Texte Pris sur le site Zénith


Message du Pape François pour la Journée mondiale du Malade 2014

Photo du webmaster à l'angelus fevrier 2009

MESSAGE DU PAPE FRANCOIS
À L'OCCASION DE LA XXIIe JOURNÉE MONDIALE DU MALADE
(11 FÉVRIER 2014)

Foi et charité : « Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16)


Chers frères et sœurs,


1. À l’occasion de la XXIIème Journée mondiale du Malade qui, cette année, a pour thème Foi et charité : « Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16), je m’adresse de manière particulière aux personnes malades et à tous ceux qui leur apportent assistance et soin. L’Église reconnaît en vous, chers malades, une présence spéciale du Christ souffrant. C’est ainsi : à côté de notre souffrance, ou mieux encore, dans notre souffrance, il y a celle de Jésus qui en supporte le fardeau avec nous et en révèle le sens. Quand le Fils de Dieu est monté sur la croix, il a anéanti la solitude de la souffrance et en a éclairé l’obscurité. Ainsi, nous nous trouvons devant le mystère de l’amour de Dieu pour nous, qui nous donne espérance et courage : espérance, parce que dans le plan d’amour de Dieu, la nuit de la douleur s’ouvre aussi à la lumière pascale ; et courage, pour affronter toute adversité en sa compagnie, unis à lui.

2. Le Fils de Dieu fait homme n’a pas soustrait la maladie et la souffrance de l’expérience humaine mais, en les assumant, il les a transformées et redimensionnées. Redimensionnés parce qu’elles n’ont plus le dernier mot qui est, au contraire, la vie nouvelle en plénitude ; transformées, parce qu’en union avec le Christ, de négatives elles peuvent devenir positives. Jésus est la vie et, avec son Esprit, nous pouvons le suivre. Comme le Père a donné son Fils par amour, et le Fils s’est donné lui-même par le même amour, nous aussi, nous pouvons aimer les autres comme Dieu nous a aimés, en donnant notre vie pour nos frères. La foi dans le Dieu bon devient bonté, la foi dans le Christ crucifié devient force d’aimer jusqu’au bout, même les ennemis. La preuve de la foi authentique dans le Christ est le don de soi, la diffusion de l’amour envers le prochain, surtout envers celui qui ne le mérite pas, envers celui qui souffre, celui qui est marginalisé.

3. En vertu du Baptême et de la Confirmation, nous sommes appelés à nous conformer au Christ, le bon Samaritain de tous ceux qui souffrent. « À ceci nous avons connu l’Amour : celui-là a donné sa vie pour nous. Et nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1 Jn 3,16). Lorsque nous nous approchons avec tendresse de ceux qui ont besoin de soin, nous leur apportons l’espérance et le sourire de Dieu dans les contradictions du monde. Quand le dévouement généreux envers les autres devient le style de nos actions, nous faisons une place au Cœur du Christ et nous en sommes réchauffés, offrant ainsi notre contribution à l’avènement du Royaume de Dieu.

4. Pour grandir dans la tendresse, dans la charité respectueuse et délicate, nous avons un modèle chrétien vers lequel tourner notre regard en toute sécurité. C’est la Mère de Jésus et notre Mère, attentive à la voix de Dieu et aux besoins et difficultés de ses enfants. Marie, poussée par la divine miséricorde qui en elle se fait chair, s’oublie elle-même et se met en route en toute hâte de Galilée en Judée, afin de rencontrer et d’aider sa cousine Élisabeth ; elle intercède auprès de son Fils aux noces de Cana, quand elle constate que le vin de la fête vient à manquer ; elle porte en son cœur, tout au long du pèlerinage de la vie, les paroles du vieux Siméon lui annonçant qu’un glaive lui transpercera l’âme et, avec force, elle reste au pied de la Croix de Jésus. Elle sait comment parcourir ce chemin, c’est pourquoi elle est la Mère de tous les malades et de toutes les personnes souffrantes. Nous pouvons avoir recours à elle en toute confiance, avec une dévotion filiale, certains qu’elle nous assistera, nous soutiendra et ne nous abandonnera pas. Elle est la Mère du Crucifié ressuscité : elle reste à côté de nos croix et nous accompagne dans le cheminement vers la résurrection et la vie en plénitude.

5. Saint Jean, le disciple qui se tenait au pied de la croix, avec Marie, nous fait remonter aux sources de la foi et de la charité, au cœur de Dieu qui « est amour » (1 Jn 4, 8.16) et nous rappelle que nous ne pouvons pas aimer Dieu si nous n’aimons pas nos frères. Celui qui est sous la Croix avec Marie, apprend à aimer comme Jésus. La Croix « est la certitude de l’amour fidèle de Dieu pour nous. Un amour tellement grand qu’il pénètre dans notre péché et le pardonne, entre dans notre souffrance et nous donne la force de la supporter, mais aussi dans la mort pour la vaincre et nous sauver… La Croix du Christ nous invite également à nous laisser gagner par la contagion de cet amour, elle nous enseigne à considérer toujours l’autre avec miséricorde et amour, surtout celui qui souffre et a besoin d’aide » (Chemin de la croix avec les jeunes, Rio de Janeiro, 26 juillet 2013).

