Benoit XVI parlant avec John Abob M.Afr. (Formateur au Ghana) In English

Message du Pape pour la Journée Mondiale des Missions 2008
82è Journée - 19 Octobre 2008


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Texte Intégral - Résumé en dessous

Chers frères et sœurs,
A l’occasion de la Journée Mondiale des Missions, je voudrais vous inviter à réfléchir sur l’urgence qui demeure d’annoncer encore l’Evangile à notre époque. Le mandat missionnaire continue d’être une priorité absolue pour tous les baptisés, appelés à être « serviteurs et apôtres du Christ Jésus » en ce début de millénaire.


Sommaire :
1. L’humanité a besoin de libération
2. La Mission est une question d’amour
3. Toujours évangéliser
4. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile (1 Co 9, 16)
5. Conclusion

Mon vénéré prédécesseur, le Serviteur de Dieu Paul VI, affirmait déjà, dans l’Exhortation apostolique Evangelii nuntiandi que : « évangéliser est la grâce et la vocation propre de l’Eglise, son identité la plus profonde » (n° 14). Comme modèle de cet engagement apostolique, je voudrais indiquer en particulier saint Paul, l’Apôtre des gentils, puisque nous célébrons cette année un jubilé spécial qui lui est consacré. C’est l’Année Paulinienne qui nous offre l’opportunité de nous familiariser avec cet insigne Apôtre, qui eut pour vocation de proclamer l’Evangile aux Gentils, selon ce que le Seigneur lui avait annoncé : « Va, c’est au loin, vers les païens, que moi, je veux t’envoyer » (Ac 22, 21). Comment ne pas saisir l’occasion offerte par ce jubilé spécial aux Eglises locales, aux communautés chrétiennes et aux fidèles individuellement, pour propager jusqu’aux frontières les plus reculées du monde l’annonce de l’Evangile, puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit (Rm 1, 16) ?

1. L’humanité a besoin de libération
L’humanité a besoin d’être libérée et rachetée. La création elle-même – dit saint Paul – souffre et nourrit l’espoir d’entrer dans la liberté des enfants de Dieu (cf. Rm 8, 19-22). Ces paroles sont également vraies dans le monde d’aujourd’hui. La création souffre. L’humanité souffre et attend la vraie liberté, elle attend un monde différent, meilleur ; elle attend la « rédemption ». Et, au fond, elle sait que ce monde nouveau attendu suppose un homme nouveau, suppose des « enfants de Dieu ». Voyons de plus près la situation du monde d’aujourd’hui. Si, d’une part, le panorama international présente des perspectives de développement économique et social prometteur, de l’autre, il offre à notre attention de fortes préoccupations en ce qui concerne l’avenir même de l’homme. La violence, dans de nombreux cas, caractérise les relations entre les individus et les peuples ; la pauvreté opprime des millions d’habitants ; les discriminations et, parfois même, les persécutions pour motifs raciaux, culturels et religieux poussent beaucoup de gens à fuir leurs pays pour chercher ailleurs refuge et protection ; le progrès technologique, lorsqu’il n’est pas finalisé à la dignité et au bien de l’homme, ni ordonné à un développement solidaire, perd sa potentialité de facteur d’espérance et risque même plutôt d’aiguiser les équilibres et les injustices déjà existantes. En outre, une constante menace existe au sujet du rapport homme-environnement à cause de l’usage aveugle des ressources, entraînant des répercussions sur la santé physique et mentale de l’être humain. L’avenir de l’homme est ensuite soumis au risque des attentats contre sa vie, attentats qui revêtent diverses formes et modalités.

Face à ce scénario, « une inquiétude nous saisit et nous nous interrogeons avec un mélange d’espoir et d’angoisse » (cf. Const. Gaudium et spes, 4) et, préoccupés, nous nous demandons : « Qu’en sera-t-il de l’humanité et de la création ? Y a-t-il une espérance pour l’avenir ou, mieux encore, existe-t-il un avenir pour l’humanité ? Et comment sera cet avenir ? La réponse à ces interrogations, pour nous, chrétiens, provient de l’Evangile. Le Christ est notre avenir et, comme je l’ai écrit dans la Lettre encyclique Spe salvi, son Evangile est communication qui « change la vie », donne l’espérance, ouvre toute grande la porte du temps et illumine l’avenir de l’humanité et de l’univers (cf. n° 2).

