Nouvelles du 05-12- 2009
Texte Pris sur le site Zénith


Message de Benoît XVI pour la Journée mondiale du Malade 2010

Passer du temps auprès de qui est dans l’épreuve

ROME, Jeudi 3 décembre 2009 (ZENIT.org) - « Le temps passé auprès de qui est dans l'épreuve se révèle fécond en grâce pour toutes les autres dimensions de la pastorale », affirme Benoît XVI dans ce message pour la XVIIIe Journée mondiale du Malade (11 février 2010) et le XXVe anniversaire du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé.

Message de Benoît XVI

Chers frères et soeurs,

Le 11 février prochain, en la mémoire liturgique de la bienheureuse Vierge Marie de Lourdes, on célébrera, en la basilique vaticane, la XVIIIe Journée mondiale du Malade. L'heureuse coïncidence avec le 25e anniversaire de l'institution du conseil pontifical pour les Agents de santé constitue un motif supplémentaire pour remercier Dieu du chemin parcouru jusqu'ici dans le domaine de la pastorale de la santé. Je souhaite de tout cœur que cet anniversaire soit l'occasion d'un élan apostolique plus généreux au service des malades et de ceux qui prennent soin d'eux.

Avec la Journée mondiale du malade, l'Eglise entend en effet sensibiliser la communauté internationale de façon capillaire sur l'importance du service pastoral dans le vaste monde de la santé, un service qui fait partie intégrante de sa mission, puisqu'elle s'inscrit dans le socle de la mission salvifique du Christ. Lui, le divin Médecin, « a passé en faisant le bien et en soignant tous deux qui étaient au pouvoir du diable » (Ac 10,38). C'est dans le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection, la souffrance humaine puise sens et plénitude de lumière. Dans sa lettre apostolique « Salvifici doloris », le serviteur de Dieu Jean-Paul II a des paroles lumineuses a, à ce propos, des paroles éclairantes : « La souffrance humaine, a-t-il écrit, a atteint son sommet dans la passion du Christ. Et, simultanément, elle a revêtu une dimension complètement nouvelle et est entrée dans un ordre nouveau: elle a été liée à l'amour, à l'amour dont le Christ parlait à Nicodème, à l'amour qui crée le bien, en le tirant même du mal, en le tirant au moyen de la souffrance, de même que le bien suprême de la Rédemption du monde a été tiré de la Croix du Christ et trouve continuellement en elle son point de départ. La Croix du Christ est devenue une source d'où coulent des fleuves d'eau vive » (n. 18).

Le Seigneur Jésus, à la Dernière Cène, avant de retourner vers le Père, s'est incliné pour laver les pieds des apôtres, en anticipant l'acte suprême d'amour sur la croix. Par ce geste, il a invité ses disciples à entrer dans sa logique d'amour qui se donne spécialement aux plus nécessiteux (cf. Jn 13,12-17). En suivant son exemple, chaque chrétien est appelé à vivre, dans des contextes divers et toujours nouveaux, la parabole du Bon Samaritain, qui, en passant à côté d'un homme laissé à moitié mort par les brigands au bord de la route, « l'a vu et a eu compassion de lui, s'est fait proche de lui, a bandé ses blessures, en versant de l'huile et du vin ; puis l'a chargé sur sa monture, l'a conduit à une auberge et a pris soin de lui ; le jour suivant, il a pris deux deniers et les a donnés à l'aubergiste, en disant : « Prends soin de lui ; ce que tu dépenseras en plus, je te le rembourserai à mon retour » » (Lc 10, 33-35). En concluant la parabole, Jésus dit : « Va, et toi aussi fait de même » (Lc 10,37). Par ces paroles, il s'adresse aussi à nous. Il nous exhorte à nous pencher sur les blessures du corps et de l'esprit, de tant de nos frères et sœurs que nous rencontrons sur les routes du monde ; il nous aide à comprendre que, par la grâce de dieu accueillie et vécue dans la vie de chaque jour, l'expérience de la maladie et de la souffrance peut devenir une école d'espérance. En vérité, comme je l'ai affirmé dans l'encyclique « Spe salvi », « ce n'est pas le fait d'esquiver la souffrance, de fuir devant la douleur, qui guérit l'homme, mais la capacité d'accepter les tribulations et de mûrir par elles, d'y trouver un sens par l'union au Christ, qui a souffert avec un amour infini » (n. 37).