Je confie cette XXIIème Journée mondiale du Malade à l’intercession de Marie, afin qu’elle aide les personnes malades à vivre leur souffrance en communion avec Jésus-Christ, et soutienne ceux qui en prennent soin. À tous, malades, personnels de la santé et bénévoles, je donne de tout cœur la bénédiction apostolique.


Du Vatican, le 6 décembre 2013


François



site Zenith

MESSAGE OF HIS HOLINESS POPE FRANCIS
FOR THE 22nd WORLD DAY OF THE SICK
(11 FEBRUARY 2014)

Photo du webmaster à l'angelus fevrier 2009

Faith and Charity: “We Ought to Lay Down Our Lives for One Another” (1 Jn 3:16)

Dear Brothers and Sisters,

1. On the occasion of the Twenty-second World Day of the Sick, whose theme this year is Faith and Charity: “We Ought to Lay Down Our Lives for One Another” (1 Jn 3:16), I turn in a special way to the sick and all those who provide them with assistance and care. The Church recognizes in you, the sick, a special presence of the suffering Christ. It is true. At the side of – and indeed within – our suffering, is the suffering of Christ; he bears its burden with us and he reveals its meaning. When the Son of God mounted the cross, he destroyed the solitude of suffering and illuminated its darkness. We thus find ourselves before the mystery of God’s love for us, which gives us hope and courage: hope, because in the plan of God’s love even the night of pain yields to the light of Easter, and courage, which enables us to confront every hardship in his company, in union with him.

2. The incarnate Son of God did not remove illness and suffering from human experience but by taking them upon himself he transformed them and gave them new meaning. New meaning because they no longer have the last word which, instead, is new and abundant life; transformed them, because in union with Christ they need no longer be negative but positive. Jesus is the way, and with his Spirit we can follow him. Just as the Father gave us the Son out of love, and the Son gave himself to us out of the same love, so we too can love others as God has loved us, giving our lives for one another. Faith in God becomes goodness, faith in the crucified Christ becomes the strength to love to the end, even our enemies. The proof of authentic faith in Christ is self-giving and the spreading of love for our neighbours, especially for those who do not merit it, for the suffering and for the marginalized.

3. By virtue of Baptism and Confirmation we are called to conform ourselves to Christ, who is the Good Samaritan for all who suffer. “We know love by this, that he laid down his life for us – and we ought to lay down our lives for one another” (1 Jn 3:16). When we draw near with tender love to those in need of care, we bring hope and God’s smile to the contradictions of the world. When generous devotion to others becomes the hallmark of our actions, we give way to the Heart of Christ and bask in its warmth, and thus contribute to the coming of God’s Kingdom.

4. To grow in tender love, and a respectful and sensitive charity, we have a sure Christian model to contemplate: Mary, the Mother of Jesus and our Mother, who is always attentive to the voice of God and the needs and troubles of her children. Mary, impelled by God’s mercy which took flesh within her, selflessly hastened from Galilee to Judea to find and help her kinswoman Elizabeth. She interceded with her Son at the wedding feast of Cana when she saw that there was a shortage of wine. She bore in her heart, throughout the pilgrimage of her life, the words of the elderly Simeon who foretold that a sword would pierce her soul, and with persevering strength she stood at the foot of the cross of Jesus. She knows the way, and for this reason she is the Mother of all of the sick and suffering. To her we can turn with confidence and filial devotion, certain that she will help us, support us and not abandon us. She is the Mother of the crucified and risen Christ: she stands beside our crosses and she accompanies us on the journey towards the resurrection and the fullness of life.

5. Saint John, the disciple who stood with Mary beneath the cross, brings us to the sources of faith and charity, to the heart of the God who “is love” (1 Jn 4:8,16). He reminds us that we cannot love God if we do not love our brothers and sisters. Those who stand with Mary beneath the cross learn to love as Jesus does. The cross is “the certainty of the faithful love which God has for us. A love so great that it enters into our sin and forgives it, enters into our suffering and gives us the strength to bear it. It is a love which enters into death to conquer it and to save us… the cross of Christ invites us also to allow ourselves to be smitten by his love, teaching us always to look upon others with mercy and tenderness, especially those who suffer, who are in need of help” (Way of the Cross with Young People, Rio de Janeiro, 26 July 2013).

I entrust this Twenty-second World Day of the Sick to the intercession of Mary. I ask her to help the sick to bear their sufferings in fellowship with Jesus Christ and to support all those who care for them. To all the ill, and to all the health-care workers and volunteers who assist them, I cordially impart my Apostolic Blessing.

From the Vatican, 6 December 2013

FRANCIS