Saint Paul avait bien compris que l’humanité ne peut trouver la rédemption et l’espérance que dans le Christ. C’est pourquoi il ressentait, impérieusement et avec urgence, la mission d’« annoncer la promesse de la vie qui est dans le Christ Jésus » (2 Tm 1, 1), « notre espérance » (1 Tm 1, 1), pour que tous puissent participer au même héritage et avoir part à la promesse par le moyen de l’Evangile (cf. Ep 3, 6). Il était conscient que privée du Christ, l’humanité est « sans espérance et sans Dieu dans le monde – (Ep 2, 12) sans espérance parce que sans Dieu » (Spe salvi, 3). En effet, « celui qui ne connaît pas Dieu, tout en pouvant avoir de multiples espérances, est dans le fond sans espérance, sans la grande espérance qui soutient toute l’existence (cf. Ep 2, 12) » (Ibid., 27).

2. La Mission est une question d’amour
C’est donc un impérieux devoir pour tous d’annoncer le Christ et son message salvifique. « Malheur à moi – affirmait saint Paul – si je n’annonçais pas l’Evangile » (1 Co 9, 16). Sur le chemin de Damas, il avait fait l’expérience et compris que la rédemption et la mission sont l’œuvre de Dieu et de son amour. L’amour du Christ le conduisit à parcourir les routes de l’Empire romain comme héraut, apôtre, propagateur, maître de l’Evangile, dont il se proclamait « ambassadeur dans les chaînes » (Ep 6, 20). La charité divine le rendit « tout à tous, afin d’en sauver à tout prix quelques-uns » (1 Co 9, 22). En considérant l’expérience de saint Paul, nous comprenons que l’activité missionnaire est une réponse à l’amour par lequel Dieu nous aime. Son amour nous rachète et nous aiguillonne vers la missio ad gentes ; c’est l’énergie spirituelle capable de faire grandir dans la famille humaine l’harmonie, la justice, la communion entre les personnes, les races et les peuples, auxquelles tous aspirent (cf. Enc. Deus caritas est, 12). C’est donc Dieu, qui est Amour, qui conduit l’Eglise vers les frontières de l’humanité et qui appelle les évangélisateurs à s’abreuver « à la source première et originaire qui est Jésus Christ, du cœur transpercé duquel jaillit l’amour de Dieu » (Deux caritas est, 7). Ce n’est qu’à partir de cette source que l’on peut puiser l’attention, la tendresse, la compassion, l’accueil, la disponibilité, l’intérêt pour les problèmes des gens, et les autres vertus nécessaires aux messagers de l’Evangile pour tout quitter et se consacrer entièrement et inconditionnellement à la diffusion dans le monde du parfum de la charité du Christ.

3. Toujours évangéliser
Alors que la première évangélisation reste nécessaire et urgente dans de nombreuses régions du monde, le manque de clergé et de vocations affligent aujourd’hui divers diocèses et Instituts de vie consacrée. Il est important de réaffirmer que, malgré la présence de difficultés croissantes, le mandat du Christ d’évangéliser tous les peuples demeure une priorité. Aucune raison ne peut en justifier un ralentissement ou une stagnation, car « le mandat d’évangéliser tous les hommes constitue la vie et la mission essentielle de l’Eglise » (Paul VI, Exhort. ap. Evangelii nuntiandi, 14). Mission qui « en est encore à ses débuts et nous devons nous engager de toutes nos forces à son service » (Jean-Paul II, Enc. Redemptoris missio, 1). Comment ne pas penser ici au Macédonien qui, étant apparu en songe à Paul, criait : « Viens en Macédoine et aide-nous » ? Ils sont nombreux aujourd’hui ceux qui attendent aujourd’hui l’annonce de l’Evangile, ceux qui ont soif d’espérance et d’amour. Ceux qui se laissent interpeller à fond par cette demande d’aide qui se lève de l’humanité quittent tout pour le Christ et transmettent aux hommes la foi et l’amour pour Lui ! (cf. Spe salvi, 8).

4. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Evangile (1 Co 9, 16)
Chers frères et sœurs, « duc in altum » ! Prenons le large sur la vaste mer du monde et, suivant l’invitation de Jésus, jetons sans peur nos filets, confiants en son aide constante. Saint Paul nous rappelle que prêcher l’Evangile n’est pas un titre de gloire (cf. 1 Co 9, 16), mais un devoir et une joie. Chers frères Evêques, suivant l’exemple de Paul, que chacun se sente « prisonnier du Christ à cause des païens » (Ep 3, 1), en sachant qu’il peut compter, dans les difficultés et dans les épreuves, sur la force qui nous vient de Lui. L’évêque est consacré non seulement pour son diocèse, mais pour le salut du monde entier (cf. Enc. Redemptoris missio, 63). Comme l’apôtre Paul, il est appelé à se pencher vers les lointains qui ne connaissent pas encore le Christ ou qui n’ont pas encore fait l’expérience de son amour libérateur ; ses efforts doivent tendre à rendre missionnaire toute la communauté diocésaine, en contribuant volontiers, selon les possibilités, à envoyer des prêtres et des laïcs à d’autres Eglises pour le service de l’évangélisation. La missio ad gentes devient ainsi le principe unificateur et convergent de toute son activité pastorale et caritative.

Vous, chers prêtres, premiers collaborateurs des évêques, soyez des pasteurs généreux et des évangélisateurs enthousiastes ! Beaucoup d’entre vous, ces dernières décennies, se sont rendus dans les territoires de mission à la suite de l’Encyclique Fidei donum, dont nous avons récemment commémoré le 50ème anniversaire et par laquelle mon vénéré prédécesseur, le Serviteur de Dieu Pie XII, donna une impulsion à la coopération entre les Eglises. J’espère que cette tension missionnaire ne faiblira pas dans les Eglises locales, malgré le manque de clergé qui afflige beaucoup d’entre elles.

Et vous, chers religieux et religieuses, marqués par vocation par une forte connotation missionnaire, portez l’annonce de l’Evangile à tous, en particulier à ceux qui sont loin, grâce à un témoignage cohérent du Christ et à une sequela radicale de son Evangile.

Chers fidèles laïcs, vous êtes tous appelés à prendre part à la diffusion de l’Evangile, d’une manière toujours plus importante, vous qui œuvrez dans les différents milieux de la société. Un aréopage complexe et multiforme à évangéliser s’ouvre ainsi devant vous : le monde. Témoignez par votre vie que les chrétiens « appartiennent à une société nouvelle, vers laquelle ils sont en chemin et qui, dans leur pèlerinage, est déjà anticipée » (Spe salvi, 4).

5. Conclusion
Chers frères et sœurs, que la célébration de la Journée Mondiale des Missions vous encourage tous à prendre à nouveau conscience de l’urgente nécessité d’annoncer l’Evangile. Je ne peux pas ne pas relever avec une vive satisfaction la contribution des Œuvres Pontificales Missionnaires à l’action évangélisatrice de l’Eglise. Je les remercie pour le soutien qu’elles offrent à toutes les Communautés, en particulier aux plus jeunes d’entre elles. Elles constituent un instrument valide pour animer et former le Peuple de Dieu sous l’aspect missionnaire et elles alimentent la communion des personnes et des biens entre les diverses parties du Corps mystique du Christ. Que la collecte qui est effectuée dans toutes les paroisses au cours de la Journée Mondiale des Missions soit un signe de communion et de sollicitude mutuelle entre les Eglises. Enfin, que s’intensifie toujours davantage au sein du peuple chrétien la prière, indispensable moyen spirituel pour répandre parmi tous les peuples la lumière du Christ, « lumière par antonomase » qui éclaire « les ténèbres de l’histoire » (Spe salvi, 49). Tout en confiant au Seigneur le travail apostolique des missionnaires, des Eglises dispersées dans le monde et des fidèles engagés dans diverses activités missionnaires, et en invoquant l’intercession de l’apôtre Paul et de la Très Sainte Vierge Marie, « la vivante Arche de l’Alliance », Etoile de l’évangélisation et de l’espérance, j’impartis à tous ma Bénédiction apostolique.