Déjà, le concile œcuménique Vatican II rappelait l'important devoir pour l'Eglise de prendre soin de la souffrance humaine. Nous lisons, dans la constitution dogmatique « Lumen Gentium » que « comme le Christ a été envoyé par le Père "pour évangéliser les pauvres... guérir les coeurs brisés" (Lc 4, 18), "chercher et sauver ce qui était perdu" (Lc 19, 10), de même l'Eglise entoure tous ceux qu'afflige l'infirmité humaine; bien plus, elle reconnaît dans les pauvres et en ceux qui souffrent l'image de son Fondateur pauvre et souffrant, elle s'emploie à soulager leur détresse et veut servir le Christ en eux » (n. 8). Cette action humanitaire et spirituelle de la communauté ecclésiale envers les malades et les souffrants s'est exprimée au cours des siècles sous des formes et dans des structures sanitaires multiples y compris à caractère institutionnel. Je voudrais rappeler ici celles qui sont directement gérées par les diocèses et celles qui sont nées de la générosité de différents instituts religieux. Il s'agit d'un « patrimoine » précieux répondant au fait que « l'amour a besoin aussi d'organisation comme le présupposé d'un service communautaire ordonné » (Enc. Deus caritas est, 20).

La création du conseil pontifical pour les Agents de santé, il y a vingt-cinq ans, s'inscrit dans cette sollicitude ecclésiale pour le monde de la santé. Et je tiens à ajouter que, en ce moment historique et culturel actuel, on ressent encore plus l'exigence d'une présence ecclésiale attentive et capillaire auprès des malades, ainsi qu'une présence dans la société qui soit capable de transmettre de façon efficace les valeurs évangéliques pour protéger la vie humaine à toutes ses étapes, de sa conception à sa fin naturelle. Je voudrais ici reprendre le message aux pauvres, aux malades et à tous ceux qui souffrant, que les pères conciliaires ont adressé au monde, au terme du concile œcuménique Vatican II : « Vous tous qui ressentez plus lourdement le poids de la croix, ont-ils dit, (...) vous qui pleurez (...), vous les inconnus de la douleur, reprenez courage : vous êtes les préférés du royaume de Dieu, le royaume de l'espérance, du bonheur, et de la vie ; vous êtes les frères du Christ souffrant, et avec lui, si vous le voulez, vous sauvez le monde » (Ench. Vat., I, n. 523*). Je remercie de tout cœur les personnes qui, chaque jour, « sont au service des malades et des souffrants », en faisant en sorte que « l'apostolat de la miséricorde de Dieu, qu'ils mettent en œuvre, réponde toujours mieux aux nouvelles exigences » (Jean-Paul II, Cost. ap. Pastor Bonus, art. 152).

En cette année sacerdotale, ma pensée se tourne particulièrement vers vous, chers prêtres, « ministres des malades », [qui êtes] signe et instrument de la compassion du Christ, qui doit rejoindre chaque homme marqué par la souffrance. Je vous invite, chers prêtres, à ne pas vous économiser pour leur apporter des soins et du réconfort. Le temps passé auprès de qui est dans l'épreuve se révèle fécond en grâce pour toutes les autres dimensions de la pastorale.

Je m'adresse enfin à vous, chers malades, et je vous demande de prier et d'offrir vos souffrances pour les prêtres, afin qu'ils puissent se maintenir fidèles à leur vocation et que leur ministère soit riche en fruits spirituels, au bénéfice de toute l'Eglise.

C'est avec ces sentiments que j'implore sur les malades, et sur ceux qui les assistent, la protection maternelle de Marie, « Salus Infirmorum », et à tous, j'accorde de tout cœur ma Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 22 Novembre 2009, solennité de Notre Seigneur Jésus-Christ, Roi de l'univers

BENEDICTUS PP. XVI



site Zenith

MESSAGE OF HIS HOLINESS
BENEDICT XVI
FOR THE EIGHTEENTH WORLD DAY OF THE SICK

Dear Brothers and Sisters,

The 18th World Day of the Sick will be celebrated in the Vatican Basilica next 11 February, the liturgical Memorial of Our Lady of Lourdes. Its felicitous coincidence with the 25th anniversary of the Institution of the Pontifical Council for Health-Care Workers is another reason to thank God for the ground covered so far in the sector of the pastoral care of health. I sincerely hope that this event will be an opportunity to give a more generous apostolic impetus to the service of the sick and of those who look after them.

