Missionnaires d'Afrique
Spiritualité
Guiseppe Locati M.Afr.

La Lectio Divina
et les Missionnaires d’Afrique

Je reviens pour la troisième fois au Congo, dans le diocèse de Kalemie. Après y avoir vécu sous le régime de Mobutu, j’en ai été longtemps absent. Par cet article, je veux attirer l’attention sur la place que le peuple congolais et nous, les Missionnaires d’Afrique, devons donner à la Parole de Dieu. Cela peut paraître surprenant dans un pays où il y a tant de problèmes sociaux ! Pourtant, c’est l’urgence actuelle.

Dans le Premier Testament
Vers les années 400 av. J. C., après le retour de l’exil à Babylone de plusieurs milliers de Juifs, le scribe Esdras et le gouverneur Néhémie organisent avec les lévites la lecture, la méditation et la prière publique de la Parole sur la place principale de Jérusalem. Cet événement révolutionne la foi du peuple élu. N’ayant plus le Temple comme centre spirituel, les rescapés trouvent une nouvelle force morale dans la découverte de la Parole. C’est alors que progressivement les synagogues sont fondées et que les Juifs commencent à pratiquer la Lectio Divina. Malheureusement, au fil des années (et nous arrivons à l’époque du Christ), les autorités religieuses du peuple — les Sadducéens dans le deuxième Tem­ple et les scribes dans les synagogues — réduisent la Paro­le à un code de loi, avec rubriques et casuistique. La Loi écrite est interprétée à l’aide des principes sans vie de la loi orale. La conversion de Paul, vers 36 de notre ère, le fit sortir de ce monde religieux sclérosé.

Et dans notre Église d’aujourd’hui ?
Je regarde autour de moi en 2008 : où en sommes-nous dans l’Église catholique quant à notre relation à la Parole ? Pendant les cinq premiers siècles de notre ère, les Pères de l’Église se servent beaucoup de la Parole pour instruire le peuple. À partir des années 600, la Parole est enfermée dans les monastères. Vers 1200, elle est confinée dans les nouvelles universités européennes. À cette époque, la Parole n’est plus le Verbe à découvrir dans son mystère d’exode et d’incarnation parmi les hommes mais plutôt un objet de recherche scientifique que les théologiens réduisent à une spéculation intellectuelle, cérébrale et sans contacts avec la vie des gens. Il faudra attendre le concile Vatican II (1962-1965) pour que la Parole se libère des bibliothèques des moines (il faut quand même rendre hommage au travail des copistes des manuscrits bibliques !) et des étagères poussiéreuses des clercs professeurs. La Parole après Vatican?II reprend partiellement sa place au cœur du peuple de Dieu. Ce retour est dû au renouveau biblique dans les universités qui a suscité reprise de la Lectio Divina dans certains diocèses et dans quelques mouvements spirituels courageux.

Mais la réalité d’aujourd’hui ?
Dans notre Église, ici au Congo ou en Europe, le peuple chrétien est souvent endoctriné avec des formules dogmatiques apprises par cœur et est appelé à vivre dans la soumission à des principes moraux. Après leur ordination, peu de prêtres font la méditation. D’autres, prêtres et religieux, ont de la peine à s’approprier les textes bibliques pendant leurs temps de prière. Les catéchistes font des récollections sans avoir entre leurs mains le livre de la Parole. Ils l’enseignent sans une préparation adéquate. La Parole n’est pas étrangère à l’homme mais trop de catholiques sont de nos jours étrangers à la Parole. Il ne la cherchent plus, ne la parcourent plus, ne l’aiment plus.

Dans le magazine Famille Chrétienne (n° 1554, 2007) on parle d’un con­grès de 7 000 catéchistes français, avec la participation de 65 évêques, qui s’est tenu à Lourdes du 26 au 28 octobre 2007. Mgr Christophe Dufour, président de la Commission épiscopale pour la catéchèse et le catéchuménat, a dit aux catéchistes : « La priorité est la formation à la vie spirituelle, à la prière et à la Lectio Divina, car les Saintes Écritures sont remplies d’Esprit Saint. Sans cela, les catéchistes ne peuvent pas transmettre la foi. »

Trop de prédicateurs, clercs et laïcs, transmettent la Parole par le seul canal d’homélies moralisatrices sans convier les fidèles à participer au festin de la Parole, à la goûter dans toute sa profondeur et sa richesse. Parfois, le messager de la Bonne Nouvelle montre à l’évidence qu’il s’est arrêté de penser à la fin de ses années de séminaire. Il ne change rien aux formules apprises. Il n’a pas évolué. Ses homélies sont sclérosées et endormantes.
Il arrive que le prédicateur mette l’accent sur l’action et les œuvres comme si « le faire » primait sur la connaissance de la Parole et sur notre relation avec elle. Il y a activisme pastoral quand le chrétien est débranché de sa source. L’eau vivifiante de la Parole produit des changements dans une société. Rien ne change dans les paroisses et dans le monde si les activistes de l’action pastorale ou sociale ne prennent pas la Parole comme source de leur présence et de leur agir dans le monde. Ils bâtissent un système religieux et un monde à l’image de leur sclérose spirituelle. Une Église vivante et un monde nouveau ne peuvent naître que de la Parole ! Mais pour cela, il faut d’abord la manger, l’avaler et la digérer soi-même !