Du Vatican, le 11 mai 2008

BENEDICTUS PP XVI

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Résumé

VATICAN - Message du Saint-Père, le Pape Benoît XVI pour la Journée Mondiale des Missions de 2008 : « En regardant l’expérience de Saint Paul, nous comprenons que l’activité missionnaire est une réponse à l’amour avec lequel Dieu nous aime. Son amour nous rachète et nous pousse vers la ‘Missio ad gentes’ »

Rome (Agence Fides) – « Serviteurs et Apôtre du Christ Jésus », est le thème du Message du Pape Benoît XVI pour la 82° Journée Mondiale des Missions, qui tombe cette année le 19 octobre. « A l’occasion de la journée Mondiale des Missions, je voudrais vous inviter, écrit le Saint-Père à réfléchir sur l’urgence qui demeure d’annoncer l’Evangile y compris en notre temps. Le mandat missionnaire continue à être une priorité absolue pour tous les baptisés, appelés à être ‘Serviteurs et Apôtres du Christ Jésus’ en ce début de millénaire ».

Comme modèle de cette tâche missionnaire, le Saint-Père indique Saint Paul, l’Apôtre des Nations, en cette année où nous célébrons le Jubilé qui lui est tout spécialement dédié : « C’est l’Année Paulinienne, qui nous offre l’occasion de nous familiariser avec ce grand Apôtre, qui eut la vocation de proclamer l’Evangile aux Nations, selon ce que le Seigneur lui avait annoncé. Que, de cette célébration naisse pour tous un engagement nouveau ‘pour propager jusqu’aux extrémités du monde l’annonce de l’Evangile, puissance de Dieu pour le salut de tous ceux qui croient’ » (Romains, 1, 16)

Dans le premier paragraphe du Message, le Saint-Père rappelle que, aujourd’hui encore, « l’humanité a besoin d’être libérée et rachetée ». Le panorama international présente d’un côté « des perspectives prometteuses de développement économique et social », mais, de l’autre côté, « de fortes préoccupations pour ce qui concerne l’avenir même de l’homme ». Parmi ces éléments d’appréhension, il cite la violence, la pauvreté, les discriminations et parfois même les persécutions pour des raisons raciales, culturelles et religieuses ; le progrès technologique, « quand il n’a pas pour finalité la dignité et le bien de l’homme, et n’est pas ordonné à un développement solidaire » ; la menace du rapport homme-milieu « due à l’utilisation sans discrimination des ressources, avec des répercussions sur la santé physique et mentale elle-même de l’être humain » ; les attentats contre la vie humaine, qui prennent des formes et des modalités diverses. La réponse aux questions sur l’avenir de l’humanité et du monde créé, « pour nous, croyants, nous vient de l’Evangile. C’est le Christ qui est notre avenir… Saint Paul avait bien compris que c’est seulement dans le Christ que l’humanité peut trouver la rédemption et l’espérance ».

Si « c’est un devoir urgent pour tous d’annoncer le Christ et son message de salut », le Saint-Père souligne que saint Paul, sur le chemin de Damas, « avait expérimenté et compris que la rédemption et la Mission étaient l’œuvre de Dieu et de son amour ».Ce fut précisément l’amour du Christ qui « l’amena à parcourir les voies de l’Empire Romain, comme héraut, apôtre, propagateur, maître de l’Evangile… En regardant l’expérience de Saint Paul, nous comprenons que l’activité missionnaire est une réponse à l’amour avec lequel Dieu nous aime. Son amour nous rachète et nous pousse vers la ‘Missio ad gentes’ ; c’est l’énergie spirituelle capable de faire croître l’harmonie dans la famille humaine, la communion entre les personnes, entre les races et les peuples, auxquelles tous les peuples aspirent ».

Le Saint-Père rappelle « que la première évangélisation dans plusieurs régions du monde reste nécessaire et urgente », et que, même face à des difficultés croissantes, comme le manque de prêtres et le manque de vocations missionnaires, « le mandat du Christ d’évangéliser tous les peuples reste une priorité. Aucune raison ne peut justifier un ralentissement ou un arrêt… Aujourd’hui nombreux sont ceux qui attendent l’annonce de l’Evangile, nombreux sont ceux qui sont assoiffés d’espérance et d’amour. Tous ceux qui se laissent interpeler à fond par cette demande d’aide qui s’élève de l’humanité, laissent tout pour le Christ, et transmettent aux hommes la foi et l’amour envers Lui ! ».

