PROVINCE D’ITALIE MEDIA

La revue Africa

Dans une lettre à Voce Fraterna, le bulletin de la Province d’Italie, Claudio Zuccala présente le magazine AFRICA dont il est le rédacteur en chef. AFRICA est publié six fois par année. Claudio ZuccalaL’abonnement est ‘d’au moins’ 20 euros en Italie et de 25 francs en Suisse. Les 74 pages sont imprimées en couleur et abondamment illustrées de photos parfois étonnantes. Les rubriques du numéro de janvier-février 2007 sont actualités (12 p. de nouvelles), culture et société (excision, ordinateur), en couverture (prière au désert avec Charles de Foucauld), peuples (Tanzanie), art (un dessinateur), musique (hip hop et rap, Sierra Leone), livres et musique (d’Afrique), voyages (Namibie), islam (La Mecque), économie (les bourses en Afrique), histoire (Amilcar Cabral), l’Église en Afrique (Zambie, RD Congo, etc.), notre vie (surtout les confrères italiens). On peut se faire une idée du magazine AFRICA en consultant le site de la province d’Italie, www.missionaridafrica.org. Les confrères peuvent s’y abonner.

Le magazine Africa

Chers confrères, depuis quatre ans, je suis le rédacteur en chef d’Africa, publication qui a été déclarée ‘prioritaire’ pour la Province d’Italie. M’unissant à l’équipe des collaborateurs immédiats, j’en parle avec plaisir et fierté devant les résultats atteints en un temps assez court. Je vois aussi quelques limites, certaines franchissables, à notre aventure.

L’année 2006 s’est terminée dans le positif tant au point de vue économique que pour celui des abonnements. C’est la première année où nous tenions une comptabilité distincte des autres comptes de la Province. Les abonnements ont rapporté 70 000 euros. Les dons suscités par le magazine, de mai à décembre 2006, ont atteint la somme non négligeable de 177 842 euros. Les dépenses du magazine, honoraires des collaborateurs, imprimerie, photos, voyages, se maintiennent sous les 100 000 euros. Les abonnements nouveaux étaient de 300 en 2004, de 374 en 2005 et ils ont fait le saut à 615 pendant l’année 2006.

Nos choix
Pour renouveler notre magazine, nous avons travaillé la mise en page (le graphisme) et le contenu. Nous savons que les changements n’ont pas été acceptés par tous, mais d’après notre courrier, les réactions sont favorables à 90 %. Très peu de lecteurs ont résilié leur abonnement suite aux changements.
Dans le premier numéro de 2006, j’ai essayé de résumer nos choix éditoriaux sous le titre ‘Nouveauté dans la continuité’. Je sais bien que cet éditorial n’a peut-être pas marqué vos mémoires ! Pourtant je vous invite à le relire car (en toute modestie...) c’était bien écrit et très clair. Il suffit de rappeler ici que nous voulons faire d’Africa un magazine d’initiation populaire, en évitant de copier bêtement d’autres magazines missionnaires italiens. Nous avons voulu présenter un produit neuf. Au vu des résultats obtenus, nous sommes heureux d’avoir fait ce choix et de l’avoir maintenu.

Nos collaborateurs
Tout le monde a compris qu’Africa n’est plus une publication bricolée à la maison. Pour maintenir les standards que nous nous étions fixés, la Province n’avait pas le personnel requis. Nous avons eu recours à des professionnels qualifiés. Ceci n’est ni une limite à notre travail, ni une pauvreté de notre part. C’est au contraire un enrichissement de la Province que de s’associer une équipe plus large. Un professionnel qui connaît le monde de la presse écrite nous apporte continuellement des propositions qui nous stimulent. Je collabore plus étroitement avec Marco Trovato, un jeune journaliste free-lance et avec Pier Maria Mazzola, un journaliste expérimenté en information et en écriture et qui connaît la presse missionnaire. Du côté maquette, nous avons demandé la collaboration d’Elisabetta Delfini qui travaille depuis 20 ans à la mise en page de différentes publications.

Les auteurs des articles sont de jeunes (et parfois moins jeunes) journalistes et photographes, certains indépendants, certains au service d’autres médias. Ils ont en commun une grande passion pour l’Afrique et vont personnellement sur le terrain. Ils font toujours une expérience directe de ce qu’ils rapportent. Quand je revois tous les articles importants écrits ces dernières années, je peux dire qu’aucun n’a été écrit assis devant l’ordinateur en ramassant des informations sur l’internet. Notre matériel, photos et textes, provient toujours d’un séjour plus ou moins long dans un coin d’Afrique. Nous publions donc de l’inédit et sous un angle qui nous est particulier.

Les Pères Blancs italiens qui sont en Afrique (tout comme ceux qui sont en Italie) n’ont jamais été de grands écrivains, à de rares exceptions près. Cette tendance ne changera pas. Ici, je ne me lamente pas et je n’accuse personne. Dans le passé, je crois que moi-même je n’écrivais pas plus d’une fois par année pour notre magazine.