À la suite de saint Benoît
Le cardinal Joseph Ratzinger a choisi le nom de Benoît et nous en connaissons la raison. Il veut reconduire l’Église vers l’écoute calme et la contemplation silencieuse de la Parole (Is 30,15) comme cela se fait dans la tradition monastique héritée de saint Benoît. Jean-Paul II, véritable viator mundi, savait remplir les stades et les places publiques. Benoît XVI, que j’aime appeler pastor seraphicus, veut remplir les églises et réapprendre à demeurer avec la Parole. Il ne se passe presque pas une semaine sans que le pape revienne sur le thème qui lui est cher de la Lectio Divina. Lors des Journées mondiales de la jeunesse à Cologne, au mois d’août 2005, Benoît XVI a dit : « La vraie question aujourd’hui n’est pas l’Église mais la présence de la Parole dans le monde et la qualité de ses témoins ». Je traduis ainsi : la vraie question aujourd’hui, ce ne sont pas les institutions et les structures de l’Église, les actions pastorales et stratégiques mais plutôt que la Parole trouve où camper dans le cœur des hommes et la qualité de ses témoins et de ses messagers. « Il vaut mieux moins d’organisation et plus d’Esprit Saint ! » (Cardinal Ratzinger, La Documentation Catholique, janvier 1999). Nous savons que l’Esprit Saint est présent dans toute parole du Fils (Jn 6,63). Un synode des évêques se tiendra au Vatican du 5 au 26 d’octobre 2008 sur le thème : « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Église ». Ce synode fera la promotion, au niveau mondial, de la Lectio Divina, la lecture méditée de la Parole de Dieu « correctement adaptée aux différentes circonstances ». Les Lineamenta publiés en avril 2007 invitent les paroisses, les communautés religieuses et les mouvements spirituels à se poser la question de la place de la Parole dans leur vie.

Et nous, les Missionnaires d’Afrique ?
Nous les MAfr, nous poserons-nous la question de notre relation avec la Parole dans notre vie personnelle, communautaire et institutionnelle ? Répondrons-nous à l’initiative du synode et relèverons-nous le défi ?

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Enzo Bianchi . . . Timothy Radcliffe . . . Carlo Maria Martini

Pourquoi ne pas proposer un parcours de formation continue à la Lectio Divina dans les maisons de formation MAfr ? Cela aiderait davantage nos candidats propédeutes, novices, philosophes et théologiens à opérer le passage des textes scripturaires étudiés en vue d’un examen et d’un diplôme à la Parole lue, méditée, priée, intériorisée et témoignée dans la vie. Il y a parfois un savoir biblique et théologique stérile qui ne conduit nulle part. La Lectio Divina permet de passer du savoir à la connaissance de la Parole. J’emploie ici le mot connaissance dans le sens biblique d’une relation affective et existentielle avec la Parole. « Sans la méditation quotidienne, il est difficile d’entrer dans un dialogue vocationnel qui laisse la Parole nous rejoindre dans la vérité de notre vie. Je ne connais pas d’autre chemin pour consolider un chemin vocationnel » (Cardinal Martini).

Pourquoi ne pas proposer une « Journée de la Parole » au niveau de toutes les communautés MAfr ? « Sans le Livre, une communauté ne peut pas subsister » (Enzo Bianchi, fondateur de la communauté œcuménique de Bose, Italie). « Par la Lectio Divina, nous permettons à Dieu de graver toujours plus profondément son Nom divin dans notre cœur » (Joseph-Marie Verlinde, France, prieur de la Famille monastique Saint-Joseph, « une nouvelle famille spirituelle, rassemblant des baptisés de tous états de vie, désireux de grandir en grâce et en sagesse, sous le regard de Dieu et des hommes »). Il ne suffit pas de donner à manger à l’homme le pain de la table mais il faut aussi le nourrir de toute Parole qui vient de Dieu (Mt 4,4). C’est l’écoute de la Parole qui fait grandir la communauté. « Qui veut faire Église se préoccupe de demeurer dans la Parole » (Cardinal Martini).

