseil pontifical justice et paix répond aux exigences exprimées dans le compendium, a expliqué le cardinal Martino, et prépare donc un document sur le thème : " La pauvreté à l'heure de la mondialisation ".

Ce dicastère veut ainsi indiquer, a-t-il précisé, " une approche évangélique pour combattre la pauvreté, identifier qui, au niveau national ou international, a la responsabilité de combattre la pauvreté, sensibiliser l'Eglise à prêter une attention plus articulée et à prendre conscience des problèmes de la pauvreté et des pauvres dans le monde, sans oublier qu'aujourd'hui la pauvreté extrême a avant tout le visage de femmes et d'enfants, spécialement en Afrique ".

" C'est un acte de charité indispensable que l'engagement visant à organiser et à structurer la société de façon à ce que le prochain n'ait pas à se trouver dans la misère, surtout lorsqu'il s'agit d'un nombre immense de personnes et de peuples entiers : une situation qui assume aujourd'hui les proportions d'une véritable question sociale mondiale ".

Pour le président de Justice et Paix, ce congrès de quatre jours - et 3e rassemblement continental après Mexico (2005), Bangkok (2007) -, a constitué " une magnifique expérience de communion et d'amitié ecclésiale ".
" Le dynamisme évangélique de la mission ecclésiale nous pousse - comme Jésus l'a fait - à privilégier les pauvres, à tourner nos forces et nos ressources pour les pauvres, à considérer le renouveau de la société à partir des exigences des pauvres ".

C'est ainsi que le cardinal Martino a rappelé que " l'option préférentielle de l'Eglise pour les pauvres ", affirmée dans le sillage de Vatican II, constitue un des points caractéristiques de la Doctrine sociale de l'Eglise.
" La pauvreté, et surtout l'inégalité entre les régions, les continents et les pays, et à l'intérieur de ceux-ci, constitue le problème le plus dramatique que l'on doive affronter aujourd'hui dans le monde ", a affirmé le cardinal Martino.

Anita S. Bourdin


 

Parole du pape sur les migrations actuelles

Angélus du dimanche 31 août (ZENIT.org)

APRES L'ANGELUS
"Ces dernières semaines, les médias ont fait part d'une augmentation des épisodes d'immigration irrégulière d'Afrique. Il n'est pas rare que la traversée de la Méditerranée vers le continent européen, vu comme un abordage d'espérance pour fuir des situations défavorables et souvent insoutenables, se transforme en tragédie ; celle qui s'est déroulée il y a quelques jours semble avoir dépassé les précédentes en raison du nombre important de victimes.
Le phénomène des migrations existe depuis le début de l'histoire de l'humanité et a par conséquent toujours caractérisé les relations entre les peuples et les nations. Aujourd'hui, cependant, il s'est transformé en une situation d'urgence qui nous interpelle. Il fait appel à notre solidarité mais exige en même temps des réponses politiques efficaces.
Je sais que de nombreuses instances régionales, nationales et internationales s'occupent de la question des migrations irrégulières : je les félicite et je les encourage, afin qu'elles poursuivent leur action honorable avec un sens de responsabilité et un esprit humanitaire.
Les pays d'origine doivent également faire preuve d'un sens de responsabilité, non seulement parce qu'il s'agit de leurs concitoyens mais aussi pour éradiquer les causes des migrations irrégulières et pour extirper à la racine toutes les formes de criminalité qui y sont liées.
Les pays européens et en tout cas les pays qui sont des destinations de migrations, sont, quant à eux, appelés à développer, d'un commun accord, des initiatives et des structures toujours plus adaptées aux nécessités des migrants irréguliers. Il faut également les sensibiliser à la valeur de la vie qui représente un bien unique, toujours précieux, à préserver face aux risques énormes auxquels s'exposent ces personnes dans la recherche d'une amélioration de leurs conditions de vie, et au devoir de la légalité qui s'impose à tous.
Comme Père de tous, je sens le devoir profond de rappeler l'attention de tous sur ce problème et de faire appel à la généreuse collaboration de personnes individuelles et d'institutions pour y faire face et trouver des solutions.
Que le Seigneur nous accompagne et fasse fructifier nos efforts !"


 

Pour nous contacter :
Réseau Justice et Paix des instituts religieux au Burkina.
s/c Père Jacques Lacour // BP 332 Koudougou // Burkina Faso
jacqueslacourbf@yahoo.fr
tél (226) 50 44 03 56
La version papier de cette lettre a été duplicopiée au SEDELAN (Koudougou)