Invitant à « aller au large dans la vaste mer du monde », confiants dans l’aide constante du Seigneur, le Saint-Père adresse ensuite une série d’invitations. « Aux chers Frères Evêques », il rappelle que l’Evêque, come l’Apôtre Paul, « est appelé à aller vers ceux qui ne connaissent pas encore le Christ, ou qui n’ont pas encore fait l’expérience de l’amour libérateur ; son engagement consiste à rendre missionnaire toute la communauté diocésaine, en contribuant volontiers, selon les possibilités, à envoyer des prêtres et des laïcs à d’autres Eglises pour le service de l’évangélisation ».

Puis il invite les prêtres à être « des pasteurs généreux et des évangélisateurs enthousiastes », en suivant les traces de tous ceux qui, durant ces dernières décennies, se sont rendus dans des territoires de mission, suite à l’Encyclique « Fidei donum ». « J’ai confiance que cette tension missionnaire ne disparaîtra pas dans les Eglises locales, malgré le manque de clergé qui afflige nombre d’entre elles ». Aux religieux et aux religieuses, le Saint-Père confie la tâche d’apporter l’annonce de l’Evangile à tous « et spécialement à ceux qui sont moins, par un témoignage cohérent du Christ, et une manière radicale dans leur choix d’être disciples de son Evangile ». Enfin, les laïcs sont appelés « à prendre part, de manière toujours plus importante », à la diffusion de l’Evangile dans les différents milieux de la société. Et ainsi, s’ouvre devant vous un aréopage complexe et multiforme d’évangéliser le monde.

Enfin, le Saint-Père souhaite que la Journée Mondiale des Misions encourage tous les fidèles « à prendre conscience de la nécessité urgente d’annoncer l’Evangile » ; il remercie en particulier les Œuvres Pontificales Missionnaires pour le soutien qu’elles apportent à toutes les Communautés : « Elles sont un instrument valable pour animer et pour former de manière missionnaire le Peuple de Dieu, et elles alimentent la communion des personnes et des biens entre les différentes parties du Corps Mystique du Christ. Que la collecte qui est faite dans toutes les paroisses, lors de la Journée Mondiale des Missions, soit un signe de communion et de sollicitude mutuelle entre les Eglises. Que la prière s’intensifie enfin toujours plus dans la peuple chrétien, moyen indispensable qu’elle est pour répandre la lumière du Christ dans tous les peuples ». (S.L.)
(Agence Fides, 14 juillet 2008)

 

Benoit XVI parlant avec John Abob M.Afr. (Formateur au Ghana)

MESSAGE OF POPE BENEDICT XVI XVI FOR MISSION SUNDAY 2008

19 October 2008

“Servants and Apostles of Jesus Christ”


BENEDICTUS PP. XVI

VATICAN - Holy Father’s Message for World Missions Day 2008: “In the contemplation of Saint Paul’s experience, we realize that missionary activity is a response to the love with which God loves us. His love redeems us and urges us on to the mission ad gentes.”

Vatican City (Agenzia Fides) - “Servants and Apostles of Jesus Christ”: this is the theme for the Holy Father Benedict XVI’s Message for the 82nd World Mission Day, which will be celebrated this year on Sunday, October 19. The Pope writes: “On the occasion of World Missions Day, I would like to invite you all to reflect on the urgent need to announce the Gospel, also in our own times. The missionary mandate continues to be an absolute priority for all baptized persons, called to be ‘servants and apostles of Jesus Christ,’ at the dawn of this millenium.”

As a model of the apostolic work, the Holy Father points to Saint Paul, the Apostle of the Gentiles, in the year that we celebrate the jubilee dedicated to him: “The Pauline Year offers us an opportunity to preach the Gospel to the Gentiles, just as the Lord has preached it. How can we not take advantage of this opportunity that this jubilee year offers the local Churches, the Christian communities, and every believer, to propagate theannouncement of the Gospel unto the ends of the earth, as the power of God for the salvation of everyone who believes? (Rm.1:6).”