Voir — entendre — agir
Chaque MAfr, individuellement ou en communauté, pourrait revoir sa relation à la Parole selon le parcours voir, entendre et agir. — Voir correspond à la reconnaissance du pays d’appartenance spirituelle (Nb 13,1-3 ; Lc 1,1-4). L’intériorité existe quand nous percevons notre géographie spirituelle et notre cité intérieure (le mysticisme) au-delà de l’être visible. Nous passons de la vue humaine à la vision divine (Ex 3,1-3 ; Jn 20,28-29). - Entendre correspond à l’audition : que pouvons-nous dire de notre quête de la Parole et de son langage ? La quête suppose l’alternance du jour (la joie d’être avec l’Époux, Mc 2,19) et de la nuit (l’obscurité dans l’épreuve, Mc 2,20), de l’arrêt (réajuster les énergies, Mc 6,31-32) et de la marche (la sequela Christi : Mc 10,29 ; Lc 9,51). Une personne se spiritualise habituellement à l’âge de 40-50 ans. Où en suis-je dans ma marche vers mon horizon spirituel ? Les mots spirituels que nous employons (la prophétie) que révèlent-ils de nous ? À chaque étape de croissance physique devrait correspondre une conversion intérieure. — Agir ici veut dire ‘se convertir’. Il ne s’agit pas du ‘faire’. Où nous mène notre quête ? La Bible nous montre Dieu en quête de l’être humain. Nous devrions vivre la vie spirituelle non comme un luxe dont on pourrais se passer mais comme une nécessité de répondre à l’appel de Dieu.

« Nous nourrir de la Parole pour que nous soyons des serviteurs de la Parole dans notre mission d’évangélisation, c’est assurément une priorité pour l’Église au début du nouveau millénaire » (Jean-Paul II, Novum Mille­nium, 39-40). « Chacun de nous n’a pas la possibilité de survivre convenablement à la tentation quotidienne de l’esprit du monde s’il ne connaît, s’il ne médite, s’il ne goûte pas intérieurement l’Écriture. Aujourd’hui, il est temps d’annoncer la Parole avec la clarté et l’assurance qui jaillissent de la conviction intérieure et de renoncer aux paroles qui n’ont pas été approfondies personnellement » (Cardinal Martini).

Mon service de la Lectio Divina
Entre 2001 et 2007, j’ai eu la chance et la grâce d’initier à la Lectio Divina les séminaristes, des religieuses et des prêtres des 15 diocèses de Madagas­car, des laïcs, des catéchistes et des responsables paroissiaux à l’Île Maurice, et de l’Île de la Réunion. Partout la Lectio Divina a éveillé un vif intérêt. Des milliers de personnes ont redécouvert la richesse de la Parole et sa force de vérité dans nos situations humaines. Je continue ce service dans le diocèse de Kalemie où je constate un vif intérêt des fidèles, malgré la pénurie de leurs moyens. Quand je donne le parcours de formation à la Lectio Divina, les gens viennent. Je déplore le peu d’intérêt des prêtres car s’ils n’évoluent pas avec la Parole, leurs œuvres et leurs fidèles n’évolueront pas non plus. « Un prê­tre ou un missionnaire qui agit beaucoup mais qui ne prie pas et ne s’entretient pas avec la Parole est un danger » (Yves Jausions, prêtre du diocèse de Rennes, disciple du Père Henri Caffarel, fondateur des Équipes Notre-Dame. Il a été missionnaire au Tchad pendant seize ans, puis a dirigé la Coopération Missionnaire du diocèse de Rennes. Il a fondé et anime de nombreux groupes de prière en France et à travers le monde.)

Bâtir sur le sable ou sur le roc ?
Les prêtres et les missionnaires superactifs qui n’appuient pas leur vie sur la Parole construisent sur le sable de leurs illusions. Même s’il lui faut d’abord passer à travers la persécution (Mt 5,11-12 ; Mc 10,30), seul celui qui bâtit sur le roc de la Parole fait avancer le Royaume et l’Église. « Aucune structuration positive du monde ne peut réussir là où les âmes restent à l’état sauvage » (Benoît XVI, Spe salvi, 15). Même l’âme d’un missionnaire peut rester dans un état non cultivé, sauvage, s’il ne s’alimente pas avec « le lait non mélangé de la Parole » (1 P 2,2).

La toute première pastorale est celle d’apprendre à écouter le Fils (Lc 9,35). La pastorale des tentes (le ministère et les œuvres) est seconde et relative à la première. Sans la Parole, nous construisons les tentes des hommes mais non la tente de Dieu, en nous et au milieu du peuple. Sans la pastorale de la Parole, nous ferons de l’Église une tour de Babel cacophonique mais nous ne bâtirons pas le Royaume là où nous vivons. J’ose dire qu’un berger sans la Parole, c’est un homme sans avenir. À long terme, son troupeau ne tirera pas de profit réel de cette pastorale où la Parole est absente.