With the annual World Day of the Sick, the Church intends to carry out a far-reaching operation, raising the ecclesial community's awareness to the importance of pastoral service in the vast world of health care. This service is an integral part of the Church's role since it is engraved in Christ's saving mission itself. He, the divine Doctor, "went about doing good and healing all that were oppressed by the devil" (Acts 10: 38). In the mystery of his Passion, death and Resurrection, human suffering takes on meaning and the fullness of light. In his Apostolic Letter Salvifici doloris, the Servant of God John Paul II offers enlightening words in this regard. "Human suffering, has reached its culmination in the Passion of Christ", he wrote. "And at the same time it has entered into a completely new dimension and a new order: it has been linked to love... to that love which creates good, also drawing it out from evil by means of suffering, just as the supreme good of the Redemption of the world was drawn from the Cross of Christ, and from that Cross constantly takes its beginning. The Cross of Christ has become a source from which flow rivers of living water" (n. 18).

At the Last Supper, before returning to the Father, the Lord Jesus knelt to wash the Apostles' feet, anticipating the supreme act of love on the Cross. With this act he invited his disciples to enter into the same logic of love that is given especially to the lowliest and to the needy (cf. Jn 13: 12-17). Following his example, every Christian is called to relive, in different and ever new contexts, the Parable of the Good Samaritan who, passing by a man whom robbers had left half-dead by the roadside, "saw him and had compassion, and went to him and bound up his wounds, pouring on oil and wine; then he set him on his own beast and brought him to an inn, and took care of him. And the next day he took out two denarii and gave them to the innkeeper, saying, "Take care of him; and whatever more you spend, I will repay you when I come back'" (cf. Lk 10: 33-35).

At the end of the parable, Jesus said: "Go and do likewise" (Lk 10: 37). With these words he is also addressing us. Jesus exhorts us to bend over the physical and mental wounds of so many of our brothers and sisters whom we meet on the highways of the world. He helps us to understand that with God's grace, accepted and lived out in our daily life, the experience of sickness and suffering can become a school of hope. In truth, as I said in the Encyclical Spe salvi, "It is not by sidestepping or fleeing from suffering that we are healed, but rather by our capacity for accepting it, maturing through it and finding meaning through union with Christ, who suffered with infinite love" (n. 37).

The Second Ecumenical Vatican Council had already recalled the Church's important task of caring for human suffering. In the Dogmatic Constitution Lumen gentium we read that "Christ was sent by the Father "to bring good news to the poor... to heal the contrite of heart' (Lk 4: 18), "to seek and to save what was lost' (Lk 19: 10).... Similarly, the Church encompasses with her love all those who are afflicted by human misery and she recognizes in those who are poor and who suffer, the image of her poor and suffering Founder. She does all in her power to relieve their need and in them she strives to serve Christ" (n. 8). The ecclesial community's humanitarian and spiritual action for the sick and the suffering has been expressed down the centuries in many forms and health-care structures, also of an institutional character. I would like here to recall those directly managed by the dioceses and those born from the generosity of various religious Institutes. It is a precious "patrimony" that corresponds with the fact that "love... needs to be organized if it is to be an ordered service to the community" (Encyclical Deus caritas est, n. 20). The creation of the Pontifical Council for Health-Care Workers 25 years ago complies with the Church's solicitude for the world of health care. And I am anxious to add that at this moment in history and culture we are feeling even more acutely the need for an attentive and far-reaching ecclesial presence beside the sick, as well as a presence in society that can effectively pass on the Gospel values that safeguard human life in all its phases, from its conception to its natural end.

I would like here to take up the Message to the Poor, the Sick, and the Suffering which the Council Fathers addressed to the world at the end of the Second Ecumenical Vatican Council: "All of you who feel heavily the weight of the Cross" they said, "you who weep... you the unknown victims of suffering, take courage. You are the preferred children of the Kingdom of God, the Kingdom of hope, happiness, and life. You are the brothers of the suffering Christ, and with him, if you wish, you are saving the world" (The Documents of Vatican II, Walter M. Abbott, sj). I warmly thank those who, every day, "serve the sick and the suffering", so that "the apostolate of God's mercy may ever more effectively respond to people's expectations and needs" (cf. John Paul II, Apostolic Constitution Pastor Bonus, Art. 152).

In this Year for Priests, my thoughts turn in particular to you, dear priests, "ministers of the sick", signs and instruments of Christ's compassion who must reach out to every person marked by suffering. I ask you, dear presbyters, to spare no effort in giving them care and comfort. Time spent beside those who are put to the test may bear fruits of grace for all the other dimensions of pastoral care. Lastly I address you, dear sick people and I ask you to pray and to offer your suffering up for priests, so that they may continue to be faithful to their vocation and that their ministry may be rich in spiritual fruits for the benefit of the whole Church.

With these sentiments, I implore, for the sick, as well as for all who nurse them, the maternal protection of Mary Salus Infirmorum, and I wholeheartedly impart the Apostolic Blessing to all.

From the Vatican, 22 November 2009, Solemnity of Christ the King.