Diffusion
Pour la diffusion nous comptons de moins en moins sur nos propres forces. Les confrères récoltent peu d’abonnements. C’est comme ça et cela ne changera pas. En province, nous sommes de plus en plus âgés, plus renfermés dans nos maisons. Nous sommes de moins en moins demandés pour des ‘journées missionnaires’ dans les paroisses. Nous avons peu de contacts dans les nouveaux milieux de vie. Les confrères d’Afrique qui viennent en congé en Italie ont leurs priorités personnelles et, sauf une ou deux exceptions, ils repartent sans ajouter un seul nom à la liste des abonnés. Alors, d’où nous sont venus les 1 700 nouveaux abonnés des trois dernières années ?

Ils sont venus parce que nous participons régulièrement à de nombreuses manifestations, surtout les expos, les salons du livre, les foires, où nous pensons trouver des visiteurs qui ont les mêmes intérêts que nous dans la vie et qui sont des lecteurs potentiels d’Africa. Trois dames s’occupent de notre kiosque pendant ces événements. Nous comptons sur elles pour nous organiser, à peu de frais, une présentation sur l’Afrique. Il y a aussi des bibliothèques, des centres culturels et des paroisses qui demandent à voir nos expositions de photos (N.D.L.R. : photos originales prises par les collaborateurs d’Africa sur des thèmes qui rejoignent les intérêts du grand public, comme ‘Enfants des rues, enfants sorciers’, ‘Dessins d’épileptiques du Mali’, ‘Les oasis, jardins d’Allah’, etc. ). À ces occasions, nous trouvons de nouveaux abonnés. Des tour operators comme Azalai (‘caravane’) et African Explorer ont aussi décidé de payer des abonnements à leurs clients à condition de leur faire un peu de publicité.

Les abonnements
Il y a quatre ans, nous imprimions 10 000 exemplaires d’Africa. Maintenant c’est 6 500 exemplaires. Nous avons coupé dans les abonnements gratuits offerts à des institutions ou à des lecteurs qui n’ont pas contribué financièrement à nos œuvres depuis des années. Pour recevoir Africa, il faut manifester son intérêt. Nous nous retrouvons maintenant avec un peu plus de 5 000 abonnés payants et seulement 400 abonnements gratuits distribués en échange ou en hommage ou offerts à nos collaborateurs. Nous avons 500 abonnements en Suisse et 140 dans le reste du monde. Nous recevons aussi parfois des commandes pour quelques centaines de copies d’un numéro particulier d’Africa. Nous vendons aussi quelques exemplaires dans les expos et les foires au prix promotionnel de 2 euros. Nous réduisons ainsi les dépenses et augmentons les revenus.

La Province d’Italie continuera-t-elle à publier Africa ? C’est une décision importante. Si nous voulons poursuivre sur le chemin choisi nous aurons besoin de plus en plus de collaborateurs extérieurs à la Société, même pour le poste de rédacteur en chef. Si nous croyons que nous rendons service aux Africains, l’aspect économique ne devrait pas être l’unique critère de décision. En n’utilisant que ce critère, nous devrions forcément fermer 99 % de nos œuvres en Afrique ! Je termine en remerciant de m’avoir lu jusqu’ici. Si un confrère voulait envoyer un commentaire, écrire sur l’un ou l’autre point, ou demander des explications, il sait où me rejoindre. Ce sera une manière de faire sentir que nous sommes tous impliqués dans cette priorité de la Province et de la Société.

Claudio Zuccala

 




ITALIAN PROVINCE MEDIA

AFRICA MAGAZINE

Claudio ZuccalaIn a letter to Voce Fraterna, the Newsletter of the Italian Province, Claudio Zuccala made a presentation of AFRICA, the magazine of which he is editor-in-chief. It is published six times a year. The subscription rate is at from 20 euros in Italy and 25 francs in Switzerland. The 74 pages are in colour and lavishly illustrated with sometimes astonishing photographs. The headings for the January-February 2007 issue include: News (12 pages of news), Culture and Society, (excision, computers), Cover Article (prayer in the desert with Charles de Foucauld), Peoples (Tanzania), Art (a line drawing artist), Music (hip hop and rap, Sierra Leone), Books & Music (from Africa), History (Amilcar Cabral), Travel (Namibia), Islamic Travel (Mecca), Economy (African Stock Exchanges), History of the Church in Africa (Zambia, DR Congo, etc.), Our Life (mainly Italian confreres). Indvidual confreres may take out a subscription.You can get an idea of AFRICA magazine on the site of the Italian Province: www.missionaridafrica.org


Africa Magazine

Dear Confreres, for four years I have been editor-in-chief of AFRICA, a publication that has been declared a priority for the Italian Province. Combined with my team of close collaborators, I am happy to speak about it with pride in view of results achieved in a relatively short time. I also see some limitations, eminently surmountable, to our enterprise.