Aller, voir, demeurer
Aller, voir et demeurer sont les trois verbes pour devenir les disciples de la Parole (Jn 1,39). En demeurant avec le Maître, André et Jean s’ouvrent à une nouvelle création de leur vie. Par la méditation de la Parole nous permettons à Dieu de continuer son œuvre de création en nous (Jn 5,17). En fait, pendant la méditation, c’est moins nous qui regardons la Parole que la Parole qui nous regarde (Jn 1,42) et fait de nous une création nouvelle.

La Lectio Divina nous apprend à transformer la réalité environnante pour qu’elle devienne à nouveau une théophanie de Dieu : « Il vit tout ce qu’il avait fait et cela était très bon » (Gn 1,31). Humaniser le monde, c’est y faire habiter la Parole : « La Parole s’est faite chair et a habité parmi nous… Nous avons vu sa grâce et sa vérité. » Justice, paix, réconciliation, écologie, harmonie, bonté et beauté étaient contenus dans la Parole initiale de la création. (voir Jn 1).

300 valeureux combattants ?
Je lis dans le compte rendu du Conseil Plénier 2007 à Addis-Abeba, p. 34, que « dans les années 2050 la Société pourrait compter sur 300 membres encore actifs en Afrique ». C’est magnifique ! C’est le nombre des valeureux combattants restés avec Gédéon avant la victoire sur quelques dizaines de milliers de Madianites (Jg 7,6). Il se peut qu’en 2100 le nom­bre de confrères actifs en Afrique soit réduit à 12, comme « le petit reste d’Israël » ou comme la communauté apostolique ouverte à la mission universelle. Mais 12, 72, 300 ou 144 000, qu’est-ce que cela change à notre espérance dans le Seigneur ? Vivons-nous pour faire tourner une ONG religieuse ou sommes-nous là pour Lui, seul Maître de la moisson et de l’histoire ? Dans l’ordre du Royaume, les statistiques sont relatives et même d’une importance minime. Ce qui compte, c’est la force de la foi et de l’abandon à Dieu. Le Royaume pousse mieux quand nous dormons (Ps 127,2). La Parole parcourt la terre et ne revient pas sans fruits (Is 55,10-11). Les prévisions humaines peuvent être bien réalistes et vraies mais je préfère « espérer et rêver » que tous les confrères de la Société, quel que soit notre âge, notre lieu d’appartenance et notre service, quels que soient nos obscurités et les obstacles de notre vie, se donnent à la contemplation de la Parole comme Marie de Béthanie aux pieds de Jésus. « Avant d’être une action, la mission est un témoignage et un rayonnement » (Jean-Paul II, Redemptoris Missio n° 26).

La contemplation de la Parole vient avant toute action apostolique (1 Jn 1,1-4). « Le missionnaire doit être un contemplatif en action. L’avenir de la mission dépend en grande partie de la contemplation. Le missionnaire, s’il n’est pas contemplatif, ne peut annoncer le Christ d’une manière crédible » (RM, n° 91). Si nous tous, MAfr, demeurons chaque jour avec la Parole, la Parole produira en nous et dans notre Société apostolique des fruits à 30, à 60 et à 100 pour un, même au niveau des vocations. « Même dans leur vieillesse, ils continueront à produire des fruits ! » (Ps 92,15). C’est un verset extraordinaire, rempli de confiance et d’espérance ! « La Bible est remplie de rêves. Nous, les chrétiens, nous savons que les vrais réalistes sont les rêveurs » (Timothy Radcliffe, février 1995, à la communauté de San Egidio à Rome. Le P. Radcliffe était alors Maître général des Dominicains). Prions d’abord avec la Parole et l’avenir nous sera ouvert et tracé selon la parole du Maître (Mt 7,7-8) !

L’ânesse qui appelle à la conversion
Je me présente semblable à l’ânesse de Balaam (Nb 22,28-31) et je m’adresse à « un monde de sages et de gens importants » (1 Co 1,26). Le voyant Balaam avait reçu l’ordre de maudire Israël et Dieu lui ouvrit les yeux par la Livre de Giuseppe Locatibouche d’une ânesse ! Du jamais vu et entendu ! Oui, Dieu est imprévisible dans ses manières d’intervenir dans l’histoire des hommes. Il préfère la voix d’un silence léger à l’ouragan, au tremblement de terre et au feu. Dieu se sert des personnes les plus inattendues et insignifiantes, le vieil Abraham, Moïse le bégayeur, la prophétesse Déborah, le jeune Gédéon, le petit Samuel, David l’adolescent berger…

Qu’est-ce que la Lectio Divina ? Il n’y a pas de réponse théorique puisque les Sémites ignorent ce genre de questions et de réponses abstraites. Selon ma compréhension, la Lectio Divina se présente comme un parcours et un entretien cœur à cœur. Pour en connaître en peu plus et surtout pour s’approcher de la Parole selon le parcours pédagogique de la Lectio Divina, je peux envoyer à ceux qui le souhaitent, par courriel (e-mail), mon livret mis à jour sur la Lectio Divina.

