Missionnaires d'Afrique

Richard Nnyombi M.Afr
Rome JPIC

Avec Marie,
à la fête de l’humanité

Cette année, la journée internationale de la femme (JIF) a 100 ans ! (8 mars 2011) Félicitations ! Un sondage rapide à travers l’histoire de cette journée révèle de nombreux succès qui méritent d’être célébrés. Certes, les défis sont encore nombreux et de nouvelles menaces à la dignité et aux droits des femmes dans le monde d’aujourd’hui se sont levées. En dépit de cela, nous devons apprécier les réalisations et féliciter tous ceux qui se sont acharnés jour et nuit, certains risquant leur vie, pour faire devenir réalité le “rêve” inscrit dans les objectifs de cette journée internationale.

Ce que ne peuvent pas faire les hommes, les femmes le peuvent
Dans sa quête du bien-être intégral (salut, libération) de toutes les personnes, hommes et femmes vivant sur le territoire sous sa juridiction apostolique en Afrique centrale et du Nord, le cardinal Lavigerie a jugé nécessaire de fonder une Congrégation féminine, les Sœurs Missionnaires de Notre Dame d’Afrique (SMNDA). Cette œuvre viendra compléter les travaux des Missionnaires d’Afrique, en répondant aux besoins des femmes et des filles. Cela correspondait une fois de plus à la méthode pastorale qu’il avait adoptée de “se faire tout à tous” (hommes et femmes) et qui sera utilisée par les membres de ses deux congrégations.

Mère Marie Salomé, co-fondatrice des SMNDA. (Soeurs Blanches)Ainsi, il a écrit :
“Ce que les hommes ne peuvent pas faire, les femmes le peuvent. Les portes s’ouvrent à elles, elles sont accueillies avec joie. Les malades espèrent leur aide, puisqu’elles sont pour eux des médecins d’un ordre surnaturel ; ils croient en leurs remèdes et encore plus dans leur pouvoir auprès de Dieu”. (Lettre de l’Association de Marie-Immaculée, 1886)
“Il est très souhaitable d’envoyer les sœurs à l’intérieur de l’Afrique. La mission là-bas sera incomplète jusqu’à ce que le ministère apostolique et charitable de ceux envoyés par Dieu et son Église puisse s’exercer auprès des femmes comme auprès des hommes...” (Lavigerie, 4 décembre 1884)

Comme le Cardinal, nous aussi devons reconnaître le rôle naturel spécifique que les femmes ont dans cette lutte pour les droits de l’homme en général et pour les droits des femmes en particulier :
“Mesdames, vous aussi, je vous invite à notre croisade. Vous réussirez mieux que toute autre personne, parce que votre force est dans votre cœur. Vous êtes des mères, vous êtes des sœurs et vous comprenez donc mieux les souffrances des sœurs, des mères et des enfants d’Afrique. C’étaient des femmes aussi qui, par leurs écrits, leurs organismes de bienfaisance, leurs paroles et leurs romans, ont contribué à sceller la tombe de l’esclavage colonial. Que ces femmes trouvent en vous des imitateurs !” (Rome, 23 décembre 1888)

Avec Marie, à la fête de l’humanité
Imaginez que Marie et Jésus soient présents à l’une de ces célébrations du centenaire de la JIF. Supposons aussi que Marie soit l’invitée d’honneur à cette fête particulière et que, selon le protocole, elle soit la dernière à prendre la parole. Dans les discours précédents, il a été fait mention des réussites, des échecs et des défis à relever dans l’avenir. Quand vient le tour de l’invitée d’honneur de prendre la parole, que dirait Marie à toutes les femmes et hommes importants et savants devant elle ? Connaissant notre “mère Marie de Cana”, j’imagine qu’elle irait d’abord à son fils pour lui chuchoter quelque chose à l’oreille avant de rentrer en scène. Elle s’adresserait ensuite à tous avec un souhait de paix, les féliciterait et, montrant son fils, elle leur dirait : “Faites tout ce qu’il vous dit”.

Nous pouvons comparer la vie humaine à la fête de noces de Cana (Jn 2, 1-12). L’humanité sans “la dignité et les droits fondamentaux” est comme une fête de mariage sans “vin”, (le vin est un symbole biblique des bénédictions divines, de la vie nouvelle, de la joie). Le “vin” que Jésus fait est encore mieux que celui qui a été servi en premier lieu. “Tout le monde sert le bon vin d’abord et garde le moins bon jusqu’à ce que les invités aient bu beaucoup ; mais vous avez conservé le meilleur vin jusqu’à maintenant !” (v.10). Pour un chrétien, cela signifie qu’en “faisant ce que Jésus nous dit de faire”, la vie humaine deviendra meilleure, elle deviendra une vie nouvelle qu’il convient de célébrer.

À Cana, Marie prend l’initiative, tout d’abord en demandant à Jésus de faire quelque chose et puis en disant aux serviteurs: “Faites ce qu’il vous dit” (Jean 2, 5). Aujourd’hui, Marie dit encore la même chose en des occasions comme la célébration du centenaire de la JIF, car elle sait que celui vers qui elle nous renvoie a inauguré et célébré la JIF et d’autres journées spéciales qui visent à promouvoir la dignité humaine et les droits humains fondamentaux. Il a fait cela chaque fois qu’il a mis en cause la “culture et les croyances” de sa société juive qui, comme beaucoup d’autres, viole la dignité et les droits fondamentaux des femmes en particulier, et ceux des autres groupes de la population en général, comme les Samaritains et d’autres non-Juifs (gentils), les pécheurs dits publics, les lépreux, les pauvres, etc.