2006 finished in credit as much on the financial side as on the subscriptions. For the first time, we are keeping the accounting separate from the other accounts in the Province. Subscriptions brought in 70,000 euros. Donations raised by the magazine from May to December 2006 reached the substantial sum of 177,842 euros. Magazine expenses, fees for collaborators, printing, photos and travel remain stable at under 100,000 euros. There were 300 new subscribers in 2004, 374 in 2005 and then a leap to 615 in 2006.

Our options
In order to renew our magazine, we reworked the layout (graphics) and the content. We know the changes did not please everyone, but according to our mailbag, reactions were 90% in favour. Very few readers cancelled their subscription because of the changes.

In the first issue of 2006, I tried to summarise our editorial options under the heading, ‘Newness in continuity’. I can understand that this editorial was perhaps not that memorable. Nonetheless, I would invite you to reread it, as in all modesty it is well written and very clear. It would be enough here to recall that we are seeking to make Africa a magazine for the popular presentation of ideas, avoiding slavishly copying other Italian missionary magazines. We wanted to present something completely new. Given the results, we are happy to have taken that option and to have maintained it.

Our collaborators
Everyone knows that Africa is not a homemade publication. In order to maintain the standards we have set, the Province did not have the personnel required. We had recourse to qualified professionals. This is neither a limitation to our work nor a deficiency on our part. On the contrary, it is an asset for the Province to be associated with a broader team. When someone knows the world of the print media, it is a constant stimulus. I work more closely with Marco Trovato, a young freelance journalist and Pier Maria Mazzola, a journalist experienced in news writing and who knows the missionary press. On the side of graphic art, we requested the collaboration of Elisabetta Delfini, who has worked for 20 years on layouts for various publications.

The writers of articles are young (sometimes not-so-young) journalists and photographers, some independent, some at the service of other media. They all have in common a great passion for Africa and personally visit the locations themselves. They have direct experience of what they report. When I review all the important articles written over the last few years, I can say that none were written before a computer, gathering information from the Internet. Our material, photos and text always come from a more or less long stay in a corner of Africa. We therefore print hitherto unpublished material, with our own particular slant.


Italian White Fathers in Africa, just as those in Italy, have never been great writers, with some rare exceptions. This is not liable to change much. I am not complaining or pointing the finger. In the past, I myself hardly wrote more than once a year for our magazine.

Circulation
For the circulation, we depend less and less on our own resources. Confreres do not bring in many subscribers. That is how it is and that will not change either. In the Province, we are becoming increasingly older, more confined to our houses. We are less and less called upon to attend ‘missionary days’ in the parishes. We have few contacts in new contemporary lifestyle settings. Confreres from Africa who come on home leave to Italy have their own priorities and except one or two, set off again without adding a single name to the list of subscribers. So, where did the 1,700 new subscribers come from over the last three years?

They came because we regularly take part in several events, particularly exhibitions, book launches and trade fairs, where we think we will find visitors who have the same interests in life as us and could be potential readers of AFRICA. We have three ladies who look after our stall during these events. We depend on them to organise a low-cost presentation on Africa. There are also libraries, cultural centres and parishes who request an exhibition of our photographs. (Original photos taken by AFRICA collaborators on topics that have an impact on the public, such as, ‘Street Children’, ‘Child Sorcerers’, ‘Drawings by epileptics in Mali’, ‘Oases, Gardens of Allah’, etc., Ed.) On these occasions, we find new subscribers. Tour operators such as Azalai (‘Caravan’) and African Explorer have also decided to pay subscriptions for their clients on condition they receive a little publicity.

Subscriptions
Four years ago, we printed 10,000 copies of AFRICA. Now the amount is 6,500. We have cut the free subscriptions to institutions or to readers who have not contributed financially to our works for years. To receive AFRICA, people have to show interest. We now have slightly over 5,000 paying subscribers and only 400 free subscriptions distributed in exchange, as a token gesture or as a gift to our collaborators. We have 500 subscriptions in Switzerland and 140 in the rest of the world. We also sometimes receive orders for a few hundred copies of a particular issue of AFRICA. Additionally, we sell some copies in exhibitions or fairs at the promotional price of 2 euros. In this way, we reduce the costs and increase the income.

Will the Italian Province continue to publish AFRICA? It is a crucial decision. If we want to continue on the road we have chosen, we would need more and more external collaborators to the Society, even for the post of Editor-in-chief. If we believe we are of service to Africans, the economic aspect should not be the only decisive factor. Using this criterion, we would need to close down 99% of our works in Africa! I conclude in thanking you for reading thus far. If a confrere would like to send a comment, write on one or other point, or ask for clarification, he knows where to find me. This will be a way of feeling that we are all involved in this priority of the Province and of the Society.

Claudio Zuccala