Giuseppe Locati

Lectio Divina

La Lectio Divina est une manière de lire l’Écriture dont on trouve les traces chez les premiers chrétiens et qui remonte au judaïsme dans la période qui a précédé l’ère chrétienne. La Lectio Divina, pour des personnes qui ont une foi solide, est une manière de répondre à Dieu qui a pris l’initiative de leur parler. Pour les catholiques, Dieu communique à travers l’Écriture telle que comprise dans la tradition de l’Église de Rome.

La Lectio Divina est un acte unique qui a différents aspects et non pas différentes étapes successives. Cet acte est simple et complexe à la fois. Il est simple parce que le fidèle veut répondre à Dieu avec son cœur. Il est complexe parce que c’est avec tout son cœur que le fidèle veut répondre. On peut distinguer les différents aspects mais on ne peut les séparer. La Parole de Dieu est reçue en profondeur quand le fidèle a une grande foi en l’Écriture. L’authenticité de la réponse du fidèle dépend de sa foi.

Premier aspect : LECTIO : Lecture répétée d’un passage de l’Écriture afin de mieux comprendre ce que l’auteur divin et l’auteur humain ont voulu dire. Comment l’Esprit, auteur ultime des Écritures, désire-t-il que ce passage soit compris à l’intérieur de tout ce qu’il a inspiré dans la tradition de la foi catholique romaine ?

Deuxième aspect : MEDITATIO : Une méditation sur la raison ultime de ce texte qui, en raison de la foi, dépasse, dans le temps et l’espace, les limites du milieu où il a été écrit. Qu’est-ce que le texte me dit, en tant que croyant d’aujourd’hui et membre de l’Église catholique ?

Troisième aspect : ORATIO : Une prière à l’occasion de la Lectio et de la Meditatio, une réaction spontanée qui vient du cœur, un appel adressé à l’Esprit afin de répondre comme il désire que je réponde.

Quatrième aspect : CONTEMPLATIO : Adoration, louanges et silence dans la foi, devant Dieu qui communique avec moi. Un essai pour me tenir devant Dieu avec un cœur ouvert. Cœur est employé ici au sens sémitique de centre de mon être, là où je suis avec ma mémoire, mon intelligence, ma volonté, mes affections.

Nous devrions essayer d’intégrer les fruits de la Lectio dans notre vie liturgique. Toute Lectio Divina est explicitement ou implicitement reliée au culte que nous rendons à Dieu.

James Swetnam, SJ
Institut Biblique Pontifical
et Institut de Spiritualité,
Université Grégorienne, Rome

 

Tiré du Petit Echo N° 991 2008/5

 


 

Missionaries of Africa
Spirituality
Guiseppe Locati M.Afr.

Lectio Divina
and the Missionaries of Africa

I have returned for the third time to the Diocese of Kalemie, in the DR Congo. After having lived under the Mobutu regime, I was a long time absent. By this article I wish to draw attention to the place the Congolese people and we, the Missionaries of Africa, should give to the Word of God. This may seem surprising in a country where there are so many social problems. Nonetheless, it is a current urgent need.

In the First Testament
Some 400 years BC, after several thousand Jews returned from the Babylonian Exile, Ezra the Scribe and Nehemiah the Governor organised with the Levites the reading, meditation and public praying of the Word on the main square in Jerusalem. This event revolutionised the faith of the Chosen People. As they no longer had a Temple as a spiritual centre, the survivors found new moral strength in the discovery of the Word. It was then that synagogues were founded and Jews began to practise Lectio Divina. Unfortunately, down the years (reaching the time of Christ), the religious authorities of the people – the Sadducees of the second Temple and the Scribes of the synagogues – reduced the Word to a code of law with rubrics and casuistry. The written Law was interpreted with the help of lifeless principles from spoken law. The conversion of Paul around 36 AD brought it out of this religious context.

What of our Church today ?
I look around me in 2008. Where are we in the Catholic Church in relation to the Word? For the first five hundred years of our era, the Fathers of the Church used the Word a great deal to instruct the people. From the 600s, the Word was enclosed in monasteries. Towards 1200, it was confined to the new European universities. At that time, the Word was no longer the Word made flesh, to be discovered in the mystery of Exodus and Incarnation among us, but rather an object of scientific research that theologians reduced to intellectual highbrow speculation, with no relation to the life of the people. We would have to wait until the Second Vatican Council (1962-1965) for the Word to be freed from libraries, where it had been incarcerated by monks, although we pay homage to their work of copying the biblical manuscripts - and from the dusty shelves of cleric professors. After the Second Vatican Council, the Word was partially restored to its place at the heart of the People of God. This restoration is due to the biblical renewal that took place in the universities and led to a resumption of Lectio Divina in certain dioceses and some courageous spiritual movements.