In the first paragraph of the Message, Benedict XVI recalls that even today humanity “awaits true liberty” and “redemption.” The international panorama offers a vision of both “promising signs of economic and social progress,” as well as “deep concerns regarding the very future of mankind.” Among these matters of apprehension, he names violence, poverty, discrimination and sometimes even persecution for racial, cultural and religious reasons; technological advancements, “when their end is not the dignity and good of man, and when it is not ordered towards a development of solidarity;” the threat in man’s relationship with the environment “due to the careless use of resources, which has repercussions on man’s physical and mental health.;” and the attacks on human life, that take on various forms and methods. “The answer to these questions about the future comes from the Gospel. Christ is our future. ... St. Paul understood that only in Christ can humanity find redemption and hope.”

While it is “an urgent task that all preach Christ and His saving message,” the Pope highlights that Saint Paul, “on the road to Damascus, he realized that redemption and the mission are the work of God and His love.” It was, in fact, the love of Christ that led him “to the roads of the Roman empire as herald, apostle, announcer and master of the Gospel.” “In the contemplation of Saint Paul’s experience, we realize that missionary activity is a response to the love with which God loves us. His love redeems us and urges us on to the mission ad gentes; it is the spiritual energy capable of making the human family grow in harmony, justice, communion among persons, races and peoples, to which all people aspire.” The Pope recalls that “the primary evangelization continues being necessary and urgent in many parts of the world.” Despite such difficulties as a shortage of priests and a lack of missionary vocations, “Christ's mandate to evangelize all people remains a priority. No reason can justify a relaxation or stopping.” Pope Benedict XVI later recalled: “Today there are a countless number of people awaiting the preaching of the Gospel; they are thirsting for hope and love. How many let themselves be moved in the depths of their hearts by this petition for help the comes forth from humanity, and leave everything for Christ to communicate the faith and love for Him to mankind!” “Let us cast out our nets without fear, trusting in His constant help,” the Holy Father said. He then offered words of advice. To his “dear brother Bishops,” he reminded them that the Bishop, like Saint Paul, is called to “reach out to those who are far off and who do not yet know Christ, or who have not experienced the love that gives freedom; their duty is that of making every diocese a missionary diocese, of willingly contributing, each according to his capacities, in sending priests and lay people to other Churches for the service of evangelization.”

He later asks that priests be “generous pastors and enthusiastic evangelisers,” following in the footsteps of those who, in recent decades, have gone to mission lands as a consequence of the Encyclical Fidei Donum. “I hope that this missionary commitment in local Churches does not diminish despite the lack of priests.” To the religious men and women, the Pope entrusts them with the task of bringing the announcement of the Gospel to everyone, especially to those furthest away, by a coherent witness in Christ and a radical adherence to the Gospel.” Lastly, the lay faithful are called to play an ever more important role in “the spreading of the Gospel in the various sectors of society. Thus, a complex and multiform areopagus in need of evangelization is opened before you: the world.”

Concluding his Message, the Holy Father expresses his hope that the World Missions Day will encourage everyone to “realize the urgent need to preach the Gospel,” and he especially thanks the Pontifical Missionary Societies for the support that they offer all the Dioceses: “They are an effective instrument in encouraging and awakening the missionary responsibility in the People of God and they foster the communion of persons and goods from the various parts of the Mystical Body of Christ. May the collection gathered in all parishes on World Mission Day be a sign of reciprocal communion and solicitude between Churches. Finally, may Christians intensify their prayers, the indispensable spiritual means for spreading the light of Christ among all peoples.” (SL) (Agenzia Fides 14/7/2008)

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Integral Text

MESSAGE OF HIS HOLINESS BENEDICT XVI

FOR THE 2008 WORLD MISSION DAY

“Servants and Apostles of Christ Jesus”

Dear Brothers and Sisters,

On the occasion of the World Mission Day, I would like to invite you to reflect on the continuing urgency to proclaim the Gospel also in our times. The missionary mandate continues to be an absolute priority for all baptized persons who are called to be “servants and apostles of Christ Jesus” at the beginning of this millennium. My venerable Predecessor, the Servant of God Paul VI, already stated in the Apostolic Exhortation Evangelii Nuntiandi: “Evangelizing is in fact the grace and vocation proper to the Church, her deepest identity” (No. 14). As a model of this apostolic commitment, I would like to point to Saint Paul in particular, the Apostle of the nations, because this year we are celebrating a special jubilee dedicated to him. It is the Pauline Year which offers us the opportunity to become familiar with this famous Apostle who received the vocation to proclaim the Gospel to the Gentiles, according to what the Lord had announced to him: “'Go, I shall send you far away to the Gentiles” (Acts 22:21). How can we not take the opportunity that this special jubilee offers to the local Churches, the Christian communities and the individual faithful to propagate the proclamation of the Gospel to the ends of the world, the power of God for the salvation of everyone who believes (Cf. Rm 1:16)?