Nous, les Missionnaires d’Afrique, avec nos sœurs spirituelles (les SMNDA) sommes parmi les préposés à la fête de l’humanité et, le plus souvent, il y a un manque de bon vin. Comme à la fête des noces de Cana, Marie est présente pour écouter et regarder ce qui se passe. Elle n’a pas besoin d’être informée qu’il n’y a plus de “vin” ! Elle le sait bien avant nous ! Notre prière à elle et à travers elle devrait plutôt être que nous aussi, tout comme elle, soyons tout yeux et oreilles, et que nous soyons toujours en mesure de l’entendre quand elle nous dit, avec tous les autres préposés à la fête de l’humanité, de “faire ce qu’il nous dit.”

Richard Nnyombi


Tiré du Petit Echo N° 1024 2011/8

 


 

Missionaries of Africa

Richard Nnyombi M.Afr

Rome
JPIC

With Mary,
at the feast of Humanity

This year, International Women’s Day (IWD) is 100 years old! Congratulations! (8th March 2011)
A quick survey through the history of this Day reveals many successes worth celebrating. To be sure, challenges are still many and new threats to the dignity and rights of women and girls in today’s world have come up. In spite of this, we have to appreciate the achievements and congratulate all those people who have toiled day and night, some risking their lives, to make the ‘dreams’ enshrined in the objectives of this International Day a reality.

What men cannot do, women can
In his quest for the integral well-being (salvation, liberation) of all people, men and women alike, while living in the territory under his apostolic jurisdiction in North and central Africa, Cardinal Lavigerie found it necessary to start a women’s Congregation, the Missionary Sisters of Our Lady of Africa (MSOLA). It would complement the work of the men’s Congregation, by attending to the needs of women and girls. This was again in line with his adopting the pastoral method of making oneself all things to all men and women, to be used by the members of his two Congregations.

Thus, he wrote:
Mother Marie Salomé, first MSOLA Mother General . (White Sisters“What men cannot do, women can. Doors open to them, they are welcomed with joy. The sick hope for their help, since they are for them physicians of a supernatural order. The sick believe in their remedies and even more in their power with God.” (Letter to the ‘Association de Marie-Immaculée’, 1886)

“Sending the Sisters to the interior of Africa is completely desirable... The mission there will be incomplete until the apostolic and charitable ministry of those sent by God and his Church are able to work among the women as well as the men...” (Lavigerie, 4th December 1884)

Like the Cardinal, we too have to recognise the specific natural role women have in this struggle for human rights in general, and for women’s rights in particular:
“Ladies, you too, I invite you to our ‘crusade’. You will succeed better than any other person, because your strength is in your heart. You are mothers, you are sisters, and you therefore understand better the sufferings of mothers, sisters and children of Africa. They were women who, by their writings, their charities, their words, and also their novels, contributed to the sealing of the tomb of colonial slavery. Let these women get imitators from you! (Rome, 23rd December 1888)

With Mary, at the feast of Humanity
Imagine that Mary and Jesus are present at one of these centenary celebrations of the IWD. Let us also suppose that Mary is the guest of honour at this particular function, and therefore, protocol observed, she is last to speak. In the speeches that come before hers, mention is made of the successes, the failures and the challenges to be faced in the future. Then the time comes for the guest of honour to deliver her speech. What would Mary say to all the important and learned women and men before her? Knowing our “Mother Mary of Cana”, I imagine that she would first go to her Son and whisper something in his ear, and then proceed to the stage. She would then address all present with the greeting of peace, congratulate them and, pointing to her Son, she would tell them, “Do whatever he tells you.” She would then go back to her seat!

We can compare human life to the Wedding Feast at Cana (John 2: 1-12). Humanity without “dignity and fundamental rights” is like a wedding feast without ‘wine’, (wine is a biblical symbol for divine blessings, new life, joy.) “Wine” made by Jesus is even better than the one served first. “Everyone serves the good wine first and keeps the cheaper sort till the guests have had plenty to drink; but you have kept the best wine till now!” (v.10). For a Christian, this means that by “doing what Jesus tells us to do”, human life will become better, it will become new life and worth celebrating.

At Cana, Mary took the initiative, first by asking Jesus to do something and then telling the servants: “Do whatever he tells you” (John 2:5). Today, Mary still says the same on such occasions as the centenary celebrations of the IWD, because she knows that the one she is referring them to, “inaugurated and celebrated the IWD” and other special days, aimed at promoting human dignity and fundamental human rights. He did this whenever he challenged the “culture and beliefs” of his Jewish society, which, like many others, violated the dignity and fundamental rights of women in particular, and those of other groups of people in general, like the Samaritans and other non-Jews (Gentiles), the so-called public sinners, the lepers, the poor, etc.

We, the Missionaries of Africa together with our spiritual Sisters (the MSOLA) are among the servants at the feast of humanity and more often than not there is a lack of good wine. As at the Wedding Feast at Cana, Mary is present, all eyes and ears, listening and watching what is going on. She does not need to be informed that there is no ‘wine’! She is aware of it even before us! Our prayer to her and through her should rather be that we too, like her, may always be all eyes and ears, and that we may always be able to hear her whenever she tells us together with all the other servants at the feast of humanity, “Do whatever he tells you.”

Richard Nnyombi

From Petit Echo n° 1024 2011/8