What of today’s reality?
In our Church, in Congo or in Europe, Christian people are often indoctrinated by dogmatic formulae learned by heart and called to live in submission to moral principles. After their ordination, few priests do meditation. Others, priests and Religious, find it hard to relate biblical texts to their prayer time. Catechists do days of recollection without having a Bible to hand. They teach it without proper preparation. The Word is not alien to humanity, but too many Catholics in our time are in fact alienated from the Word. They no longer seek it out, delve into it or like it.

In Famille Chrétienne magazine (n° 1554, 2007) mention was made of a Congress of 7,000 French catechists with 65 bishops taking part that was held in Lourdes from the 26-28 October 2007. Bishop Christophe Dufour, chairman of the bishops’ commission for catechesis and the catechumenate told the catechists, ‘Priority is given to training for spiritual life, prayer and Lectio Divina, because the Holy Scriptures are filled with the Holy Spirit. Without that, catechists cannot pass faith on.’

Too many clerical and lay preachers just pass on the Word via moralising homilies, without inviting the faithful to take part in the banquet of the Word, to taste it in all its depths and riches. Sometimes, the messenger of the Good News clearly demonstrates that he stopped thinking at the end of his seminary training. He changes nothing in the rote formulae. He has not moved forward with the times. His homilies are fossilised and soporific. On occasion, the preacher places emphasis on action and works, as though action took precedence over knowledge of the Word and our relationship to it. Pastoral activism occurs when Christians are disconnected from the source. The life-giving water of the Word produces change in society. Nothing changes in parishes or in the world if proponents of social or pastoral activity do not take the Word as the source of their presence and action in the world. They construct a religious system and a world in the image of their own fossilised spirituality. A living Church and a new world can only arise from the Word! For this to happen, the Word has to be individually consumed, internalised and integrated.

In the footsteps of St Benedict
Cardinal Joseph Ratzinger chose the name Benedict and we know why. He wants to lead the Church towards the quiet hearing and silent contemplation of the Word (Is 30:15), as is done in the monastic tradition, inherited from St Benedict. John Paul II, a consummate world traveller, was adept at filling stadiums and public squares. Benedict XVI, whom I like to call ‘Seraphic Pastor’, wants to fill churches and re-educate the faithful how to live with the Word. Hardly a week goes by that we do not hear the Pope return to the theme dear to his heart of Lectio Divina. At the Cologne World Youth Day, in August 2005, Benedict XVI said, ‘The issue at stake today is not the Church, but the Word in the world and the quality of its bearers.’ I would translate it like this: the real question today is not Church institutions and structures, pastoral activities and strategies, but rather that the Word finds room in the hearts of men and women and refines the quality of its bearers and messengers. ‘It is better to have less organisation and more of the Holy Spirit!’ (Cardinal Ratzinger, La Documentation Catholique, January, 1999). We know that the Holy Spirit is present in the Son’s every word, (John 6:63). The Synod of Bishops will take place at the Vatican from the 5-26 October 2008 on the theme of ‘The Word of God in the life and mission of the Church.’ At world level, this Synod will promote Lectio Divina, the meditated reading of the Word of God, ‘correctly adapted to different circumstances.’ The Lineamenta, published in April 2007, invited parishes, religious communities and spiritual movements to pose the question of the place of the Word in their lives.

What of us, Missionaries of Africa ?
Do we as Missionaries of Africa raise the issue of our relationship to the Word in our personal, community and institutional lives? Will we reply to the Synod’s initiative and take up its challenge?

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Enzo Bianchi . . . Timothy Radcliffe . . . Carlo Maria Martini

Why not offer a course of Ongoing Formation in Lectio Divina in our MAfr Formation Houses? This would offer more help to our pre-First Phase candidates, novices, philosophers and theologians to tackle a scriptural passage studied in view of passing exams and gaining diplomas to reading the Word, meditated, prayed over, internalised and exemplified in practice. Sometimes there is a sterility in biblical and theological knowledge that does not amount to anything. I am using the word ‘knowledge’ in the biblical sense to mean a felt and existential relationship with the Word. ‘Without daily meditation, it is difficult to enter into vocational dialogue, enabling the Word to meet us in the truth of our lives. I know no other way to consolidate a vocational journey.’ (Cardinal Martini).

Why not offer a ‘Word of God Day’, at the level of all our MAfr communities? ‘Without the Good Book, a community cannot survive.’ (Enzo Bianchi, founder of the Bose Ecumenical Community, Italy.) ‘By Lectio Divina, we allow God to carve his name more deeply into our hearts.’ (Joseph-Marie Verlinde, France, Prior of the Saint Joseph Monastic Family, a new spiritual family bring together baptised persons from all walks of life, seeking to grow in grace and wisdom, in the eyes of God and men.)

It is not enough to feed a man with bread from the table, but nourish him with every word that comes from God, (Matt 4:4). Listening to the Word enables the community to grow. ‘Whoever wants to create the Church is concerned to abide within the Word.’ (Cardinal Martini).