1. Humanity is in need of liberation

Humanity needs to be liberated and redeemed. Creation itself—as Saint Paul says—suffers and nurtures the hope that it will share in the freedom of the children of God (Cf. Rm 8:19-22). These words are true in today’s world too. Creation is suffering. Creation is suffering and waiting for real freedom; it is waiting for a different, better world; it is waiting for “redemption”. And deep down it knows that this new world that is awaited supposes a new man; it supposes “children of God”. Let us take a closer look at the situation of today’s world. While, on the one hand, the international panorama presents prospects for promising economic and social development, on the other it brings some great concerns to our attention about the very future of man. Violence, in many cases, marks the relations between persons and peoples. Poverty oppresses millions of inhabitants. Discrimination and sometimes even persecution for racial, cultural and religious reasons drive many people to flee from their own countries in order to seek refuge and protection elsewhere. Technological progress, when it is not aimed at the dignity and good of man or directed towards solidarity-based development, loses its potentiality as a factor of hope and runs the risk, on the contrary, of increasing already existing imbalances and injustices. There is, moreover, a constant threat regarding the man-environment relation due to the indiscriminate use of resources, with repercussions on the physical and mental health of human beings. Man’s future is also put at risk by the attempts on his life, which take on various forms and means.

Before this scenario, “buffeted between hope and anxiety…and burdened down with uneasiness” (Constitution Gaudium et Spes, No. 4), with concern we ask ourselves: What will become of humanity and creation? Is there hope for the future, or rather, is there a future for humanity? And what will this future be like? The answer to these questions comes to those of us who believe from the Gospel. Christ is our future, and as I wrote in the Encyclical Letter Spe Salvi, his Gospel is a “life-changing” communication that gives hope, throws open the dark door of time and illuminates the future of humanity and the university (Cf. No. 2).

Saint Paul had understood well that only in Christ can humanity find redemption and hope. Therefore, he perceived that the mission was pressing and urgent to proclaim “the promise of life in Christ Jesus” (2 Tm 1:1), “our hope” (1 Tm 1:1), so that all peoples could be co-heirs and co-partners in the promise through the Gospel (Cf. Eph 3:6). He was aware that without Christ humanity is “without hope and without God in the world” (Eph 2:12)—“without hope because they were without God” (Spe Salvi, No. 3). In fact, “anyone who does not know God, even though he may entertain all kinds of hopes, is ultimately without hope, without the great hope that sustains the whole of life (cf. Eph 2:12)” (Ivi, No. 27).

2. The Mission is a question of love

It is therefore an urgent duty for everyone to proclaim Christ and his saving message. Saint Paul said, “Woe to me if I do not preach it [the Gospel]!” (1 Cor 9:16). On the way to Damascus he had experienced and understood that the redemption and the mission are the work of God and his love. Love of Christ led him to travel over the roads of the Roman Empire as a herald, an apostle, a preacher and a teacher of the Gospel of which he declared himself to be an “ambassador in chains” (Eph 6:20). Divine charity made him “all things to all, to save at least some” (1 Cor 9:22). By looking at Saint Paul’s experience, we understand that missionary activity is a response to the love with which God loves us. His love redeems us and prods us to the missio ad gentes. It is the spiritual energy that can make the harmony, justice and communion grow among persons, races and peoples to which everyone aspires (Cf. Encyclical Deus Caritas Est, 12). So it is God, who is Love, who leads the Church towards the frontiers of humanity and calls the evangelizers to drink “from the original source, which is Jesus Christ, from whose pierced heart flows the love of God” (Deus Caritas Est, No. 7). Only from this source can care, tenderness, compassion, hospitality, availability and interest in people’s problems be drawn, as well as the other virtues necessary for the messengers of the Gospel to leave everything and dedicate themselves completely and unconditionally to spreading the perfume of Christ’s charity around the world.