See-listen-act
Every MAfr, individually or in community, could review their relationship to the Word according to the see-judge-act approach. To see corresponds to acknowledging a realm of spiritual belonging. (Nb 13:1-3; Luke 1:1-4). Interiority is when we perceive our spiritual contours and our interior castle (mysticism) beyond the visible. We move from human to divine perception. (Ex 3:1-3; John 20:28-29). Judging corresponds to hearing. What can we say of our quest for the Word and its language? The quest presupposes the alternation of day (the joy of being with the bridegroom, Mark 2:19) and the night (obscurity in times of trial, Mark 2:20); the stop (restoring strength, Mark 6:31-32) and the moving forward, (the Sequela Christi: Mark 10:29; Luke 9:51). A person awakens spiritually usually between 40-50 years old. Where am I on my journey towards my spiritual goal? What do the spiritual terms we use (prophecy) reveal about us? Each stage of physical growth should correspond to an inner conversion. Act here means to convert. It is not about doing. Where is our quest leading? The Bible shows us that God is in search of us. We ought to live the spiritual life not as a luxury that we could do without, but as a necessity for responding to God’s call.

‘It is an unavoidable priority for the Church, at the start of this new millennium, to nourish ourselves from the Word, so that we may be servants of the Word in our mission of evangelisation.’ (John Paul II, Novum Millennium, 39-40). ‘None us of can properly survive the daily temptation from the spirit of this world unless he or she knows, meditates and experiences Scripture from within. Today is the time to proclaim the Word with clarity and assurance that springs from inner conviction and abandon words that have not been personally forged in the depths.’ (Cardinal Martini).

My service to Lectio Divina
Between 2001 and 2007, I had the opportunity and grace to initiate seminarians, Sisters and priests in the 15 dioceses of Madagascar, as well as laypeople, catechists and parish leaders in Mauritius and Reunion. Lectio Divina attracted enthusiastic interest. Thousands of people rediscovered the richness of the Word and the power of its truth in our everyday circumstances. I continue to perform this service in the Diocese of Kalemie, where I notice a lively interest on the part of the faithful, in spite of the scarcity of their means. When I give the schema for training in Lectio Divina, people attend. I lament the lack of interest of the priests, because if they are not moving forward with the Word, their works and their faithful will not evolve either. ‘A priest or a missionary who works a lot but does not pray and sustain himself with the Word is at risk.’ (Yves Jausions, priest of Rennes diocese, a disciple of Father Henri Caffarel, founder of the Équipes Notre-Dame. He was a missionary in Chad for sixteen years, then directed Missionary Cooperation for the Diocese of Rennes. He founded and conducted many prayer groups in France and throughout the world.)

Building on sand or rock?
Super-active priests and missionaries who do not found their lives on the Word are building on the sand of their illusions. Even if he has firstly to endure persecution (Matt 5:11-12; Mark 10:30), only the one who builds on the rock of the Word will advance the Kingdom and the Church. ‘…no positive world order can prosper where souls are overgrown.’ Benedict XVI, Spe Salvi, §15. Even the missionary’s soul can be in an neglected, wild state if it is not fed from the undiluted milk of the Word. (Cf. 1 P 2: 2).

The very first pastoral activity is to learn to listen to the Son (Luke 9:35). The pastoral activity of the tents (ministry and works) is secondary and relative to the first. With the Word, we are building human tents and not the tent of God, in us and in the midst of his people. Without the pastoral activity of the Word, we would create a discordant Tower of Babel of the Church, but we would not be building the Kingdom where we live. I would venture to say that a shepherd without the Word is a man without a future. In the long run, his flock will not draw any genuine benefit from this pastoral activity without the Word.

Go, see and remain
Go, see and remain are three verbs for becoming disciples of the Word, (John 1:39). By remaining with the Master, Andrew and John opened themselves to a new creation in their lives. By meditation on the Word, we allow God to continue his work of creation in us, (John 5:17). In fact, during meditation, it is less we who look at the Word than the Word that looks at us (John 1:42) and makes of us a new creation.

Lectio Divina teaches us to transform the surrounding reality so that it becomes a new theophany. ‘God saw all he had made, and indeed it was very good’, (Gen 1:31). Humanising the world is to enable the Word to live in it. ‘The Word was made flesh, he lived among us and we saw his glory, full of grace and truth.’ Justice, peace, reconciliation, ecology, harmony, goodness and beauty were contained in the initial Word of Creation. (Cf. John 1).

300 valiant warriors?
In the report of the Addis Ababa Plenary Council 2007, p.34, I read, ‘in the 2050s, the Society could number around 300 members, still active in Africa.’ Terrific! It is the number of the valiant warriors who remained with Gideon before the victory over some tens of thousands of Midianites, (Judges 7:6) Perhaps in 2100, the number of confreres active in Africa will be reduced to 12, like the remnant of Israel, or like the apostolic community open to its universal mission. However, whether it is 12, 72, 300 or 144,000, what does that change in our hope in the Lord? Are we living to operate a religious NGO or are we there for Him, the sole Master of the harvest and of history? In the order of the Kingdom, statistics are relative and even of minor importance. What counts is the power of faith and surrender to God. The Kingdom grows better when we are asleep, (Ps 127:2). ‘The Word that goes from my mouth does not return to me empty, without carrying out my will and succeeding in what it was sent to do.’ (Is 55: 10-11). Human projections may be very true and realistic, but I prefer to ‘hope and dream’ that all the confreres in the Society, whatever our age, origins or service, whatever our dark areas or obstacles in our lives, would give themselves to the contemplation of the Word like Mary of Bethany at the feet of Jesus. ‘Even before activity, mission means witness and a way of life that shines out to others’, (John Paul II, Redemptoris Missio n° 26).

Contemplation of the Word comes before any apostolic activity, (1 John 1:1-4). ‘The missionary must be a ‘contemplative in action.’ …the future of mission depends to a great extent on contemplation. Unless the missionary is a contemplative, he cannot proclaim Christ in a credible way.’ (RM, n° 91).
If we as MAfr all remain each day with the Word, it will bear fruit in us and in our apostolic Society 30, 60 or 100 times over, even at the level of vocations. ‘…still bearing fruit in old age’, (Ps 92:15). This is an extraordinary verse, full of confidence and hope! ‘The Bible is full of dreams. We Christians know that true realists are dreamers.’ (Timothy Radcliffe, February 1995, at the Sant’ Egidio Community in Rome. Fr Radcliffe was then Master General of the Dominicans). Let us firstly pray with the Word and the future will open up and be mapped out according to the word of the Master, (Matt 7:7-8)!

The she-donkey’s call to conversion
I present myself like Balaam’s she-donkey (Nb 22:28-31) and I am addressing a world of ‘the wise in the ordinary Livre de Giuseppe Locatisense of the word and influential people.’ (1 Cor 1:26). Balaam the seer had received orders to condemn Israel and God opened his eyes through the mouth of a she-donkey! This was something unheard of or seen! Indeed, God is unpredictable in his ways of intervening in human affairs. He prefers the whisper of a breeze to a hurricane, an earthquake or a conflagration. God makes use of the most unexpected and insignificant people: old Abraham, Moses who stammered, Deborah the prophetess, the young Gideon, the little Samuel, David the shepherd boy…

What is Lectio Divina? There is no theoretical reply, since Semites do not understand this type of abstract question and answer. In my understanding, Lectio Divina appears as a route map and a heart-to-heart interview. In order to know a little more and above all to approach the Word according to the instructive route map of Lectio Divina, I can send my updated booklet on Lectio Divina by email to those who so desire.

Giuseppe Locati

Lectio Divina

Lectio Divina is a way of reading Scripture which can be traced back through early Christian times to the Judaism of the pre-Christian era. For persons who have a strong faith in God’s prior initiative in contacting them, it is a traditional way of replying. God’s communication arrives for the Catholic through Scripture, as it is understood in the tradition of the Roman Church.

Lectio Divina has various aspects, not differentiated stages, but viewpoints of a single act, which is at once simple and complex. Simple because one wants to answer to God with his heart and complex because one wants to respond with all his heart. The various aspects can be distinguished, but not separated. The more deep the faith, the more profound the reception of God’s message conveyed in the Word and the more authentic the response.

First Aspect: LECTIO: The repeated reading of a passage of Scripture in order to understand the meaning which the original authors, human and divine, intended to convey. Further, how the Spirit, the ultimate author of the Scriptures, wants this passage to fit into the rest of what He has inspired in the tradition of the Roman Catholic Faith.

Second Aspect: MEDITATIO: A meditation on the lasting purpose of the text that transcends the temporal and spatial limitations of the text’s original setting by reason of the faith dimension. What does the text says to me as a believer of today, member of the Catholic Church?

Third Aspect: ORATIO: A prayer that comes from the Lectio and the Meditatio, a spontaneous reaction of the heart, a plea for the Spirit’s help to respond as He wishes us to respond.

Fourth Aspect: CONTEMPLATIO: Adoration, praise and silence in faith before the God Who is communicating with me. An attempt to stand before Almighty God with my heart exposed. ‘Heart’ here is to be understood in the Semitic sense of the centre of my being, that point at which my memory, intellect, will and affections meet and where ‘I am’ really.

We should attempt to integrate the fruit of our Lectio into our liturgical life: all Lectio Divina is explicitly or implicitly relevant to our worship of God.

James Swetnam, SJ
Pontifical Biblical Institute
and Institute of Spirituality,
Gregorian University, Rome

 

From Petit Echo n°991 2008/5