3. Evangelize always

While the first evangelization continues to be necessary and urgent in many regions of the world, today a shortage of clergy and a lack of vocations afflict various Dioceses and Institutes of consecrated life. It is important to reaffirm that even in the presence of growing difficulties, Christ’s command to evangelize all peoples continues to be a priority. No reason can justify its slackening or stagnation because “the task of evangelizing all people constitutes the essential mission of the Church” (Paul VI, Apostolic Exhortation Evangelii Nuntiandi, No. 14). It is a mission that “is still only beginning and we must commit ourselves wholeheartedly to its service” (John Paul II, Encyclical Redemptoris Missio, No. 1). How can we not think here of the Macedonian who appeared to Paul in a dream and cried, “Will you come by to Macedonia to help us?”). Today there are countless people who are waiting for the proclamation of the Gospel, those who are thirsting for hope and love. There are so many who let themselves be questioned deeply by this request for aid that rises up from humanity, who leave everything for Christ and transmit faith and love for Him to people! (Cf. Spe Salvi, No. 8).

4. Woe to me if I do not preach it! (1 Cor 9:16)

Dear Brothers and Sisters, “duc in altum”! Let us set sail in the vast sea of the world and, following Jesus’ invitation, let us cast our nets without fear, confident in his constant aid. Saint Paul reminds us that to preach the Gospel is no reason to boast (Cf. 1 Cor 9:16), but rather a duty and a joy. Dear brother Bishops, following Paul’s example, many each one feel like “a prisoner of Christ for the gentiles” (Eph 3:1), knowing that you can count on the strength that comes to us from Him in difficulties and trials. A Bishop is consecrated not only for his diocese, but for the salvation of the whole world (Cf. Encyclical Redemptoris Missio, 63). Like the Apostle Paul, a Bishop is called to reach out to those who are far away and do not know Christ yet or have still not experienced his liberating love. A Bishop’s commitment is to make the whole diocesan community missionary by contributing willingly, according to the possibilities, to sending priests and laypersons to other Churches for the evangelization service. In this way, the missio ad gentes becomes the unifying and converging principle of its entire pastoral and charitable activity.

You, dear priests, the Bishops’ first collaborators, be generous pastors and enthusiastic evangelizers! Many of you in these past decades have gone to the mission territories following the Encyclical Fidei Donum whose fiftieth anniversary we celebrated recently, and with which my venerable Predecessor, the Servant of God Pius XII, gave an impulse to cooperation between the Churches. I am confident that this missionary tension in the local Churches will not be lacking, despite the lack of clergy that afflicts many of them.

And you, dear men and women religious, whose vocation is marked by a strong missionary connotation, bring the proclamation of the Gospel to everyone, especially those who are far away, through consistent witness to Christ and radical following of his Gospel.

Dear faithful laity, you who act in the different areas of society are all called to take part in an increasingly important way in spreading the Gospel. A complex and multiform areopagus thus opens up before you to be evangelized: the world. Give witness with your lives that Christians “belong to a new society which is the goal of their common pilgrimage and which is anticipated in the course of that pilgrimage” (Spe Salvi, No. 4).

5. Conclusion

Dear Brothers and Sisters, may the celebration of World Mission Day encourage everyone to take renewed awareness of the urgent need to proclaim the Gospel. I cannot fail to point out with sincere appreciation the contribution of the Pontifical Mission Societies to the Church’s evangelizing activity. I thank them for the support they offer to all the Communities, especially the young ones. They are a valid instrument for animating and forming the People of God from a missionary viewpoint, and they nurture the communion of persons and goods between the different parts of the Mystical Body of Christ. May the collection that is taken in all the parishes on World Mission Day be a sign of communion and mutual concern among the Churches. Lastly, may prayer be intensified ever more in the Christian people, the essential spiritual means for spreading among all peoples the light of Christ, the “light par excellence” that illuminates “the darkness of history” (Spe Salvi, No. 49). As I entrust to the Lord the apostolic work of the missionaries, the Churches all over the world and the faithful involved in various missionary activities and invoke the intercession of the Apostle Paul and Holy Mary, “the living Ark of the Covenant”, the Star of evangelization and hope, I impart my Apostolic Blessing to everyone.

From the Vatican, May 11, 2008